COMPTABILITÉ DES ATELIERS DE FILATURE
C'est du Trésor public que sortent les fonds employés h l'entretien des ateliers de fdnture. Il a fourni dès le principe aux frais de leur établissement. Un agent particulier fut d'abord chargé de la manutention de ces fonds, ainsi que de ceux destinés aux ateliers de terrasse, et jusqu'au 19 juillet 1792 , il a, sur les ordonnances de l'Administration, acquitté les dépenses relatives aux deux ateliers et au Magasin général. A cette époque il parut économique de supprimer cet intermédiaire, et depuis ce temps la Caisse des ateliers a été tenue par un préposé des établissements de filature. Ce ftit d'abord le contrôleur des ateliers qui en fut chargé, depuis elle a été réunie aux fonctions de directeur du Magasin général.
>ous avons au commencement de ce mémoire parlé d'une disposition de la loi du 19 juin 1791, siu" laquelle nous avons annoncé l'intention de revenir. Cette disposition est celle de l'article h de la même loi , il est ainsi conçu :
rr Seront seulement exceptés de la disposition de l'article q du présent décret (portant suppression des ateliers de secours) les ateliers de filature établis dans Paris pour les femmes et enfants, en vertu de la loi du 1 3 juin 1790, et les fonds
6hS L'ASSISTANCE PUBLIQUE A PARIS.
qui leur seront fournis le seront h titre d'avance seulement à rendre par ia Munidpalitë sur les revenus de la Ville, n
On ne conçoit pas quels motifs ont pu ddlerminer cette disposition et faire mettre à la ciiarge de la Municipalité des dépenses que leur utilité générale et leur objet vraiment révolutionnaire mettent dans la classe des dépenses publiques.
Ce fut en effet pour occuper celte foule de Français de tout âge et de tout sexe qu'avaient amenés à Paris les premiers mouvements de la Révolution , ce fut pour donner à cette multitude, qu'il eût été dangereux d'abandonner aux conseds du besoin, un moyen de subsistance et de travail que l'Assemblée constituante ordonna l'établissement de travaux, soit en terre pour les bommes, soit en fdature pour les femmes et enfants, aussi l'article i" du décret admet-il à ces travaux les indigents de tout sexe et de tout âge, étrangers d la ville de Paria, mais Français.
En exceptant par son décret du 19 juin 1791 les ateliers de filature de Paris de la suppression prononcée contre les travaux de terrasse, la même Assemblée ne cliangea rien au principe constitutif de ces établissements, aussi les ateliers de fdature de Paris n'ont pas cessé d'être un établissement national, et il y a lieu d'être surpris que par ia loi du 19 juin cette dépense ait été mise à la charge de la Municipalité.
Quoi qu'il en soit de cette disposition, les fonds nécessaires à l'entretien des ateliers de fdature ont continué d'être fournis par le Trésor pubbc, sans que depuis 1791 il ait été formé par la Trésorerie nationale aucune répétition à cet égard contre la Municipalité. Ces fonds se délivraient au caissier des ateliers, sur la demande des administrateui's municipaux, visée du Département. Les besoins, plus ou moins forts, des ateliers déterminaient le montant de cbaque demande, qui variait de 20,000 à 30,000*^ par mois. Il n'a été fait aucuns fonds depuis le 29 gernnnal.
Voici le tableau général des recettes et dépenses des ateliers et du Magasin général de niature depuis l'époque de leur établissement.
(Signé) : L. Lemit, Reverdv,
administrateurs du Département de Paris, faisant par intérim les fonctions d'administrateurs des Etablissements publics.
^TAT GhmH DES SOMMES FOURMES PAR LA TRESORERIE NATIONALE AUX ATE- LIERS DE FILATURE, DEPUIS JUILLET I79O JUSQU'AU 3o MESSIDOR, L'AN 2 DE LA RÉPUBLIQUE, UNE ET INDIVISIBLE, ET LEUR EMPLOI.