‹ L'association des idéesChapitre 59 sur 83 · MOYENNE · texte numérisé non relu

MOYENNE

sec

Hommes adultes

— vieillards

— épileptiques

Enfants —

Femmes adultes

Hystériques

On remarque bien l’allongement de la durée sous l’influence de l’état morbide. — Pour Féré, l’accélération du processus associatif dans les états d’excitation est toujours peu marqué relativement au ralentissement des états de dépression.

Féré a remarqué qu’il pouvait exalter le pouvoir d’association chez les hystériques. On montre aux

1 . Je traduis par cette expression le mot Ideenflucht ; le terme de volée des idées par lequel il a été traduit quelquefois est inacceptable. « Déroute des idées » ou « idéorrhée » rendrait mieux le sens.

l’association dis idées

sujets successivement des mots français accouplés à un mot latin ; puis ensuite on fait repasser sous leurs yeux les mots français ; ceux-ci n’évoquent pas leur concomitant latin. « L’instant d’après, l’association est possible et correcte sous l’influence d’une excitation lumineuse ou auditive, des vibrations mécaniques du diapason, de l’aimant. »

Wreschner, du travail duquel nous avons déjà parlé, a soigneusement mesuré les temps d’association chez son idiote. Ses conclusions sont intéressantes :

• i° Les associations formées d’après le sens ( inhaltliche ) sont plus lentes que les associations d’après le son ( lautliche ) ;

2° Le temps d’association croît — pour un même inducteur — avec la qualité de l’association ;

3° Lorsque les inducteurs sont de classes différentes (cf. la classification des tests de Sommer), la durée associative croît d’autant plus que l’inducteur est moins familier à la malade (c’est-à-dire, que l’inducteur est d’une plus haute catégorie) ;

4° L’exercice augmente la rapidité de l’association ; il fait plus sentir son influence accélératrice sur les associations dont l’inducteur était peu familier à la malade.

Ziehen (c) a trouvé l’association ralentie, mais pas toujours, chez les enfants faibles d’esprit.

Bechterew, ayant expérimenté sur des hystériques, nota une accélération de l'association dans l’état d’hypnose, (à l’état de veille, ces malades présentaient une faculté d’association plus lente que les personnes normales). Bechterew rapproche ce phénomène d’un

autre, à savoir que l’association est plus rapide pendant la distraction.

Il est difficile, d’après un si petit nombre d’expériences, de se rendre compte des raisons de cette accélération ou de ce ralentissement du processus associatif ; ceux-ci doivent probablement dépendre en partie de la sphère affective. Godfernaux a développé cette thèse avec talent : dans la manie, la pensée est « allégée du contrepoids nécessaire du sentiment » ; dans la mélancolie, au contraire, il y a « ralentissement graduel de la pensée par une sorte d’agglutination excessive des idées. /> Stôrring (a) a émis des idées analogues.

Jusqu’ici tout au moins, les recherches faites ne semblent pas condamner l’espérance caressée par Kræpelin et Sommer de voir la pathologie mentale fondée sur la psychologie expérimentale, et les auteurs qui, comme Zieiien ‘, avaient mis en doute une telle possibilité, paraissent s’être plus ou moins ralliés.

Il n’y a guère de conclusion générale à tirer de cette première partie de notre étude, qui prend lin ici. Nous voyons seulement que le processus associatif est assez mal connu, et qu’il y a bien à faire, encore, pour parvenir à déterminer ses conditions et ses effets. L’état quasi- embryonnaire de cette énorme questionne m’a pas permis de faire plus que de désigner à l’attention des chercheurs les principaux filons que la psychologie se met en devoir d’exploiter.

i . Sur les discussions auxquelles ont donné lieu cette question

Ide principe, cf. Ziehen, analyse des Psychol. Arbeit. in Z. f. Psychol., X, 247; Aschaffenburg, b et c ; Rœmer, b.

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