‹ L'assistance publique à Paris; ses bienfaiteurs et sa fortune mobilièreChapitre 87 sur 144 · Ouest · texte numérisé non relu

Ouest

Moulin (Fond. Pelletan de Kinkelin).

11 — Emprunt Ottoman . . 7Z» actions C'« du Gaz franc. (R. V.). 59 — entières

Total

SACHZaLJER (Jean) et M""* MARCADË (Geneviève,

son épouse)

Dmneurant à Paris, rue Mauconseil, paroisse Saint-Ëustache

D. T. — V Donation suivant actes passés devant M. Gaudin et son confrère, notaires au Châtelet de Paris, les 7 juin 1680 et 19 février 1683 à THôpital de la Trinité d'une somme de 6.600 livres pour tenir lieu de 275 livres de rente perpétuelle, à la charge d'être employés chaque an, savoir: 150 livres au mariage d'une fille qui aura été élevée dans ledit hôpital, se sera bien comportée dans ycelui et depuis qu'elle en sera sortie jusqu'à ce qu'elle soit en âge d'être pourvue, selon l'information qui en sera faite par les administrateurs et certification de la gouvernante des filles, dont le choix et nomination appartiendra aux fondateurs, etc et 125 livres à un achat de serges de Berry ou

autres étoffes grises pour en donner 2 aunes à chacune apprentie qui aura fait son temps à la satisfaction desdits sieurs administrateurs, etc à charge en outre de faire célébrer en

l'église dudit hôpital et par chaque an à perpétuité le premier lundi d'après la fête des Rois, un service pour les trépassés auquel assisteront les enfants dudit hôpital qui iront à l'offrande avec une bougie ardente chacun en une main et de fournir par lesdits sieurs administrateurs tout ce qui conviendra être nécessaire pour la célébration d 'ycelui et encore de faire avertir ledit sieur Bachelier du jour dudit service à la fin duquel sera distribuée une livre et demie de bougie blanche des 16 à la livre, etc.

Aux termes d'un contrat du 19 février 1683 devant Gaudin et Bonot, notaires à Paris, les époux Bachelier ont modifié comme suit la seconde partie de cette fondation.

Ils ont donné audit hôpital le fonds nécessaire pour constituer une somme de 2.000 livres plus 25 livres de rente qui sont venues s'ajouter aux 125 livres précédemment constituées de manière à former 150 livres de rentes qui seraient employées chaque année, à marier une seconde fille de cette ville de Paris ou du village de Villeneuve-Saint-Georges avec fondation d'un

second servifie pareil au précédent qui serait dit le premiff lundi de carême de chaque année avec distribution de demilivTe de bougie.

2** Donation par acte entre vifs du 1" février I6fi9 devanl Simonnet et Lemoyno, notaires à Paris, d'une somme de 50.000 li\Tes à l' Hôtel-Dieu de Paris, à charge de servir aux donateurs et au survivant d'eux, une rente viagère de 2.500 li^Tes el après eux d*affecter une rente de 1.000 livres à des oemTes charitables qu'ils se réservent le droit de désigner de leur vivait. Ces œuvres sont les suivantes:

1" Donation par acte passé devant M" Devin, notaire à Paris le 19 septembre 1672 à la paroisse de ViHeneuve-Saint'Georçe? de 500 francs de rente perpétuelle pour rétablissement d'unprître qui enseignera les enfants des pauvres et des riches gratuitement. Il donnera le témoignage de ses mœurs, il sera approuTf de l'ordinaire .

Le prêtre nommé pour remplir cette fondation devra avoir demeuré quelque temps dans le Séminaire de Saiiit-Nioolas-iiu- Chardonnet ou dans quelque autre de Paris.

U sera tenu d'assister le Curé de Villeneuve-Saint-Geoig^ dans les divers services.

Le nombre des enfants à recevoir pour être instruits flans récole sera limité à cinquante ou soixante au plus, afin que le maître n'en soit pas surchargé et qu'il puisse s'acquitter de son devoir avec plus de facilité et de perfection. Il n'en recevra pas du voisinage au préjudice de ceux de Villeneuve.

La rétribution de l'ecclésiastique qui sera nommé pour remplir la présente fondation, sera de 450 livres par an qui serou! payées par quartier par lesdits fondateurs durant leur vie, t: après le décès dos fondateurs elle sera de cinq cents livres i)ayables aussi par quartier par le receveur général do l'Hôlel-Dieii de Paris aux conditions suivantes : savoir que ledit Maîtr»d'école sera obligé d'avoir toujours deux cierges de cire blanche sur l'autel, durant la célébration de la Sainte-Messe, de sf fournir de pain et de vin pour cette messe, de payer les blanchissages des linges servant à l'Eglise, faire provision de plumes, d'encre et de papier pour distribuer aux plus pauvres de ses écoliers.

Après le décès des fondateurs, la nomination à ce poste sera faite pariM.le duré de Villeneuve-Saint-Georges, M. le Curé iK Saint-Nicolas-du-Chardonnet et le Supérieur du Séminaire do Saint-Nicolas-du-Chardonnet.

2' Donation par acte passé devant M* Devin, notaire à Paris, le 2 mars 1673, pour l'établissement de deux filles de la Charité à Villeneuve-Saint-Georges.

Il sera alloué aux dites filles de la Charité à perpétuité et par

an, la somme de 230 livres de pension à prendre sur la somme de mille livres de rente annuelle et perpétuelle assignée et constituée sur r Hôtel-Dieu de Paris par contrat passé par-devant Symonnet et Lemoyne, notaires à Paris, le 1" février 1669, de laquelle somme de 230 livres les dites filles ne rendront aucun compte qu'à la supérieure de leur Congrégation des filles de la Charité. Lesquelles seront obligées de tenir l'école des filles et secourir les pauvres malades Les dites filles de la Charité recevront, en même temps que leur pension susdite de 230 livres des Messieurs de l'Hôtel-Dieu ou du receveur général dudit Hôtel-Dieu de quartier en quartier, à commencer du jour du décès du dernier des dits sieur et dame fondateurs, la somme de 270 livres, faisant les deux sommes ensemble, celle de 500 livres restant de celle de 1.000 livres constituées sur l'Hôtel-Dieu de laquelle somme de 500 livres elles ne donneront qu'une seule quittance qui spécifiera que ladite somme reçue est tant pour l'entretien des dites deux sœurs que pour satisfaire au reste de la fondation des dits sieur et dame Bachelier; laquelle somme de deux cent soixante-dix livres sera employée autant qu'elle pourra suffire aux nécessités suivantes dont elles tiendront compte: elles achèteront le pain, vin, viande, beurre, œufs et autres choses nécessaires pour les potions, bouillons, remèdes et autres choses semblables pour la composition d'iceux propres aux malades comme onguents, sirops, vieux linges, meubles et ustensiles, tant pour les pauvres que pour elles-mêmes, et autres nécessités semblables comme bois et sel pour préparer et accommoder les dites potions et remèdes des pauvres. Elles fourniront leur école d'un 1/2 cent de fagots, elles achèteront des livres d'alphabet, psautiers, catéchismes et autres pour apprendre à lire et quelques petits livres de dévotion qu'elles distribueront suivant la nécessité ; elles fourniront aussi du papier, encre, plumes, canifs aux pauvres. Elles seront obligées de rendre compte tous les ans devant M. le Curé et de la Sœur supérieure de la Charité, de tout ce qu'elles auront reçu et employé, à la réserve de ce qui leur est donné pour leur pension ; après avoir rendu leurs comptes, s'il se trouve quelque argent de reste entre leurs mains, il sera employé à acheter des serges grises pour faire des habits aux pauvres enfants.

Enfin il est stipulé que dans le cas où l'on ne pourrait trouver des sœurs qui voulussent se charger de cette fondation, la rente de 500 livres serait réduite à 300 livres qui demeureraient affectées au soulagement des pauvres de la paroisse et les 200 livres de surplus retourneraient à l'Hôtel-Dieu.

(Cette dernière prévision s'est réalisée. Lettre de Mme la Supérieure de la Congrégation des sœurs de la Charité du 29 mai 1807, se déclarant dans l'impossibilité de continuer l'exercice de cette fondation. Arrêté du Conseil général des Hospices du 13 mai 1893, N" 5002.)

Ediraits du testament de Jean Bachelier, en date du '28 octobre 1687.

Je désire que Ton continue de payer au sacristain de TEglise Saiut-Eustache, la somme de six livres pour chaque salut des Dimanches de toutes les années qui ne se trouvent point fondés. Ils se diront après la procession des vêpres et la prière à la fin se fera proche le banc de la famille, premier pilier de la nef devant la chaire du prédicateur. Je ne crois pas qu'il y eu ait plus (le neuf ou dix qui restent à fonder. (Cette rente s'élève à 60 fr.)

2"* Je veux qu'il soit fait deux établissements de deux sœurs de la Charité, de celles devant Saint-Lazare, à chacune desquelles l'on donnera cinq cents livres, tant pour rentretien et subsistance des dites sœurs, que pour médicaments et potions. Outre un nouveau qui est établi à Saint-Thierry aux conditions ci-dessus de cinq cents livres, pour lequel j'ai aflfecté cinq cents livres sur la grande maison, rue Pavée, Pour être établies où MM. les administrateurs de l'Hôtel-Dieu trouveront le plus à propos après mon décès. Comme aussi trois établissements de chacun un prêtre aux lieux où seront les dites sœurs, ou professes qui seront choisies préférablement dans le Séminaire de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, à la rétribution de trois cetits livres chacun qui seront payées par quartier par M. le receveur de l'Hôtel-Dieu. Ils célébreront la sainte messe tous les jours: enseigneront les pauvres gratis, en la crainte de Dieu, à lire et à écrire

Je prie MM. les administrateurs de l'Hôtel-Dieu

comme aussi de vouloir se donner la peine d'exécuter

mon testament et assurer celui de feue M"* Bachelier, ma femme, que je n'ai pu exécuter à cause des contestations survenues au sujet des deux testaments et demander à la Cour l*'quel des deux doit être exécuté. L'Hôtel-Dieu offrant dVxrcuter ce qui sera ordonné, étant bien certain que c'est le dernier qu'elle a fait qui le doit être, suivant son intention, faisant à son imitation les pauvres et malades de rHôtel-Ditu de Paris, mes légataires universels de tous mes biens, meublts et immeubles présents et à venir.

Les héritiers de M. Bachelier ayant contesté la validité du legs universel fait par leur auteur, il intervint à la date du 20 mai 1690 entre eux et les administrateurs de l'Hôtel-Dieu, une tran saction dans laquelle on lit la disposition suivante:

(( S'il survenait quelque difficulté sur l'établissement desdits 3 prêtres à cause de la modicité desdites 300 livres par an pour chacun d'eux, lesdits sieurs administrateurs pourraient réduire

à deux, qui sera à raison de 450 livres chacun pour donner moyen à ces prêtres de vivre plus commodément et de mieux remplir leur devoir, à condition qu'il y aurait toujours l'un des deux qui demeurerait destiné et établi au bourg de Merfy ».

Les administrateurs de l'Hôtel-Dieu se sont bientôt vus dans la nécessité d'user de la faculté que cette transaction leur réservait, et par un acte passé devant Caillet et Courtois, notaires à Paris, le 28 avril 1694, avec les héritiers du fondateur, ils sont convenus:

De réduire le nombre des dits 3 orêtres à deux, dont l'un sera et demeurera à toujours établi audit lieu de Merfy ou autres lieux et environs de la terre et seigneurie des Marais, au choix et à la volonté des seigneurs et propriétaires d'icelle qui auront à perpétuité la nomination dudit prêtre, avec faculté de le destituer et en remettre et nommer un autre à la place quand bon leur semblera comme amovible et non bénéficier, auquel prêtre lesdits sieurs administrateurs seront tenus, ainsi qu'ils promettent et s'obligent audit nom par ce moyen de faire payer par le Receveur général dudit Hôtel-Dieu, ladite somme de 450 livres par chaque an.

(La transaction abandonnait à l'Hôtel-Dieu 66.000 livres et 4.350 livres de rentes sur les aides et gabelles.)

Quant à l'autre prêtre, les administrateurs de l'Hôtel-Dieu se sont réservé le droit (reconnu par la transaction), de le choisir eux-mêmes, nommer et admettre et de l'établir à l'Hôtel- Dieu où il sera nourri et logé, avec faculté de le destituer ou renvoyer quand ils le jugeraient à propos pour remettre un autre à sa place comme amovible, sans être obligés de prendre ledit prêtre dans aucune communauté, ni tenus de lui payer les autres 450 livres par an, mais bien une moindre somme, telle qu'ils jugeraient à nropos et raisonnable, attendu qu'il serait logé et nourri dans ledit Hôtel-Dieu.

Mêmes conventions en ce qui concerne les deux établissements de 2 filles de la Charité chrétienne, lesquelles seront établies à r Hôtel-Dieu, et auxquelles il ne sera donné autre chose que le logement, la nourriture et l'entretien.

Page 1