‹ L'assistance publique à Paris pendant la Révolution; documents inéditsChapitre 180 sur 241 · PENSIONS DL'ES PAR LES FAMILLES · texte numérisé non relu

PENSIONS DL'ES PAR LES FAMILLES

Pierre-Louis Dumontier 2,489^ 7'

Louis-César L'Etang i,3/i8^ 1 0'

Nicolas Smith, créole de Saint-Domingue 2,897^ 1 7'

Sauveur Gérard, créole de Saint-Domingue 9,988^ 1 9'

Jacques-Antoine Jouve, créole de Saint-Domingue. 3,t)5 t^ Gabriel-Auguste Lemerle Lislet, il est dû i5 mois sur un contrat de pension viagère à la Trésorerie nationale 1 ,876^

Jean-Jacques-Denis Wiitert 4,386^ 1 3'

Jacques-Eléonore Doilleamson 5,543^

Louis-Ale\andre Porlier-Pommereuil 1,800^

Armand-René Lafond i,5oo^

Louis-Guy-Claude Deshayes i,5oo^

Louis-François Varace 837^ 1 0'

Chambray Morsent 699^ 1 6'

3i,7o3tt 5' Plus seize malades dans l'hôpital et plusieurs autres de l'endroit, lesquels ne pouvant y être placés, reçoivent chez eux les secours que leur étal exige Pour observation.

Total 67,3/19^19'

D'après l'état ci-dessus et de l'autre part, les administrateurs observent qu'il leur est d'une impossibilité absolue de continuer leur administration sans les secours qu'ils ont demandés.

Déjà ils doivent à la municipahté de leur commune une somme de 3,600 livres environ pour du grain qu'elle leur a avancé pour l'hospice.

Plusieurs cultivateurs du même endroit leur ont fourni du blé, qui se trouve aussi consommé, sans qu'ils puissent le payer ni trouver de nouveaux moyens de s'en procurer ;

Que les autres fournisseurs, comptant sur les secours qui avaient été promis, ont fait des avances, comme viande et autres denrées de première nécessité, et, faute de payement, ne veulent plus fournir, de sorte que dans ce moment l'hospice se trouve non seulement dépourvu de toute espèce de provision, mais encore grevé de dettes qu'ils ne peuvent acquitter; que, particulièrement, les administrateurs ont été obligés d'emprunter dernièrement de confiance une somme de 800 livres pour fournir aux menues dépenses journalières, et qu'ils ne peuvent la rembourser.

Le devoir de leur place et l'humanité leur imposent l'obligation de prendre toutes les précautions nécessaires pour assurer les moyens d'existence des personnes qui leur sont confiées. Ils y sont encore personnellement intéressés, et leur sûreté se trouverait même compromise en laissant manquer la maison ; ainsi ils espèrent que l'Administration prendra à cet égard un parti prompt et que les circonstances dans lesquelles ils se trouvent ne permettent pas de différer. Les administrateurs de l'hospice mériteraient à juste titre des reproches et seraient même responsables des événements, s'ils ne sollicitaient une prompte justice à cet égard.

(Signé) : Garnier, Demetz, Chanpoulot.

Original signé, Archives nationales, F''^ 3 09.

RAPPORTS SLR LA SITLATiON DE LA MAISON DE GHAREMON À L'EFFET D'EXAMINER LES MESURES PROPOSEES EN VUE DE SA CONSERVATION OU SUPPRESSION.

t6 vendémiairo an m.

[1] L'hospice de Charenton doit être considéré sous différents rapports :

1° Comme pensionnat où l'on traite des individus attaqués de folie

MAISON DE GHARENTON. 635

et qui, appartenant à des familles aisées, payent une pension plus ou moins forte. La Commission ne peut en aucune manière intervenir dans ce genre de régie qui rentre dans la classe ordinaire des maisons de santé, et qui ne peuvent appeler les secours destinés aiLX indigents. Les administrateurs ou économes pourraient solliciter auprès des agents de la Commission des revenus nationaux chargés de l'enregistrement ia rentrée des arrérages des pensions qui seront dues au i"" vendémiaire, comme un objet qui leur est personnel et provient du fruit de leur économie, sauf par eux à paver, en attendant qu'il en soit autrement ordonné, une location provisoire, n'ayant jusqu'à ce jour rien demandé au Gouvernement. L'état des pensions monte annuellement à 60,000 livres, c'est avec ce fonds que l'économe doit faire face à toutes les dépenses occasionnées par les 89 individus qui payent pension.

Le 9^ rapport sous lequel on doit considérer l'hospice de Charenton est celui de refuge servant aux malades du canton. Il y a 1 6 lits qui leur sont destinés; sous ce point de vue, la Commission des secours publics doit, aux termes de la loi du 2 3 messidor, pourvoir aux besoins de cet hospice de malades.

Le 3" rapport enfin , qui paraît faire rentrer l'hospice de Charenton dans la classe de ceux auxquels il est dû des secours, est la garde de 96 fous ou imbéciles, la plupart inconnus et sans parents. Ces individus doivent être rangés dans la classe des indigents renfermés dans un hospice particulier et aux besoins desquels la loi a pourvu.

D'après cet exposé, il résulte que l'hospice national de Charenton doit être considéré sous le double rapport d'hospice de malades et de fous, qu'il est urgent de lui procurer des secours, que l'économe de l'hospice sera invité à se retirer vers les agents de la Commission des revenus nationaux chargés de l'enregistrement pour obtenir la rentrée des pensions, dont le quartier est échu, et qu'il sera incessamment fait un rapport au Comité des secours de la Convention nationale pour obtenir une décision sur la translation ou la conservation de l'hospice des fous et des malades de Charenton.

On propose en conséquence de faire payer par la Trésorerie nationale, sur les ]5 millions mis à la disposition de la Commission des secours publics par le décret du 9.1 fructidor, la somme de 10,000 li-

vres aux administrateurs de l'hospice national de Gharenton pour être employés aux besoins de cette maison.

['?] Le district du Bourg-l'Egalité, département de Paris, revient à la charge et demande la suppression de l'hospice des insensés de Gharenton ; les administrateurs présentent des vues sur les moyens d'exécuter le plan qu'ils proposent.

Il y a trois espèces d'individus dans la maison de Gharenton, classés dans l'ordre qui suit :

i" 3/i individus attaqués do folie, dont les pensions se payent exactement;

9° i5 qui étaient à lu charge de l'ancien Gouvernement, 5 ont recouvré leur raison ;

3° 8 dont les parents sont morts ou émigrés;

II" i6 lits destinés à recevoir les malades de la commune et des environs.

Sur le premier objet, les administrateurs proposent de faire passer à Villejuif et à Bercy, près Paris, les 3/i individus qui pavent pension. Ge sont des ci-devant Frères de la Gharité qui, pour leur compte et moyennant un prix convenu, se chargent d'entretenir ceux qui sont en démence ou attaqués de folie.

Sur les deuxième et troisième objets, on propose de faire transférer aux loges des fous de Bicetre les j 8 individus qui sont dans l'état habituel de folie et dont les parents sont morts ou inconnus; quant aux 5 individus qui ont recouvré la raison, on peut leur assigner une retraite aux Bons pauvres de Bicêtn», s'ils sont dans l'indigence et hors d'état de gagner leur vie.

Sur le dernier objet qui concerne les i6 lits destinés aux malades de la commune, qui a besoin de ce secours à cause des ouvriers des carrières exposés à des accidents graves, les administrateurs du district de Gharenton proposent de nommer pour économe de cet hospice le citoyen Lambert, ci-devant frère de la Gharité, qui s'engagera de soigner les malades à raison de 900 livres par lit; ce forfait n'aura

MAISON DE GHARENTON. 637

lieu que pour six mois et il pourra être diminué suivant les circonstances. Les administrateurs proposent encore de placer les i 6 lits dont il est question dans une maison voisine de celle de la Charité.

On observe d'abord que les états fournis par les administrateurs du district de Charenton présentent un fonds de plus de i,5oo,ooo livres en propriétés foncières, plus de 80,000 livres à recouvrer, et seulement une somme de 12,000 livres qui se trouvent dues. Le mode d'exécution, pour évacuer l'hospice, paraît simple et conforme aux principes établis en renvoyant chacun à la place qu'il doit occuper.

Enfin la conservation de l'hospice, avec un abonnement qui sera renouvelé tous les six mois, présente des vues d'humanité, d'utilité et d'économie, qui doivent être adoptées. On propose en conséquence le projet d'arrêté suivant, qui n'est que réglementaire, et sur lequel il paraît que le Comité peut prononcer, si l'on veut éviter des dépenses iimtiles au service des pauvres et qui se renouvellent chaque mois.

PROJET D'ARRÊTÉ

Les individus attaqués de folie , actuellement placés dans la maison de Charenton-Républicain, et dont les familles payent la pension, seront transférés dans les maisons particulières de Villejuif ou de Bercy, pour y être entretenus aux dépens de leurs familles.

Les individus attaqués de folie, dont les parents sont, ou morts, ou émigrés, ou inconnus, seront transférés en l'hospice de Bicêtre pour y être entretenus aux dépens de la Nation.

Les ci-devant Frères de la Charité, dont le traitement a déjà été fixé par la loi , seront tenus d'évacuer la maison dite de Charenton-Républicain vingt jours après la notification du présent arrêté.

Il sera proposé. par l'agent national du district un local pour placer i5 lits destinés à recevoir, comme ci-devant, les malades de la commune de Charenton.

La Commission des secours publics est autorisée à fixer un prix pour la journée des malades, d'après l'avis du directoire du district, cet étal et marché sera renouvelé tous les six mois. La Commission des secours sera chargée de tout ce qui a rapport à l'exécution du présent arrêté.

Minutes (3 p.), Archives nationales, I*"'^ aSg.

DEMANDE D'UN TRAITEMENT PAR LES ADMINISTRATEURS DE L'HOSPICE DE CHARENTON.

19 pluviôse an m.

Séance du 19 pluviôse, l'an (rois de la République française, une et indivisible.

Les citoyens Garnier, Demetz, Boutron et Champoulot, administrateurs de l'hospice de Charenton , demandent un traitement. Le Comité renvoyé cette demande à la Commission des secours.

Extrait du registre des procès-verbaux des séances du Comité des secours, Archives nationales, AF*ii ii, fol. 67.

LETTRE DU SIEUR GHANPOLLOT, ÉCONOME DE LA MAISON DE CHARENTON, À LA COMMISSION DES SECOURS PUBLICS, DECLARANT QU'IL N'Y A PAS DE PAIN POUR TROIS JOURS ET EXPOSANT LES DANGERS DE CETTE SITUA- TION.

a 3 germinal an m.

(.1) 1(1 Commission des secours publics.

Le 93 germinal, l'an T.

Aux citoyens composant la Commission des secours publics, Chanpoulot, économe de l'hospice national de Charenton- Républicain, vous représente que le prix excessif des blés ne lui a permis que de faire une très faible provision , qui se trouve même aujourd'hui consommée, de sorte qu'il n'a pas de pain pour trois jours, encore bien qu'il ait réduit toutes les personnes de la maison à une livre par jour;

Qu'il est de la dernière importance de lui accorder des fonds pour acheter du blé ou de la farine, et ne pas exposer la maison a manquer; que sa sûreté individuelle exige qu'il soit pris à cet égard un parti prompt; que déjà plusieurs des pensionnaires dont l'esprit est aliéné.

MAISON DE GHARENTON. 639

n'ayant pas une quantité de pain suffisante , se sont portés à des actes de violence qui peuvent avoir des suites funestes, il attend avec confiance que vous prendrez en considération ses justes réclamations, et (|u'en lui fournissant de prompts moyens de se procurer des subsistances, vous le garantirez, ainsi que les autres personnes employées dans la maison, des dangers auxquels ils sont exposés de la part des fous qui sont confiés à ses soins.

(Signé) : Chanpoulot.

Originai signé, Archives nationales, F'^ -jôç).

LETTRES DE LA COMMISSION DES SECOURS PUBLICS AU CITOYEN CHANPOU- LOT, ADMINISTRATEUR DE LA MAISON DE CHARENTON, ET AUX ADMI- NISTRATEURS DU DISTRICT DE BOLRG-L'EGALITÉ , ANNONÇANT L'ALLOCA- TION DE 20,000 LIVRES ET INDIQUANT LES ECONOMIES À REALISER.

•sy germinal an m.

* Au citoyen Clianpoulot , administmteur de l'hospice de Charenlon, district du Bourg-l' Egalité, Charenton.

[i] Nous te prévenons que nous venons de faire mettre à la disposition du district du Bourg-l'Egalitéla somme de 20,000 livres pour être employée au service de l'hospice que tu administres; tu pourras en conséquence te présenter à la Trésorerie nationale, muni des pièces nécessaires, pour y toucher les fonds qui te sont confiés.

Nous avons trouvé ta comptabilité fort en règle , mais nous insistons sur la suppression de la nourriture accordée à quelques employés. Dans les circonstances difficiles où nous nous trouvons, il faut réformer tout ce qui n'est pas essentiellement attaché au service de tous les instants.

Un élève en chirurgie, appointé et nourri, et un garçon chirurgien doivent être remplacés par un chirurgien externe, avec des appointements fixes et sans nourriture.

6/i0 L'ASSISTANCE PUBLIQUE A PARIS.

Un orphelin àe la ans, qui était à la charge d'un frère qui sert dans les armées, doit être placé en métier.

11 ne faut garder qu'un aide de cuisine.

Le tailleur d'hahits ne doit pas être nourri, mais à la journée ou à l'entreprise.

Nous t'invitons à t'entendre avec les administrateurs du district pour ces différentes réformes, et nous leur écrivons de nous donner leur avis sur celles qui peuvent s'effectuer sans inconvénients.

Aux (1(1 innnsl râleurs du district du Bourg-l' Egalité.

[y] Nous venons de faire mettre à votre disposition la somme de 2 0,0 0 0 livres pour le service de l'hospice de Gharenton, vous pourrez en prévenir les administrateurs pour (pi'ils puissent toucher cette somme à la Trésorerie nationale.

Nous avons trouvé la comptahilité de l'hospice très en règle, mais nous insistons encore sur les réformes qu'il est essentiel de faire parmi les employés qui reçoivent un traitement en nourriture. Dans les circonstances difficiles où nous nous trouvons, il est essentiel de retrancher toutes les houches inutiles et qui augmentent prodigieusement les consommations. Parmi le nombre de ces employés, nous trouvons uR élève en chirurgie et un garçon chirurgien qui pourraient être remplacés par un chirurgien externe simplement appointé.

Un orphelin de 12 ans, qui était sous la tutelle d'un ex-frère qui sert dans les armées, peut être placé en métier.

On peut réformer un des deux aides de cuisine.

Le tailleur doit être à la journée ou à l'entreprise.

Nous vous invitons à vouloir bien nous donner votre avis sur ces différentes réformes à opérer, et nous chargeons spécialement le citoyen (ihanpoulot de vous présenter la liste des employés de l'hospice, pour qu'il vous fasse connaître les motifs qui nécessitent qu'on accorde la nourriture à un aussi grand nombre d'individus, dont la plupart peuvent être supprimés ou remplacés par des externes simplement appointés.

Minute, Archives nationales, F'' 269.

RAPPORT DE LA COMMISSION DES SECOURS PUBLICS SUR LA COMPTABILITE DE L'HOSPICE DE CHARENTON D'APRES LES ETATS DE RECETTES ET DE DEPENSES REMIS PAR LES ADMINISTRATEURS.

3C) germinal en m.

Les administrateurs de l'iiospice de Charenton viennent de remettre à la Commission des secours leurs états de recette et de dépense pour le semestre de vendémiaire, il résulte de ces états, fort en règle el visés parle districi du Bourg-l'Egalité, que la recette a été de 69,1 6/4*^ i /i'/i', savoir, 22,92/1*^ 1 -4' /i'' du produit des pensions, /iG,ooo^ de la Con;mission des secours publics et 2/10^ d'un particulier des Carrières. Cette somme a été employée à solder les dépenses de 5 9 insensés, de 16 malades et de 82 employés, ou au total loy individus. Il ne restait au i" germinal (pie h,hli'j^ 5' ^"^ , et, en approvisionnement, 3o cordes de bois et charbon, k id. de gros bois, 100 livres de riz, 3 pièces de cidre, 3 feuillettes de vin, 10 voies de charbon.

Les administrateurs réclament de nouveaux secours pour faire face au quartier de germinal.

OBSKIiVATIO.NS.

La dépense de l'hospice de Charenton présente une somme d'environ 620 livres par tête pour 6 mois ou i,25o livres par an, ce qui ne paraîtra pas surprenant, si on pense que les insensés n'ont pu être réduits, comme l'auraient exigé les circonstances. Le pain, la viande, les œufs et le vin ont coûté pendant le semestre 5o,838 livres.

La Commission a fourni en secours environ les deux tiers de la somme dépensée, mais il faut observer ciu'elle a plus des deux tiers des fous à secourir et qui sont à la charge de la Nation, charge qui augmente tous les jours par l'impossibilité où se trouvent quelques familles de payer, parce que lem^s biens sont séquestrés.

Il a été fait dans le temps un rapport au Comité des secours, on y proposait de garder l'établissement pour les malades et de placer à Bicétre les insensés dont les pensions sont très inégales, puisqu'il est des

individus qui ne payent que 3 ou /loo livres, somme insulfisante pour ieur nourriture. Cette mesure aujourd'hui est impraticable, puisque l'on s'occupe de trouver un local pour les insensés et qu'il se passera un long temps avant qu'on ait fait les dispositions nécessaires. Il faut donc, en attendant, venir au secours des administrateurs, en les mettant en état de faire face à leur dépense pendant le quartier de germinal. Comme il resle en caisse ^,àh'j livres et qu'il y a quelques provisions en bois et riz, que le jardin va produire des légumes frais, on estime que 20,000 livres seront sutïisantes. On évalue environ à t 5,000 livres pendant le semestre la dépense de pain, vin et viande, le sac de blé, qui est acheté 5 et 600 livres, ne durant que deux jours et demi au plus.

Nous avons déjà fait quelques observations sur le nombre des employés nourris dans l'hospice, il y a eu quelques réformes de faites à ce sujet, nous inviterons les administrateurs à en opérer d'autres.

On propose en conséquence de faire payer par la Trésorerie nationale aux administrateurs du district du Bourg-l'Egalité la somme de 9 0,000 livres sur les fonds mis à la disposition de la Commission des secours publics, pour cette somme être employée au service des malades indigents et des insensés de l'hospice de Charenton.

Minute, Archives nationales, F'^ a5y.

LKTTIŒ DE LA COMMISSmN DES SEGOUHS PLjULICS A CELLE DE COMMEHCE ET APl'HOVISION.XEMENT, DEMANDANT LA FOURNITURE DE DEUX SACS DE BLE PAR DÉCADE POUR L'HOSPICE DE CHARENTON, QUI N'A QUE DU PAIN D'AVOINE, AVEC LETTRE DE L'ECONOME.

18 prairial an m.

A la Commission de commerce et aprovisionnement.

1 8 prairial an 3°.

Nous VOUS adressons copie de la lettre qui nous est écrite par l'administrateur de l'hospice des insensés et des malades de Charenton,

MAISONïïDE GHARENTON. &UZ

nous vous invitons à nous faire parvenir le plus tôt possible la détermination que vous aurez prise relativement à sa demande; elle se bornerait à pouvoir tirer des moulins de la République deux sacs de farine par décade, pour faire des mélanges avec celle d'avoine, dont on fait usage dans l'hospice, qui contient environ lo-y individus. Vous sentez, comme nous, combien il est urgent de prendre une mesure qui assure le service d'une maison si intéressante pour l'humanité.

Aiiœ citoyens composant la Commission des secours publics.

André Ghanpoulot, économe de l'hospice national de Charenlon-Rëpublicain , vous représente qu'il n'a dans ce moment qu'un pain très mauvais, fait seulement d'avoine et par conséquent très malsain pour les malades, qu'il est dangereux même de leur en donner; il serait indispensable de lui procurer du blé, ou farine de froment, pom* pouvoir par ce mélange faire un pain de froment plus convenable. Il se trouve dans la commune des moulins qui ont des farines à la Nation, ce qui faciliterait la délivrance de farine de froment qui lui est nécessaire.

L'humanité réclame en faveur des malades de cet hospice ce secours , et l'exposant se flatte que le Comité s'empressera de prononcer d'une manière favorable.

(Signé) : Chanpoulot.

Minute et original signé (2 p.), Archives nationales, F'^ 259.

AIIRÊTE DL COMITÉ DES SECOURS PUBLICS, ORDONNANT L'EVACUATION DE LA MAISON D'ALIÉNÉS ETABLIE À CHARENTON ET LE PLACEMENT AUX PETITES- MAISONS DES FOUS NON RÉCLAMÉS OU APPARTENANT À DES FAMILLES IN- DIGENTES.

1 a messidor an lu.

Le Comité des secours publics, sur la proposition de la Commission des secours publics, arrête :

ARTICLE PREMIER

La maison des insensés établie à Charenton, près Paris, sera évacuée dans le mois.

lit.

^hU L'ASSISTANCE PUBLIQUE A PARIS.

Celle disposilion sera notifiée aux familles pour qu'elles relirent leurs parenls el qu'elles en disposent comme bon leur semblera, sans cependant nuire à la tranquillité publique. Quant aux insensés qui ne seront pas réclamés, ou qui appartiendront à des familles indigentes, ils seront placés aux Petites-Maisons.

La maison de Charenton et ses dépendances, à l'exception des bâtiments servante f hospice des malades de la commune, seront rendus aux domaines nationaux.

ART. h.

La Commission des secours est chargée de l'exécution du présent arrêté.

Arrêté le la messidor (an 3).

Signé : Balivet.

Extrait du registre des arrêtés du Comité des secours et copie conforme, Archives nationales, F'^* 3, fol. 126 r"; F" 1 168.

COMPTE DES DÉPENSES DE LA MAISON DE CHARENTON POUR LE MOIS DE PRAIRIAL, PRÉSENTÉ PAR L'ÉCONOME, ET RAPPORT DE LA COMMISSION DES SECOURS PUBLICS, CONCLUANT À UNE ALLOCATION NOUVELLE DE 35,000 LIVRES.

16 messidor- 12 thermidor an m.

DÉPENSE DU MOIS (dEJ PRAIRIAL, L'AN 3'.

[i] Payé ^,07 8 livres à compte de 5,478, il reste à payer i,/ioo, suivant la quittance, ci /«,0 78^

A reporter /i,078^

Report /4,078^

Payé t,9 00 livres pour 20 sacs de bois vert à 60^

le sac, suivant la quittance, ci 1,200^

Payé 7,199 livres pour blé et farine, suivant l'état. 7,1 29^ Payé 1,376 livres pour légumes, suivant la quittance 1,370^

Payé 270 livres pour journées de jardiniers, suivant

quittance, ci 270^

Payé 1,^70 livres pour vin, suivant la quittance, ci. 1,^70^ Payé 1,162 livres pour honoraires des garçons, suivant l'état, ci 1,169^

Payé hSi livres pour fromage, suivant la quittance,

fi à3i^

Payé i5o livres pour tabac, suivant quittance 160^

Payé 276 livres pour façon de pain, suivant la quittance, ci 976^

Payé /i3o livres pour sel, suivant la quittance, ci. . /i3o^ Payé 1 3 1 livres pour vinaigre, savon, huile à brûler,

suivant les quittances, ci i3i^

Payé 90 livres pour suivant la quittance. . 90^

Payé 188 livres 5 sols au cordier, suivant le mémoire, ci 1 88^ 6'

Payé 1 3 1 livres 5 sols pour frais de voyage et d'auberge , ci 1 3 1 ^ 5'

Payé 9 livres 1 0 sols au sellier, suivant la quittance 9^' 1 0'

Payé 35 livres pour fil, suivant la quittance, ci. . . . 35^ Payé 28 livres pour jus de réglisse, suivant la quittance, ci 98^

Payé 27 livres pour balais, suivant la quittance.. . . 27*^

Payé 1 G livres pour avoir envoyé les vaches au mâle. 1 0^

Payé i5 livres pour graines de navet, suivant la

quittance 1 5^

Payé 8 livres pour une binette au jardinier 8^

Payé 3oo livres à la veuve Félix, blanchisseuse aux

A reporter 1 8,633^

646 L'ASSISTANCE PUBLIQUE A PAlîIS.

Report i8,633tt

Carrières, pour un mois du blanchissage de la maison,

suivant la quittance, ci 3oo^

Payé 70 livres pour 7 témoins qui ont été certifier l'état des citoyens Latour,Wolkringé et Coutin devant les juges du tribunal du /i" arrondissement de Paris, séant au Palais, suivant la quittance yo^

Payé 1 9 livres pour différents voyages faits à Paris pour les affaires de la maison, suivant la quittance. ... 19*^^

Certifié l'état des dépenses détaillées ci-dessus et d'autre part véritable et conforme aux mémoires qui en ont été fournis, à Gharenton- Saint-Maurice, le iG messidor an troisième.

(Signé) : Ciianpoulot.

Je certifie que le montant de la dépense du présent mémoire est conforme'aux registres de dépenses do l'hospice national à Charenton- Républicain, le 92 messidor, l'an 3" de la République française.

(Signé) :^BuRAN, Agent national.

Vu par nous, membres du directoire du district du Bourg de l'Kgalité, le 28 messidor, an 3^ de la République, une et indivisible.

(Signé) : Lesage, président; Boudin, Gillerond.

RAPPORT (remis AU CITOYEN BERGEROn), .

[2] L'économe de l'hospice de Gharenton présente le compte des déj)enses pour le mois (de) prairial, visé par le directoire du district, il résulte de ce compte que la dépense s'est élevée à 1 9,02 2 1^, il demande de nouveaux secours.

OBSERVATIONS

H a été accordé t5,ooo livres le 22 prairial, pour solder les dé-

MAISON DE GHARENTON. 647

penses courantes de germinal et de floréal, mais cette somme a été insuffisante, et il reste à payer les dépenses des mois de prairial, mes^ sidor et thermidor. Quoique l'hospice ait reçu des ordres pour transférer les insensés aux Petites-Maisons ou les rendre à leurs familles, la diminution du nombre des individus ne se fera sentir que vers la fin de ce mois; en attendant, il faut pourvoir aux besoins de l'hospice et solder les dettes contractées par les administrateurs; elles s'élèvent, suivant l'état mis sous les yeux de la Commission, à ^S,h']6^; mais il y a des recouvrements à faire : i° la vente des fruits et les arrérages des pensions qui montent à 35,092^, ainsi il ne faut considérer la somme que l'on remettra pour acquitter l'arriéré de aSJijf)^, que comme une avance nécessaire, dans le moment où l'hospice doit prendre une nouvelle forme. On pense qu'il faudrait accorder aux administrateurs une somme de 35,ooo livres, dont dix seraient employées à payer les fournisseurs les plus pressés et les vingt-cinq autres mille livres à faire face aux dépenses courantes, en attendant le compte général de l'année et le recouvrement de ce qui est du.

On propose en conséquence de faire payer par la Trésorerie nationale aux administrateurs du district du Bourg-l'Egalité la somme de 35,0 0 0 livres, sur les fonds mis à la disposition de la Commission des secours publics, pour cette somme être employée aux besoins de l'hospice des malades et des insensés de Charenton.

Approuvé, 1 9 thermidor.

Original signé el minute (9 p.), Arciiives nationales, F'^aSg.

MEMOIRK DE L'ÉCOîVOME DE L'HOSPICE DE CHARE^TO^ À LA COMMISSION DES SECOURS PUBLICS, EXPOSANT L'INSUFFISANCE DE SES REVENUS EN PRÉSENCE DU RENCHERISSEMENT TOUJOURS CROISSANT DES DENREES, AVEC UN ÉTAT DES DETTES.

1 6 messidor an m.

Aux citoyens membres de la Commission des secours publics. André Chanpoulot, économe de l'hospice national de Charenton-

Saint-Maurico, vous expose que, chaque jour, raugmentation des denrées de première nécessité accroît ses embarras pour pourvoir à la subsistance de 87 personnes qui sont dans l'hospice; que quelque conséquentes que paraissent les sommes qu'il reçoit pour la dépense, elles sont encore très insuflisantes; qu'actuellement la viande lui coûte 7^ la livre, les œufs 68 à 76^ le cent, le beurre 1 1 et 12^, le vin en quahté très inférieure h^ à /i^ 10' la pinte, enfin que le pain, dans lequel il est obligé de faire mettre de la farine de vesce pour trouver la quantité qu'il lui faut chaque jour, lui revient à 1 1 et 1 2^ la livre et occasionne seul une dépense de 1,000^ 10' par jour;

Que ne pouvant espérer de diminution dans le prix des denrées et en faire des provisions, il voit avec regret que, sans ajouter au bienêtre des personnes confiées à ses soins, il est tous les jours exposé à des dépenses qui s'augmentent d'une manière étonnante.

Il vous observe que s'il avait à sa disposition des sommes plus conséquentes, il pourrait faire des provisions et se garantir de l'augmentation journalière des denrées; il en résulterait une économie pour la chose publique, et son administration serait plus utile, il ne serait pas obligé de faire des crédits chez ses fournisseurs.

L'état ci-joint de ce qu'il doit prouvera qu'il est indispensable de lui fournir, à l'avenir, plus de fonds à la fois.

Trente années d'expérience, comme chargé de la dépense de cette maison, l'ont mis dans le cas de reconnaître qu'un pareil établissement ne peut être administré utilement et avec l'économie convenable, s'il n'est approvisionné.

Les devoirs de la place de confiance qu'il occupe lui ont dicté ces observations, il les soumet avec confiance aux lumières de la Commission.

(Signé) : Cmanpoulot.

ÉTAT DE CE QUE DOIT LE CITOYEN CIIANPOULOT, ÉCONOME DE L'HOSPICE DE CHARENTON-SAINT-MAURICE.

Au citoyen Bonnefoy pour blé et farine 6,000^

A reporter 6,000^

MAISON DE GHARENTON. 6/»9

Report G, 000^

Au citoyen Dubourvieux pour blé, farine, avoine 0,000^

Au citoyen Briquet deux septiers et un minot d'avoine à

Une mine d'orge 200^^

Un boisseau de blé 1 5o*^

Un septier de seigle 3 1 9^

Au citoyen Masson, 6 sepliors de vesce à G5o^ h,iîho^

Au citoyen Piot, boucher i,/ioo^

Au citoyen Vallier pour deux pièces de vin 1,800^

Au citoyen Pariet pour deux grosses pièces de vin d'Auvergne 2,3oo^

Au citoyen Paris pour deux pièces 2,000*^

Au cocquetier 2,1 3 y*^

Au citoyen Dubourvieux, meunier, pour mouture depuis le mois (de) vendémiaire jusqu'au 12 messidor, suivant

l'état 1,0/40^

Au citoyen Joly, marchand de beurre à Paris, pour

beurre fondu 3 1 0*^

Certifié l'état ci-dessus conforme à mes mémoires de dépense, ce 1 G messidor, l'an 3^

(Signé) : Chanpoulot.

Vu et recommandé à la Commission des secours publics par nous, membres du directoire du district du Bourg-de-l'Egalilé, ce 2 3 messidor, an 3" de la République, une et indivisible.

(Signé) : Lesage, président; Boudin, Gillerond.

Original signé, Archives nationales, F'^aSg.

KTAT DES SOMMES DUES PAR LES FAMILLES DES PENSIONNAIRES, TANT PAR CELLES DONT ON N'A PAS CONNAISSANCE DU LIEU DE LEUR RESIDENCE, QUE D'AUTRES CONNUES, QUI ONT ETE PREVENUES D'EN ACQUITTER LE MONTANT ET QUI N'Y ONT PAS ENCORE SATISFAIT.

2 thermidor an m.

Le citoyen Jacques-Eléonore Doilleamson-Villervillc, âgé de 8i ans environ, imbécile. Un frère qu'il avait obtint contre lui, dans le temps , une lettre de cacbet et le fit enfermer comme imbécile, quoiqu'il ne le fut pas alors, et a joui depuis de ses biens qui étaient conséquents, sur lesquels il payait seulement sa pension et pourvoyait à son entretien; ce frère est mort, laissant un fils, qui a continué de jouir de ces mêmes biens, qui doivent appartenir à son oncle, payant sa pension et son entretien, comme avait fait son père, et qu'il a cessé de payer depuis le 6 octobre 1792; il doit depuis cette époque jusqu'au 3o messidor an 3" C),']fi^^

Le citoyen Jean-Jacques-Denis Wittert, âgé de 78 ans environ, duquel la pension et entretien sont dus depuis le 3i décembre

1792 , qui font 9 ans 6 mois et 18 jours, à raison de 9,/ioo** par année; différentes lettres ont été écrites sans réponse au citoyen Jean-Cbarles Wankeurck, ancien bourguemestre de la ville d'Anvers, qui était dans l'usage de payer, il doit jusqu'au 3o de messidor an 3' 6,190**

Le citoyen Sauveur Gérard, de Saint-Domingne, âgé de 3a ans. Ses parents ont cessé de payer sa pension et son entretien depuis le 11 mai 1799, ils doivent jusqu'au 3o messidor an 3% à raison de 1,200** par année, non compris l'entretien 3,8 12** 12'

Le citoyen Nicolas Smith, créole de Saint-Domingue. Ses parents n'ont pas acquitté sa pension, à raison de 1,200** par année, ils doivent jusqu'au 1 3 messidor, qu'il est décédé 3, 800**

Le citoyen Jacques-Antoine Jouve, âgé de 56 ans environ, natif de Saint-Domingue. Ses parents qui payaient 2,/ioo** de pension par année sans entretien, en ont cessé l'acquit depuis le 93 mars

1793, ils doivent jusqu'au 3o messidor l'an 3° 5,8 10** 8'

Le citoyen Jean-François-Marie Delafonlaine, âgé de /I7 ans. Sa

pension qui était de 800** par année, a cessé d'être acquittée , depuis le 3i mars 1799, par le citoyen Sutat, juge de paix à Versailles, il est dû 3 ans ti mois 2,600**

A reporter 98.886**

Report 28,88()'t

Le citoyen Armand-René Laplesnoye. sorti le ^5 brumaire l'an 3", et actuellement résidant chez son père au Quesnoy, oii l'on a envoyé une procuration en blanc à un particulier très connu, pour être payé de ladite créance, montant à la somme de i ,()/i()'*

Le citoyen Louis-François Varace, âgé de 53 ans, imbécile. Sartine fds, qui était chargé de payer sa pension et entretien, ayant été frappé du glaive de la loi, en doit les arrérages jusqu'au 3o messidor, l'an 3% montant à i ,37()'^3'

Le citoyen Jean Deslandes, sorti de l'hospice de Charenton le 3o juin 1799, doit d'arrérages à ladite maison pour sa pension alimentaire, dont partie était payée par sa mère Boutancourt, demeurant rue des ci-devant Ursulines de Poissy, qui en faisait acquitter le montant par le citoyen Nardot, rue et butte Saint-Roch à Paris, et par le citoyen Lenoble, maison du citoyen Lemoine, notaire, Vieille rue du Temple, lesquels, d'après nombre de demandes, ont dit ne pou\oir le faire 1 ,^199** 1 8'

Le citoyen Bernard Chambray, demeurant à Loches, département d'Indre-et-Loire, doit d'arrérages pour la pension alimentaire du citoyen Chambray, son frère, sorti le 1" pluviôse, l'an 3'. . . . ^'97*^ *^'

Nota. Différentes lettres qui lui ont été écrites à ce sujet n'ont pu lui faire acquitter ce qu'il doit à ladite maison.

Le citoyen Dumontier à Triel, département de Seine-et-Oise, doit d'arrérages pour supplément de la pension alimentaire de son frère, sorti le 7 messidor, l'an 3' 3îî2** 1 7'

Dû par le Trésor public pour 10 mois d'arrérages de la pension alimentaire et entretien du citoyen Didier- Mathieu Wolkringer, que l'on oblige de faire interdire, pour en toucher le montant sur un brevet à la Trésorerie nationale 566** 1 3'

Total 35,09Q« 3'

Je soussigné, André Ghanpoulot, économe de l'hospice de Charenton-Saint- Maurice, reconnais et certifie ledit état en tout son contenu, sincère et véritable, en foi de quoi j'ai signé le présent, à Charenton-Saint-Maurice, le 2 thermidor, l'an 3" de la République française, une et indivisible.

(Signé) : CiiA^pouLOT.

Original sijfiié, Artliivos nnlionalcs, r*-' o.-)C).

652 L'ASSISTANCE PURLIOUE A PARIS.

LETTRE DE LA COMMISSION DES SECOURS PUBLICS À L'ECONOME DE LA MAISON DE CHARENTON, L'AUTORISANT À TRANSFERER HUIT ALIENES À L'HOSPICE DES PETITES-MAISONS.

6 thermidor an m.

La Commission des secours publics à l'économe de l'hospice de Charenton.

Paris, le 6 thermidor de l'an 3" de la République française, une et indivisible.

La Commission vous autorise, citoyen, à faire transférer dans le plus court délai huit insensés de l'hospice de Charenton à l'hospice des Petites-Maisons'''. Vous vous concerterez à cet effet avec le citoyen Simonnot, économe de cet hospice.

Salut et fraternité.

(Signé) : Dkrnieau.

Original signé, Archives nationales, F'^ iv>().

REQUÊTE DE PIERRE-NICOLAS BOUTRON, EX-RELIGIEUX DE LA CHARITE, À LA COMMISSION DES SECOURS PUBLICS À L'EFFET D'ETRE CONSERVE COMME EMPLOYÉ DE LA MAISON DE CHARENTON.

7 thermidor an m.

Aux citoyens membres de la Commission des secours publics. Hospice national de Charenton , 7 thermidor.

Citoyens ,

Sur la proposition de la Commission des secours publics , le Comité des secours publics de la Convention nationale a arrêté :

^') Un état, en date du 19 thermidor, du 12 messidor précédent, dans l'hôpital

donne la liste des aliénés de Charenton, dos Petites-Maisons. (Archives nationales,

qui furent transférés, en vertu de l'arrêté F'^aôg.)

Que la maison des insensés établie à Gharenton, près Paris, sera évacuée dans le mois.

En conséquence la Commission des secours a écrit au citoyen Chanpoulot, ci-devant religieux comme moi et désigné actuellement comme économe dudit hospice, pour lui transmettre copie de l'arrêté du Comité des secours publics, qui lui enjoint de remettre une copie de son arrêté aux familles, afin qu'elles puissent disposer des individus qui sont à leur charge, et en même temps il lui est recommandé dî' renvoyer les serviteurs, ou autres employés, qui ne sont pas absolument nécessaires au service de i5 à 20 malades.

Je vous demanderai, citoyens, si mon sort doit dépendre de la seule décision du citoyen Ghanpoulot, mon collègue, et si, après avoir atteint l'âge de 72 ans, dont cinquante employés sans interruption au service continuel des malades, je dois être rangé dans la classe des citoyens désignés dans votre arrêté, comme serviteur ou employé non strictement nécessaires.

Cinquante années employées au service de l'Etat et des infortunés méritent un autre sort que celui qui m'est préparé par votre arrêté.

Citoyens, j'ai remis un mémoire pareil à celui que je vous adresse aux administrateurs du district du Bourg de l'Egalité, qui ont paru prendre intérêt à ma position.

D'après cet exposé, j'attends de votre justice que vous ferez passer aux administrateurs le résultat de votre décision, que je présume devoir m'être favorable.

Je vous prie, citoyens, de me transmettre une copie de votre réponse.

Le citoyen Boutron.

A l'hospice de Gharenton, près Paris.

Original, Archives nationales, F'^ 209.

LETTRE D'ANDRÉ-NIGOLAS DEMETZ , EX-RELl(;iEL\ DE LA CHARITE DE CHA- RENTON, À LA COMMISSION DES SECOURS PUBLICS, DEMANDANT L'AUTO- RISATION DE RENTRER DANS SA FAMILLE, SES SERVICES DEVENANT IN- UTILES DEPUIS LA SUPPRESSION DE L'HOSPICE D'ALIENES, AVEC LETTRE D'ENVOI AU DISTRICT DU HOURG-L'EGALITE.

10, t6 vendémiaire an iv.

Aux citoyens composant la Commission des secours publics.

Charenton, le lo vendémiaire, l'an à".

[i] André-Nicolas Deinelz, ci-devant religieux de la Charité de Charenton,

Vous représente que, depuis la suppression de l'ordre, il est resté à Charenton avec plusieurs de ses collègues, tant pour partager avec eux les soins à donner aux pensionnaires que pour en recueillir les pensions et autres revenus de la maison ;

Que cet établissement, quant aux pensionnaires, étant supprimé, les biens, revenus y attachés ayant été déclarés appartenir à la Nation et administrés par ses agents, il se trouve sans fonction et absolument inutile; qu'ayant fait, pendant qu'il s'est cru nécessaire à l'établissement, le sacrifice du bénéfice du décret qui lui permettait de se retirer pour vivre où bon lui semblerait, il demande aujourd'hui qu'il lui soit permis de quitter cette maison, dont l'administration est confiée au citoyen Chanpoulot, jugé seul nécessaire par vous pour la surveiller. L'exposant vous observe que, depuis lySy, il est dans l'ordre de la Charité, que son âge lui rend plus nécessaire une vie tranquille et débarrassée de toute administration; il espère que, les liens qui l'attachaient à l'ordre étant brisés, il jouira, comme tous les autres Français, de sa liberté, et qu'il lui sera permis d'emporter ses effets et meubles de sa chambre accordés par un décret de la Convention nationale. La légitimité de sa demande, que d'ailleurs l'intérêt public ne contrarie en aucune manière, lui fait espérer que vous Taccueillerez favorablement.

(Signé) : Demetz.

Aux admimstruleurs du district du Bourg-l' Egalité.

16 vendémiaire an !i'.

[2] Nous VOUS adressons copie de la Jeltre qui nous est écrite par le citoyen Demetz, ci-devant religieux de la Charité de Charenton, qui demande à se retirer dans sa famille. Comme ses services deviennent inutiles dans cette maison, depuis qu'on en a fait sortir les insensés, nous ne voyons aucun inconvénient à lui accorder sa demande. Il est important, dans les circonstances actuelles, de diminuer le nombre des employés qui sont nourris dans les hospices, ainsi rien ne s'oppose à ce que vous mettiez le citoyen Demetz à môme de profiter des avantages que lui offre la loi.

Original et niinuto {•2 p.), Archives nationales, F'^ 269.

UAPPORT DE LA COMMISSION DES SECOURS PUBLICS CONCLUANT À L'ALLOCA- TION D'UNE SOMME DE 60,000 LIVRES TANT POUR SOLDER LES DETTES DE L'HOSPICE DE CHARENTON QUE POUR SUFFIRE AUX DE'pENSES QUOTI- DIENNES.

i5 vendémiaire au iv.

Les administrateurs de l'hospice national de Charenton ont effectué la translation des insensés aux Petites-Maisons, leurs différentes demandes ont pour objet : 1° le payement des dettes qu'ils ont contractées; 2° les sommes nécessaires pour pourvoir aux approvisionnements indispensables; 3° une décision sur le sort de quelques individus qui restent dans la maison; h" une organisation qui soit telle qu'elle puisse diminuer la dépense.

OBSERVATIONS

Il paraît par la comptabilité de cet hospice, revêtue des formalités requises, qu'il est dû aux fournisseurs environ /io,ooo livres, qu'il est d'autant plus urgent d'acquitter, que les créanciers en voyant dispa-

raître le gage de leurs avances, qui était le prix des pensions payées à l'Administration, sollicitent vivement la rentrée de leurs fonds. On pense donc qu'il convient d'accorder aux administrateurs de l'hospice une somme de 60,000 livres pour solder les dépenses de l'année et le surplus être employé en approvisionnements d'hiver.

Il y a une remarque à faire sur la somme nécessaire pour acquitter les dettes contractées par l'hospice de Charenton, c'est qu'il est dû par les parents des insensés environ /i 0,000 livres, dont une parlie doit nécessairement rentrer, soit à l'Administration, soit au Trésor national, ainsi il ne faut considérer l'émission de Ao,ooo livres que comme une avance, et on adressera aux administrateurs un modèle de compte imprimé pour qu'ils aient à le remplir. Il sera fait un rapport particulier sur les autres parties de leur demande.

On propose en conséquence de faire payer par la Trésorerie nationale aux administrateurs du district du Bourg-l'Egalité la somme de 60,000 livres sur les fonds mis à la disposition de la Commission des secours publics, pour cette somme être employée tant à solder les dettes de l'hospice de Charenton qu'à faire face aux besoins journaliers de ce même hospice''*.

Minute, Archives nationales, F'^ 209.

RAPPORT DE LA COMMISSION DES SECOURS PLRLICS AU COMITE DE SALUT PUBLIC, SECTION DES APPROVISIONNEMENTS, À L'EFFET D'ACCORDER À L'HOSPICE DE CHARENTON UN SAC DE FARINE PAR DECADE POUR LES BE- SOINS DES MALADES.

9 1 vendémiaire an iv.

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