ACTE TROISIÈME
MARCELLINE, avec pitié.
La pauvre femme! Dieu, si bon, en prenne soin!
LA SENTINELLE
Il est aussi, là-bas, une fille aux mains blanches, Blonde, avec de grands yeux, bleus comme des pervciiclio-. Que j'aime bien, qui m'aime bien!
MARCELLINE
La pauvre enfant!
(Elle s'approclii', et il s'oublie à la rcgar er, trùs intéressé.)
Et pouvez-vous me dire Pourquoi vous vous battez?
LA SENTINELLE
Pourquoi? En sait-on rien!
MARCELLINE
Vous êtes venu pour tout tuer, tout détruire Chez nous...
LA SENTINELLE
Je ne sais pas pourquoi je suis venu Je sais que je voudrais retourner vers ma mère, Vers mon amie!
(So reprenant soudainement.)
Eh! mais, au large, arrière !
Vous me faites causer... Arrière!
MARCELLINE, à elle-mCme, le contemplant encore.
Ah! le cher inconnu, Quelle joie il me donne et quelle peine amère! C'est bien vrai qu'il ressemble à Jean. H a sa voix.
Mon pauvre fils! je l'entends, je le vois!... Adieu, soldat, que Dieu te sauve de la guerre!
(Marcelline sort. La nuit tombe. La sentinelle a repris son immobilité. A ce moment, on aperçoit Dominique dans les saules, près du moulin. Françoise a paru au fond, et, guettant, le voit aussitôt. Elle ramène vivement les jeunes tilles, chargées de gerbes.)