‹ L'athéismeChapitre 3 sur 87 · II , DEDICACE · texte numérisé non relu

II , DEDICACE

tune de suivre vos leçons. Je ne croyais pas quil y eût autre chose à faire que de bien pénétrer la pensée de son professeur et de se V assimiler sans y rien changer. Cela doit arriver d'ailleurs fatalement â ceux qui suivent un enseignement mathématique^ car les mathématiques sont finies; la biologie^ au contraire^ commence ou va commencer.

Je n'oublierai jamais la première conférence que vous nous fîtes à l'Ecole Normale en arrivant de Lille; si vos conceptions me séduisirent^ me charmèrent profondément^ je fus encore plus émerveillé ih la leçon d'indépendance que vous nêus donnâtes en terminant : vous nous proposiez^ nous ditesvous, ces manières de voir comme étant celles qui i)ous paraissaient les meilleures^ mais vous ne préùuidiez pas qu'elles fussent définitives; vous nous (engagiez à réfléchir nous-mêmes^ et à nous faire des idées personnelles sur tous les sujets.

C'aura été un des grands événements de ma vie^ d^awir rencontré^ à dix-huit ans, un maître qui^ pratiquant la liberté de penser, l'enseignait aux a titres. Le grain que vous avez semé en moi ce jour-là a bouleversé ma nature de disciple soumis. Avant d'avoir reçu votre empreinte, j'étais tput disposé à vie faire un reproche de ce que, sur beaucoup de points, je ne pensais pas comme tout le monde; j'avais honte de ne pas trouver claires des propositions que la majorité compacte déclarait admirables de netteté; je faisais des efforts pour corn-

Page 1