‹ L'astigmatisme et les verres cylindriquesChapitre 7 sur 21 · COUP D’ŒIL SUR LES ANOMALIES DE LA RÉFRACTION · texte numérisé non relu

COUP D’ŒIL SUR LES ANOMALIES DE LA RÉFRACTION

Le système réfringent de l’œil normal a, pendant le repos complet de l’appareil accommodateur, son foyer sur la rétine, et plus spécialement sur la surface extérieure de la couche sensible des bâtonnets. Des rayons parallèles, provenant d’objets infiniment éloignés, réfractés par les milieux transparents d’un tel œil, se réunissent exactement sur cette surface. Le point le plus éloigné de la vision distincte est par conséquent à l’infini, c’est-à-dire à la limite extrême de nos besoins. C’est pourquoi nous avons appelé emmétrope l’œil qui répond à ces conditions.

L’œil peut dévier de cet état idéal dans deux directions, et devenir amélrope.

Le foyer de l’appareil dioplrique peut être situé en avmit ou en arrière de la surface extérieure de la couche des bâtonnets. Dans le premier cas l’œil est myope, bracbymétropej dans le second cas, il est hypermétrope.

l’astigmatisme.

Pour l’œil myope, le point le plus éloigné de la vision distincte est situé à certainë distance en avantde l’œil ; pour l’œil hypermétrope ce point est situé à certaine distance en arrière 5 c’est-à-dire que, sans faire le moindre effort d’accommodation, l’œil myope réunit sur sa rétine les rayons partis en divergeant d’un point situé en avant de l’œil, tandis que pour l’œil hypermétrope ce sont les rayons qui convergent vers un point situé en arrière de l’œil. '

La myopie et l’hypermétropie sont donc deux états opposés l’un à l’autre. Les deux aussi sont dus à une cause commune, à savoir, une modification de la longueur normale de l’axe optique ; dans l’œil myope, il est plus long; dans l’œil hypermétrope, il est plus court que dans l’œil emmétrope. La myopie et l’hypermétropie ont été réunies sous le nom collectif d’amétropie, par opposition à l’emmétropie.

La myopie a acquis une plus grande importance par l’étude exacte de ses rapports intimes avec diverses altérations pathologiques du fond de l’œil (staphylôme postérieur, scléro-choroïdite, atrophie, décollement de la rétine, extravasations sanguines, etc.). L’hypermétropie, qui n’a été bien comprise que tout dernièrement, doit attirer à un haut degré l’attention des oculistes, car elle est la cause du plus grand nombre des cas d’asthénopie et de strabisme convergent. Si de quelques côtés on a émis des doutes à ce sujet, cela tient au seul fait que l’on n’a pas réfléchi que, par un effbrtd’accommodation,riiypermétropie peut devenir latente. Si l’on paralyse l’accommodation par un agent mydriatique, tous les doutes disparaissent ; l’bypermétropie doit alors nécessairement être tout entière manifeste. On reconnaît riiypermétropie lorsque les objets deviennent plus

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nets à l’aide de verres positifs; la myopie, au contraire, lorsque la netteté de la vision à distance augmente à l’aide de verres négatifs.

La distance focale des verres qu’il faut ajouter pour corriger l’amétropie et rendre l’œil emmétrope, détermine le degré de l’amétropie. Le pouvoir dioptrique d’une lentille, ou sa force, est inversement proportionnel à sa distance focale F. On [)eut donc l’exprimer par La valeur F s’exprime en pouces de Paris. Si donc nous disons que la force d’une lentille = etc., cela veut dire que ce sont des

lentilles dont la distance focale positive est à 6, à 8 pouces de Paris, etc.; des lentilles de — ^ sont des len-

tilles de 10, do 20 pouces de distance focale négative. Nous exprimons pareillement l’amétropie. Myopie M = ^ signifie qu’un verre de 9 pouces de Paris de distance focale négative est nécessaire pour neutraliser la myo[)ie et faire place tà l’emmétropie. Hypermétroj)ie H = ^ est un degré d’amétropie que l’on corrige au moyen d’une lentille de 12 pouces de distance focale positive.

L’amétropie ou les anomalies de la réfraction tiennent donc, d’après ce qui précède, à deux états opposés, la myopie ou l’hypermétropie. Toute anomalie de la réfraction appartient à l’une ou à l’autre de ces deux catégories.

Cependant il se présente des cas où la réfraction n’est pas la même dans les divers méridiens de l’œil. Dans un méridien l’œil peut être emmétrope, tandis qu’il est arnétrope dans l’autre; il peut, dans ses divers méridiens, varier quant au degré, et même quant à la nature de l’amétropie.

L’asymétrie sur laquelle reposent ces dilférences est

l’astigmatisme.

propre à tous les yeux. Généralement elle existe à un si faible degré, que la netlelé de la vision n’en souffre pas sensiblement. Mais, par exception, elle devient considérable et occasionne une aberration des rayons lumineux qui porte préjudice à Pacuité de la vision.

Cette aberration peut être appelée astigmatisme . Elle fait le sujet des pages suivantes.

Une distinction sévère entre les anomalies de la réfraction et de l’accommodation est nécessaire, parce que les notions de la réfraction et de l’accommodation diffèrent en nature et en principe. La réfraction de l’œil est la déviaiion que subit la lumière dans l’état de repos, la propriété que le système dioptrique possède, grâce à sa forme, indépendamment de toute action musculaire, de toute accommodation. L’accommodation au contraire repose sur les changements que la réfraction peut subir par l’action de muscles volontaires. La distance dupoint le plus éloigné delà vision distincte R répond au repos complet de l’accommodation. Lorsque celle-ci commence, l’œil est adapté pour des distances de plus en plus petites, jusqu’à la distance P du point le plus rapproché de la vision distincte.

Il en résulte que la réfraction dépend de l’état anatomique et physique du système dioptrique, tandis que l’accommodation dépend de l’action physiologique des muscles.

La réfraction de l’œil est connue par la détermination de R. Si, en outre, on a déterminé P, on a toutes les données pour trouver la latitude de V accommodation. On l’exprime comme suit :

Dans cette formule, A est la distance focale d’une lentille additionnelle que le système dioptrique peut s’ajouter par le moyen de l’accommodation. On suppo.se maintenant que celte lentille addition-

COL'P u’ülilL SUK LliS ANOMALIES DE LA UÉFUACTION. 5

nclle est située dans l’air, et que son point nodal antérieur correspond au point nodal antérieur du système dioplrique de l’œil. C’est pourquoi aussi on mesure les distances R et P du point le plus éloigné r, et du plus rapproché p de la vision distincte, jusqu’au point nodal antérieur de l’œil, situé environ à ^ pouce en arrière de la cornée.

C’est dans ce même point nodal que l’on suppose située la lentille additionnelle, qui, comme nous l’avons vu plus haut, corrige l’amétropie ; par conséquent, pour déterminer le degré de la myopie et de l’hypermétropie, on calcule pareillement depuis r jusqu’à ce môme point nodal. Deux exemples feront mieux comprendre notre pensée.

Si un œil myope a son point le plus éloigné de la vision distincte à l’infini, lorsqu’il se sert d’un verre — g, placé à en avant du sommet de la cornée, c’est-à-dire à en avant du point nodal antérieur, sa myopie = 1 : 6 |. Cela veut dire que les rayons doivent partir d’un point situé à 6 en avant du point nodal antérieur pour se réunir sur la rétine; ou bien encore que, pour corriger la myopie, il faudrait qu’avec le susdit point nodal coïncidât le point nodal antérieur d’une lentille additionnelle située dans l’air = — 1 : 6 2.

Qu’un œil hypermétropique aitle pointleplus éloigné desa vision distincte à l’infini au moyen d’un verre = 1 : 7 5, situé à en avant de la cornée, c’est-à-dire en avant du point nodal antérieur : des rayons parallèles , tombant sur la lentille, se réuniraient alors, abstraction faite de l’œil, à 7" en arrière du point nodal; par conséquent une lentille de dont le point nodal antérieur coïnciderait avec celui du système dioptrique de l’œil, neutraliserait l’amétropie : il existe donc une 11 =

Les anomalies de l’accommodation sont les crampes et la paralysie des muscles accommodatcurs. Si la presbyopie pouvait être appelée une anomalie, elle rentrerait dans les anomalies de l’accommodaiion, car elle repose sur une diminution de la latitude de l’ac-

6 l’astigmatisme.

commodation. Mais celle diminution elle-même est un phénomène normal de développement, et elle augmente régulièrement avec les années.

L’astigmaiiSme, dont nous avons à nous occuper, n’a rien de commun avec {'accommodation et ses anomalies. Nous pouvons donc maintenant les laisser de côté. Une simple dilTérence de réfraction dans les divers méridiens du système dioplrique de l’œil, et en conséquence de cela, un degré différent d’amétropie dans les divers méridiens, voilà ce qui caractérise l’astigmatisme.

J’ai traité plus en détail des anomalies de la réfraction dans : Nederlandscli Tijdsckrift voor geneeskunde, D. II, 1858, p. ti65 et suiv. ; — Archiv f. Ophthalmologie, publ. par Arlt. Donders et DE Graefe, vol. IV, VI et VII; — Ameti'opie en hare gevolgen. Utrecht, 1860.

Un aperçu en a été donné par le docteur DOR, dans le Journal de la physiologie de V homme et des animaux, du docteur Brovvn- Séqüard, sous le titre : Des différences individuelles de là réfraction de l'œil.

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