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MESURE DE L'INTENSITÉ DU VENT

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Yjnwt 2^ k^ 6^ rf^ l(hli<\i ?^ '.^ G^ 8*^ içhhoxxa Fig. 161. — Intensité diurne des vents.

moyenne de Tannée^ tandis que^ au contraire, la force est généralement inférieure à la moyenne pour chacun des six autres mois.

L^intensité du vent varie également suivant les heures du jour. L'anémomètre de l'Observatoire de Bruxelles qui enregistre les vents de 5 en 5 minutes montre que cette variation diurne de l'intensité du vent s'étend d'une moyenne de 0^15 'minuit à 4 heures du matin), à 0,21 (10 heures), 0,26 (midi), 0,29 [2 heures), 0,28 (4 heures) et 0,23 (6 heures du soir). Cette variation est visible sur la courbe de la figure 161.

Ainsi le vent, vers 2 heures de l'après-midi, a une force à peu près double de celle qu'il a vers le milieu de la nuit.

Le jour viendra où la marche des vents variables sera déterminée pour nos climats comme la circulation générale des alizés et des moussons l'est depuis longtemps pour les régions tropicales. Le jour viendra où les vents supérieurs auront révélé au méléréologiste la route invisible qu'ils suivent dans les hauteurs aériennes, comme les planètes ont révélé à Tastronome l'orbite mystérieuse de laquelle elles ne s'écartent jamais. Alors nous connaîtrons pour chaque jour de Tannée et pour chaque pays la direction de l'onde atmosphérique qui doit passer sur nos tètes. Alors nous saurons mettre le cap de l'aérostat sur un point déterminé de la rose des vents, et voyager dans les airs, sur l'aile souple et moelleuse des brises parfumées. Le grincement de la massive locomotive ne fera plus frémir Tinerte rail des voies ferrées. Les voies aériennes ouvertes à l'industrie par la science, comme toutes les autres Tout été successivement, nous offriront leurs chemins inusables pour la plus magnifique, la plus sublime des traversées.

Ce progrès serait réalisé au vingtième siècle, avant cent ans, si les soldats disparaissaient enfin de l'Europe.

Les courants, dont nous venons d'étudier les lois, jouent un grand rôle dans la nature. Ils favorisent la fécondation des fleurs en agitant les rameaux des plantes et en transportant le pollen à de grandes distances. Ils renouvellent l'air des villes, et adoucissent les climats du nord en leur apportant la chaleur du midi. Sans eux les pluies seraient inconnues dans l'intérieur des continents^ qui se transformeraient en déserts arides. Sans eux la Terre

serait presque inhabitable^ des contrées entières deviendraient des foyers d'infection^ de vastes cimetières. Nous avons vu dans notre premier livre les effets délétères de lair confiné. L'homme devient pour l'homme le plus redoutable poison ; les relations de typhus et de pestes en fournissent les preuves lamentables. Les vents, les vents seuls^ peuvent atténuer ou prévenir ces maux, en balayant les émanations^ en les disséminant dans l'espace immense, en remplaçant une atmosphère viciée par un air frais et salubre. D*ailleurs, il en est de l'air comme de l'eau ; le mouvement seul les conserve, soit qu'ils aient une vie propre dont l'essence nous est inconnue, soit que des animalcules ou des débris végétaux et animaux^ en se décomposant par le repos^ répandent dans une atmosphère immobile leurs principes délétères.

Les vents ne promènent pas seulement la vie; ils transportent aussi la mort sur les contrées qu'ils dominent. La fièvre jaune^ la peste, le choléra se développent par contagion suivant les courants atmosphériques particuliers à certaines régions.

Vingt lieues de distance ne mettent pas Rome à l'abri de Tair meurtrier qui a traversé les marais pontins. A Paris, le venl d'ouest souffle soixante-dix jours dans l'année; placez unayro romono dans la Mayenne, dans la Sarthe, dans la Touraine, et la population parisienne sera décimée par des fièvres intermittentes et frappée dans sa virilité' I

Nous avons vu que pour toutes les latitudes égales à celles do l'Europe, et même un peu plus méridionales, le vent dominant esi le vent d'ouest, qui apporte à l'Europe l'air chaud de l'Atlantique et donne à notre Europe ce climat unique qui permet de cultiver l'orge et quelques céréales jusqu'au cap Nord, tandis que le Groenland, privé de ces haleines bienfaisantes, ne dégèle jamais, quoiqu'il atteigne presque les latitudes du nord de l'Ecosse. La belle, riche et savante ville de Boston , aux États-Unis, est à la môme latitude où les oliviers sont cultivés en Espagne. Elle éprouve cependant des hivers qui, sur les étangs et les petite lac-J d'alentour, font pénétrer la glace à un mètre. Les cinq grands lacs américains, véritables mers d'eau douce, gèlent profon-

1. Il y a parfois des variations singulières dans la santé publique, qui ne peuteoi être produites que par le vent. Ainsi, par exemple, le 26 juillet 1871, la moitié des habitants de Pans ont eu la cholérine. Il n'y avait pas eu d'autre perturbation mé t^orologique qu'un vent de tempêto formidable qui souffla pendant toute la nait précédente.

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