L'astrologie grecque
Ce livre est un chapitre de ['Histoire de la Divination dans l’Antiquité, repris et développe dans les limites de temps et do lieu, nécessairement un peu indécises, qui circonscrivent riiistoire de V « antiquité » classique. Le sujet avait autrefois vivement piqué ma curiosité; mais, comme je ne devais pas, dans une étude générale sur les méthodes divinatoires, lui donner un développement hors de proportion avec l’cnscmhle, je ne m’étais pas cru obligé de m’engager à fond dans cette selva oscura. Je me contentai alors d’en faire le tour et d’y pratiquer provisoirement quelques éclaircies. Une nouvelle poussée de curiosité m’y ramène au bout de vingt ans, avec le ferme propos de débrouiller enfin cette étrange association — unique dans l’histoire de la pensée humaine — de raisonnements à forme scientifique et de foi masquée; avec l’espoir do saisir renchaînement des idées maîtresses qui supportent tout l’assemblage et de noter les étapes parcourues parla logique acharnée à la poursuite des secrets de l’avenir.
Je n’ai rien changé à ma méthode, soit de recherche, soit d’exposition. Elle consiste, pour la recherche, à remonter vers les origines jusqu’à ce que l’on retrouve l’état d’esprit où ce qui est devenu plus tard inintelligible ou déraisonnable était le produit d’nn raisonnement simple, parfaitement intelligible; pour l’exposition, à refaire en sens inverse le chemin parcouru. On me permettra de dire que j’ai été encouragé à y persévérer par les constatations que j’ai pu faire depuis. En suivant, non pas do très près, mais avec assez d'attention.
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les enquêtes sporadiques du folk-lore, je n y ai rencontré aucun fait concernant les pratiques divinatoires, aucun usage, si bizarre soit-il, qui ne rentre sans eflort dans les cadres que j’ai tracés pour la divination gréco-romaine et n y trouve son explication. L’esprit humain est partout le môme, et on le constate plus aisément qii’ailleurs dans les questions de foi, où il opère sur un très petit nombre d idées. 11 ne crée pas volontairement le mystère : il le rencontre au bout des spéculations métaphysiques, par imimissance de comprendre rinlini ; mais, en deçà de ce terme, il n’est point d’arcane qui ne soit un oubli de sa genèse intellectuelle, du circuit plus ou moins sinueux par lequel telle croyance ou pratique est issue logiquement de croyances ou pratiques antérieures. Les superstitions sont dos survivances dont on ne comprend plus la raison d’être, mais qui ont ete en leur temps, et par un point de suture que l’on peut souvent
retrouver, fort raisonnables. i ^ ^ i
Ce qui est vrai des superstitions en général 1 est, a plus forte raison, de l’astrologie, qui a essayé do rattacher d une façon quelconque aux sciences exactes, à « la mathématique », les efforts les plus aventureux de l’imagination. L astrologie une fois morte — je crois quelle l’est, en dépit de tentatives faites tout récemment pour la reviviher — a ete traitée avec un dédain que l’on ne montre pas pour des questions d’importance historique infiniment moindre. On dirait qu’il entre encore dans ces façons méprisantes quelque chose . de l’irritation qu’elle a causée autrefois à ses adversaires, a ceux qui, ne sachant trop par où la réfuter, se prenaient a a haïr. Letronne, soupçonnant quelque « vision astrologique » dans un détail des zodiaques d’Esneh, estime que « cette parce ticularité tient à quelque comliinaison d’astrolope qui ne « mérite guère la peine qu’on prendrait pour la découvrir ». Il constate que, une fois dépouillés « du caractère purement « astronomique qu'on leur avait supposé », ces zodiaques (( ne seraient plus que l’expression do rêveries absurdes, et (( la preuve encore vivante d’une des faiblesses qui ont le (( plus déshonoré l’esprit humain ». Il laisse supposer quil a eu « le courage de parcourir des livres d’astrologie an-
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« cienne », mais sa patience s’est lassée avant qu’il fût en état de deviner les énigmes de ses zodiaques. « Nous n’en sommes « pas encore là », dit-il, « et nous n’y serons pas de long- « temps ; il est môme douteux que personne entreprenne une « recherche dont le résultat ne peut plus avoir désormais « d’utilité scientifique » . La prédiction est hardie et le motif admirable. Si Letronne entend par utilité scientilique l’utilité pratique, il faut rejeter en bloc — en commençant par son œuvre à lui — toutes les études portant sur l’inventaire du passé, c’est-à-dire ce qui occupe les neuf dixièmes des savants et intéresse peu ou prou le reste de l’humanité. S’il reconnaît une utilité scientilique à tout ce qui accroît notre connaissance du réel, de ce qui est ou a été, prétendrait-il reléguer en dehors dos choses réelles les faits d’ordre intellectuel et psychologique, les idées, les croyances, les systèmes qui ont provoqué par la pensée l’action, qui ont engendré des faits et sont en un certain sens plus réels que les faits eux-mômes ?
Je constate volontiers, et môme avec plaisir, que j)eu de gens se soucient aujourd’hui de l’astrologie. Si elle est encore vivante et agissante dans les pays d’Orient, chez nous, elle appartient au passé et n’intéresse plus que les historiens. Ce n’est pas une raison pour qu’elle les intéresse médiocrement. On a cru longtemps, on croit peut-ôtre encore que la divination en général et l’astrologie en particulier ont tenu peu de place dans l’histoire. Sans doute, on constate que les oracles et tes pronostics des devins interviennent à tout moment pour provoquer ou empêcher, hâter ou retarder les actes les plus graves ; mais on suppose que c’étaient là, pour les chefs d’Etat ou chefs d’armée, des prétextes plutôt que des raisons, des moyens commodes d’utiliser la crédulité populaire, et que les choses se seraient passées de môme, ou à peu près, sans cette intervention. C’est un point de vue qui a pu paraître rationnel aux philosophes du siècle dernier, mais qui devrait être, comme on dit aujourd’hui, dépassé. 11 est surtout inexact appliqué à l’astrologie, qui n’a jamais agi qu a distance sur les masses populaires, mais qui, grâce à son prestige scicntilicjuc, a la rigidité implacable de scs calculs, avait tout ce qu il fallait pour s’imposer à la loi des gouver-
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naiils. L’asti-ologic a réalisé de temps à autre le rêve des doctrinaires platoniciens et stoïciens; elle a mis parfois la main sur ces grands leviers que sont les volontés des lois. Qui sait combien de desseins, intéressant des millions d’hommes, elle a entravés ou favorisés, quand elle avait prise sur la pensée d’un Auguste, d’un Tibère, d’un Cliarles-Quint d une Calherine de Médicis, d’un Wallenstein ou d’un Richelieu. Les historiens devront, à mon sens, rechercher avec plus de soin qu’ils ne l’ont fait jusqu’ici les traces de cette mgerence et ne pas se persuader aussi facilement quelle a été d ellet négligeable. Ils n’ont même pas besoin d’aller bien loin pour rencontrer, dans l’observance de la semaine, incorporée aux religions issues du judaïsme, la trace, désormais indelebile, d’une idée astrologique.
En tout cas, l’étude de l’astrologie et do son histoire intéresse au premier chef ceux qui cherchent à connai re l’homme en analysant, dans ses œuvres collectives, la plus spontanée et la plus aclivc de ses facultés, la faculté de croire et de se créer des raisons de croire. Après avoir fait taire a polémique religieuse suscitée par la prétendue antiquité des zodiaques égyptiens, Letronne déclarait que désormais, redui à l’astrologie, le sujet n’olfrait plus « aucun but de recherche « vraiment philosophique ». Je ne sais ce qu il en en ai au juste par philosophie, mais j’avouerai sans ambages que iistoire de l’astrologie - c’est-à-dire de la formation de ses dogmes — me parait, à bien des égards, de plus grande poilee philosophique que l’histoire de l’astronomie, à laquelle elle est du reste intimement môléo. Ce n’est pas, ou ce n est pas seulement parce que l’astrologie a conservé, en se les appiopriant comme données de ses calculs, les conquêtes de la science astronomique à travers des siècles où celle-ci risquait d’ètre délaissée et même oubliée; ni parce que, entre an t spéculations aventureuses, elle a posé, en prétendant les avoir résolues, des questions de physique et de mécanique célestes auxquelles n’eût pas conduit la pure géomclric des astronomes grecs. Je veux parler de ce qui lait son originalité propre, de cette association et pénétration réciproque d etcmeL hétérogènes, d’une foi qui parle le langage de la
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science, et d’ime science qui ne peut Irouver que dans la foi la jusUücation de ses principes. Qu’un Ptolémée en soit arrivé à « croire » que l’on « savait » au juste quel est le tempérament de la planète Saturne, par exemple, et que l’on avait pu démêler par l’observation, dans la complexité des aptitudes physiques, intellectuelles, morales, des êtres vivant sur terre, la part qu’il fallait attribuer à son inllucnce, celle-ci ramassée et condensée dans une sorte de frappe instantanée. ; qu’un Ptolémée, dis-je, ait pu considérer ce type non pas comme élaboré par la religion, mais comme déterminé par l’expérience, alors qu’il savait et enseignait luimême combien sont multiples les données de chaque thème de géniture et combien rare, par conséquent, l’observation de cas analogues pouvant servir de base à une induction légitime, — cela est merveilleux et éclaire, ce me semble, dans un exemplaire de choix, les })rofondcurs de l’ame humaine.
Dans la foi de ce savant qui croit savoir, on découvre aisément l’éternel désir, le besoin de croire ce que l’on veut qui soit. Or, ce que l’homme a le plus âprement convoité, le plus obstinément poursuivi, c’est la connaissance, la possession anticipée de l’avenir, en deçà et au delà de la tombe. Au delà, c’est la conquête des religions ; en deçà, de la divination. Les autres méthodes ont plus ou moins eflacé la ligne de démarcation, non pas en affichant la prétention de fixer le sort des individus après la mort, mais en s’appuyant ouvertement sur la foi religieuse, en demandant des avertissements aux dieux, et non seulement aux dieux, mais, par l’oniromancie et la nécromancie, aux habitants de l’autre monde. Bref, dans toutes ses méthodes autres que l’astrologie, la « divination » est une révélation « divine », une sorte de rallonge ajoutée à l’intelligence humaine. Seule, l’astrologie a créé l’équivoque et comme l’hypocrisie dont elle est entachée en se séparant de plus en plus de l’idée religieuse qui l’avait engendrée, en voulant non pas «deviner», mais « prévoir», et prenant de vive lorce le rang qu’elle trouvait à sa convenance, le premier, parmi les sciences naturelles. La cause de la séduclion qu’elle a exercée sur les esprits cultivés, c'est qu’elle a prétendu instituer une divination scientifique, autrement dit.
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siibsüluer à la révélation la prévision fondée sur la connaissance des lois de la Nature, et qu’elle a osé appeler cette prévision certitude mathématique. Mais, en dépit de ses prétentions, elle restait une foi, et, même sans l’analyser de près, on s’en aperçoit : d’abord, à sa résistance obstinée, et même victorieuse, aux assauts de la logique; ensuite, aux moyens quelle a employés pour se propager.
J’ai prononcé tout à l’heure le mot d’hypocrisie, en 1 atténuant et l’appliquant à l’astrologie, à l’œuvre collective, non aux astrologues pris individuellement. Atténuons encore, si l’on y tient, en disant : équivoque constitutionnelle et inconsciente. Cependant, je ne pourrais pousser le respect trop loin sans manquer à mon tour de sincérité. Il m est arrivé plus d’une fois non seulement de déclarer ineptes des fantaisies qui faisaient par trop violence au sens commun, mais de traitei* mes astrologues de charlatans. Je n’ai voulu par là ni dire ni faire entendre que cette épithète leur convînt généralement, étant au contraire persuadé que les croyances jugées après coup les plus déraisonnables ont été, à un certain moment, très dignes de foi et presque démontrables par les idées courantes. Sauf quelques échappées d’impatience — dont, à l’autre extrême, birmicus, le paitait croyant, a quelque peu pâti, — je n’ai rudoyé que les fabricants de livres apocryphes, les fondateurs et apôtres anonymes de la doctrine astrologique. Je sais parfaitement que je commets un anachronisme en les jugeant d après des scrupules qu’ils n’avaient pas, et qu on pourrait aussi bien réduire le fait à l’usage d’un procédé littéraire, ou excuser leur zèle et, par surcroît, louer leur modestie; mais je me sens incapable d’indulgence pour les faussaires, même quand ils ont cru travailler pour une bonne cause. Qu’ils fassent parler Ilénoch ou Daniel, Apollon ou la Sibylle, ouNéchepso et Pétosiris, les révélateurs qui se déguisent me paraissent toujours cacher sous leur masque une vilaine action.
En tout cas, j’estime l’occasion opportune pour distinguer la cause servie par de tels moyens de celle de la science et pour montrer à quel point, sous son décor scientilique, l’astrologie était restée une foi. Maintenant que tout le monde
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s'cssnyG — et (1 îiiicuns rv'GC viiig ieiig iiicoinpolGncG ci tlGÜnir la sciGncG Gt la loi, soit pour Igs traitor on sœurs juiuGllGS, soit pour Igs opposer Tuiig à l’autre, il est bon de retenir ce critérimn extérieur. On ne forge de preuves que pour certifier ce qui ne peut se démontrer, et ce qui ne peut se démontrer n’est pas de la science.
Mais en voilà assez pour lairi* comprendre le genie d intérêt que j’ai trouvé à l’étude de la divination, un domaine que, dans les limites indiquées plus haut, je crois avoii maintenant parcouru tout entier. Je n’y ai pas vu un exercice de pure érudition, mais aussi et surtout une occasion de méditer sur des problèmes dont le souci est 1 honneui’ et le tourment de notre espèce. C’est peut-être un labeur fastidieux que de compter les fils et les points d attache historiques des toiles d’araignée tendues au devant des grands mirages et dans lesquelles se prennent les imaginations ailées, avides de lumières surnaturelles; mais ce n’est pas un labeur sans récompense. On disserte encore sur 1 énigmatique xaQapTi.^ d’Aristote, sur la « purification » ou apcaisemcnt que produit dans l’ame, au dire du philosophe, la tragédie : le spectacle, tragique aussi, du long effort fait, et en vain, par 1 intelligence humaine pour sortir de ses limites apaise, en le décourageant, le désir de connaître l’inconnaissable. Il fait plus; il nous donne en échange la certitude que, ce que nous ne pouvons pas savoir, nul ne le sait et, à plus forte raison, n’est obligé de le savoir. C’est cette certitude, et non pas, comme le dit Montaigne, « l’ignorance et l’incuriosité », qui est « un doulx et mol chevet à reposer une teste bien faicte ».
A côté de la synthèse que j'ai tenté d’asseoir sur de patientes analyses et qui, pour l’astrologie en particulier, a abouti à la distinction de deux méthodes, générales toutes deux, concurrentes et, à certains égards, incompatibles, il y a place pour bien des recherches de détail, lesquelles seront facilitées, je me plais à le croire, par les vues d’ensemble. Elles auront pour premier résultat — et j’y applaudis d’avance — de rectifier des inexactitudes que j’ai pu, que j’ai dû commettre. Ensuite, elles ouvriront de nouvelles sources d’information. Quantité de manuscrils astrologiques dorment
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encore dans les bibliothèques, et les textes grecs dont je me suis servi, imprimés au xvi® siècle, ont grandement besoin d’être révisés par nos philologues. C<eux-ci commencent, du reste, à porter leur attention de ce côté, et je serais heureux de contribuer à l’y retenir. Par delà le monde gréco-romain ou occidental, il y a le monde arabe, reloge de 1 astrologie au moyen âge, et, par delà encore, 1 Inde, 1 Extiême-Oiient. C’est un vaste champ d’enquête, où je ne désespère pas de voir les orientalistes s’engager à leur tour. Ils nous diront si, ce qui est hors de doute pour le côté arabe, il a été ensemencé par la propagande grecque, ou si ces peuples ont subi diiectement, comme la Grèce elle-même, 1 inlluence delà Clialdée. Ils auront même le plaisir de mêler au travail d érudition l’élude de l’astrologie encore vivante ou tout au moins se survivant dans de vieilles habitudes tournées en cérémonial. Ce qui a jusqu’ici, je suppose, rebuté leur curiosité ^ ^ empêchée de naître, c’est qu’un livre d astrologie est un véritable grimoire pour qui ne connaît pas le sens des teimes techniques et les théories représentées par ce vocabulaire. Si, comme j’ai lieu de le penser, l’astrologie orientale s’alimente au même fonds d idées et de pratiques que 1 astrologie grecque, je les aurai peut-être encouragés à aborder ses arcanes, en somme beaucoup plus faciles à élucider que les énigmes et les métaphores incohérentes des Védas.^ Qu’ils écartent seulement, et de prime abord, l’idée sin- «•ulière, léguée par une tradition assez récente, que ce genie de recherches n’offre aucun intérêt scientifique. Gela s’appelle jouer sur les mots. Un compte-rendu de l’Académie des Sciences, enregistrant en 1708 l’envoi du marbre gravé dit Planisphère de Bianchini, constate que l’exégèse de ce document astrologique n’est guère du ressort de l’Académie. « Ce « n’est pas », dit malicieusement le rapporteur, « que l’histoire (( des folies des hommes ne soit une grande partie du savoir « et que malheureusement plusieurs de nos connaissances « ne se réduisent là ; mais l’Académie a quelque chose de « mieux à faire ». Fontenelle songeait sans doute, en écrivant ces lignes, à son Histoire des oracles; mais ce n’est point par affectation de modeslic qu’il met, en pareil heu, la
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science au dessus du « savoir «. A chacun sa lâche. Les hommes de science, — au sens étroit du mot, — ceux qui étudient la Nature, ont mieux, c’est-à-dire autre cliose, à faire que d’étudier l’histoire, à laquelle se ramène tout le reste du « savoir ». Encore en voyons-nous qui dépassent, et avec grand prolit pour tout le monde, la limite tracée par Fontenelle à l’utilité scientifique. Je n’apprendrai à personne que le créateur de la thermochimie, l’homme dont les travaux ont ouvert à l’étude de la Nature une voie nouvelle, M. Berthelot, a trouvé le temps de s’occuper de l’iiistoire de l’alchimie, laquelle rejoint en maint endroit et double souvent l’histoire de l’astrologie.
On voudra bien ne pas prendre pour un paradoxe ma conclusion : à savoir, qu’on ne perd pas son temps en recherchant à quoi d’autres ont perdu le leur.
BIBLIOGRAPHIE
ET
renseignements divers
Comme je n'ai nullement l’intention de dresser une bibliograplne générale des ouvrages, anciens et modernes, concernant l’astrologie, je me contente d’indiquer les répertoires où se trouve déjà ébauchée cette
bibliographie ;
Pour les ouvrages grecs anciens, lo. Alb. Fabricii BiHiol/.ec<i graeca, ed. nova curante G. Chr. Harles.Vol. IV. Hamburgi, 1 ,9a. Lib. III, c. XXI (pp. 128-170).
Pour les ouvrages de toute provenance ; Bibliographie genéi ale de l’Astronomie, par J . C. Houzeau et A. Lancaster. 1 . P' ( ruxe es, 1887), pp. 681-858.
Voici maintenant la bibliographie des sources auxquelles j'ai eu recours, classée par ordre chronologique ;
I MvNiLius. — M. Manilii Astronomicon a Josepho Scahgero... repumtu^ Argentorati, 1655. - A la suite, avec pagination spéciale ( - p. •
JosepM Scaligeri Jul.C^ "i^^'fa'preli^^^^^ de
fj)™7eTIÛ"ies,iri690 etieOO.J'ai utilisé, concurremment avec
rédil’ion de Scaliger, celle de Fr. .lacob (llerolini, .84 1, et les références visent toujours celle-ci, parce que 1 absence de num rotation continue dans Scaliger rend les indications très incommodes. Souhaitons que Manilius trouve cnlin un e^diteur capable non seulement d’améliorer le texte, mais aussi de comprendre au’un Index ne doit pas être exclusivement a 1 usage des philolomies Celui de Fr. .lacob donne cinquante references sur 1 emnloi de suh et soixante sur l'emploi de in, mais on y chercherait en vain les noms des constellations et ceux d'Auguste ou de Varus de Philippes ou d'Actium. On s'étonne moins, apres cela, que ties rnagrammata. Fr. Jacob ait range les signes du
BIBLIOGRAPHIE
Zodiaque à l’inverse de l’ordre accoutumé et mis à gauche la droite des astrologues. La « littérature » philologique concernant Manilius est considérable ; voir la bibliographie des éditions et dissertations dans G. Lanson, De Manilio poêla ejusque iivjenio, Paris, 1887, et R. Ellis, Noctes Manüianae, Oxonii, 1891. A noter, comme tentative de vulgarisation, Astronomicon di Marco Manilio, lib. I, tradotto da A. Covino. Torino, 1895.
H. Néciiepso et Pétosiris. — On ignore, à cent ans près, à quelle époque fut publié le grand ouvrage apocryphe, fabriqué probablement à Alexandrie, qui, au temps de Sylla (Riess) ou de Tibère (Boll), fonda la réputation de l’astrologie « égyptienne », en concurrence avec la chaldéenne. C’était une encyclopédie, cosmogonie, astrologie et magie, dont on cite le XIV® livre. Les fragments en ont été réunis par E. Riess :
Nechepsonü et Petosiridis fragmenta magica, edidit Ernestus Riess (Philologus, Supplernentband VI [Gœttingen, 1891-1893], pp. 323-394). Cf. l’étude préalable ; E. Riess (même titre). Diss. PhiloL, Bonnae, 1890.
ni. Claude Ptolémke. — Sur la vie, les ouvrages, la philosophie de Ptolémée, contemporain d’Antoninde-Pieux, voy. l’étude magistrale de Franz Boll, Sludien üher Claudius Ptolemdiia. Ein Beitrag zur Geschichte der griechischen Philosophie und Astrologie (Jahrbb. f. klass. PhiloL, XXI Supplernentband [Leipzig, 1894], pp. 49-244). Nous n’avons à nous occuper que de son traité d’astrologie (qu’il faut se garder de confondre avec le traité d’astronomie intitulé Ma0r)p.aTix7j ajvvaÇi? ou OU Meytarr], d’où l’arabe Almageste) :
Édition princeps ; KXauSîou IlToXsjjiaîou IlrjXouaiéw; T£Tpâ6i6Xo; dJVTaÇt; T.pôî Supov àSsXçov. Norimhergae, in-4“, 1535, avec traduction latine des deux premiers livres par Joach. Camerarius [Kammermeister], qui fit une nouvelle édition corrigée à Bâle en 1553, le texte (212 pages petit format) à la suite de la traduction latine, celle-ci (251 pages) achevée par Ph. .Mélanchthon.
Le célèbre médecin et mathématicien Jérôme Cardan publia à Bâle, en 1568, une traduction latine de Ptolémée, De astrorum judiciis, cum expositione Hieronymi Cardani Mediolanerisis medici, précédée d’un traité De Septem erraticis stellis, lib. I (pp. 1-94), suivi de Geniturarum exempla (pp. 511-715) et de scolies de Cunrad Dasypodius [Rauchfuss] (pp. 717-838).
Je me suis servi du texte inséré par Fr. Junctinus dans le premier volume de la deuxième édition de son énorme Speculu7n Astrologiac, universam mathematicam scientiam in certas classes digestam complectens, 2 vol. fol., Lugduni, 1581, avec une traduction hü\ne (Quadripartiti operis de judiciis astrorum) qui tantôt reproduit celle de Cardan, tantôt en est indépendante. Je ne suppose pas qu’il emprunte beaucoup à Camerarius, de qui il dit : eleganti Latinitate decoravit duos primos tractatus Apotelesmaton
XII bibliographie
Ptolemæi. Sed cjiiii opéra non Icguntiir apud Cathohcos, cpioniam redoknt hæresim Lulhcranam (1, p. 'oo4). Les deux ^lermers lues sont noyés dans un énorme commentaire (pp. 109-830) on es preuves expérimentales sont représentées par des centaines de thèmes de géniture d'iiommes célèbres. Junctinus se proposai , de commenter aussi les deux premiers livres, prope diem (Deo danie) ; mais il en est resté la.
Avant la publication de l'édition princeps avaient paru (i e. 1484) des traductions latines, telles que ; QuadnparUtim judiciorum opus Claudij Ptolemei Pheludiensis ah Joane liano nellovacêsi pbel/e recognüum. Paris,
maei Pheludiensü Quadripartitum, imprime par 1 rucknei a la sui
de Firmicus (ci-après). Basileae, 1333.
Toutes ces traductions, où les termes techniques sont empruntés à l’arabe, sont encore plus incorrectes et plus obscures que le texte original, et je laisse à d’autres le soin de les comparer
soit entre elles, soit avec le texte.
A la suite de la Téirahible (enrichie de quelques tableaux syn ptiques qui ont dû être ajoutés au texte), les éditeurs donnen , sous le nom de Ptolémée, une collection de cent aphorismes ou règles astrologiques ; Tou aùxou Kapr.oi ::po; xov auxov ..upov ici Pt Centum dicta ou Centüoquium). Ce «fruit» ou prétendu résumé de l’ouvrage de Ptolémée est évidemment pseudepigrapbe.
La Tétrabible fut réellement résumée, et très uneriapàçpaaiî xou nxoXep.aiou T^xp«6i6Xov attri-
buée cà Proclus, publiée avec traduction latine
Procü Diadochi Paraphrasis in Ptolemæi hbros IV de Sideium effectionibm, a Leone Allatio e Græco in Latinum conversa. Lug .
""'[w’elfst exact, même pour la correspomlance des livres et chapitres, que j’ai jugé superüu d y renvoyei le lectem
Nous possédons encore deux commentaires anciens de la Tr a bible, attribués l’un à Proclus, l’autre à Porphyre, et impn . ensemble à Bâle en 1339, avec traduction latine, par H. oll. ,
EÎÇ xrv TE-pol6i6kov IlxoXEpaEou «viovuao, (In
Claudü Ptolemæi Quadripartitum cnarrator ignoti tamen Proclum fuisse quidam existimant), 180 pp. fol. C e)>tl auteur que j’appelle ordinairement « le scoliaste » et auque je lem
sous la référence «Anon >. à.oxsXE.,axixV
,oS ll!oLs.a(o» (l>. phil. Ininductm in Vlokmm opta de effectue asironm), pp. 180-20.',. A lap. 193 commeneen de. i, ,o3 Aïipoçi).ou, auleur inconmi et texte en piteux e . .
IV. SEXTO. E.iTM.r„s. - U„ demi-siècle environ apoès Ptolemee le med cin et ptiilosoplie Sextus Empiricus écrivit une elulalion c . par coLéquent, un exposé - des doctrines aslrologiques dans
BIBLIOGRAPHIE
V* des XI livres IIpô; MaOTjixa-rixo'j;. Ce livre est intitulé llpô; ’AcîTp oXo'yo'j?. Voy. la réédition Sexti Empirici opéra, rjv. et lat. de lo. Albertiis Fabricius, Lipsiae, 1842, t. II, pp. 208-237 (pp. 338- 353 H. Estienne).
V. Manéthon. — Sous le nom de Manéthon, contemporain des deux
premiers Laj^ides, nous avons une compilation versitiée d’ ’A-o- TEXsaij-a-ixà, à la fois pseudépigrapbe et apocryphe, car le prétendu Manétliou est censé avoir puisé èÇ àoû-wv t£pwv jB-XXwv xat xpyçîafov cjTrjXwv (V, 1 sqq.), archives qui contenaient les enseignements d’Hermès, Asklépios et Pétosiris. On pense que c’est l’œuvre de plusieurs auteurs, dont le plus ancien (livres II, III, VI) vivaitau temps d’Alexandre Sévèi'e. Les éditions de A. Kœchly étant incommodes à cause du remaniement arbitraire de l'ordre des livres, je me suis servi de l’édition de Axt et Riegler, Manethoniÿ Apotelcfonaticorum libri sex, Goloniae ad Rbenum, 1832.
VI. Vettius Valens. — On connaît plusieurs personnages du nom de
Vettius Valens, médecins et astrologues, dont le plus ancien était un contemporain de Varron, augurio non ignohilem (Gensorin., 17, 15), le plus récent, un astrologue consulté, dit-on, lors de la fondation de Constantinople (Fabric., op. cit., p. 145). Gomme l’auteur dont il est ici question représente la tradition pétosiriaque, indépendante de Ptolémée, l’opinion commune, depuis Scaliger jusqu’à E. Riess, le place au temps d’iladrien. Mais les motifs sont faibles : Firmicus relève également de Pétosiris, et personne ne croira que, comme on l'a dit, Constantin ait été empêché par sa foi chrétienne de consulter un astrologue. Du reste, nous aurions maintenant la preuve que Valens est postérieur à Ptolémée, puisqu’il le cite, si l’on pouvait se lier à un extrait de Valens où il est question des Tui’cs [Cod. Florent., p. 139-140). Je trouve donc fort acceptable l’opinion de Saumaise (p. 553), qui fait de Valens un contemporain de Constantin. Il est douteux que nous ayons, dans l’opuscule iutitulé Anthologies (des Heurs d'arithmétique !) autre chose que des extraits. Certains chapitres commencent par la mention : Ix -WV O'jâXsvTo;. I.a Ribliothèque Nationale en possède deux manuscrits (Suppl, grec, n°* 330 A et R), dont un (A) de la main de Huet (qui se plaisait peut-être à reconnaître un homonyme dans O-jévto:), sous le titre ;
Ou£-to'j OùâXcVTOi; TOU ’AvTioysw; ’AvOoXoyiwv libri VIII.
J’ai renoncé à exploiter à fond cet ouvrage, tout en casuistique sans idées et en problèmes d'arithmélique que l’incertitude des sigles et des chiffres rend le plus souvent inintelligibles; je me suis contenté en général des passages cités par Saumaise et par Riess (daus les fragments de Néchepso), de peur d'aller contre mon but, qui est de saisir l'ensemble et la raison d'être des doctrines astrologiques.
VII. Julius Firmicus Mater.nus. — L’homonymie de cet auteur et de son
BIBLIOGKAPHIE
contemporain le polémiste chrétien, auteur du /)e errorc piofa narum rdirjionum, l’un et l'autre écrivant sous le repe de Constance, est un problème d’histoire littéraire non résolu encore.
Les éditions du xvi» siècle (de 1497 à 15iH) sont toutes corrigées et interpolées. Celle dont je me suis servi (pour ^ "
niers livres seulement) est la première des deux (lo33 et Ibo )
Mate, ni Juniorù V. C. ad Havortium Ash onomica. libri VIII pn moolaum P™'*" ab inmmo-ti rrwndis vindicati. Basileae. Ml XXXIII, '
Les philologues ont euliii tourné leur attention sers ce‘ ““tcu oublié. Les quatre premiers livres ont paru en 1894 »
scr m-aec et rom. reubneriam, recenses par C. Sitll, et u édition (des mêmes livres) par4V. Kroll et F. Skutscl, dans a même collection (Lips. 1897), remplacera avec avantage la pr dente. Les nouveaux éditeurs ont rendu à l'ouvrage le 1>'“* ™>“mineux que nous possédions sur la matière, son titre exact de Malte J libri VIII. Dépourvu de toute critique, ^
micus qui représente la tradition .. égyptienne », indépendante dd à deu près de Ptolémée, est précieux à ce titre et en raison même'^de îa médiocrité intellectuelle du compilateur Firmicus nous donne lui-même la recette de son pot-pourri : Omma cnm guae Aeeculapio Mercurim et Anubü (?) tradidermni. quart I etomm expliemit et Neehepsa, et guae Aèram, Orphem et '
runtoeteriqueomrteelmimartüeeü...persenpjiraue(\A^^^^
Son but a été, dit-il, de combler dans lalitlerature latine laseule
lacune ciui y existât encore. •
HÉPHESXION DE Tiièbes. - Cet auteur, de personnage inconnue probablement Égyptien de Thèbes - parait avoir *->“■> 1>-
rè"ne de Théodose un traité Ilspl -/.a-apy.wv en trois », do”nl les deux premiers résument librement avec variantes, la TaraUbte de Ptolémée, et le troisième est consacre à la méthode des /.aiap/.ai proprement d't“- Éa Prçmier livr > été publié, d’après les manuscrits de notre Bibliotbeque Xatioiialera4n,2841 , 2415), avec prolégomènes et table des chapitres de l’ouvrage entier, par A. Engelbrecht, HephaeMon «n Theben tmd eem aetrologieekee Compeudium. Ein Beilrag varr
griechischen Astrologie. Wien, 1887. É étal déplorable de 1 un q e
Lnuscrit complet (n" 2417) a sans doute découragé 1 editeu. de Ttexte utilisé'adis par Sauinaise. Cependant. ,,e crois ^ qu'un de nos plus intrépides paléographes, M. Ch.-Lin. Ruelle, a entrepris de nous rendre l'œuvre d'ilépheslioii. i..,„ n’4i.ix.M<iraiE. — Vers le même temps (régnés de '■ al>e>i « Théodose), Paul d’Alexandrie écrivait à l’usage de son lils hronainmon! ei en disciple écleCique de Ptolémée, un opuscule dont il existe une seule édition avec traduction latine .
BIBLIOGKAPHIE
Pauli Alexandrini Ei'jayojyr) sî; tTjV à-OTt/.S'Jjj.aT'.ÿ'.r-jV fRudimenta in doctrinam de prædictis natalitiis), ed. Aiidr. Schalo, Witebergæ, lo86.
L’ouvrage n’ayant point de pagination, j’ai pris le parti, ne voulant pas citer tout au long les titres des chapitres, de citer les folios. Au texte de Paul, Schato ou Scliaton a joint des scolies de facture chrétienne, datant du moyen ûge.
Textes divers. — Nous ne connaissons guère que les noms et quelques rares fragments d'une foule d’auteurs de traités d’astrologie, en vers et en prose : les Tlirasylle, Dorothée de Sidon, Annubion, Hipparque (antérieurs à Firmicus), Odapsos, Antiochus d’Athènes, Protagoras de Nicée, .4ntigone de Nicée, Apollonius de Laodicée, Apollinarius (antérieurs à Héphestion, à Paul d’Alexandrie et aux scoliastes de Ptolémée). Héphestion nous a conservé à lui seul plus de trois cents vers de Dorothée de Sidon, son guide principal pour les zarap/a!. Cf. quatre fragments de Dorothée et un d’Annubion à la lin du Manélhon de Kœchly (Lips., 18;i8, pp. 113-117).
D’autres fragments d’auteurs non moins inconnus ont été publiés par A. Ludwich, Maxirni et Ammonis carminum de actionum auapiciis (traduction du titre Ilspî zavap/wv) rcliqidae. Accedunt Anecdota astrologica. Lips., 1877, 126 pp. in-12. Un opuscule particulièrement intéressant, comme traitant de l’astrologie théoricjue au point de vue platonicien et chrétien, est le dialogue :
Anonijmi christiani Eermippm de Astrologia dialogua (lihri IL, édité d abord par 0. D. Bloch (Ilavniae, 1830), en (dernier lieu, par G. Kroll et P. Viereck, Lips., 1893.
Les papyrus égyptiens nous fournissent des documents techniques, des thèmes de géniture, dont quelques-uns antérieurs à Ptolémée. Publiés sous divers noms, au fur et à mesure de leur découverte, ils sont maintenant réunis dans le premier volume des Greek Papgri in the British Muséum : Catalogue, with texis, edited by F. (i. Kenyon, London, 1893. (Un second volume, paru en 1898, ne contient pas de textes astrologiques). Ce sont, par ordre de date présumée :
1° Le papyrus CXXX (pp. 132-139), inédit avant Kenyon, daté de 1 an III de Titus (81 p. Chr.). Thème de géniture de Titus Pitenius, précédé d’une exhortation à rester fidèle aux règles des anciens Égyptiens.
2» Le papyrus XCVIII recto (pp. 126-130), — au verso U ’Er.izid’IIypéride, — dont la date oscille entre 93 et 133 p. Chr.; thème de géniture publié et commenté par C. W. Goodwin dans les Mélanges Ègyptologiques de F. Chabas, 2® série, pp. 294-323 (Chalon-sur-Saone, 1864); de nouveau par C. esse\y {Denksrhr. der Wiener Akad. Phil.-IIist. CL, XXXVI, 2 [1888], pp.' 130-132).
3“ Le papyrus CX (pp. 130-132) : thème de géniture d’Anubion
BIBLIOGHAPHIE
fils de Psansnois, de Fan I d’vVnloniu (i38 p. Ghr.), publie par \Y. Brunet de Presle {Notices et Extraits des mss., XVIll, 2 [1865], pp. 236-238) d'après une autre copie, et par G. Wessely {op. cit.^ pp. 132-153).
Les renseignements à tirer des zodiaques égyptiens ou grecoégyptiens, étudiés par Letronne et Lepsius, sont maintenant réunis dans le tome P'' du Thésaurus Inscript ionum Aegypti, par H. Brugsch. I. Astronomische und astrolocjische Inschriften (pp. 1- 194), Leipzig, 1883. IL Kalendarische Inschriften altagyptischer Denkmâler (pp. 195-530), Leipzig, 1883. HL Geographische Inschnften altagyptischer Denkmâler (pp. 531-618), Leipzig, 1884. ^ par les listes de décans, qui ont permis de contrôler celle d Hephestion, publiée par Saumaise, ces monuments ne fournissent aucun appoint à nos connaissances en fait de théories astrologiques. J’en dirai autant des zodiaques gréco-romains, comme celui e Palmyre, le Globe Farnèse, le Planisphère de Biancliiiu (voy. l'Index) et ceux que l’on rencontre sur les médailles Ge sont des œuvres d’ornemanistes, incompétents en matière de doctrine. L’étude de l’astrologie n’a, je crois, rien à attendre ni c e archéologie, ni de la numismaticiue, ni de l’epigraphie. La theou n’était pas à la portée du public, et la praticiue ne cherchait pas le grand jour. Tout au plus trouvera-t-on ça et la 1 occasion de formuler quelques conjectures intéressant l’histoire de 1 astrologie, à propos d’œuvres d’art pouvant être considérées comme des thèmes de géniture traduits par le ciseau ou le pinceau.
Les ouvrages où il est question incidemment de 1 astrologie, comme les Philosophumena dits d’Origène (connus aussi sous le titre • Hippolyti Refutatio haeresium), la Préparation Evangehque d’Eusèbe, L., n’ont pas droit de figurer ici. Inutile aussi de cataloguer les fragments, hermétiques et autres, publics pai le cardinal J.-B. Pitra dans la seconde partie du tome - Analecta sacra et classica Spicilegio Solcsmensi parata (Par^ et Borne, 1888), ciui m’ont pourtant fourni un notah e appoi renseignements.
C’esl au moyeu âf;e byzaulin q«-apiMrliennent les comjula ion
inédiles, aslrolopiques et majiiques, qm J] , ,
dans les hibliollièques, el dont un eertam nombre nqurent dans les relevés biblioqraphiques de K. Krumbacher
pseudépigraphes y pullulent. Le rt p i 1 i -
’ces recueils est le ms. siècle. 3K lo . de
Ihèque Nationale, dont Engelbreeht (op. «(., Pp. “
table des matières. L'teova.eu.roii,
d'Alexandrie a été publiée par II. Usener, De StephrmoMexm, ilo llonnae, 1880. M. Fr. Cumonl (Hcr. de /7n.<(r. ptiW. en Bc - \t M8971 np. 1-9) signale à l’attention un manusciit
SiiiMnnUn Ùo chapitres, manuel d’astrologie pratique, com-
BIRLIOGHAPHIE
pilé par l'aslrolof'ue Palchos (voy. ci-après, ch. xiv) à la fin du
siècle. Depuis, M. Fr. Cumont a fait mieux et plus. Il a eiitrepris un inventaire général de tous les manuscrits astrologiques de langue grecque, avec l'intention d’en former ensuite un Corpus astrologique. Pour mener à bien cette tâche, il s’est adjoint des collaborateurs dont quelques-uns, comme MM. Fr. Poil et NV. Kroll, avaient déjà tourné spontanément du même côté leur curiosité scientifique. I.e premier volume ou fascicule du Catalogus aslrologorum graecorum, comprenant les Codices Florenthws dépouillés par A. ülivieri, vient de paraîli'C (llruxelles, 1898), et je dois à l’obligeance de M. Cumont d’avoir pu tirer quelque parti, au cours de l'impression de mon livre, des extraits publiés dans \'A2>pendix (pp. 77-173). J’espère que, en retour, mon travail no sera pas inutile aux vaillants éditeurs du Catalogue et qu'il les dispensera plus d'une fois de recourir à Scaliger ou à Saumaise.
Comme j’ai cherché à tracer une ligne de démarcation entre l'astrologie grecque et l'astrologie arabe, je crois devoir indiquer les traités arabes qui étaient mis par des traductions latines à la portée des astrologues du XVI® siècle et où ceux-ci ont puisé de quoi embrouiller et contaminer les traditions authentiquement grecques. Ce sont :
1“ A la suite du Firmicus de N. Pruckner :
Hermetisvetuslissimi aslrologi centum Aphorismoriim liber (pp. 85- 89). Origine inconnue.
Bethem Centiloqidum (pp. 89-93). — De horis planetarum (pp. 1 10-
Almansoris aslrologi proposiüones ad Saracenonnn regem (pp. 93-
Zahelis de electionibus liber (pp. 112-114).
Messahallach de ratione circidi et stellarum, et qualiter operantur in hoc secido{pp. 115-118).
De nativitatibus secundum Omar, libri III (pp. 118-141).
2» Dans l’édition des scoliastes de Ptolémée, par H. Wolf :
Hermetis philosophi de lievolutionibus nativitatiim libri II, incerto interprète (pp. 205-279).
3“ Albohali Arabis astrologi ant iqiiissimi ac clarissimi de Judiciis Nativitatum liber umis. Noribergæ, 1549.
4® En deux éditions successives (Basileæ, 1550 et 1571), A/ôo/iazen Haly filii Abenragel, sctdptoris Arabici, de judiciis astrorum libri octo, etc. Accessit Inde operi hac demiim editione (celle de 1571) compendium duodecim domorum cœlestium... ex Messahalla, Aomare, Alkindo, 'Zaele, Albenait, Dorotheo, lergi, Aristotele et Ptolemæo... collecliim, authore Petro Liechtenstein.
5“ Dans le Spéculum Astrologiæ de Fr. Junctinus, tome I, des extraits et analyses de tous les auteurs orientaux connus à
BIBLIOGRAPHIE
l’époque, surtout d’Albubaler, que JuncUnus appelle aller Ploiemæus, Abenragel et Albohaly. C’est le fatras le plus rebutant qu’on puisse imaginer, mais aussi 1e plus propre à faire juger de l’état du cerveau d’un astrologue de la Renaissance. Les Arabes sont aussi largement exploités dans les Apolelesmala Aslrologiæ christianæ, rmper édita a Magistro Petro Ciruelo Darocensi. Compluti (Alcala de lieiiares), 1K21 .
Pour les travaux modernes sur l’astrologie grecque, d n’y a a peu près rien à signaler depuis le livre classique de Saurnaise, le premier — après le commentaire de Scaliger sur Manilius — et le dernier el oi de l’érudition indépendante, s’exerçant à comprendre l’astrologie sans y croire et sans se proposer pour but, ou pour but principal, de la reluter.
Cl. Salmasii De annis dimaclericis et aniiqua Astrologia diatri- 6æ,Lugd. Ratav., 1Ü48 (i28 pp. in-12 de prolégomènes, non paginées, et 844 pp. de texte continu, encombré de citations, sans un
alinéa).
Je n’enregistre que pour mémoire le livre d’Alfred Maury, La Magie et l’Astrologie dans Vanliquité et au moyen-âge, Paris, 1860, tout en aperçus rapides, dispersés à travers l’histoire universelle et sur des sujets connexes, où l’astrologie n’entre que pour une part minime et vue uniquement par le dehors. L'ouvrage de J.-R. Friedreicb, Üie ^ elthorpei m ihrer mythisch-symbolischen Bedeutung. Würzburg, 1864, qui butine dans le domaine indéfini de la mythologie comparée, est dune mediocre utilité pour qui veut, au contraire, distinguer, limiter, préciser. n y est, du reste, pas question de divination, mais seulement de ce qu on pourrait appeler les rudiments ou les alentours de 1 astrologie. Lient à l’astrologie proprement dite avec les essais recents, esquisses sommaires plutôt qu’études entrant dans le sujet, de :
Albin Habler, Astrologie im Alterthum, Gymn. Progr. Zwickau,
1879, 38 pp. 4°. .
A. Bouché-Leclercq, Eistoire de la Divination dans l antiquité,
t. I, pp. 205-257. Paris, 1879.
E Hiess, art. Mtrolo(,ie in Pauly-Wissowa, Real-Encychpad,e (1er classischen AUerlhumsmmmschafl, l. U [Stuttgart, ], pp. 1802-1828.
Il Y a peu de profit scientifique à tirer des traités d’astrologie, écrits par des croyants et pour l'usage pratique, dont j’ai constate apres cou^ L c'est-à-dire durant l’impression de mon livre (cl. P’ ® *L
el non sans surprise, la publication de date toute recenle : Abel Itatan Traili d-astrologie judiciaire, 2- édit., Paris, 1893, el d-astroloaie sphérique et judiciaire. Paris, 1897. Le premier de ces ouvra ITlst tout Lbu d’occultisme; l’antre, tout en tables et calculs malhen «quèraccominodds au goût du jour par des -™P>- !
thèmes de nativité du général lloulanger, du Lo.nle de I aus, pie
BIBLIOGRAPHIE
siJent Carnot (dont la mort a été, paraît-il, prédite en 1892), et des conseils rétrospectifs ou actuels aux deux successeurs du regretté président. Ces Pétosiris attardés écrivent pour une clientèle qui ne se soucie guère plus des sources, de l’origine et de renchaînement des théorèmes, que celle du « docteur Ely Star ». Les noms d’étoiles dont ils s’affublent ne garantissent pas plus leur science que leur foi.
Je renonce à empiéter sur le domaine des paléographes, en donnant ici les diverses formes des sigles astrologiques qui remplacent trop souvent dans les manuscrits les noms des signes, planètes et « sorts », ou des abréviations et ligatures qui représentent les noms des quatre « centres » du Zodiaque. L'emploi de cette espèce de sténographie a été la principale cause de l’altération des textes. 11 ne me paraît pas utile non plus de disserter sur l’origine mal connue de ces sigles, fabriqués, comme les hiéroglyphes égyptiens, par simplification de dessins représentant les figures zodiacales ou les attributs des planètes. Pour cellesci, je me contente volontiers de l’explication courante, qui assimile ï) à la faux de Saturne, à la première lettre du nom de Zeus ou à un symbole de la foudre, (ÿ 9 et à des disques, l’un traversé par la lance de Mars, l’autre muni d’un manche, comme le miroir de Vénus, le troisième surmonté du caducée de Mercure. Je me borne donc à interpréter les sigles et abréviations employés dans cet ouvrage.
Signes du Zodiaque.
T. Bélier (Kpiôî-^uios).
b’. Taureau (Taüpo;-^a^^J•^^s).
JH. Gémeaux (AfSu[j.oi-(îemiai).