‹ L'assistance publique à Paris pendant la Révolution; documents inéditsChapitre 38 sur 241 · À LA REINE · texte numérisé non relu

À LA REINE

Madame ,

De toutes les éminentes vertus qui vous sont naturelles, celle de faire des heureux fit de tous les temps la plus noble de vos ambitions. C'est à l'appât , Madame, de tant de grâces que vous faites influer sur votre peuple, dont vous vous plaisez à être la mère, que la femme Vigner-Taidier, ci-devant marche d'Aguesseau, au n" 1 7, aujourd'hui Rotonde du Temple , n° 3, chambre n" 90, ose s'enhardir h porter au pied du trône de Votre Majesté le cri de la nature en faveur d'une mère de deux enfants en bas âge, qui réclame l'honneur de votre protection*, pour lui obtenir une place gratuite d'élève accoucheuse à l'Hôtel-Dieu ; état que sa jeunesse et ses dispositions naturelles lui permettent bien d'apprendre avec fruit, mais que ses movens seuls lui refusent. Cette profession, Madame, lui assurerait tout à la fois sa subsistance , celle d'un mari dont l'état ne va qu'une partie de l'année , de ses deux enfants , et enfin de sa propre mère , qui , sexagénaire et infirme , est à sa charge.

La suppliante, Madame, et sa famille, qui vous seront redevables de leur existence par ce bienfait qu'ils sollicitent de votre humanité, perpétueront leurs vœux pour la conservation de vos jours précieux, de ceux du Roi, du Prince, et enfin pour celle de toute l'auguste famille royale , qui font à tous les titres vos plus chères délices et les nôtres.

M. le Minisire de l'intérieur.

Paris, le 7 avril 1792, l'an k" de la liberté.

[2] Nous avons reçu, Monsieur, la lettre que vous nous avez adressée, le 29 mars dernier, en faveur de la dame Vignier qui sollicite une place d'élève accoucheuse à l'Hôtel-Dieu de Paris. Nous allons prendre les renseignements nécessaires, et si quelque difficulté invincible ne s'oppose point à l'admission de la dame Vignier, vous pouvez être assuré. Monsieur, de notre empressement à seconder l'intérêt que vous prenez à elle et à vous en. instruire.

Les administrateurs composant le Directoire du Département de Paris.

(Signé) : La Rochefoucauld, président; Anson, vice-président; Germain-Garnier, Davous, Dkmeunier, Thion DE la Chaume.

M. le Ministre de Tintêr'ieur.

Paris, le 19 avril 1799, l'an k^ de la liberté.

[3] Nous avons reçu, Monsieur, avec voire lettre du ac) mars dernier, un mémoire de la dame Jeanne-Françoise Monroy, femme Vignier, dans lequel elle demande son admission gratuite dans l'Hôtel- Dieu, en qualité d'élève accoucheuse. Les règlements de cet hôpital fixent à une somme de 180^, payées d'avance, la pension des élèves qui, pour cet apprentissage, font un séjour de trois mois dans la maison; une exception en faveur de la femme Vignier aurait des conséquences dangereuses, parce qu'elle donnerait droit à la même faveur à toutes les personnes qui se destinent à cet état, et qu'elle serait la source d'un surcroît de charges pour l'Hôtel-Dieu , dont la position permet moins que jamais le sacrifice de cette portion de ses revenus. Ces considérations vous paraîtront, sans doute, ainsi qu'à nous, suffisantes pour rejeter la demande de la femme Vignier.

Nous avons l'honneur de vous renvoyer son mémoire.

Les administrateurs composant !e Directoire du Département de Paris.

(Signé) : La RocEEFOVCkVLh, président; Anson, vice-président; Germain-Garnier, Davous, Démednier, J.-L. Brousse, Thion DE LA Chaume.

On a fait connaître cette réponse à la dame Vignier, ce 9 5 avril 1792.

Mimiles et orijjinaiix sif^nés [h p.), Archives nationales, F" 2/16.

RÉCLAMATION DES MEDECINS DE L'HOTEL-DIEU CONTRE LES RÈGLEMENTS NOUVEAUX QU'ON VEUT INTRODUIRE DANS CETTE MAISON.

19 août 1792.

Hôtel-Dieu de Paris, ce 19 août 1799 , l'an h' de la liberté et 1" de l'égalité.

Monsieur le Président, Les médecins de l'Hôtel-Dieu ont l'honneur de vous prier de dé-

cider ou de faire décider quelle doit être leur conduite dans la circonstance épineuse dans laquelle ils se trouvent.

D'une part, le Directoire du Département, ou une émanation de ce Directoire, prend des arrêtés, fait des règlements pour le service de cette maison, arrêtés et règlements contre lesquels il y a des observations essentielles à faire, ou qui sont même absolument à rejeter.

D'autre part, la Commune, après un nouvel ordre de choses et un changement dans les pouvoirs, que des abus nouveaux faisaient déjà désirer par ceux qui veulent le bien des pauvres et qui connaissent les moyens de l'opérer, vient de nommer une commission composée de douze membres pris dans son sein, qui sans doute va s'occuper sans relâche de fonctions aussi importantes. A quelle autorité devons-nous entendre? Avec laquelle des deux devons-nous coopérer? Il est extrêmement urgent, pour le bien des pauvres malades, que la question soit décidée.

(Signé) : Maj.vult, Doyen d'âge des médecins de l'Hùtel-Dieii.

En tête de la lettre se trouve cette mention : Renvoyé au Ministre de riiile'rieur par le Comité des secours publics, ce 28 août 1792 , Fan k' de la liberté.

Original signé, Archives nationales, F'^ 265.

LETTRE DE M. J.-B. MAYET, MEDECIN, AU MAIRE DE PARIS, ATTESTANT LES HAUTES CAPACITÉS DE M. DESAULT, CHIRURGIEN EN CHEF DE L'IIOTEL- DIEU, SOIT DANS L'ENSEIGNEMENT, SOIT DANS LES SOINS AUX BLESSES, ET PROPOSANT DWFFECTER LE RATIMENT DES CHARTREUX À L'ETABLIS- SEMENT D'UN HÔPITAL DESTINÉ À REMPLACER L'HÔTEL-DIEU.

24 août 179a.

A Monsieur, Monsieur le Maire de Pans.

A Paris, le 2/i août. Tan li' do la liberté et le 1" do l'égalité.

Monsieur, Le chirurgien en chef de l'Hôtel-Dieu a été calomnié devant la

Commune, mais les cliimrgiens et médecins qui chaque jour observent, sa conduite ont déjà rendu témoignage à la vérité. Il est aussi de mon devoir d'ajouter à ce témoignage individuel celui de cinquante médecins au moins, qui dans l'espace de 18 mois se sont retirés de Paris, la plupart avaient fait ainsi que moi leurs études à Montpellier, ils avaient entendu tous les professeurs, médecins et chirurgiens de cette ville, ils avaient entendu tous ceux de Paris, ils avaient vu exercer dans les hôpitaux de ces deux villes et même de quelques autres. Eh bien! j'atteste que toujours, ils se sont tous accordés à dire que M. Desaultest éminemment celui qui enseigne avec le plus de moyens, le plus de zèle et le plus de succès, qu'il est éminemment celui qui panse les malades avec le plus d'intelligence, le plus de soin, le plus d'exactitude et le plus d'expérience en général On demandera peut-être encore si un homme, qui a tant de mérites, a aussi quelques défauts; je réponds que tout individu en a, et j'atteste en mon particulier que ceux de M. Desault tournent clans la pratique infiniment plus à l'avantage qu'au détriment de l'humanité. On a insinué de transférer à la Charité les blessés de l'Hôtel-Dieu, on cherchait à la fois à enlever à M. Desault et sa place et les malades; cette double entreprise décèle

assez les basses et coupables intentions des dénonciateurs , il

n'est pas temps encore de rassembler tous les blessés dans une seule maison, et la Charité ne remplirait pas mieux cette destination que l'Hôtel-Dieu. Attendons une bonne, une nouvelle organisation dans l'enseignement et l'exercice de la médecine, j'espère qu'après cette organisation la Charité et l'Hôtel-Dieu ne recevront plus les malades. A l'avenir, on pourra, sans leur nuire, les rapprocher tous sur un même local, et il le faudra pour rendre l'école clinique de Paris la plus florissante de l'univers Des édifices nombreux, distribués sur un

emplacement vaste, bien aéré, bien tranquille, seront infiniment plus avantageux aux malades qu'un seul édifice, y en eût-il d'assez immense

pour les tous réunir , l'hôtel des Invalides et l'Ecole militaire

sont trop à l'écart , la Salpêtrière et l'Hôpital Général vers le

Jardin des Plantes ne sont pas plus à portée , mais on pourrait,

en réunissant les Chartreux au Luxembourg, préparer, former un établissement digne de consacrer l'humanité d'un peuple libre et généreux, digne d'être à côté du Panthéon français, s'il était possible de réunir la maison des Chartreux à celle du Luxembourg et de les ré-

server pour en faire des hôpitaux. Je vous soumets, Monsieur, mes vœux pour que la vente de la maison des Chartreux attenante au Luxembourg soit sursise jusqu'après l'organisation des hôpitaux civils et des écoles de médecine.

J'ai l'honneur d'être, Monsieur, votre très humble serviteur.

Jean-Baptiste Mayet,

médecin, rue des Maçons, n" i5, liôiol des Quatre-Nalions.

J'adresse copie de la présente à M. le procureur de la Commune. Original, Archives nationales, F^a/i'j.

LETTRE DES ADMINISTRATEURS DES ETABLISSEMENTS PUBLICS DE LA MUNI- CIPALITE DE PARIS, COMMISSAIRES DES HOPITAUX, À LA CONVENTION NATIONALE, ADRESSANT COPIE DE L'e'tAT COMPARATIF DE LA MORTALITE OBSERVÉE À L'HÔTEL-DIEU PENDANT LES SIX PREMIERS MOIS DE 1792

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