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Dun, il y aurait eu aux Etats-Unis 3 à 4 millions d’ou-
vriers sans travail. Cette situation donna lieu aux
Coxey Armees, migration des ouvriers sans travail vers
Washington, et à l’émeute de Chicago. Ces situations sont heureusement inconnues en Europe.
Toutefois les Sociétés anglaises indiquent comme nombre moyen des ouvriers sans travail :
ASST RS AO MB00 10 07 1888/0095, 92/0080. 66,485 1889 -.102550/0 04180927 0%0,20/
soit en moyenne 4,4 °/, ; or, les Trades Unions possèdent l'élite de la population ouvrière anglaise, il est certain que le nombre des sans travail est deux ou trois fois plus fort soit 10 °/.
D'après l'enquête du recensement du chômage en Allemagne en 189,5, en plein développement industriel de ce pays, la proportion du chômage était de 3,5 04, environ. Le dénombrement des corps de métiers socialistes portant sur les conditions existant dans les villes estimait le chômage à 7 °/, en 1893.
Le tableau graphique ci-contre, établi d’après les renseignements fournis par les Syndicats français, montre que le chômage dans ces syndicats a varié entre 4 et 14°/,, pendant la période de 1894 à 1898, et que sa moyenne normale oscille entre 6 et 8 °/,. Cette moyenne donnée par les syndicats doit correspondre à peu près en France à la moyenne réelle du chômage de tous les salariés.
Ces ouvriers syndiqués ontune profession déterminée
SAT D et par suite sont moins sujets au chômage, mais l'allure socialiste des syndicats et l’hostilité que leur a toujours témoignée le patronat est une raison de la plus grande fréquence du chômage parmi les syndiqués. Ces raisons en sens inverse font que les chiffres des syndicats doivent à peu près représenter la moyenne réelle du chômage dans la population ouvrière française.
Parmi les fléaux qui menacent nos sociétés, aucun ne nous paraît présenter des conséquences aussi terribles et aussi dangereuses pour ceux qu'il atteint et surtout pour la prospérité générale du pays.
Pour l’ouvrier, le chômage est plus terrible que la maladie, car il est plus démoralisant. À la suite d’une maladie, on sent le besoin de dépenser ses forces renaissantes et le goût du travail revient avec elles. Le chômage réduit l’homme à l'inaction, le corps et l’esprit s’accoutument à la paresse, l'individu se déshabitue de l'effort et il sera bien difficile de reprendre la vie laborieuse de l’atelier. Pour chercher du travail, il faut voir les camarades leur demander des renseignements, et pour payer ces petits services on entre au débit de vin où les verres succèdent aux verres. L’ennui d’ailleurs porte à la boisson, les maigres économies du foyer disparaissent au cabaret, l’homme devient à jamais paresseux et buveur.
Pour la femme, habituée à la vie d’atelier, le désœuvrement et la misère l’amènent à la prostitution. Le vice, la misère, le déshonneur, telles sont les conséquences naturelles du chômage.
Au point de vue social, le mal est encore plus grand
hors
le mécontentement, la misère, les propos subversifs débités entre deux verres, to ME le meilleur ouvrier en un terrible révolté, d'autant plus redoutable qu'il est resté jusqu'à ce jour étranger aux idées révolutionnaires. Il est facile de constater que les émeutes ou les révolutions sanglantes ont toujours succédé aux époques où le chômage avait atteint sa plus grande acuité.
Mais en dehors des préoccupations de paix sociale, à nos époques modernes, les batailles les plus terribles sont celles que l’on livre sur le terrain industriel et commercial. Le traité de Francfort a été plus désastreux pour notre PApÈrse nationale que les défaites de nos armées.
Pour les combats sur les champs de bataille économiques, il faut avoir à sa disposition des troupes actives et productives ; il faut que tous les soldats soient prêts pour les luttes toujours renaissantes, il faut les maintenir dans la plus grande activité, leur fournir le travail nécessaire et permettre à tous, dans la mesure de leurs forces, de contribuer à cette grande œuvre de défense nationale, plus nécessaire peut-être que celle de nos baïonnettes, qui semble hynoptiser nos pensées et devoir être le seul objet de notre sollicitude.
Les conséquences du chômage, au point de vue de l'individu et de la société sont telles, qu’il nous parait indispensable de rechercher tous les moyens d’y remédier. Nous allons d’abord présenter les moyens qui ont été proposés.
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