‹ L'astigmatisme et les verres cylindriquesChapitre 14 sur 21 · MOYENS DE RECONNAITRE LE DEGRÉ ANORMAL DE L’ASTIGMATISME · texte numérisé non relu

MOYENS DE RECONNAITRE LE DEGRÉ ANORMAL DE L’ASTIGMATISME

Les phénomènes dont nous avons donné un aperçu dans le chapitre précédent indiquent déjà le moyen de découvrir l’astigmatisme et même d’en déterminer le degré. Il ne me paraît cependant pas superdu d’étudier au point de vue de leur valeur et de leur utilité les méthodes d’examen qui en

hS l’astigmatisme.

découlent, et d’indiquer le moyen qui donne facilement et sûrement un résultat suffisant. L’examen subjectif est ici le plus important, c’est pourquoi nous nous en occuperons en premièr lieu. L’acuité de la vision, examinée dans des conditions diverses, nous fournira les indications nécessaires. Nous dirons ensuite quelques mots des signes objectifs qui permettent de supposer ou même de reconnaître d’une manière certaine la présence de l’astigmatisme.

A. Examen subjectif. — V absence d'une acuité de vision normale nous donne la première indication. Si les troubles de la vision ont existé depuis la jeunesse à un degré à peu près égal, sans variations évidentes, alors on a des raisons de supposer que l’astigmatisme en est la cause; c’est même une exception de voir cette supposition démentie par l’examen. On peut ensuite faire quelques questions sur la netteté des lignes horizontales et verticales, lorsque la tête est plus ou moins inclinée. Il ne faut cependant pas perdre beaucoup de temps de la sorte, mais passer tout de suite à l’examen systématique.

1° Dans chaque diminution de l’acuité de la vue , on commence par en déterminer le degré : cela se fait par l’accommodation ou par la réduction (par le moyen de verres sfihériques) pour une assez grande distance, limitée par la grandeur de la chambre où se fait l’examen. A cette distance est suspendu un tableau avec des lettres des n”* CC, G, XC, LXXX, etc., jusqu’au numéro indiqué par le nombre de pieds qu’a la longueur de la chambre: si, par exemple, elle a '12 pieds de long, le tableau (inira au n° XII. L’œil emmétrope à vision normale reconnaît sûrement cette distance des lettres n“ Xll. Le verre positif le plus fort et le verre négatif le plus faible à l’aide diKjuel on obtient la plus

DEGRÉ ANORMAL DE l’aSTIGMAÏISME. liO

grande netteté de la vision indiquentledogrédel’amétropie, soit hypermétropie, soit myopie. Il faut cependant faire observer que pour plus d’une raison, dans les forts degrés de myopie, on ne trouve ordinairement pas une acuité par, faite. Un certain degré d’imperfection dans un cas de myopie n’est donc pas une raison de supposer un astigmatisme anormal. On en fera toutefois l’examen.

2" Supposons maintenant qu’on ait trouvé une vision imparfaite. Oti commencera alors par déterminer dans quelle direction sont situés les méridiens principaux^ destà-dire le maximum et le minimum de courbure. A cet effet, on se sert d’un point lumineux éloigné. Dans ma chambre de consultation, un carreau d’une des fenêtres est de verre mat; devant cette vitre est placée une planchette noire de 35 centimètres en carré-, au milieu de cette planchette est fixée une plaque métallique, percée d’un trou, et dans les rainures de laquelle on fait glisser un diaphragme muni d’ouvertures arrondies depuis jusqu’à 10 millimètres de diamètre. Pour une distance de 10 à 15 pieds, on fait regarder une ouverture de 2 à 4 millimètres, tandis qu’à l’aide de verres on fait alterner (voyez page 3Zi) une légère myopie et une hypermétropie ; môme pour un œil normal on obtient ainsi généralement un allongement de l’image de dispersion dans deux directions opposées qui indiquent le maximum et le minimum de courbure. C’est surtout frappant dans les cas d’astigmatisme anormal.

3® On connaît de cette manière la direction des méridiens principaux. On examinera alors si les rayons appartenant à ces méridiens donnent des images jjIus nettes que ceux de l’ensemble de la surface réfringente. Pour cela on tiendra, successivement dans chacun des méridiens princi-

l’astigmatisme.

paux, la fente d’un appareil sténopéique large de 1 à 2 millimètres, et l’on verra si la netteté de la vision a augmenté. Si ce n’est pas le cas, on essayera d’ajouter des verres positifs OU' négatifs ordinaires, d’après les principes déjà exposés sub 1®. Si, par ce moyen, la vision ne devient pas plus nette que sans l’usage de la fente, il est suffisamment démontré que l’astigmatisme n’est pas la cause des troubles de la vue. Toutefois, si ces troubles fonctionnels sont très peu considérables; si, par exemple, l’acuité de la vision est encore = le résultat peut être incertain, autant parce que le fait môme de regarder au travers d’une fente trouble quelque peu la vue, que parce que l’astigmatisme n’est pas complètement corrigé dans cette expérience.

Si l’on trouve, au contraire, une amélioration de la vision, l’existence de l’astigmatisme anormal est démontrée. Il s’agit maintenant de savoir quelle est la réfraction dans chacun des méridiens principaux. On la déduit de la force du verre positif ou négatif qui procure la vision la plus nette dans cbacun de ces méridiens. Généralement on trouve dans les deux un certain degré d’araétropie. Il importe maintenant de le déterminer exactement. Ce résultat obtenu, nous avons atteint notre but, car nous avons en môme temps le degré de l’astigmatisme. Cette détermination est très facile lorsque dans les deux méridiens il existe un certain degré de myopie : le verre négatif le plus faible au moyen duquel on obtient la plus grande netteté de la vue, en donne la mesure d’une manière tout à fait suffisante. Si, par contre, on rencontre une hypermétropie dans un ou dans les deux méridiens, alors il est probable, surtout chez de jeunes sujets, que le degré n’en a pas été indiqué exactement. Des efforts d’accommoda-

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lion involontaires et comme spasmodiques cachent en effet une partie de l’hypermétropie existante, et fait choisir pour la correction totale un verre positif trop faible. Si l’effort d’accommodation était le même pendant l’examen successif des deux méridiens, on obtiendrait tout de môme la différence de réfraction, parlant le degré de l’astigmatisme. Mais on ne peut pas attendre une pareille égalité d’effort d’accommodation. En outre, il ne suffit pas de connaître le degré de l’astigmatisme, il faut aussi savoir quel est celui de l’hypermétropie dans les deux méridiens. On n’obtiendra ce résultat d’une manière exacte et certaine que lorsqu’on aura artificiellement paralysé l’accommodation au moyen d’un mydriatique, car alors l’hypermétropie ne peut rester latente ni complètement ni en partie ; elle apparaît nécessairement tout entière comme hypermétropie manifeste.

5® Par rapport à l’astigmatisme, il s’agit de connaître :

a. Son existence ;

h. La direction des deux méridiens principaux, ceux du maximum et du minimum de réfraction ;

c. La réfraction de l’œil dans chacun de ces méridiens ;

d. Le degré de l’astigmatisme.

Nous avons vu suh 3®, dans ce chapitre, comment on reconnaît a été; ce qui a rapporta c a été développé suh h° . Il nous reste maintenant à indiquer comment on obtient d. La chose est simple : Le degré de l’ astigmatisme se déduit de la différence de réfraction dans les deux méridiens principaux. Nous allons l’expliquer par quelques exemples qui feront connaître en môme temps les trois formes d’astigmatisme que nous croyons devoir admettre, sous le rapport de la réfraction :

l’astigmatisme.

I. Astigmatisme ynyojnqiie. Il faut distinguer : a. Astigmatisme myopiqiie simple. M dans un méridien, E dans l’autre. Soit, par exemple :

Dans le méridien principal H, emmétropie,

Dans le méridien principal V : M = - ,

Nous avons alors un astigmatisme myopique simple."

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