LE TRAVAIL DE LA NATURE
ges; quand on les a dépassés^ on observe toujours une élévation de quelques degrés; puis la température va de nouveau en 8*:> baissant. Quand on s'élève par un ciel clair, la température initiale est, toutes choses égales d'ailleurs, plus élevée que dans le cas précédent, et la différence est mesurée à peu près par I élévation qu'on observe en sortant des nuages. Jamais la diminution de chaleur n*est absolument régulière ; on trouve presque toujours dans l'Atmosphère des couches d'air chaud, et parfois on en rencontre quatre ou cinq successivement jusqu'à de grandes hauteurs. Ces alternances, comme cette variabilité du ciel, D*empéchent pas un fait généml de se manifester : celui de la décroissance de la température à mesure qu'on s'élève davantage.
Voici le résultat de la série d'observations que j'ai faites sur ce sujet dans mes six cents lieues de voyages aéronautiques.
a La décroissance de la température de l'air, qui joue un si gnuid rôle dans la formation des nuages et dans les éléments de la météorologie, est loin de suivre une voie régulière et constante. Elle varie selon les heures, les saisons, l'état du ciel, l'origine des vents, l'état de la vapeur d'eau, etc. Ce n'est que par un trèsgrand nombre d'observations qu on pourra parvenir à dégager une règle déterminée, l'action de plusieurs causes secondaires agissant sans cesse et devant d'abord être connue et éliminée.
« II résulte de 550 observations aérostatiques, faites au sein de ces conditions si dissemblables, et pourtant moins, mauvaises que les conditions des observations faites sur les montagnes, il en re* sulie^ dis-je, que la décroissance de la température de Tair diffère d'abord selon que le ciel est pur ou couvert : elle est plus rapide lorsque le ciel est pur; elle est plus lente lorsque le ciel est couvert.
« Dans un ciel pur, rabaissement moyen de la température a été trouvé de 4 degrés pour les 500 premiers mètres à partir de la surface du sol; de 7 degrés pour 1000 mètres; de 10%5 pour 1500 mètres; de 13 degrés pour 2000 mètres; de 15 degrés pour 2500 mètres; de 17 degrés pour 3000 mètres; de 19 degrés pour 3500 mètres. Moyenne: 1 degré pour 189 mètres.
< Dans un ciel nuageux, l'abaissement de la température a été
trouvé de 3 degrés pour les 500 premiers mètres; de 6 degrés
pour 1000 mètres; de 9 degrés pour 1500 mètres; de ir,5 pour
2000 mètres ; 1 6 degrés pour 3000 mètres ; 1 8 degrés pour 3500
mètres. Moyenne: 1 degré pour 194 mètres.
318 LA CHALEUR DAxNS L'ATMOSPHÈRE.
« La température des nuages est supérieure à celle de l'air situé au-dessous et au-dessus.
(( Le décroissement est plus rapide dans les régions voisines de la surface du sol et se ralentit à mesure qu*on s élève.
(( Le décroissement est plus rapide le soir que le matin, et pendant les journées chaudes que pendant les journées froides.
(( On rencontre parfois dans T Atmosphère des régions plus chaudes ou plus froides que la moyenne de Taltitude^ et qui traversent l'Atmosphère comme des fleuves aériens. Ces variations n'empêchent pas la loi générale énoncée plus haut d'être l'expression de la réalité.
<c La différence entre les indications du thermomètre de l'ombre et celles du thermomètre du soleil augmente à mesure qu'on s*élève dans les hauteurs de l'Atmosphère*. »
Ainsi^ le résultat général de ces ascensions aériennes est que la température décroît de 1 degré par 190 mètres d'élévation environ, tantôt plus^ tantôt un peu moins.
Le résultat des célèbres et nombreuses observations aérostaliques de Glaisher est peu différent de celui-ci.
Les ascensions de montagnes ont fourni un certain nombre de données importantes^ parmi lesquelles il est nécessaire de considérer les suivantes :
A. de Humboldt a trouvé que le décroissement était, dans l'Amérique du sud, de 1 degré pour 191 mètres dans les montagnes, et pour 243 mètres sur les plateaux. Une série de lieux dans rinde méridionale donne 177 mètres; dans le nord de rindoustan, au contraire, 226 mètres, nombre qui se rapproche de celui que Humboldt a observé dans l'Amérique pour les plateaux. Partout on arrive à des différences de niveau analogues : 247 mètres dans la Sibérie occidentale, nombre qui se change en 243, si la comparaison comprend les lieux élevés de l'Inde septentrionale. Aux États-Unis on trouve 222 mètres pour 1 degré*.
C^est la configuration des pays qui parait être l'élément le plus important. Si le terrain s'élève doucement, ou si le pays se com-