AU ROI
Quand ton orgueil repu digère la louange, Que tes flatteurs soldés clabaudent dans leur fange. Et moi je viens aussi t'apporter mon tribut ; Moi, soldat de juillet, républicain dans rànic, Je t'étreins dans mon vers, toi dései'teur infâme, Toi des vils Bourbons vil rebut !
En vain de Fiosrlii la rage s'est trompée; Raffermis sur (on Iront la couronne usurpée
Que ses lingots devaient disperser en éclats : A travers les ùchos de la rumeur publique Écoute les accents de ma voix prophétique : Louis-Philippe, tu mourras !
Si Dieu n'a point voulu qu'h riiouro .lux liens funeste Tu fermasses les veux à la clarté céleste, Kchappant au courroux du parti montagnard, C'est qu'il doit un exemple aux tyrans de la terre; Il jette aux mains du j)cuple, à défaut de tonnerre, La guillotine et le poignar<l,
Philippe, il faut choisir... Sans doute il est sublime Le peuple quand, brisant la chaîne qui l'opprime, .\ux repaires des l'ois il court donner l'assaut; Qu'il aiguise à leurs yeux la hache vengeresse; Que des débris du trône en grondant il leur dresse In marchepied ;"i l'échafaud.
Mais le peuide est bien long à couver sa colère ; Bien du temps passe avant que le Ilot populaire .N'ait miné sourdement la digue qui l'étreint. Plus d'un tyran, bravant son impuissante audace. Lègue du lit de mort, à ses lils qu'il embrasse, Son peuple et sa verge d'airain.
Quand un peuple abruti s'endort dans l'esclavage. Ou «pi'il n'a que des |ileurs pour venger son outrage, Qu'il s'épuise A briser des images de rois, (^umme ces Irlandais (pii, pour tronqter leur haine, Font sauter par les airs, n'osant ronqire leur chaîne, Le bronze de (iuillaume-Trois ;
Lorsqu'enfui tout sourit au despote tranquille, Du milieu de la foule au désespoir stérile, Un homme sort un jour, las de gémir tout bas, Un honmie au cœur de fer, à la main forte e sûre, Regardant en mépris la mort et la torture, Qui dit au tyran : Tu mourras !
11 lui faut du courage... Oh! frapper par derrière L'ennemi qu'il voudrait jeter dans la poussière L'épée au poing, le jour, en un loyal combat. Ouïr la tourbe vile, entourant son supplice, Flétrir stupidement son noble sacrilice Du nom de lâche assassinat :
Il lui faut du courage.... Et pourtant à toute heure Il n'a qu'une pensée... Il faut que le roi meure. Et qu'importe après tout le cri des furieux ? Des sicaires royaux qu'importe la menace? Demain le régicide ira prendre sa place Au Panthéon avec les dieux !
Oui, quel que soit l'élu pour le saint homicide. Dans son bras la patrie honore son égide ; Du peuple son poignard sait racheter les droits; De vols, d'assassinats eût-il flétri sa vie. Il redevient sans tache et vierge d'infamie Dès qu'il se lave au sang des rois.
Retrempant dans le sang leurs âmes abattues. C'est ainsi que les Grecs vous dressaient des statues, 0 mâle Hiirinodiiis, fier Aristogiton ; C'est ainsi que Brutus et Sca^vola dans Rome,
Qu'aux âges d'aujourd'hui Louvcl et Sundorcomr. Ont au trôpas ravi leur nom!
C'est ainsi qu'Alibaud, dégonllant sa poitrine Devant la foule esclave, et sous la guillotine, D'énergiques adieux sanglant la royauté.
Malgré l'arrêt de mort de juges fanatiques, Mêle aux plu>i Imniux rayons des âges héroïques Son rayon d'immortalité !
C'est ain>i tpH- Meunier, quand |)our dernière épreuve Sa tête loin du tronc, pâle et sani:lante veuve. Aura roulé, luira sur la postérité, Avec Pépin, Morey, suhliine cul-de-jalte, Champion qu'aifranchit le nceud de sa cravate, l'Iéiade d'assassins, lils dr la I.iltcrté !
VA nous, nous le juitins en face de la France, Nou> répuldicains purs : si, malgré sa siuill'rance, l.e [iiMiple tro|) longtemps marchandait ton tivpas, .Nous srrons tes bourreaux. Nous avons de la poudre Et du plondi de juillet assez pour nous absoudre; l.onis-IMii!ip[ie, tu mouiias!
(Imprimrriv de lu Ilvpubli'iui .^
Pages.
Un Livre à faire. — La volouté du peiiple. — Capchichc. — Similitude. — La ligue. — La terreur. — La postérité de Caïn. — Indulg-ence coupable. ^- La vertu des régicides.
— Auguste Blanqui. — Ses états de service. — Les incendies prémédités. — Un lever de rideau. — Le parti républicain en 183."). — Les républicains modérés. — Les révolutionnaires. — Leur république. — Le génie de la liberté. — Quels services les régicides de 1835 auraient rendus à la Commune. — Légende et réalité. — Conseils ii demander à l'expérience.