PROVISIONS
*"^s 9 0 feuillettes.
La provision qui est commandé n'estant pas encorre arrivée.
^^^ 200 livres.
"^'^ 20 voyes.
Charbon 10 voyes.
Chandelles ,00 livres.
Le tout au 1" janvier 1791.
Certifié véritable le présent inventaire cy-dessus de l'autre part.
(Signé) : Léon Villebruiv.
Minute, Archives nationales, S6ioa.
iMl'nrilrR!E sirioNJUt
ItU L'ASSISTANCE PUBLIQUE A PAKIS.
MAISON DE LA CHARITÉ DE CHARENïOIV.
PROCÈS-VERBAL DL COMMISSAIRE GUYOT, CONSTATANT QUE LE SIELR MORANGE, BOURGEOIS DE PARIS, S'EST RETIRE DANS LA MAISON DES FRÈRES DE CHARENTON, DE SON PLEIN GRE, POUR Y VIVRE COMME PENSIONNAIRE LIBRE.
aS mars 1789.
L'an mil sept cent quatre-vingt-neuf, le lundy vingt-trois mars, huit heures du matin, par devant-nous Michel-Pierre Guyot, écuyer, avocat en Parlement, conseiller du Rov, commissaire au Châtelet de Paris, préposé par M. le Lieutenant général de police pour visiter la maison de la Charité de Charenton, étant dans la chambre du prieur, où nous sommes transporté, est comparu sieur Etienne-Bernard Morange, bourgeois de Paris, lequel nous a dit qu'il s'est retiré dans cette maison, de son plein gré, pour y vivre comme pensionnaire libre et y rester tant qu'il lui plaira, et a signé.
(Signé) : E.-B. Morange.
Avons de ce que dessus donné acte et sommes retiré après avoir de ce que dessus fait et dressé le présent procès-verbal pour servir et valoir ce que de raison, qui a été signé dudit père prieur et de nous.
(Signé) : frère Stanislas Cordier, Guyot.
Minute, Archives nationales, Y iSSSa.
MAISON DE LA CHARITK J)K CHA l'.KNTON. ItlVo
1\F0RMATI0> PAR LE LIEUTENAÎVT DU BAILLIAGE DE CIIAHEXTON SLR L'ETAT D'ESPRIT DE MARIE-'JEAN-BAPTISTE-ALE\A\DRE JOURDAIN, ÉCL'YER , DE- TENU DANS LA MAISON DE LA CHARITE DE CUVRENTON.
1 5 mai i 7^0.
L'an mil sept cent quatre-vingt-neuf, le vendrcdy quinze may, dix heures du matin, nous Simon-Pierre Préaux, lieufenant juge ordinaire du bailliage de Charenton S' Maurice, ressortissant nuement au Parlement, en exécution de notre ordonnance du jour d'hier étant au bas de la requête à nous présentée par le sieur Jean-Baptiste-Robert Jourdain, écuver, seigneur de Thieulov, Mamets, S^ Gratien et autres lieux, demeurant en la ville d'Amiens, au nom et comme curateur à l'interdiction de Marie-Jean-Bapliste-Alexandre Jourdain, écuyer, fils majeur de deffunts Robert-Gérardin Jourdain et dame Margueritte-Gcneviève Galland, son épouse, nommé et élu à laditte charge par ordonnance du sieur lieutenant général du bailliage d'Amiens, du premier juillet mil sept cent quatre-vingt-six, homologative de l'avis des parents dudit sieur Jourdain, interdit, nous sommes transporté, assisté de M. Jean-Nicolas-Quentin Bleuze, notre greffier ordinaire, en la maison de la Charité établie audit lieu de Charenton, à l'effet de procéder à une information de l'état et facultés intellectuelles dudit sieur Jourdain, conformément à la mission qui nous est prescrite par sentence rendue par ledit sieur lieutenant général audit bailliage d'Amiens, le dix-sept avril dernier, où étant y avons trouvé et est volontairement companj par-devant nous en la salle d'assemblée de ladite maison frère Stanislas Cordier, prieur de ladite maison , y demeurant, lequel, après avoir mis la main ad pectus, qu'il a déclaré être âgé de /19 ans ou environ et n'être parent, allié, serviteur, ny domestique des parties, et que lecture lui a été faite de la sentence dudit jour dix-sept avril dernier :
Dépose qu'il a reçu dans ladite maison, le /i avril 1788, ledit sieur Marie-Jean-Baptiste-Alexandre Jourdain , en vertu d'un ordre du Roy,
Zi:iG L'ASSISTA.XGE PUBLIQUE A PARIS.
du 10 mars précédent, duenient signé et contresigné, arrivant de leur maison de Châteâu-Thiery, où il étoit également détenu de l'ordre du Roy, qu'à son arrivée dans cette maison, il a remarqué que ledit sieur Jourdain étoit agité et très inquiet; que d'après le rapport que lui en avoit fait le prieur de la maison de Cliateau-Thiery, ledit sieur Jourdain étoit atta(jué de maladie périodicjue, qu'effectivement, quelque lems après et vers la fin du mois de may de ladite année , ledit sieur Jourdain est devenu par gradation dans un état de folie furieux, cassant et brisant les meubles de l'appartement où il étoit, s'étant déshabillé et mis absolument nud, voulant passer par les barreaux de la fenêtre, criant et tenant les discours les plus insensés, ce qui détermina le déposant à faire dresser procès-verbal de la situation malheureuse dudit sieur Jourdain par le sieur commissaire Guvol, le à juin de ladite année, que cet accès a diminué insensiblement, après avoir duré l'espace d'environ six semaines, et que depuis ce tems ledit sieur Jourdain a paru assez tranquille, mais toujours agité et déraisonnant, qu'il est dans un état de tremblement et d'inquiétude qui annonce la suite de l'accès et fait craindre la récidive ; pourquov il estime qu'il y auroit du danger que ledit sieur Jourdain fût rendu à la société, qui est tout ce qu'il a dit savoir. . . et a signé.
(Signé) : frère Stanislas Cordier.
Est aussi comparu frère Edme Brocot , religieux chirurgien de ladite maison de la Charité de Charenton, y demeurant, lequel, après avoir mis la main ad pectus , qu'il a déclaré être âgé de 56 ans ou environ.
Dépose qu'ayant été averti par le père Prudence, directeur de ladite maison, de i'état de folie dudit s' Jourdain, vers les premiers jours de juin de l'année dernière, il s'est transporté à sa chambre pour le voir, que ledit sieur Jourdain ayant fermé la porte de ladite chambre en dedans , il refusa d'en faire ouverture . et qu'au travers du guichet de ladite porte le déposant vit ledit sieur Jourdain, debout, nud en chemise, se débattant et parlant beaucoup, comme quelqu'un qui se trouve dans un état de folie où il étoit réellement, et qu'il s'est retiré n'ayant pu entrer, qui est tout ce qu'il a dit savoir ... et a signé.
(Signé) : frère Edme Brocot.
Est aussi comparu frère Prudence Guérin . religieux, directeur de la-
MAISON DE LA CHARITE DE CHARENTON. /i37
dite maison de la Charité de Charenton, y demeurant, ieqiiel, après avoir mis la main ad peclus, qu'il a déclaré être âgé de 5o ans. . .
Dépose que, lors de l'arrivée dudit sieur Jourdain dans cette maison, vers le mois d'avril de l'année dernière, il s'apperçut que ledit sieur Jourdain étoit attaqué d'une maladie périodique, que peu de tems après cette maladie se fit appercevoir par des signes certains qui n'ont fait qu'augmenter, au point que vers la fin du mois de may de ladite année, ledit sieur Jourdain devint dans un état de folie et de fureur, sans pouvoir se rendre, qu'il brisoit et cassoit les meubles de sa chambre, qu'il se mit nud en chemise et refusant l'entrée de sa chambre, dont il avoit fermé la porte en dedans; qu'un jour le déposant fut obligé, sur le refus fait par ledit s' Jourdain d'ouvrir ladite porte, de la faire enfoncer, et qu'alors il le trouva voulant passer à travers les barreaux de sa fenêtre et avant sur le corps plusieurs contusions occasionnées par les efforts qu'il faisoit pour y parvenir, qu'il ne fut point possible au déposant d'obtenir dudit sieur Jourdain aucune raison, et qu'il ne parvint à le faire retirer de la fenêtre qu'avec peine et violence, que ledit sieur Jourdain est resté dans cet état déplorable pendant environ huit jours, et qu'au bout de ce tems il a recouvré parfois sa raison, ce qui étoit d'une courte durée; que cet accès n'est point totalement détruit, si vray que plusieurs fois le déposant entrant dans la chambre dudit sieur Jourdain, lorsqu'il plaisoit à ce dernier de luy ouvrir la porte, le déposant l'a trouvé criant à son secours, le dos placé contre les murs de ladite chambre, ce qui fait que le déposant pense que ledit sieur Jourdain n'est point guéri de l'accès dont il est attaqué et qu'il y auroit du risque de l'abandonner à lui-même et de le rendre à la société, qui est tout ce qu'il a dit savoir, et a signé.
(Signé) : Prcdeisce Guérin.
Est aussi comparu François-Pierre Honoré, domestique ordinaire au service dudit sieur Jourdain, âgé de h'j ans ou environ, lequel
Dépose que, depuis l'entrée dudit sieur Jourdain dans la maison, vers les fêtes de Pasques de l'année dernière, il a été chargé de rester auprès de lui, et que, peu de tems après son arrivée , ledit sieur Jourdain fut attaqué graduellement d'un accès de folie et fie fureur outrée, que plusieurs fois il refusa audit déposant l'entrée de sa chambre, criant et gesticulant comme quelqu'un qui a perdu la raison, que ledit
sieur Jourdain, dans cet accès qui a dure dix jours et plus, s'éloil déshabillé nud en chemise et vouioit sortir de sa chambre à travers les barreaux de sa fenêtre, que les efforts qu'il faisoit lui ont occasionné plusieurs contusions et meurtrissures sur différentes parties du corps, que le père directeur et luv déposant furent obligés d'enfoncer la porte de ladite chambre pour empocher que ledit sieur Jourdain ne se fît un plus grand mal. qu'il étoit furieux, et qu'ils ne parvinrent qu'avec beaucoup de peine h le retirer de ladite fenêtre, en s'appercevant que ledit sieur Jourdain avoit cassé et brisé les meubles de sa chambre, que cet accès ayant diminué, ledit s" Jourdain n'a pas pour cela recouvré sa raison et son bon sens, que très souvent il donne des preuves de l'alliénation de son esprit, qu'il y a deux jours il a refusé de prendre aucune espèce de nourriture et qu'aujourd'huv il a repris son régime ordinaire, que lorsque le déposant entre journellement dans la chambre dudit sieur Jourdain, il le presse d'en sortir, paroissant toujours effrayé, inquiet et tremblant, suite ordinaire de sa maladie, ainsy que le déposant l'a remarqué, qui est tout ce qu'il a dit savoir et a signé.
(Signé) : Pierre Honore'.
Ce fait. . . avons signé avec notre gretlifr.
(Signé) : Preaiv. Blelze.
Miniilf , Arrilives nationales, Z* ô'jii.
TLAIME DU FRÈRE STANISLAS CORDIEH , PIUELR DES RELIGIEUX DE LA CHA- RITE DE CHARENTON, CONTRE LE PERE LEANDRE, SOLS-PRIEIR DE LA MAISON, QUI PENDANT LA TENUE DU CHAPITRE, AVAIT LU UN MEMOIRE CALOMNIEUX, ATTAQUANT SON HONNEUR ET LA PURETE DE SES MŒURS, PLAINTE REÇUE PAR LE COMMISSAIRE GUYOT.
59 mni 1789.
L'an mil sept cent quatre-vingt-neuf, le vendredy 29 mai. du matin, en l'hôtel et par devant nous Michel-Pierre Guyot. écuyer, avocat
MAISON DE LA CHAIUTE DE CHARENTON. /i39
Pli Parlement, conseiller du Roy, commissaire au Châtelet de Paris et ancien échevin de cette Ville, est comparu frère Stanislas Cordier, prieur des religieux de la Charité de Charenton S' Maurice, y demeurant, lequel nous a dit que, d'après l'intimation du chapitre général de l'Ordre pour se rendre dans la journée à Paris, il a tenu hier le chapitre particulier de la maison de Charenton, dont l'objet étoit, suivant l'usage, de faire nommer un vicaire à sa place, le temps de sa priorité allant expirer, comme aussi pour faire signer l'inventaire et l'extrait des comptes de l'administration qu'il a eue de ladite maison pendant trois ans, et enfin la lettre testimoniale nécessaire pour assister au chapitre générai, (pie, d'après la conduite qu'il a tenue pendant lesdites trois années, les marques d'estime et d'amitié que tous ses confrères lui avoient données jusqu'à présent, il avoit lieu d'espérer qu'ils lui témoigneroient leurs regrets de ce qu'il alloit les quitter, que cependant il a été surpris et étonné d'être interrompu dans le cours de la séance par le père Léandre, sous-prieur de la même maison, qui a fait la lecture d'un mémoire calomnieux, contenant le récit de faits attentatoires à son honneur et à la pureté de ses mœurs, que le père Protès a particularisé au soutien de ce mémoire des faits tendants aux mêmes fins, que le père Edme s'est joint à ces deux premiers et l'ont accablé d'injures, que tous les trois l'ont menacé de le dénoncer au chapitre général et ont ajouté à cette insulte l'offense de refuser de signer la lettre testimoniale, l'inventaire et l'extrait, qui ont néantmoins été signés par ses autres confrères, que comme tous ces faits sont faux et calomnieux , qu'il a intérêt de se pourvoir par toutes les voyes possibles pour en démontrer la fausseté et en obtenir réparation, nous requiert acte de la plainte qu'il nous rend de tous les faits cy-dessus, circonstances et dépendances, à laquelle il se réserve d'ajouter en temps et lieu ce qu'il avisera, et a signé.
(Signé) : frère Stanislas Cordier.
Avons donné acte audit frère Stanislas de la plainte par lui rendue et de tout ce que dessus, fait et dressé le présent procès-verbal pour servir et valloir ce que de raison, et avons signé.
(Signé) : Guyot.
V/jO L'ASSISTANCE PUBLIQUE A IVVHIS.
PROCES-VERBAL DE TRANSFORT DU COMMISSAIRE GLYOT A LA MAISON DE CHARENTON, EN VERTU DES ORDRES DE M. DE CROSNE, POUR Y INTER- ROGER LES SIEURS LEGRAND DES ALLUETS ET COUSTELLIER , ET CON- STATER LEUR ÉTAT DE DEMENCE.
20 juin 1789.
Lettre de M. de Crosne au commmaire Guyot.
Paris, le i3 may 1789.
[1] Il est nécessaire, Monsieur, ainsy que vous l'observés, de voir le sieur Legrand des Alluets à différentes époques pour pouvoir juger de sa véritable situation. Je vous prie en conséquence de vous transporter encore à Gharenton dans quinze jours j»our lui faire subir un nouvel interrogatoire, et vous voudrez bien faire prévenir son frère (|n'il est indispensable qu'd me fasse passer les lettres qui peuvent constater l'alliénation de son esprit , attendu que d'après ses réponses on ne peut juger qu'il ait l'esprit égaré. Je suis. Monsieur, votre très humble serviteur.
(Signé) : De Crosne.
Procès-verbal du commissaire Guyot.
[2] L'an mil sept cent quatre-vingt-neuf, le samedv 20 juin, neuf heures du matin, nous Michel-Pierre Guyot, écuyer, avocat en Parlement, conseiller du Rov, commissaire au Ghâtelet de Paris et ancien échevin de cette Ville, nous sommes transporté, en vertu de la mission qui nous en a été donnée par M. le Lieutenant général de police, en la maison des frères de la Gharité à Gharenton, à l'effet d'y voir de nouveau le sieur Legrand des Alluets, y détenu pour cause d'aliénation d'esprit, et constater son état; étant dans une des salles de ladite maison, par devant nous y a été amené ledit sieur Legrand des
MAISON DE LA CHARITE DE GIIARE.MON. Ui
Alluets, à l'interrogatoire duquel nous avons procédé de la manière et ainsy qu'il suit :
Premièrement, interrogé de ses noms, surnoms, âge, qualité et demeure :
A répondu, après serment par lui fait de dire vérité, se nommer Charles-André Legrand des Alluets, âgé de ào ans, natif de S' Germain-en-Laye , aide de camp de M. de Caussini, commandant pour le Roi dans toutes les colonies passé le cap de Bonne-Espérance, pensionnaire dans cette maison.
Interrogé comment il se trouve dans cette maison :
A répondu qu'il s'y trouve bien et n'est pas fâché d'y être.
Interrogé si depuis qu'il est dans cette maison il n'a pas éprouvé quelques chaleurs de tète, quelque disparat :
A répondu qu'il ne s'en est pas apperçu.
Avons représenté au répondant une lettre, signée le chevallier des Alluets, sans adresse, intitulée duplicata, et paroissant être écrite à une dame , lui avons demandé si elle est de lui :
A répondu qu'elle est de lui et qu'il l'a écrite.
Lui avons demandé pour qui est cette lettre :
A répondu que c'est pour une dame de Vcrneuil, ([u'il croyoit être à Charenton , mais qu'on lui a dit qu'elle n'y étoit pas.
Interrogé quelle est cette dame :
A répondu que c'est une veuve qui a une habitation à l'Isle de France.
Avons représenté au répondant une autre lettre signée des Alluets, datée de Charenton, du 32 may 1789, sommé de déclarer s'il la reconnoît pour être de lui :
A répondu que ouy.
Interrogé pour qui étoit cette lettre :
A répondu que c'étoit pour madame sa sœur.
Interrogé pourquoi il l'engage par cette lettre à solliciter pour lui le cordon rouge ou le cordon bleu :
A répondu que si on lui donnoit du service, il pouroit mériter l'un ou l'autre de ces cordons, surtout étant blessé.
Lecture à lui faite du présent interrogatoire et de ses réponses, a dit ses réponses contenir vérité, y a persisté et a signé.
(Signé) : Le chevaher des Alluetz.
hhi L'ASSISTANCE PUBLIQUE A PARIS.
Après quoy nous nous sommes chargé desdites deux lettres pour les faire passer à M. le Lieutenant général de police, comme pièces pouvant servir à constater l'état de la tête dudit s' des AUuets et avons
signé.
Ensuite le frère Prudence, directeur des pensionnaires de cette maison, dont nous avons cru devoir [)rendre la déclaration pour nous assurer de l'état actuel dudit sieur des AUuets, nous a dit que ledit sieur des AUuets n'a point donné de preuve d'une folie décidée et continuelle, mais qu'il a de fréquents disparais, des absences et qu'il vise à l'imbécilité, et a signé.
(Signé) : Guvot. Prudence Gukrin.
Lettre de M. de Crosne au commissaire Guyot.
Pai-is, le 29 may 1789.
[3] Je vous prie, Monsieur, de vous transporter dans la maison de la Charité à Charenton, à l'effet d'y voir le sieur Alexis-Pierre Coustellier, l'interroger et constater son état de démence, en dressant un procès-verbal, dont vous voudrés bien m'envoyer copie, en me donnant votre avis.
Je suis. Monsieur, votre très humble serviteur.
(Signé) : Dk (Irosne.
Procès-ver hal du commissaire Guyot.
[4] L'an mil sept cent quatre-vingt-neuf, le samedv yo jum. nous Michel-Pierre Guyot. écuver, avocat en Parlement, conseiller du Roy, commissaire au Ghâtelet de Paris et ancien échevin de cette Ville, nous sommes transporté à la maison des frères de la Charité à Charenton, en vertu de la mission qui nous en a été donnée par M. le Lieutenant général de police, à l'effet d'y voir le sieur Alexis-Pierre Coustellier, l'interroger et constater son état de démence, où étant dans le parloir des pensionnaires, par devant nous est comparu le frère Prudence, directeur des pensionnaires de ladite maison, lequel nous a dit, après
MAISON DE LA GHAIUTI' DE CHAHEMON. hft^
avoir entendu le sujet de notre transport, que ledit Coustellier est dans cette maison depuis le 26 may dernier, en vertu d'un ordre du Roy dont il nous a exhibé, qu'il est absolument foux, qu'au surplus il est prêt et offre dé nous faire voir ledit sieur (Joustellier à l'effet par nous de constater son état, et a signé.
(Signé) : Prudence Guérin.
A été amené par devant nous ledit sieur Goustellier, à l'interrogatoire duquel nous avons procédé de la manière et ainsy qu'il suit :
Premièrement, interrogé de ses noms, surnoms, âge, qualité, pays et demeure,
A répondu au nom du Père, du Fils et du S' Esprit, et dit toutes sortes de phrases sans suite, sans liaison, telles que : l'on m'a porté ce registre là ce soir, si la Reyne le permet et le Roy le veut, ensuite s'est mis à chanter : «dans ma cabane obscure, toujours soucy nouveaux.
Avons fait reconduire ce particulier dans sa chambre et de tout ce que dessus fait et dressé le présent procès-verbal, qui a été signé dudit père Prudence et de nous.
(Signé) : Guyot, Prudence Gue'rin.
Minutes (4 p.), Archives nationales, Y i3582.
PROCÈS-VERBAL DE VISITE DE LA MAISON DE CHARENTON PAR LES COMMISSAIRES DU PARLEMENT.
i6 septembre 1789.
L'an mil sept cent quatre-vingt-neuf, le mercredy seizième jour de septembre, quatre heures de relevée, nous Louis Le Peletier de Rosambo, chevalier, conseiller du Roi en tous ses Gonseils, président en sa Cour de Parlement, Charles-Jean-Pierre Dupuis de Marcé, conseiller du Roy en sa Cour de Parlement, Grand'Cham])re d'icelle, commissaire en cette partie, faisant les visittes ordinaires et accoutumées en exécution des ordonnances, arrêts et règlemens de la Cour, assistés de m* Alexandre-Nicolas-François Le Rreton, avocat en la Cour, l'un
MiU L'ASSISTANCE PUBLIQUE A PARIS.
des premiers et principaux commis au greffe criminel d'icclle, nous nous sommes transportés en la maison des frères de la (îharité de Charenton, où étant, en présence de M' Pierre Delaurencel , l'un des substituts du procureur général du Roi , nous avons fait entendre aux frères prieur et procureur le sujet de notre transport, et à l'instant lesdits frères prieur et procureur nous ont représenté les registres qui contiennent les enregistremens des personnes détenues en ladite maison, et en examinant par nous lesdits registres, lesdits frères prieur et procureur nous ont représenté et exhibé les ordonnances, sentences, jugemens, arrêts et autres titres, en vertu desquels les particuliers ciaprès nommés sont détenus en ladite maison de Charenton, et par cet examen nous avons reconnu les causes de leur détention, comme il paraît par les articles ci-a|)rès.
Jean-Jacques-Denis Vitter, âgé de 55 ans, entré le i5 avril lyôy, par ordre du Roi duditjour. contresigné Phelipeaux. pour imbécililé. Sa famille paye sa pension.
Jean-Claude -Hubert Mauduit, âgé de 6/i ans, entré le i4 mai 1738, par ordre du Roi, contresigné de même, pour folie. Sa famille paye sa pension.
Fleury Terrasse, âgé de 78 ans, entré le 2 5 juillet audit an. par ordre du Roi du 3 dudit mois, contresigné de même, pour folie. Sa famille pave sa pension.
Robert Leral, âgé de 53 ans, entré le 1 5 janvier lySg, par ordre du Roi du 99 avril suivant, contresigné de même, fou par intervale. Sa famille paye sa pension.
François Langlois de Jainville, âgé de 61 ans, entré le 2 mars audit an, par ordre du Roi du 3i décembre précédent, contresigné de même. Imbécilité. Sa famille paye sa pension.
Charles-Denis-Nicolas Delaroche, âgé de h h ans, entré le 28 avril audit an, par sentence d'interdiction du Châtelet de Paris, du 28 dudit mois. Imbécilité. Sa famille pave sa pension.
Jacques Souffre de S' Mathieu, garde du corps, âgé de 58 ans, entré le 2/1 février 1761. par ordre du Roy de la surveille, contresigné Phelipeaux. Folie. Le Roi paye sa pension.
Henry-Joseph (Jhapelle de ia Forgerie. âgé de 58 ans, entré le 8 may audit an, par ordre du Roi dudit jour, contresigné de même, pour folie. Le Roy paye sa pension.
Jacques-Denis Cochin, âgé de 63 ans, entré le 3o janvier lyGa, par ordre du Roi de la veille, contresigné de même, pour aliénation. Sa famille paye sa pension.
Louis-Charles Dumoulin, âgé de h^ ans, entré le aB juin audit an, par ordre du Roi dudit jour, contresigné de même. Imhécilité. Sa famdie paye sa pension.
Le Cointre de la Faugey, âgé de 6o ans, entré le lo octobre audit an, par ordre du Roi du lo septembre précédent, contresigné de même. Imhécilité. Sa famille paye sa pension.
Pierre Dumoutier, âgé de 56 ans, entré le at avril 1768, par ordre du Roi de la veille, contresigné de même. Tête dérangée. Le Roi paye sa pension.
Jean-Raptiste Pauquet. âgé de 68 ans, entré le ^ mars 176/1, par ordre du Roi du 26 février précédent, contresigné de même, pour fohe. Le Rov paye sa pension.
Antoine Dallègrc, âgé de 6/1 ans, entré le 8 juillet audit an, par ordre du Roi du 1" dudit mois, contresigné de même. Folie. Transféré de la Rastille. Le Roi paye sa pension.
François Rinet de la Chaussée, âgé de 78 ans, entré le q5 octobre audit an, par ordre du Roi de la surveille, contresigné d(» même, pour folie. Le Roi paye sa pension.
Pierre-Marie-Renjamin de Rellemarre, âgé de 66 ans, entré le 2 4 novembre audit an, par ordre du Roi du 1 i octobre précédent, signé Rertin, pour aliénation. Sa famille paye sa pension.
Le marquis de Raray, âgé de 64 ans, entré le 16 février 1766, par ordre du Roi du 1 o janvier précédent. Imhécilité. Sa famille paye sa pension.
Jean-Jac(|ues Dufau do la Longue, âgé de 62 ans. entré le 28 avril
liUQ L'ASSISTA. \f;i-: PlJHLKjl K \ l'AHIS.
audit an, par ordre du Roi de la .surveille, conlresijjné dur de (Jhoiseul. pour folie. Le Roi paye sa pension.
Adam, âgé de /i6 ans, entré le 8 octobre audit au, par ordre du Roi de la veille, rontresigné Pheiipeaux, pour folie. Le Roi paye sa pension.
Jacques-Armand De Partis du Genneté, âgé de 5 a ans, entn' le '2 II novembre audit an, par ordre du Roi de la surveille, signé duc de Cboiseul. Folie. Le Roi pave sa pension.
Guillaume Nesme de Brémont, âgé de 55 ans, entré le i8 janvier
1767, par ordre du Roi de la veille, contresigné Pheiipeaux, pour imbécilité. Sa famille paye sa pension.
Jean-Baptiste de Fontenav, âgé de 53 ans, entré le 26 du m^me mois, par ordre du Roi de la veille, contresigné de même, pour folie. Sa famille paye sa pension.
Jean-Jacques Lambert, âgé de 5i ans, entré le 28 mai-s audit an, par enthérinement de lettres de commutation de peine, par arrêt du 1 9 dudit mois. Le Roi pave sa pension.
Jean-Louis Millin de Mondésir, âgé de h'6 ans, entré le 2 avril
1768, par ordre du Roi flu 9J') mars précédent, contresigné Pheiipeaux. Folie. Sa famille paye sa pension.
François Chappe. âgé de 61 ans, entré le 3 juillet audit an, par ordre du Roi de la veille, signé de même, pour aliénation. Le Roi paye sa pension.
Jacques-Antoine Jouve, âgé de 02 ans, entré le 20 septembre audit an, par ordre du Roi de la veille, contresigné de même, poui" folie. Sa famille paye sa pension.
Jacques-Eléonor Daullançon de Viilerville, âgé de 73 ans, entré le
0 avril 1769, par ordre du Roi du 26 mars précédent, contresigné de même, pour foihlesse d'esprit. Sa famille paye sa pension.
Alexandre -Michel de la Michaudière, âgé de àfi ans, entré le
1 2 juillet audit an. par ordre du Roi du cinq dudit mois, contresigné Bertin. Tête dérangée. Sa famille paye sa pension.
MAISON DE LA CHARITE DE (JHAUEiMON. lilil
Etienne-Auriliac Dufresne, âgé de 5^ ans, entré le 19 dudit mois, par ordre du Roi de la surveille, contresigné Phelipeaux, pour aliénation. Le Roi paye sa pension.
Louis-Maximilien Bernard, âgé de 5i ans, entré le 9 décembre audit an, par ordre du Roi dudit jour, contresigné de même, pour aliénation. Sa famille paye sa pension.
Jean-Baptiste Dulion de Boissy, âgé de 5i ans, entré le 16 septembre 1770, par ordre du Roi de la surveille, contresigné de même, pour folie. Sa famille paye sa pension.
Louis-Cézar Delestang, âgé de 89 ans, entré le 8 may 1771, par ordre du Roi de la surveille, contresigné de même, pour aliénation. Le Roi pave sa pension.
Louis-Marc Pons de Leomlen, âgé de 67 ans, entré le 26 du même mois, par ordre du Roi du 28 dudit mois, contresigné de même. Folie. Transféré de la Bastille. Le Roi pave sa pension.
Jacques-Drouin Dufour, âgé de 55 ans, entré le 8 octobre audit an, par ordre du Roi du 97 septembre précédent, pour aliénation. Sa famille paye sa pension.
L'abbé Molle, âgé de ^^9 ans, entré le 8 février 1778. par ordre du Roi du à dudit mois, contresigné Phelippeaux, pour aliénation. Le Roi paye sa pension.
François-Augustin Delespine, âgé de /19 ans, entré le a^i novembre audit an, par ordre du Roi du 18 septembre précédent, contresigné Montainard. Tête dérangée. Sa famille paye sa pension.
Le baron de Rolle. officier suisse, âgé de 67 ans, entré le i5 avril 177/1, par ordre du Roi du 27 février précédent, signé Phelipeaux. Tête dérangée. Sa famille paye sa pension.
Louis-Justm Dulion de S'-Leu, âgé de 38 ans, entré le 2/1 mai audit an, par ordre du Roi du y 9 dudit mois, contresigné de même. Tête dérangée. Sa famille paye sa pension.
Jean-Baptiste Descoins, âgé de 5(j ans, entré le \ -j juin audit un,
Z,/i8 L'ASSISTANCE PUBLIQUE \ IMHIS.
par ordre du Roi du t 'i dndit mois, conlresiffin'" do même, pour imhécililé. Sa famille paye sa pension
Louis-François de Varace, âgé de h[) ans, entré le i" août audit an, par ordre du Uoi du 2 3 juillet précédent, contresigné de même. Aliénation. Sa famille paye sa pensioii.
René-Claude de Bégasson, âgé de ^9 ans, entré le A septembre audit an, par ordre du Uoi de la veille, contresigné de même, pour aliénation. Sa famille paye sa pension.
Jacques-(>harles-Claude de Montécot de Doines, sous-lieutenant au régiment de Dragons de Monsieur, entré le 3i octobre audit an, par ordre du Rov du 3o juin précédent, contresigné Félix du May, pour imbécilité. Sa famille paye sa pension.
Louis-François Pommereau, âgé de 3 7 ans, entré le i5 décembre audit an, par ordre du Roi du cinq dudit mois, contresigné Bertin. Tête dérangée. Sa famille paye sa pension.
Jean Vigière, âgé de 69 ans, entré le 26 mai 1775, par ordre du Roi du 3i dudit mois, contresigné Phelipeaux. pour folie. Sa famille paye sa pension.
Michel-Gabriel Petit de Vaurichard, âgé de 67 ans, entré le 19 août audit an, par ordre du Roi du lU dudit mois, contresigné de Lamoignon, pour aliénation. Sa famille paye sa pension.
Louis-Guv -Claude Deshays, âgé de 5i ans, entré le 3i may 1776, par ordre du Roi du 9 dudit mois, contresigné de même. Aliénation. Sa famille paye sa pension.
Jean-Baptiste Lesage. ou Champagne, âgé de Zii ans, entré le î8 mars 1777-, par ordre du Hoi du 1^ dudit mois, contresigné Amelot. Folie. Sa famille paye sa pension.
Bernard Fournet, âgé de A8 ans, entré le 28 avril audit an, par ordre du Roi du 22 dudit mois, contresigné de même, pour folie. Sa famille paye sa pension.
Edme-Etienne Bérillon du Bucbcl, âgé de ôfi ans. entré le 22 juin
MAISON DE LA CHARITÉ DE GHARENTON. 4ù9
audit an, par ordre du Roi du i5 dudit mois, contresigné de même, pour folie. Sa famille paye sa pension.
Pierre -Guillaume Delahaye Delaunay, âgé de 72 ans, entré le 18 novembre audit an, par ordre du Roi du 9 dudit mois, contresigné de même, pour inconduite. Sa famille paye sa pension.
Louis-Marc- Vital Baillet de Berdolle, âgé de A 9 ans, entré le 28 décembre audit an, par ordre du Roi du 18 octobre précédent, contresigné Bertin. Inconduite. Sa famille paye sa pension.
Louis Henry, âgé de kj ans, entré le i5 avril 1778, par ordre du Roi du 28 mai suivant et d'une sentence d'interdiction du Ghàtelet de Paris , du 1 3 dudit mois d'avril, pour folie. Sa famille paye sa pension.
Jean-Louis-Thomas Levacher, âgé de 87 ans, entré le 21 juillet audit an, par ordre du Roi du 22 février précédent , contresigné Amelot, pour aliénation. Sa famille paye sa pension.
Armand-René Lafond de Longchamp, âgé de 88 ans, entré le 17 octobre audit an, par ordre du Roi du 10 septembre précédent, contresigné de même. Fou par interval. Sa famille paye sa pension.
Charles-Louis Fontaine, âgé de 67 ans, entré le 21 dudit mois de novembre audit an , par ordre du Roi du même jour, contresigné de même, pour inconduite. Le Roi paye sa pension.
Jean Gravier, âgé de 58 ans, entré le 27 septembre 1779, par ordre du Roi du 16 dudit mois, contresigné de même, pour inconduite. Sa famille paye sa pension.
Denis-Bruno Lerat, âgé de /io ans, entré le 29 août 1780, par ordre du Roi du 20 dudit mois, contresigné Amelot, pour folie par intervalle. Sa famille paye sa pension.
Pierre-Gabriel Juliennet de S' Ange, âgé de 5/i ans, entré le 3 septembre audit an, par ordonnance provisoire du Lieutenant civil du Châtelet de Paris, de la veille. Démence. Sa famille paye sa pension.
Le comte de Ghambrav, âgé de 38 ans, entré le 21 décembre audit an, par ordre du Roi dudit jour, contresigné Gravier de Vergcnnes. Fou par intervale. Sa famille paye sa pension.
ZiâO L'ASSISTANCK PLIiLigi K V PAIllS.
François-Christophe Pelloquiii . âgé de 3^ ans, capitaine de cavalerie, entré le 9 juin 1781, par ordre du Jloi du as avril précédent . contresigné Amelot. Esprit foihle. Sa famille paye sa pension.
Philippe-Louis Latour, âgé de ^17 ans, entré le 8 décembre audit an. par ordre du Roi du 1 5 novembre précédent, contresigné Gravier (le Vergennes, pour folie. Sa famille paye sa pension.
André-Philippes marquis de la Guerre, âgt' de Z18 ans, entré le 1 t février 1789, par ordre du Roi du 90 janvier précédent, contresigné Ségur. Toi par interval. Sa famille paye sa pension.
Antoine-François-Isidore Le Roi de Limeuv. chevalier, âgé de /lo ans, entré le 3o octobre audit an, par ordre du Roi du 97 dudit mois, signé Amelot. pour folie. Sa mère pave sa ])ension.
Nicolas-Joseph Morise, âgé de 38 ans. entré le 25 may 1783, par ordre du Roi du 10 juillet précédent, contresigné Ségur. Maniaque. Sa mère paye sa pension.
Guillaume-Jean Deslandes, Agé de 67 ans. chevalier de S'-Louis, entré le 'i juin audit an, par ordre du Roi du t?5 may précédent, signé Amelot, [)Our inconduite. Sa famille paye sa pension.
Nicolas Le Cocq. âgé de 63 ans, entré le 98 août audit an, pai ordre du Roi du 9.à dudit mois, contresigné de même, et par sentence du Châtelet du 98 mav 1786. Inconduite. Sa famille paye sa pension.
Gabriel-Auguste Lemerle de Lislet, prêtre, âgé de 5i ans, entré le 7 novembre audit an, par ordre du Roi du 21) octobre précédent, contresigné de même. iManiaque. Sa famille paye sa pension.
Louis-Jean Hollande, âgé de 65 ans, entré par sentence d'interdiction du bailliage de A ersailles du 2 janvier 178/1, pour folie. Sa famille paye sa pension.
Bernard-Louis-François Le Forestier, âgé de 38 ans, entré le 21) février audit an, par ordre du Roi du h dudit mois, contresigné Gravier de Vergennes. Inconduite. Sa famille pave sa pension.
Louis-Augustin Rivette, âgé de Ai ans. entré le (j avril audit an,
par ordre du Roi du 3i mars précédent, contresigné le baron de Breteuil, pour folie. Le Roi paye sa pension.
Athanaze Asserve, âgé de ho ans, entré le 29 duditmois, par ordre du Roi du 19 dudit mois, contresigné de même. Tête dérangée. Sa famille paye sa pension.
Nicolas-Mathieu Esselin, j)rêtre, âgé de 53 ans, entré le 12 juillet audit an, par ordre du Roi du à dudit mois, contresigné de même, pour folie. Sa famille paye sa pension.
Alexandre-François-Agathe Leprince, officier de marine, âgé de 5^ ans, entré le 27 septembre audit an, par ordre du Roi du 19 dudit mois, contresigné de même. lAlaniaque. Sa famille paye sa pension.
Le sieur Martin de Maisonneuve, sous-lieutenant au régiment de Pondichéry, âgé de 3o ans, entré le 10 octobre audit an, par ordre du Roi dudit jour, contresigné le marquis de Castries. Fou par interval. La marine paye sa pension.
Romain-Ednie Lecointre, âgé de 3o ans, entré le 5 avril 1786.
par ordre du Roi de la veille, contresigné le baron de Breteuil. Epileptique. Sa famille paye sa pension.
François-Amédée chevalier Duvivier de Lantiolle, âgé de 37 ans 1/2, entré le 8 mars 1786, par ordre du Roi du a 3 avril suivant, contresigné de même, pour fureur et frénésie.
Maurice Pailliard, âgé de 38 ans, entré le 1"^ may audit an, par ordre du Roi du 26 juillet 1775, contresigné de Lamoignon, pour folie.
Fabien Barel, âgé de 3t ans, entré le 27 dudit mois, par ordre du Roi du 2 1 dudit mois, contresigné le baron de Breteuil, pour épilepsie.
Le sieur Mathieu Volkringer, âgé de 5o ans, entré le 5 décembre 1787, par ordre du Roi du 1 5 novembre précédent, contresigné le marquis de Brienne. Furieux.
Jean-Baptiste-Paul Platel, entré le (j janvier 1788, par ordre du
/,52 L'ASSISTAI^CE PUni.lQUE A PARIS.
Roy du i5 novembre précédent, conUesijjné de même, pour imbécilité.
Louis-Alexandre Portiez de Pommereuil, entré le iG mars audit an, par ordre du Roi de la surveille, contresigné le baron de Breteuil,
pour folio.
Louis-Félix Broutier, âgé de ho ans, entré le 17 du même mois, par sentence d'interdiction du Chàtelet de Paris du 7 dudit mois. Inconduite.
Jean-Baptiste-Marie-Alexandre Jourdain, entré le l* avril audit an, par ordre du Roi du 1 9 mars précédent, contresigné le baron de Breteuil, pour folie par intcrvale.
Jean-xMarin Perret, âgé de /i2 ans, entré le 22 juillet audit an, par ordre du Roy du même jour, contresigné de même, transféré de la Bastille. Le Roi paye sa pension.
Le s"" chevalier de Mirnmont, entré le 18 août audit an, par ordre du Roi du 16 dudit mois, contresigné Laurent de Villedeuil. pour folie.
Jacques Leroux, âgé de 77 ans, entré le 20 du même mois, en vertu d'une sentence d'interdiction du Chàtelet de Paris du 1 /i du même mois, pour démence.
François Dauvergne. entré le t5 décembre dernier, en vertu de lettres de commutation, enthérinées au siège de la Connétablie le douze du même mois. Sa famille paye sa pension.
François-Marc de la Fontaine, âgé de 61 ans, entré le 2/1 du même mois, par ordre du Roi du 17 du même mois, contresigné Laurent de Villedeuil. Fou et furieux. Sa famille paye sa pension.
L'abbé Blot, chanoine de S' Thomas du Louvre, âgé de 5i ans, entré le 7 février dernier, par ordre du Roi du 5 dudit mois, contresigné de même. Sa pension pavée sur son bénéfice.
M. Louis-Alphonse-Donatien, comte de Salde. âgé de A 8 ans, entré le h juillet dernier par ordre du Roi de la veille, contresigné de même.
sorti ledit jour de la Bastillo. pour inronduite. Sa famillo paye sa pension.
Le comte de Wliite, âgé d'environ 60 ans, entré le i5 dudit mois de juillet dernier, sorti de la Bastille par ordre du Comité permanent de l'Hôtel-de- Ville dudit jour quinze, pour folie, contresigné Moreau de S' Mérv.
Auguste-Claude Tavernier, âgé de 66 ans, sorti de la Bastille, entré le i(j dudit mois de juillet, en vertu d'ordre dudit Comité permanent, contresigné de même.
Charles-Antoine Fleury, entré le 5 août dernier, sorti de S' Lazare, où il étoit en vertu de sentence d'interdiction du Châtelet de Paris, du 1 2 juillet 1766, pour démence. Sa famille paye sa pension. ,^'
Jean-Baptiste-Antoine Fleury, son frère, entré le même jour, sorti de S' Lazare, 011 il étoit en vertu de la même sentence, pour même cause. Sa famille paye sa pension.
Et après l'examen par nous fait, en présence dudit De Laurencel. des registres, ordonnances, jugemens, sentences, arrêts et autres titres, nous nous sommes transportés dans la chambre de chacune des personnes détenues en ladite maison, leur avons demandé la cause de leur détention, et les avons enquis de nous déclarer s'ils n'avoient pas de plaintes à nous faire, lesquelles nous ont dit qu'elles n'avoient qu'à se louer des attentions que les frères ont pour elles. Et avant de sortir nous sommes entrés dans la boulangerie, où nous avons examiné le pain, qui nous a paru de bonne qualité, et avons exhorté lesdits frères, prieur et procureur à continuer à faire continuer leurs soins et attentions, tant pour le spirituel que pour le temporel, envers tous les pensionnaires détenus en ladite maison; qui est tout le procès-verbal qui a été par nous dressé de notre présente visite, pour en être par nous rendu compte à la Cour, et avons signé.
(Signé) : Le Pelktier, Dupuis, De Lairencel, Lebreton. Original signé, Archives nationales, X'^''i335.
uo
ÉTAT DES DÉPENSES POUR LA NOURRITURE ET L'ENTRETIEN DES PERSONNES DÉTENUES DANS LA MAISON DES FRERES DE LA CHARITE DE CHARENTON, PENDANT LES ANNÉES 1789 ET 1790.
Du 1 9 août 1 789.
Au sieur Savalette de Langes, pour les nourritures et entretien des personnes détenues par mes ordres dans la maison des frères de la Charité de Charenton pendant les six premiers mois de la présente année 1 1,768^ 19'
Du 3i décembre 1789.
Pour les six derniers mois 1789 11,658^19* û**
Du 19 novembre 1790.
Pour les six premiers mois 1790 7, '269^ 3' 1 1
Du 3i décembre 1790.
Pour les six derniers mois 1790 6,796^16'
Extrail du registre des Ordonnances, Arcbives nationales, 0' a()3, fol. 172.
ET.\T DES Pi;i\SO>NES DETEM ES I)A\S LA MAISON DES IIELIGIEUX DE LA CHARITÉ DE CIIAHENTON, ADRESSE AU IM'.ÉSIDEM DE L'ASSEMBLEE NATIO- NALE PAR LE ERÈRE EUSÈRE ROYER , IM'.IEIJR, AVEC LETTRE D'EWOI.
1 3 janvier i7',)0.
Monsieur le Président de l'Assemblée nalwmde.
Charenloii, In la janvier 1791.
Monseigneur.
Conlorniément à votre décret du A courant'^ j'ai l'Iionncur de vous adresser l'état des personnes détenues dans cette maison. Si je n'ai [)as déduit sur cet étal. Monseigneur, les motifs de détention de M. le comte de Sade'-^ c'est cjue l'énumération en eut été trop longue et ([u'il est généralement connu de l'Assemblée nationale, cjue je supplie de vouloir bien me débarasser d'un pareil sujet, ou m'autoriser à le renfermer pour mettre cette maison à l'abri d(;s mallieiirs dont elle est menacée, les pièces de conviction sont entre b>s mains de M, le comte de S' Priest.
Je suis avec un profond respect, Monseigneur, votre très bumble et très obéissant serviteur.
frère EusÈBE Bovkr.
prieur.
*'' Le décret du h janvier 1790 proscrivait à tous gouverneurs, commandanls de pnsons d'État, supérieur ^W maisons de force et de maisons religieuses d'envoyer dans la builaine à l'Assemblée nationale un état certifié des prisonniers détenus par lettre de cacliet et par ordre quelconque des agents du pouvoir exécutif.
'^) Jusqu'au 3 juillet 1789, le marquis de Sade occupait à la Bastille une cliambre au sixième étage de la Tour de la Liberté; il fut transféré à Charcnlon dans la nuit
du 3 au h juillet et le commissaire Cbénon apposa les scellés sur ses effets et papiers qui furent mis au pillage le 1 k juillet ; à la date du 9 juillet, le marquis de Sade protesta contre son inlernement à Cbaronton par un acte qu'il lit, dit-il, ffdans une logo de fous, entouré de fousTi. (Cf. Musée des Archives nationales, p. 67 8.) De Sade quitta la maison de (Ibarenton, le 29 mars 1790, à la suite du décret de l'Assemblée nationale , qui mettait en liberté les délemis par lettre do carliel.