Forel. Gehirn und Seele
l’activité
générales (climats, genre de vie, etc.) ayant pu agir directement sur le plasma germinatif, et la sélection a concouru à conserver celles de ces coordinations qui étaient utiles à l’espèce. — Peut-être aussi beaucoup d’actions considérées comme instinctives ne sont-elles que le résultat de l’éducation, de l’imitation, en un mot, de la tradition, non de l’hérédité.
Il résulte de cet aperçu que l’hérédité de l’association n’est rien moins que prouvée, que, au contraire, l’hypothèse des néo-darwiniens est applicable à tous les faits, donc, plus scientifique, — et que, par conséquent, l’édifice associa tioniste, dont l’hypothèse de la transmission des expériences acquises formait le principal pilier, se trouve, de ce chef encore, sapé par la base.
CONCLUSION
Il y aurait encore bien des chapitres de psychologie à passer en revue pour épuiser tout ce que l’on sait du rôle de l’association dans la vie mentale ; mais ce serait perdre notre temps que de traiter en quelques pages des sujets auxquels sont réservés des volumes entiers de cette Bibliothèque : les rêves, la pédagogie, le caractère , l’inconscient, etc. C’est pour la même raison que l’on s’est abstenu de consacrer un chapitre spécial à la pathologie de l’association, qui aurait compris une étude de l’agnosie, de l’incoordination, des troubles de la personnalité, du délire, des obsessions, de la suggestion et de la psychothérapie : de tels sujets demandent à être traités à fond, et la place manquait pour appuyer cette étude des documents qui, seuls, auraient pu lui donner quelque valeur — car ce sont moins des questions à résumer, que des études à faire.
Etant donné le peu de place mis à la disposition d’un si vaste sujet, j’ai cherché à insister sur les questions de méthode, de procédés expérimentaux, afin de permettre à chacun de suppléer aux lacunes de notre exposition par des expériences personnelles. Au
CONCLUSION'
lieu de m’attarder à la tâche facile de rapporter avec abondance les résultats détaillés ou statistiques obtenus jusqu’ici par les observateurs — résultats trop rares encore et de valeur trop inégale pour qu’on puisse en tirer des conclusions décisives, — j’ai pensé plus utile de mettre en relief les points obscurs et qui réclament de nouvelles recherches. Car si les psychophysiologistes contemporains décrivent avec complaisance ce que l’association explique, ils passent comme chats sur braise sur ce dont elle ne paraît pas pouvoir — jusqu'ici du moins — rendre compte à elle seule.
Dans la première partie de cet ouvrage on a cherché à serrer de près le mécanisme de l’association. Pour y parvenir, il a fallu préalablement subdiviser la question, et distinguer des processus différents trop souvent confondus sous un même terme, à savoir la création de l’association (qui répond à la loi de simultanéité subjective), le mécanisme de l’association (exprimé par la loi de contiguïté), et V évocation associative (régie par la loi de totalisation).
Toute notre seconde partie a été traitée dans ses grandes lignes seulement ; mais mon but — est-il besoin de le répéter? — était simplement d’attirer l’attention des chercheurs sur des points encore obscurs, et que Ton a trop coutume de considérer, à la faveur du mirage associationiste, comme entièrement élucidés. 11 n’était pas inutile de montrer que ceux qui se font fort de tout expliquer par l'association se bornent à nous payer de mots, et à exécuter sous nos yeux éblouis quelques tours d’escamotage qui, si adroits soient-ils, sauraient d’autant moins nous satisfaire que l’on a moins vu par où avait apparu la muscade, Claparède. a3
c’est-à-dire la fonction mentale dont il s’agissait de démontrer l’origine associative. — Trop souvent, en effet, on ne nous a servi sous le nom de psychologie « expérimentale » ou « positive », qu’un condillacisme réchauffé à la sauce évolutionniste, qu’une sorte de construction a priori, suspendue nécessairement dans le vide, et qui réclame, pour se tenir debout, plus d’hypothèses encore que les vieux systèmes que l’on désirait renverser.
Certes, je ne nie pas qu’il puisse être utile, parfois, de partir de l’amibe pour remonter l’échelle des complications biologiques; c’est même un travail de vérification indispensable, il fixe et précise les idées, à la condition toutefois que la méthode descendante soit employée de concert avec lui. Que l’on n’oublie pas, surtout, que la solidité du sommet d’un édifice est en raison directe de la largeur de sa base. Or, faire reposer toute la psychologie humaine sur la psychologie aléatoire des protozoaires, c’est un peu vouloir faire tenir une pyramide sur sa pointe.
La lecture de ce livre aura peut-être apporté la confusion dans l’esprit de quelques-uns ; ils se figuraient que l’association était un principe expliquant très simplement tous les phénomènes mentaux ; si je les ai désillusionnés, j’en suis fâché, mais c’était nécessaire. Moi-même, en entreprenant ce travail, je m’imaginais que j’aurais surtout une œuvre simplificatrice à accomplir ; j’ai dû vite m’apercevoir du contraire. Si quelque chose est obscur, c’est la façon dont on a voulu expliquer par une ou deux lois ce qui est en réalité l’effet du concours de facteurs très différents.
Ce caractère de l’association, de n’être qu’un fac-
CONCLUSION
teur dans la vie mentale, a donné forcément à toute notre étude une tournure un peu schématique ; j’ai eu l’impression, en effet, d’exécuter un travail de dissection, pour isoler ce facteur des complexus dans lesquels il joue un rôle de concert avec d’autres, comme dans la mémoire, l’évocation, etc. Pour présenter la question d’une façon un peu systématique, j’ai dû briser les cadres des travaux des auteurs dont j’ai rendu compte, auteurs qui le plus souvent s’étaient placés à un autre point de vue que le nôtre, afin de ne prendre de leurs études que ce qui concernait l’association, en laissant le reste de côté. On est ainsi amené à passer en revue les principaux phénomènes psychologiques sans pouvoir en approfondir aucun en particulier, puisque presque tous relèvent de facteurs autres que l’association, et par conséquent ne touchent que par une face à notre étude.
De ce qu’il est impossible de regarder comme un phénomène d’association l’action encore si obscure du sentiment ou de l’intérêt sur la dissociation, sur la création, etc., il n’en résulte pas que tout ne soit pas mouvement dans nos centres nerveux. Mais c’est un abus de langage, me semble -t-il, que de dénommer « association » toute action dynamique d’un processus sur un autre ; ce terme doit être réservé pour la connexion des éléments d’une expérience acquise. L’association, cause de liaison, de reproduction, ne saurait être un principe de combinaison, de construction... et l’on peut conclure, en modifiant à notre usage un mot spirituel d’ERNEST Naville1 : si l’asso-
i. Ern. Naville. La science et le matérialisme . Genève
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dation existait seule, Vassodationisme n existerait pas.
Que l’on me permette, avant de clore cette étude, que je me suis efforcé de faire la plus objective possible, une simple réflexion. Quelles que puissent être mes opinions personnelles sur la liberté, je n’ai pas hésité, cela va de soi, à considérer tous les processus mentaux comme absolument déterminés : toute tentative d’explication scientifique présuppose et implique le déterminisme. — D’ailleurs cette mécanisation de l’individu est-elle, même dans ses conséquences pratiques, si dangereuse qu’on l’a dit? En fait , on ne considère jamais que les autres comme des automates, et l’on se garde toujours d’en faire autant pour soi-même, tellement tout ce que nous vivons du dedans répugne à une pareille mécanisation. Considérer les autres comme des machines et soi-même comme libre et responsable est peut-être une assez bonne règle de vie, puisqu’elle nous pousse à l’indulgence pour autrui, à la sévérité pour nous-mêmes, à cette attitude si difficile à prendre, et que prêchait déjà le fondateur du christianisme lorsqu’il disait de ne pas voir la paille qui est dans l’œil du prochain tandis que nous ne remarquons pas la poutre qui est dans le nôtre.
et Paris, 1891, p. 83. (« Si la matière existait seule, le matérialisme n’existerait pas. »)
INDEX BIBLIOGRAPHIQUE
(Cet index n'a pas la prétention de contenir la liste de tous les travaux où il est question de l’association des idées. 11 ne mentionne que les principaux, notamment ceux qui ont été l’objet d’une citation dans le texte de l'ouvrage.)
Alber. — Ein Apparat zur Auslôsung optischer Reize . Arch.
für Psychiatrie, XXX, 1898, 64 1 •
Ali.in. — Ueber das Grundprincip der Association. Diss. Berlin, 1895.
Aristote. — De Memoria et Jteminiscentia, ch. n (tr. Barth. Saint-Hilaire).
Aschaffenburg. — a. Experimentelle studien iiber Assoc.
ITheil : Psych. Arbeiten, I, 1894* — II Theil : Die Ass. in der Erschôpfung, Ps. Arb. II, 1899. — III Theil : Die Ideenflucht, Ps. Arb.