‹ L'Association des idées [electronic resource]Chapitre 74 sur 93 · L'ACTIVITÉ · texte numérisé non relu

L'ACTIVITÉ

§ 1. — Activité volontaire et automatique.

A plusieurs reprises, nous avons insisté sur le rôle joué par les sentiments dans le cours de la pensée ; c'est à la psychologie ou à la biologie des sentiments, donc, à rendre compte, non seulement de V activité mentale, mais encore de la raison d'être de cette activité, du but vers lequel elle tend. L'association est incapable de le faire.

L'objet de ce paragraphe sera donc très modeste. Loin de chercher à expliquer pourquoi telle action est voulue, telle fin est désirée, on se bornera à examiner, une fois cette tendance admise comme un fait, de quelle façon l'association intervient dans le phénomène de la volition.

Il est assez difficile de savoir où commence l'acte volontaire : le désir, le projet rentrent-ils déjà dans la volonté P Nous admettrons ici qu'il n'y a volition qu'au moment où Vexéciition de l'action a été dé-

l'activité

cidée ^ : nous avons donc à envisager le cas du mouvement volontaire. Une fin étant désirée, comment se traduit-elle en acte ? — Mais ce n'est pas tout le problème : ce qui caractérise l'acte volontaire, c'est le sentiment, d'abord, que cet acte est précisément celui qui aura pour effet la réalisation du désir ; ensuite, que cet acte est spontané. — Quelle est la part de ces processus dont l'association rend compte ?

Les auteurs récents (MCnsterberg ^ , Ziehen) admettent que ce qui donne à un acte le caractère volontaire est le fait qu'il est précédé de la représentation mentale du mouvement à exécuter. « Je veux un mouvement » signifie : l'image de ce mouvement me hante, m'apparaît, flotte devant moi. — Il est certain que cette représentation préalable est nécessaire. Ainsi que James (II, ^87) Ta bien montré, les mouvements volontaires sont nécessairement des fonctions secondaires de l'organisme, c'est-à-dire qu'ils ne sont possibles que si préalablement ont eu lieu des mouvements instinctifs ou réflexes, qui ont laissé dans la mémoire des traces sensibles, traces qui, s'étant associées avec telles autres images, peuvent être ravivées et, après elles, le mouvement lui-même auquel elles correspondent.

Dites à quelqu'un de bouger les oreilles ; il ne pourra pas, parce qu'i7 ne saura pas comment s'y prendre, nR^ani encore aucune représentation de ce mouvement. Ce n'est

1. Ainsi, lorsqu'on se dit: « Je veux m'instruira », il n'y a volition qu'au moment où I on a commencé ou esquissé une action en rapport avec la fin désirée.

Page 1