HIÉRAHCHIE DES DOMAINES PLANÉTAIRES
est une de ces inventions comme en produisaient à la douzaine les songe-creux abrités derrière les noms complaisants de Néchepso et Pétosiris. Ce qui survécut malgré les dédains de Ptolémée, ce fut l’ordonnance des décans, avec ou sans « masques » (-TTpôjwTra) planétaires, des décans guérisseurs, maîtres des parties du corps humain comme de la pharmacopée végétale et minérale. Nous n’aurons que trop d’occasions de retrouver dans leurs divers rôles ces concurrents des signes du Zodiaque, à la fois plus vieux et plus jeunes que ceux-ci h Pour le moment, revenons aux domaines planétaires, auxquels la tradition chaldéenne, persane, arabe, indienne, a persisté à assimiler les décans, et cherchons à nous faire une idée de leur valeur relative.
C’est ici qu’il faudrait faire intervenir l’histoire, s'il était possible d’introduire une chronologie quelconque dans cet amas de systèmes enchevêtrés et antidatés, tous uniformément placés sous la garantie des anciens Égyptiens et Chaldéens. Il est probable que le système le plus sommaire, celui des oTxot, qui prend les signes en bloc, est le plus ancien, surtout sous la l'orme dite « Babylonienne », qui n’admettait qu’un domicile pour chaque planète (ci-dessus, p. IHij. 11 paraît que les domiciles babyloniens devinrent les uil/wpara, quand les Égyptiens eurent réparti à leur façon et doublé les domiciles. L’ordonnance des ü'itoijLaTa, celle qui note le degré précis de 1’ « exaltation », avait chance d'être cotée, pour ses prétentions à l’exactitude, plus haut que celle des oTxoï. Mais le système des trigones, (jui utilisait les deux précédents en y mêlant de hautes considérations dites scientifiques et était autrement ditlicile à comprendre, aurait emporté la palme s’il n’avait eu pour concurrent un système qui l’absorbait luimême et qui avait l’avantage d’être parfaitement inintelligible, celui des 6’pia, une invention « égyptienne » dont le succès fut tel que — nous l’avons vu — les « Chaldéens » en essayèrent une contrefaçon L En présence de tous ces chefs-d’œuvre, les astrologues hésitaient à qui donner la prééminence, et ils n’ont pas abouti à établir une hiérarchie orthodoxe. Ils évitent même en général de poser la question.
1. En bon Égyptien, non seulement Iléphestion de Thèbes ne veut pas connaître les décans à l’état de ';:pd3w-::a planétaires, mais il confisque à leur profit l’influence des signes sur les génitures individuelles. Dans chaque signe, il ne considère que l'action des décans et fait par signe trois séries de pronostics, diü'érenciés par décan premier, second, troisième. Sur la médecine et pharmacopée décaniques, voy. ci-après, ch. x et xv.