‹ L'assistance sous la Législative et la Convention, 1791-1795Chapitre 23 sur 132 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

rhabillement convenable à la vieillesse ». On y procurera de l'ouvrage, selon Tàge et la capacité de chaque individu. On tendra une main secourable c< à celles que la vieillesse et quelques fatalités empêcheraient de travailler ». Les jeunes filles de 6 à i6 ans apprendront, dans une salle spéciale, à lire, écrire, compter et coudre sous la direction d'une femme instruite et de mœurs douces et pures, ayant les talents de l'aiguille. La société s'occupera aussi des veuves, des mères chargées de familles et des personnes malheureuses « qui se dérobent au grand jour pour éviter les regards curieux de la fausse pitié ou ceux de la froide et insultante opulence ». Les souscriptions annuelles étaient de 36 livres, mais la société ne devait prendre un loyer qu'après avoir réuni cent souscriptions ^ .

Gomme la Constituante, la Législative est violemment hostile à la mendicité : l'homme qui ne possède rien ne s'intéresse pas au maintien de l'ordre public, la division des propriétés est le meilleur moyen de déjouer les projets contrerévolutionnaires. L'action du mendiant en elle-même n'est pas répréhensible, mais elle porte le trouble dans la société. Le mendiant préfère le repos à l'action. Etant « aux gages de la pitié », il commet un vol, car, le secours qu'il reçoit, il l'enlève à des infortunés qui le méritent. Luttons « contre les hypocrites qui, attaquant en mille manières la sensibilité de l'homme qulls veulent émouvoir par leurs supplications, après l'avoir trompé, émoussent en lui le penchant à la bienfaisance. » L'oisiveté doit être sévèrement punie, mais il faut que le travail soit tel que l'offre de le donner et le refus de s'y livrer aient précédé l'application de la peine. C'est parmi les brigands et les vagabonds que se recrute l'armée contre-révolutionnaire.

La conséquence de cette théorie, c'est une répression sévère dans des maisons à travail forcé, et, en cas de rechute

I. Il serait intéressant de savoir si ce projet est entré en activité. De nos jours, Tidée de l'assistance aux femmes par les femmes a été réalisée par plusieurs sociétés, notamment par TAdelphie et par Fœuvre de la Chaussée du Maine.

Sa l'assistance db 1791 a 1795

ou de tierce récidive^ la transportation ; « il ne reste qu'à l'etranelier du tronc poiiti({ue cette branche gourmande qui attire à elle les sucs nourriciers faits pour alimenter les branches productives * ». La défense de mendier entraine la défense d'assister le pauvre qui mendie. « L'une et l'autre préviendront l'effet de cette sorte d'assistance mal entendue qui n'est en soi ((u'un mauvais calcul du cœur et qu'une faiblesse x>. Il sera défendu de distribuer du pain ou de l'argent aux portes des maisons ou dans les rues, et l'on n'assistera plus au « spectacle scandaleux de cénobites aux- . (juels leur règle faisait un devoir de la pai*esse et de la mendicité ».

Fidèle à la pensée de ses contemporains, Bernard de l'Yonne combat les hôpitaux « fermés aux habitants des campagnes ». Les pères de famille y sont privés de leurs enfants^ de leurs proches, de tout ce qui leur retrace des souvenirs consolateurs ». Il préfère les secours à domicile et organise des agences cantonales . chargées de distribuer les fonds réunis dans une masse commune, y compris a les revenus des fondations et dotations qui remonteront à 5o ans et au-delà ' ». Parmi ces agents, il faut une place pour « ce sexe même dont la sensibilité exquise et les qualités aimables ont le plus d'analogie avec ces fonctions intéressantes. . . Les femmes ont l'esprit et la patience des détails, cette curiosité aimable (jui ap[)elle la confiance. A elles semble appartenir l'empire de la bienfaisance»... «Lorsque vous aurez établi le culte de rimmanité, lorsque vous les aurez chargées de la dispensation de ses dons, ministres aussi de ce nouveau culte, elles ne pourront plus s'affliger de n'être comptées pour rien dans nos institutions *. »

Absorbée par d'autres soucis, la Législative n'eut pas le temps de discuter le rapport de Bernard. Il alla rejoindre ceux du Comité de Mendicité. Mais le Comité des Secours

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