SUPÉRIEURE
27 février 1790.
Aujourd'hui, vingt-sept février mil sept cent quatre-vingt-dix, est coniparue par devant nous, Barthélemi-Jean-Louis Le Couteulx de La Noraye, lieutenant de maire au Département du Domaine de la ville de Paris, madame Margueritte de Molières, supérieure de la maison royale de l'Enfanl-Jésus, établie à Paris, rue de Sève, paroisse S'-Sulpice, laquelle déclare que la communauté de la maison royale de l'Enfant-Jésus est composée de neuf dames, dont deux novices, et huit sœurs converses :
Que les revenus attachés à cette maison se montent à la somme de 96,1 3o livres là sols, savoir : 1°. 20,/ioo livres là sols pour les rentes assignées sur le Roy, sur les Etats, sur particuUers ; 2 ". 1 , 9 0 0 livres pour une pension sur le Trésor royal; 3°. 864 livres pour une pension sur la cassette du Roy; li°. âgo livres pour deux arpens loués par bail emphithéolique à M™' la marquise de Conflans; 5°. /160 livres pour le fermage de quelques pièces de terre situées près la Croix de Vaugirard; 6". 71 livres pour le loyer d'une chambre et d'une écurie à Issy; 7°. 71/1 livres pour deux petits appartements dans la communauté :
Que les charges dont cette communauté est grevée se montent à 8,768 livres 3 sols k deniers, savoir 4,2 /i3 livres 3 sols h deniers pour redevance au Domaine, décimes, pensions, rentes perpétuelles et rentes viagères, et 4,5 1 5 livres pour les gages et honoraires des personnes attachées à ladite communauté.
73i L'ASSISTANCE PUBLIQUE A PARIS.
A l'égard des meubles, argenterie, ornements d'église et autres effets à l'usage de ladite communauté, le tout est écrit et détaillé en un état que M'"" la supérieure en a dressé et qu'elle nous a représenté, lequel état est à sa réquisition demeuré cy joint après avoir été d'elle certiffié véritable, et a madame la supérieure signé la présente déclaration.
(Signé) : M. de Molières.
ÉTAT DE LA MAISON ROYALE DE L'ENFANT-Je'sCS
établie par feu M. Languet de Gergy, curé de S'-Sulpice, en 1718, et confirmée par lettres patentes du Rov, du mois de décembre 1761, enregistrées en Parlement le ah juillet 1762. Cet établissement protégé par la feue Reine a pour objet :
1". D'y recevoir des pauvres femmes et filles qui sont sans condition et sans ouvrages, de leur fournir la subsistance en leur procurant le travail dont elles sont capables, et de leur donner en même tems les instructions nécessaires sur la religion et les devoirs de leur état.
9". L'éducation d'un certain nombre de demoiselles d'extraction noble, mais pauvres.
La maison royale de l'Enfant-Jésus, située rue de Sève, paroisse do S-Sulpice. a deux grands corps de bâtiments.
Le premier contient un grand appartement à louer, les infirmeries, i'apothicairerie, laiterie, basse-cour, deux chambres en loyers, granges et greniers pour les fourages et autres provisions de la maison.
Le second corps contient les dortoirs et salles des demoiselles élèves, réfectoire, cuisine, boulangerie, lingerie, garde-meubles et salles des pauvres. Dans l'un et l'autre corps de bâtiments sont les chambres des religieuses et domestiques pour la régie et service des emplois respectifs.
Plus deux petits corps de logis, l'un pour la buanderie de la maison, il y a aussi un petit pré pour les séchoirs. Le second, situé à la porte d'entrée, contient le logement pour le Suisse et domestiques mâles, des greniers, écuries et caves; il y a aussi deux petits appartements situés au même lieu.
Deux grands jardins, l'un partie potager et partie fourages pour
les bestiaux, l'autre potager avec un petit bosquet; il y a aussi plusieurs grandes cours. En tout, la contenance d'environ 2/1 arpens.