VITESSE DU VENT
1 1 heures du soir^ vola directement vers Rome porter la nouvelle de robéissance du pape à l'empereur, tomba vers 7 heures du matin non loin de la ville, en brisant contre le tombeau de Néron la couronne impériale de 3000 verres de couleur qu'il portait ; il avait fait 1 300 kilomètres en 8 heures, soit 1 62 kilomètres à rheure ! Il y a encore une vitesse aérostatique plus grande : Un jour, le ballon de Green fut emporté sur Londres avec une force de 64 mètres par seconde ! Ces faits doivent nous donner une idée de la vitesse du cyclone à une certaine hauteur au-dessus du sol, quand sur la terre, semée d'obstacles, il progresse au taux de 45 lieues à l'heure; et sur l'Océan avec la rapidité de 60 et 75 lieues, quintuplant la grande vitesse de nos locomotives I Cette rapidité si formidable de l'air à la surface de rOcéan et le frottement des molécules aériennes, expliquent, comme Cicéron le faisait déjà remarquer il y a deux mille ans, pourquoi la température de l'eau s'élève après les tempêtes.
Quant à la pression exercée par le courant aérien qui se meut avec une pareille vitesse, elle est vraiment formidable. Dans un mémoire sur la construction des phares, Fresnel estimait la plus forte pression du vent à 275 kilogrammes par mètre carré, mais il est très-probable que dans nombre d'ouragans, ce chiffre a été dépassé. Sans mentionner les effets produits par les grands cyclones des tropiques, il s*est présenté sous la zone tempérée nombre de cas où la pression exercée par le vent sur un espace peu étendu était beaucoup supérieure aux prévisions des météorologistes. Ainsi, pour ne citer qu'un exemple, la tempête du 27 février 1860, venue de l'ouest et plongeant dans la plaine de Narbonne par l'espèce de détroit où passent le canal et le chemin de fer du Midi, eut assez de violence pour faire dérailler et renverser en partie deux trains qu elle prit par le travers entre les stations de Salces et de Rivesaltes : la pression a dû être de 400 kilogrammes !
Le 14 février 1867, pendant la tempête, des wagons au repos sur la ligne de Napoléon- Vendée aux Sables d'Olonne se mirent en marche sous la seule impulsion du vent. Ils parcoururent ainsi une distance de 4 kilomètres environ. Les garde-barrières, qui les voyaient passer, se mettaient réglementairement au porte-guidon, devant leurs maisonnettes, s'imaginant éclairer la marche d'un train supplémentaire.
Les ingénieurs de la compagnie de l'Est ont trouvé, par une série d'expériences dynamométriques, qu'un vent assez fort produit une résistance de 1 2 kilogr. pour une vitesse de 46 kilomètres, ce