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CHAPITRE XI

Le inompne de 1 idéal de la santé parfaite.

« Qu'est le corps après tout, sinon l'esprit se manifestant à travers la chair, ou la santé, sinon la beauté dans le corps ? «

Chaque émotion bienfaisante provoque un changement dans le corps qui contribue à la santé. Chaque pensée est enregistrée dans le cerveau par un changement physique plus ou moins permanent dans les cellules des tissus.

L'homme de l'avenir trouvera aussi facile de détruire une pensée vicieuse ou malveillante, en adoptant la pensée contraire qui la neutralisera, que de dérober à l'eau bouillante sa puissance nuisible en tournant le robinet d'eau froide.

Il y a dans l'homme un divin quelque chose qui n'a jamais été malade et ne le sera jamais, cet être divin, l'image du Créateur, parfait, inaltérable, indestructible, immortel, et qui une fois quelque part, chassera toute trace de péché, de maladie et de mort dans l'humanité. Hufeland.

ÊME ceux qui n'adoptent pas la « Science chrétienne » en bloc, sont impressionnés par le magnifique optimisme religieux des scientistes. Leur attitude mentale inspirée, la manière dont ils envisagent la vie, en regardant toujours vers la lumière, vers la santé, vers la prospérité, vers le succès, en tournant le dos à tout ce qui pourrait troubler leur santé,

dObsaC^

leur efficacité, leur bonheur, a ouvert un monde nouveau à des milliers d'âmes découragées.

Les Scientistes chrétiens insistent sur ce que Dieu a créé tout ce qui existe, et puisqu'il est parfait et tout en tous, il n'a pu créer quelque chose qui lui soit dissemblable, comme la maladie, ou n'importe quoi, qui ne serait pas bon pour ses enfants. Dieu est l'harmonie, disent-ils, il n'a pu créer la discorde ; il est la vérité, il n'a pu créer l'erreur; Dieu est amour, il n'a pu créer l'opposé de l'amour, la haine, la jalousie, l'envie, l'égoïsme, ni aucune mauvaise passion. Par conséquent, toute maladie, toute discorde, tous les ennemis de l'humanité, toutes les influences sataniques qui régnent dans le monde, ne doivent pas être envisagées comme décret de sa volonté, car la perfection n'a pu produire l'imperfection. L'amour n'a pu créer son antagoniste.

Les Scientistes prennent une attitude positive et vigoureuse contre l'admission dans leur esprit de tous les ennemis de leur santé, de leur prospérité, de Peur bonheur et de leur destinée. Non seulement toute pensée d'insuccès et de pauvreté en est bannie, mais ils ferment la porte à la crainte, au souci et à l'inquiétude, aussi bien qu'au ravage de la jalousie, au poison de la haine, de l'envie et de l'égoïsme. Ils

essayent de maintenir leur royaume mental entièrement net de toute peinture sombre et repoussante, de toute émotion pénible et de toute pensée malveillante, tandis qu'ils l'ouvrent à ce qui aide, inspire, encourage, aux pensées et aux émotions bienfaisantes, telles que la joie, la bienveillance, l'amour, la vérité et l'inspiration divine.

Ils croient que tous les êtres humains ont été créés, non seulement pour être en bonne santé, mais aussi pour être heureux et prospères. Ils considèrent la pauvreté, tout autant que la maladie, comme une maladie mentale qui doit être traitée de la même manière que les maux corporels; et cet optimisme religieux réconfortant, qu'ils essayent de maintenir fermement, n'est pas seulement une force guérissante, mais aussi une grande puissance de résistance contre la maladie.

La santé est l'un des facteurs les plus importants et les plus nécessaires pour l'acquisition des choses que tout être humain normal désire: la paix, la puissance, l'abondance, le succès et le bonheur. L'optimisme religieux des Scientistes est une force puissante qui met l'esprit dans la condition la plus favorable à l'obtention de ces choses.

Il est tout aussi nécessaire de maintenir l'attitude

victorieuse envers la santé, qu'il l'est de la maintenir à l'égard de notre carrière et de tout ce qui s'y rapporte. Il est tout aussi nécessaire de nous débarrasser de nos doutes et de nos craintes à l'égard de notre bien-être physique, que de nous débarrasser de nos doutes et de nos craintes en ce qui concerne nos capacités et nos succès.

Si nous désirons être forts et vigoureux, il est aussi important que nous ayons constamment présent à l'esprit l'idéal de la santé parfaite, que d'avoir dans notre esprit l'idéal du succès et de la prospérité quand nous luttons pour obtenir une position indépendante.

L'habitude de toujours conserver l'idéal de la santé, de nous voir vigoureux physiquement et mentalement, nous aidera à construire une barrière solide entre nous et les ennemis de notre santé. D'autre part, les gens qui ne se voient jamais en bonne santé, actifs et robustes, mais qui se voient constamment faibles, souffrants, sans force de résistance contre la maladie, deviennent bien facilement la proie de celle-ci. Une conviction vigoureuse de santé, formant une barrière mentale entre nous et la maladie, est la meilleure sorte d'assurance sur la vie. Craindre la maladie, se représenter les souffrances physiques est le plus sûr moyen de les attirer.

Marden. — Attitude victorieuse. 13

Les médecins savent que le redoutable cauchemar du doute et de la crainte dans l'esprit de leurs patients, la frayeur que leur maladie soit fatale est le plus grand obstacle à leur guérison. Si nous sommes convaincus que nous ne serons jamais forts, si nous redoutons de voir se développer en nous une tendance héréditaire à la faiblesse ou à la maladie, nous verrons probablement nos craintes se réaliser. Si, au contraire, nous prenons une attitude victorieuse envers la maladie, si nous conservons l'idéal de la santé, nous serons bien portants.

Un corps sain est une pensée saine extériorisée.

La condition normale de l'homme est une santé robuste, une vitalité vigoureuse et une grande puissance d'endurance. L'intention évidente du Créateur a été que la machine humaine marche harmonieusement, sans frottements, sans faiblesse, ni incapacité d'aucune espèce. L'être créé est une partie du Créateur. Quand nous réaliserons complètement cela, nous serons victorieux de la maladie au lieu d'en être la victime ; nous dominerons notre état physique, au lieu d'être dominé par lui.

Il y a environ un siècle, le célèbre médecin allemand Hufeland a dit qu'il y a dans l'homme quelque

chose d'inné, qui n'est jamais malade, et qui ne mourra jamais, et c'est ce quelque chose, cette force intérieure omnipotente qui, en réalité, guérit nos maladies. Peu importe comment nous l'appelons, ce quelque chose qui répare et renouvelle est un avec la Force qui nous a créés. Nous pouvons l'appeler le Principe divin, Dieu, le Christ en nous, la Force omnipotente ou de tout autre nom à notre gré, le nom ne fait rien à l'affaire. Tous ces termes désignent la même chose, c'est-à-dire la Force créatrice, toutepuissante, qui maintient l'harmonie dans l'univers.

Il y a en vous, dans votre chair, une puissance qui ne fait pas partie de la chair, qui la domine et qui est votre vrai être. A cette puissance est associée l'Intelligence qui vous a créé. Vous êtes indissolublement lié avec cette Intelligence. Vous ne pouvez pas plus être privé de l'existence que le Créateur qui vous a fait, parce que vous êtes une immortelle expression de lui-même. Vous êtes son chef-d'œuvre, et par conséquent vous êtes participant de ses qualités, de sa perfection, de son omnipotence, de son omniscience.

Le malheur est que nous ne savons pas nous élever jusqu'à la dignité de notre divinité. Nous ne

croyons qu'à moitié que nous sommes des êtres divins. Nous avons une sorte de vague théorie qui fait de nous des marionnettes, jetées dans l'espace comme des unités séparées, sans aucun rapport vital avec la Puissance qui nous a donné la vie. Cette fausse théorie est la cause de nos souffrances.

La raison pour laquelle nous sommes des êtres si rabougris, de si tristes spécimens de Thumanité, se trouve dans les idées mesquines qu'on nous a inculquées sur nous-mêmes. On nous a habitués à nous considérer comme « de pauvres misérables vers de terre », indignes de paraître dans la présence de notre Dieu, quoiqu'il nous ait créés à son image. Au lieu de traverser la vie avec un idéal de perfection mentale et physique, nous la traversons avec la vision d'un être défectueux, malade, imparfait, physiquement et mentalement. L'esprit étant le constructeur du corps, le processus de vie en nous construit la sorte de corps qui correspond au modèle que nous avons dans l'esprit, à l'idéal que nous nous faisons de nous-mêmes. Ce que nous croyons être, nous le devenons. Si notre esprit est plein de pensées de maladie, elles réagiront sur notre corps et le rendront malade^

D'autre part, chaque fois que nous affirmons que

nous sommes un avec la Force créatrice de l'Univers, que rien ne peut détruire notre Unité avec Dieu, nous tendons à construire pour nos corps l'état idéal de la santé mentale et physique parfaite. Si nous pouvions continuellement retenir l'idéal de notre plénitude, et nous voir parfaits comme notre Père céleste est parfait, et si nous pouvions constamment essayer de réaliser cet idéal dans notre vie, toute tendance à l'imperfection, au manque d'harmonie, à la maladie serait éliminée.

Nous commençons seulement à comprendre la portée immense de l'idée que nous façonnons nos corps par nos pensées, que nous sommes co-créateurs de nous-mêmes avec le Pouvoir divin qui agit dans notre chair, mais qui n'en fait pas partie.

Chaque docteur devrait être un métaphysicien. Il devrait croire que la Puissance qui a créé son patient, peut le recréer, réparer les dommages, restaurer les tissus malades ou atrophiés. Les médecins les plus avancés croient qu'ils ne peuvent qu'aider la nature dans son processus de guérison. Ils réalisent que la même Puissance qui a créé le malade est présente dans la guérison de toute blessure, de tout os cassé et de tout mal dont nous souffrons. Le chirurgien remet l'os en place, panse la blessure, mais la Puis-

sance qui a créé la chair et les os doit opérer la guérison.

Le guérisseur mental dénie vigoureusement la réalité de la maladie en ce sens que la vérité est la seule réalité. Pour lui « tout est TEsprit infini, et son infinie manifestation», et par conséquent tout doit être bien. Le bien seul peut être réel, puisque Dieu a créé tout ce qui est.

La dénégation persistante que quoi que ce soit puisse exister sans que le Créateur l'ait créé, et l'affirmation qu'il ne peut avoir créé quelque chose qui ne soit pas semblable à lui-même, est un des principes fondamentaux de la foi de la Science chrétienne. Pour le guérisseur, la santé est le principe vital immortel, le fait éternel, et la maladie, quoiqu'elle semble douloureusement réelle à celui qui souffre, est une fausse croyance. Le guérisseur ne retient dans son esprit que ce qu'il désire communiquer à Tesprit de son malade. Il éloigne toute autre chose. La santé est ce qu'il désire lui communiquer, et pour y arriver, il maintient avec persistance et ténacité l'idéal de la santé. Il refuse de voir l'homme ou la femme malade, et ne voit que la créature idéale que Dieu avait en vue lorsqu'il l'a créée. Pour lui l'être souffrant, défectueux, que la maladie et la dis-

corde physique ont fait, n'est pas Thomme réel. Il n'est qu'une caricature de la créature idéale et parlaite qui était dans le plan du créateur.

Il ne se permet pas de penser aux symptômes de la maladie ; les voir serait reconnaître leur réalité, et ceci empêcherait la guérison du patient. Il ne pourrait pas, par exemple, guérir le cancer ou la tuberculose en se représentant mentalement les affreux ravages qu'opèrent ces maladies. Il les éloigne de son esprit, repousse leur suggestion funeste. Les considérer, serait graver toujours plus profondément leur réalité dans sa conscience, et la suggestion seait transmise à la conscience du patient.

Le but du guérisseur mental est de produire dans l'esprit de la personne qu'il traite la conscience de la réalité scientifique de la santé et de l'irréalité de la maladie. Peu importe que les symptômes de la maladie semblent contredire ces principes, ou que la souffrance pousse des cris pour se faire reconnaître, le guérisseur mental persiste à considérer la maladie comme irréelle, et à retenir le sens scientifique de la santé comme la réalité. Il se repose complètement sur FEsprit divin comme souveraine puissance guérissante, affirme fermement l'unité de son

patient avec la Divinité, et Timposibilité pour la maladie d'exister en la divine Présence. 4

Dès le début, il encourage son patient en affirmant que, quelque réelle que lui semble sa maladie, elle ne peut aff'ecter l'image de Dieu en lui, parce que cette image est parfaite comme Dieu lui-même est parfait, et qu'en réalité l'esprit ne peut être malade. La vérité et l'harmonie, affîrme-t-il, sont les grands faits de la vie. L'erreur n'est pas une réalité ; elle est simplement l'absence de vérité ; la discorde n'est pas une réalité, elle est simplement l'absence d'harmonie. Il lui affirme qu'il est l'enfant de Dieu, et que l'image de Dieu ne peut être malade, ni affligée. « Sans doute, dit-il, la maladie vous semble réelle, douloureusement réelle, mais elle n'est pas une réalité dans le sens où la vérité est une réalité. Elle est la discorde, l'absence d'harmonie, et la divine harmonie neutralisera toute discorde, de la même manière que la vérité neutralise l'erreur, que l'amour neutralise la haine, la jalousie ou la vengeance, ou que la confiance neutralise la crainte et le doute. »

Le guérisseur retient continuellement les suggestions de guérison, et concentre sa pensée pour éveiller chez son patient, par la confiance, l'espoir du soulagement et la foi dans l'Esprit divin qui restaure,

renouvelle et guérit. Il essaye de stimuler et de mettre en action les forces latentes de guérison qui sont en lui, d'éveiller dans son esprit l'image divine perdue, et de lui inculquer l'idée que cette image divine ne peut être ni dominée, ni affectée d'aucune manière par la maladie.

J'ai vu un chimiste verser quelques gouttes de liquide de différents flacons dans un bocal d'eau boueuse, et au bout de quelques minutes, la boue avait disparu et l'eau était devenue aussi pure que le cristal. Tel est l'effet que produit le guérisseur mental en traitant un patient. Peu importe la maladie, son grand remède réside dans la chimie mentale qui neutralise, détruit l'erreur par son antidote naturel.^

La constante affirmation du guérisseur qu'il ne peut y avoir aucune maladie dans l'image de Dieu qui est en l'homme, est une puissante suggestion qui tend à affaiblir l'étreinte de l'erreur dans le corps de son patient. La délivrance de toute crainte de la maladie et de la mort est un grand pas vers la guérison, parce que cette crainte affaiblit toutes les fonctions du corps. Tout ce qui décourage, tout ce qui abat le malade, diminue sa force de résistance.

Le guérisseur est une sorte de wattman qui met le trolley du malade en contact avec le fil qui trans-

porte la force ; il est l'opérateur de la télégraphie sans fil qui met le malade en rapport avec la Source divine de la santé et du bonheur. Le patient reçoit alors les effluves de la force divine, la paix, la vie immortelle, et sa guérison s'opère.

Avec un peu de pratique, une personne malade peut accomplir en elle-même des choses merveilleuses par la puissance de Fauto-suggestion. Elle peut être son propre médecin ; elle peut recouvrer la santé et la conserver en s'appliquant à elle-même le principe que le guérisseur applique à son patient. De cette manière elle peut se maintenir en union consciente avec la Source divine de tout bien, de toute santé.

Il y a assez de forces latentes dans tout être humain pour qu'en les éveillant et en les mettant en action, il puisse se maintenir en bonne santé et en harmonie. Nous pourrions tous être notre propre médecin, si nous le voulions.

Le courant d'eau est aussi pur que sa source, à moins qu'il ne soit contaminé plus loin, et c'est ce qui nous arrive, à nous les humains.

Nous contaminons le courant de la santé avec nos pensées empoisonnées. Nos doutes, nos craintes, notre incrédulité, nos passions brutales, nos jalou-

sies. notre vengeance, notre ingratitude envers la vie, malgré les joies que celle-ci nous procure, toutes ces choses souillent le courant que nous recevons de la Source divine de tout bien.

Et la pratique de la chimie divine nous rendra capables de clarifier le courant boueux de notre vie. Nous possédons en nous-mêmes les remèdes qui neutralisent les poisons que nous avons laissés s'introduire dans notre vie et la souiller. Par la pensée juste, nous pouvons neutraliser les poisons de nos corps, tout comme les chimistes peuvent neutraliser les poisons des égouts de la ville avec certains ingrédients. En nous servant de leurs antidotes, nous pouvons neutraliser les poisons de la maladie, les résultats d'une fausse manière de penser et de vivre, qui ruinent et abreuvent nos vies d'amertume, qui nous font souffrir toutes sortes de maux et nous rendent incapables d'accomplir la dixième partie de ce que nous pourrions faire si nous possédions cette magnifique vigueur physique et mentale qui est la condition normale de l'homme.

Nous devons dénier toute réalité aux maux de toutes sortes, mentaux ou physiques, comme le fait le guérisseur mental. Nous devons nous voir comme il voit son patient, dans la plénitude de la santé qui

était dans les intentions du Créateur. C'est Thomme idéal ou la femme idéale que nous devons voir, jamais l'être affaibli, déformé par d'horribles maladies ou leurs symptômes. En ne reconnaissant que l'homme réel ou la femme réelle, non affecté par une pensée fausse, nous détruisons les effets nuisibles des ennemis mentaux qui combattent pour perpétuer la maladie ou d'autres conditions défavorables.

Maintenir constamment l'idéal de la santé, la pensée de la vérité et de la prospérité, la pensée optimiste, bienveillante, joyeuse, réconfortante, et fermer la porte à tout ce qui leur est contraire, non seulement aide à rétablir la santé, mais accroît aussi prodigieusement la force de résistance à la maladie. La pensée juste est un tonique pour la santé, l'efficacité et le bonheur.

Pour établir la santé, il faut adopter à son égard l'attitude victorieuse que nous prenons envers toutes les choses que nous désirons. Si nous désirons avoir la santé florissante (et qui ne le désire pas?) nous devons cultiver une foi implicite dans la santé comme faisant partie de notre patrimoine, une foi implicite dans le fait qu'étant les enfants de la Perfection, nous devons participer aux qualités de la

perfection, et par conséquent être débarrassés de l'imperfection qui se manifeste sous la forme de la maladie ou de la souffrance physique.

Sans la foi en notre divinité, nous ne sommes pas, et nous ne pouvons pas être bien portants. Sans la foi au pouvoir guérisseur de la Divinité, aucune guérison n'est possible. Le patient peut n'avoir pas toujours une foi consciente, mais le guérisseur Ta, et une foi semblable à la sienne s'éveille chez le malade lorsqu'il commence à sentir la puissance divine de guérison agissant et travaillant dans son corps comme un levain.

Dans la Bible, et tout spécialement dans les enseignements du Christ, rien n'est mis plus en lumière que la foi. Chaque bienfait, chaque guérison dépendent de la foi du malade. Dans toutes les guérisons du Maître, la foi est réclamée d'une façon impérative : « Il te sera fait selon ta foi. »

Quand les disciples venaient dire à leur Maître qu'ils n'avaient pu guérir certaines malades, il les réprimandait et attribuait leur insuccès à leur manque de foi. Il reconnaissait ainsi le grand pouvoir guérisseur de la foi, et gravait en eux cette vérité que, sans la foi, aucune guérison n'est possible.

Tout docteur sait que la foi du malade dans sa

science, dans l'efficacité des remèdes qu'il ordonne est le principal agent curatif. C'est la foi qui donne de la vertu à des milliers de remèdes n'ayant aucune valeur intrinsèque.

Nous savons tous comment la crainte de la maladie affecte l'esprit et ruine la santé. La confiance en notre santé est réellement une puissance qui l'entretient, car du moment que nous la perdons, notre force de résistance diminue, et la maladie peut plus facilement s'installer.

L'image gardée perpétuellement dans la conscience se grave dans le subconscient, et le corps se conforme à la pensée. Pour atteindre la santé parfaite, nous devons conserver constamment dans notre esprit l'image de la perfection physique, de l'état idéal. Nous devons sans cesse repousser toute image de faiblesse ou de maladie, toute suggestion qui troublerait l'idéal de santé et d'harmonie que nous désirons atteindre et conserver.

Quelle révolution s'opérerait dans notre vie si nous pouvions seulement apprendre à vivre dans cet idéal de santé, au lieu de vivre dans la crainte perpétuelle de la maladie î

On devrait apprendre à tout enfant à penser à la santé au lieu de penser à la maladie, à réaliser que

la santé est l'état permanent^ que la maladie n'est pas un mal nécessaire, et qu'il n'était pas dans les intentions du Créateur que nous dussions souffrir. Si, dès l'enfance, les jeunes intelligences étaient saturées d'idées et d'idéal de santé, elles créeraient une force de résistance qui affranchirait les enfants de tous les ennemis de leur santé. Si on leur enseignait à croire qu'ils ont été faits à l'image de Dieu, qu'ils ont en eux l'embryon d'un être divin qui doit se développer, nous n'aurions pas autant de lilliputiens mentaux et physiques.

Ce qui trouble notre santé, c'est le fait que nous avons été accoutumés dès l'enfance à donner trop d'importance à la matière, au corps. En réalité l'esprit est tout. Mais l'esprit n'est pas confiné dans la tête seulement. Il pénètre dans tout le corps, et nos sensations sont l'expression intelligente de toutes les cellules du corps.

Le corps est un grand atelier coopératif composé de millions de cellules. Certaines de ces cellules ont des fonctions plus élevées que d'autres, mais elles sont toutes des membres importants de la corporation, et ont chacune leur mot à dire dans le gouvernement général. Quand nous sommes blessés ou malades, par exemple, des milliers de ces toutes

petites cellules qui réparent, guérissent, renouvellent, reconstruisent, se précipitent immédiatement vers la partie malade pour en réparer les tissus.

Nous sommes tous conscients de ces processus de guérison, de reconstitution, de renouvellement, qui travaillent en nous et opèrent des miracles en guérissant nos blessures et nos maux.

D'où vient Tintelligence qui gouverne et dirige le travail de ces petits reconstructeurs? Elle provient de la grande Intelligence qui est en nous, dans notre chair sans en faire partie, qui fait battre notre cœur, respirer nos poumons, qui maintient toutes les fonctions du corps en activité, qui ne cesse jamais de travailler, et ne nous abandonne pas un seul instant. Elle pénètre chaque atome du corps, illumine chaque cellule d'une réflexion de sa propre lumière.

Les savants sont en train de faire des découvertes merveilleuses en ce qui concerne le lieu où siège l'intelligence. Récemment encore, on la supposait confinée dans le cerveau. Mais nous savons maintenant que l'intelligence s'étend dans toute la moelle épinière, que tout le système nerveux sympathique renferme de la matière grise. Cette matière a été trouvée d^^ns le bout des doigts des sourds, des muets et des aveugles, montrant ainsi que partout

où il y a un besoin, l'intelligence est là. Nous connaissons les merveilles qu'accomplissent les aveugles et les sourds-muets par leur sens du toucher qui leur aide à distinguer les couleurs, et leur permet de se rendre compte de la forme des objets en les touchant simplement avec leurs doigts. Ceci prouve que l'intelligence est répandue partout dans le corps.

Quelques-uns de nos savants les plus avancés croient que les cellules, composant chacun de nos organes, forment une sorte de communauté coopérative intelligente, qui préside à l'activité de chaque organe, ils estiment que tous les organes ont une intelligence qui leur est propre et qui se trouve en rapports vitaux avec la moelle épinière et le plexus solaire, aussi bien qu'avec le cerveau proprement dit. Cette théorie est corroborée par les faits. Nous savons combien vite l'estomac sympathise avec l'attitude mentale, comment il répond à nos pensées, à nos émotions; combien vite le cœur, les reins, sont en relation avec notre état mental : crainte, soucis, joies, inquiétudes, amour, haine, jalousie, quelle que soit l'émotion qui nous domine.

S'il n'y avait pas un rapport intime entre le cerveau et l'estomac (et le même principe s'applique au

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cœur, aux reins et aux autres organes) notre digestion ne serait pas aussi sérieusement affectée par notre changement d'humeur et nos émotions. Si les cellules de l'estomac ont une intelligence, et si elles répondent ainsi instantanément à notre état mental, n'est-il pas naturel de penser qu'elles peuvent être affectées par l'opinion que nous nous faisons d'elles, par nos doutes quant à leur habileté à bien digérer notre nourriture ?

« Insultez un chien, vous le tuez à moitié, » est un vieux dicton. De la même manière, imprimez dans votre estomac, votre cœur, votre foie, ou tout autre organe, la conviction qu'il est faible, bon à rien, et en surplus, avalez une bouchée de dyspepsie mentale avec chaque bouchée de nourriture, tôt ou tard, cet organe acceptera votre verdict, et deviendra ce que vous aurez proclamé qu'il était.

En d'autres termes, au lieu de les entraver par des pensées fausses, nous devons faciliter à nos organes le travail qu'ils doivent accomplir. Si nous voulons qu'ils fonctionnent parfaitement, comme le Créateur a entendu qu'ils le fassent, nous devons les traiter comme nous traiterions nos enfants. Par la pensée juste, nous devons les aider à être normaux, au lieu de les rendre anormaux par nos doutes et nos soup-

çons. Nous devons les considérer comme nos associés, nos coopérateurs, nos amis, et non comme nos ennemis et nos bourreaux. ',

Pensez aux fausses conceptions de leurs différents organes que retirent certaines gens de la lecture de livres médicaux décrivant minutieusement les symptômes de maladies qu'ils s'imaginent avoir? Beaucoup de personnes ne se voient jamais l'être parfait que Dieu avait l'intention qu'elles fussent. Ce qu'elles ont constamment à l'esprit, c'est le tableau d'une créature anormale, malade et faible. Elles s'imaginent que leur estomac, leur foie, leurs reins, leur cœur sont dans un état maladif. Au lieu de les considérer comme des amis, comme des membres de la même famille, elles les considèrent comme des ennemis qui les font constamment souffrir. « Oh ! s'écrient-elles, quel misérable estomac je possède ! Je ne puis rien digérer, tout me fait mal. » « Mon vieux cœur, comme il palpite! Grâce à lui je n'ose marcher, ni faire aucune des choses que j'aime. » «Mes reins sont malades, le dos me fait mal, mieux vaudrait mourir ! »

Une semblable manière de considérer son corps, et d'augmenter le dur travail des différents organes ruinerait la santé de l'athlète le^mieux entraîné. Si

vous voulez être votre propre ami, vous devez être rami de vos organes, si intimement unis à votre cerveau, la station centrale de votre système nerveux. Vous devez croire à leur perfection, à leur fonctionnement normal. Vous devez vous les représenter essayant de vous aider à atteindre le grand but de votre vie, au lieu de vous entraver. Remplacez les images d'organes malades par leur contraire, l'image de leur perfection, et vous vous verrez revenir à la santé et à la force.

Prenez l'attitude victorieuse, et pensez à vousmêmes comme à un être divin, immortel, possédant une belle santé, une constitution vigoureuse, une intelligence sublime.

Chaque matin en vous levant, le soir en vous couchant, et toutes les fois que vous y pensez dans la journée, affirmez fermement le fait de votre perfection physique, mentale et morale. Affirmez constamment mentalement, et, quand vous êtes seul, oralement : « Je suis en bonne santé parce que je suis l'enfant de Dieu. Dieu est ma vie. Il est la grande puissance créatrice qui me soutient et m'élève à chaque instant. Cette puissance me recrée perpétuellement, et essaye de réaliser en moi le plan qui était le plan originel de mon être quand j'ai été créé.

Je dois coopérer avec elle, aujourd'hui et chaque jour. Je dois tendre à être parfait comme mon Père céleste est parfait. »

Il y a une grande puissance fortifiante dans la simple résolution d'être bien portant, fort et vigoureux, dans l'affirmation persistante de l'idéal parfait que le Créateur avait en nous créant. Se séparer de cet idéal, c'est se séparer de Dieu, de la santé parfaite, de la réalité de l'être parfait voulu de lui.

Aussi longtemps que nous pensons à la maladie, que nous doutons de notre force et de notre vigueur, aussi longtemps que nous gardons la conviction d'une faiblesse ou d'une tendance héréditaire à la maladie, que nous nous considérons comme la victime, au lieu d'être le vainqueur d'une mauvaise santé, bref, aussi longtemps que le modèle mental est défectueux, la santé parfaite est impossible.

Une santé débordante et joyeuse ne peut être établie que par la pensée juste et la vie juste, qu'en entretenant des pensées de santé au lieu de pensées de maladie, de force au lieu de faiblesse, d'harmonie au lieu de discorde, qu'en ayant des pensées de vérité au lieu de pensées d'erreur, des pensées d'amour, au lieu de pensées de haine, des pensées qui élèvent au lieu de pensées qui dépriment.

Déjà maintenant, un grand nombre de médecins — et bientôt tous y viendront — enseignent à leurs patients comment ils peuvent faire usage de la grande puissance guérissante de la pensée, le miracle de la pensée juste, qui les unit à la Force qui est dans la chair, mais qui n'en fait pas partie. Ils montreront à chaque malade quelles sont les attitudes de Tesprit, les affirmations et les auto-suggestions qui peuvent maintenir son être dans Tharmonie ; ils lui enseigneront l'usage bienfaisant de la suggestion. Le médecin de l'avenir emploiera largement, comme remèdes, les idées, les attitudes mentales et les suggestions.

Le temps viendra où les parents et les instituteurs réaliseront la formidable force, pour la construction du caractère, qui réside dans l'affirmation de la santé, de la plénitude, de l'harmonie. Ils enseigneront aux enfants à exercer ce pouvoir qui chassera la discorde et la maladie. Ils apprendront aux jeunes l'affirmation de l'idéal parfait, et ils leur enseigneront à garder dans leur esprit le modèle d'un homme parfait, d'une femme parfaite, et non celui d'un être gâté, rabougri, privé de force et de beauté, par la violation de la loi mentale ou par une mauvaise manière de vivre, et cet idéal les protégera contre

les assauts provenant de l'extérieur ou de Tintérieur.

Si l'esprit qui était en Christ était toujours en nous, l'esprit qui donne la santé, la paix et le bonheur, qui perpétue l'harmonie, la vérité et la beauté, nous ne connaîtrions aucune sorte de discorde. La santé parfaite serait la règle, et non l'exception, parce que nous ne transgresserions jamais les lois de notre être.

CHAPÏTP^E XII

Ayez un idéal et soyez-lui fidèle.

'^ La foi et l'idéal resteront toujours les plus puissants leviers du progrès et du bonheur. Jean Finot.

Nous tendons à ressembler aux choses auxquelles nous pensons le plus et que nous souhaitons le plus ardemment.

Les dieux que nous adorons écrivent leur nom sur nos visages.

Emerson.

Mvi J^^^^vfc^ A.RTOUT, nous trouvons des exemples de é^ i^-^^l^fe^ la puissance transformatrice de l'idéal. ^^. ^^fc)M, Elle se manifeste sur les visages de iît^^^S^^l ceux que nous rencontrons dans la rue, dans les trains et les magasins, dans les théâtres et dans les églises, partout où le peuple s'assemble.

Combien vite nous pouvons reconnaître, dans la foule, l'homme d'affaires qui a du succès! Son initiative, son habileté, sa maîtrise, se montrent sur son

visage et dans ses manières. On peut en dire autant d'autres professions, de l'étudiant, de Fecclésiastique, de l'instituteur, du docteur, du fermier, de l'ouvrier de campagne. Allez dans une fabrique, dans un magasin, ou dans tout autre lieu où l'on travaille, et vous pourrez vite reconnaître sur les visages, dans l'expression et les manières des gens que vous y rencontrerez, de quelle nature est leur idéal.

Nos pensées, nos mobiles déterminants, se reflètent dans notre corps, de telle sorte que tout le monde neut les constater. Plusieurs cas absolument authentiques de stigmates sont mentionnés dans la vie des Saints du moyen âge ; on vit apparaître sur leurs corps une reproduction exacte des blessures du Christ crucifié. Plusieurs de ces cas se produisirent dans des couvents ou des monastères, comme résultat probable d'une longue et intense concentration de l'esprit sur les souffrances physiques du Christ. Fréquemment, le phénomène se produisait après les austérités du carême, pendant lesquelles les moines et les nonnes avaient concentré plus intensément leur pensée sur la passion et la mort du Sauveur.

Si la contemplation et la constante représentation mentale des souffrances de THomme-Dieu, ont pu changer les tissus du corps au point de reproduire

sur celui-ci la marque de l'épée dans le côté, des clous dans les mains et les pieds, et des épines sur le front du Christ, pensez aux merveilles qu'accomplirait le renversement de ces pensées et de ces représentations. Pensez à ce que pourrait produire la contemplation de Tœuvre magnifique accomplie par le Sauveur sur la terre, de la constante représentation mentale de sa vie glorieuse, de sa tendresse, de son amour pour l'humanité, de sa puissance et de sa dignité, du don continuel de lui-même au service des autres! Pensez ce qu'un tel idéal, un tel modèle, et un effort perpétuel pour le réaliser, seraient pour la race humaine !

Nous tendons à devenir semblables à ce que nous admirons, à ce que nous retenons avec persistance dans notre esprit. L'histoire du christianisme montre continuellement la puissance de l'idéal pour élever les hommes et les femmes au-dessus d'eux-mêmes. Saint Paul en est un exemple des plus remarquables ; il est tellement possédé, tellement enthousiasmé par le Christ, qu'il s'écrie : « Ce n'est plus moi qui vit, c'est Christ qui vit en moi. »

« La contemplation de la perfection élève toujours. » Rien ne fortifie l'esprit, n'élargit la pensée, n'accroît la virilité comme l'effort constant pour

atteindre un haut idéal. La lutte pour arriver à quelque chose de meilleur, le constant effort de l'esprit pour atteindre les choses élevées, la poursuite assidue de ridéal, qui s'élève constamment à mesure que nous le poursuivons, est ce qui a conduit l'humanité de la sauvagerie à la civilisation du XX® siècle.

Un jour, dans son atelier, un grand artiste fut trouvé en larmes par son ami. Quand celui-ci lui demanda la cause de son chagrin, il répondit : «Je viens de produire une œuvre qui me satisfait complètement; je ne pourrai plus rien produire, » et ce fut vrai. Son inspiration s'était éteinte parce qu'il avait atteint son idéal.

Sans idéal, il n'y a plus de progrès ; et lorsqu'il n'y a plus de progrès, il y a rétrogradation. « Sans vision le peuple périt. » Dans Tunivers, rien n'est immobile. Nous nous mouvons tous dans une direction, ou en avant ou en arrière. Tout dépend de l'idéal.

Tout ce que nous admirons, et tout ce à quoi nous aspirons, entre dans la trame de notre existence, devient une partie de nous-mêmes. Si nous pouvions analyser chaque individu, nous pourrions dire quels livres il lit, découvrir quelle sorte d'amis il fréquente, et nous pourrions nommer ses héros ; en un mot, nous pourrions dire quel est son idéal.

Les parents et les instituteurs devraient faire comprendre aux jeunes Timportance qu'il y a à choisir le plus haut idéal humain.

L'histoire est pleine d'exemples de la puissante influence qu'a exercé l'idéal sur les grands hommes. On raconte qu'Alexandre le Grand portait toujours sur lui un exemplaire de l'Iliade d'Homère, et qu'il n'était jamais fatigué de lire l'histoire d'Achille, le grand héros auquel il désirait ressembler. En Amérique, plus d'un jeune homme, encouragé et stimulé par la carrière de Lincoln, non seulement a vécu d'une vie plus élevée pour avoir modelé sa vie sur celle de son héros, mais a développé en lui des qualités qui se trouvaient chez Lincoln, et qui autrement seraient probablement restées à l'état latent.

Il est de la plus grande importance de choisir de bonne heure notre idéal de vie, un haut et bel idéal qui sera notre étoile polaire, notre guide fidèle et lumineux.

Quand nous sommes jeunes, nous avons tous, par nature, quelque idéal. Quel est le jeune homme qui entre dans la vie active sans avoir devant lui l'idéal de ce qu'il veut être ou faire, et de l'œuvre qu'il compte accomplir dans ce monde ? Quelle jeune fille, lorsqu'elle quitte l'école et que la vie lui sourit, ne rêve de

l'amour idéal qu'elle entrevoit, du foyer idéal qu'elle fondera, et de Tœuvre magnifique qu'elle accomplira aux côtés du compagnon de ses rêves ? Mais ce jeune homme et cette jeune fille conservent-ils cet idéal, avec la force de conviction qui surmonte toutes les difficultés, ou ne Tabandonnent-ils pas plutôt à la première déception, pour se cantonner dans une existence tout ordinaire, qui ne s'élève guère audessus des choses matérielles ?

La jeunesse conçoit tout naturellement le glorieux idéal, non seulement de ce que sa propre vie sera, mais ce que la vie en général devrait être ; elle conçoit l'homme idéal, la femme idéale, le système social idéal, et éprouve un vague désir d'aider à leur accomplissement. Mais, trop souvent, le désappointement qu'elle éprouve dans ses efforts pour améliorer les conditions lui enlève l'espoir de réaliser son idéal, puis l'amène à l'abandonner.

Alors survient le grand danger de la rétrogradation. A moins que l'idéal ne soit retenu avec une ténacité qu'aucun insuccès, aucun désappointement ne peut diminuer, il s'évanouit lorsque la première ardeur de la jeunesse est éteinte.

Un des meilleurs moyens de conserver l'idéal de la jeunesse dans toute sa fraîcheur et sa beauté est

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de rappeler fréquemment, journellement, à sa mémoire les héros qui ont éveillé en nous cet idéal et le désir de l'atteindre. Lisez les livres et les chapitres qui vous ont donné l'envie de rivaliser avec un noble caractère. Renouvelez-vous mentalement en vous remémorant la vie et les œuvres des hommes et des femmes qui ont combattu noblement pour l'humanité.

Pensez auxWashington, aux Franklin, aux Lincoln, aux Emerson, aux Florence Nightingale. aux Elisabeth Fry, aux Joséphine Butler, et vous serez fortifiés pour résister à Tinfluence avilissante de la richesse, de la compétition qui, dans tant de cas, détruisent les inspirations et les idéals de la jeunesse. Le caractère se développe toujours d'après le modèle que nous gardons en nous. Aucun artiste ne pourrait peindre le visage du Christ, avec le modèle d'un Judas dans sa vision mentale. Aucun grand caractère ne peut être construit avec un idéal au rabais.

La lutte constante pour réaliser un haut idéal est la seule force, dans les cieux et sur la terre, qui puisse rendre une vie grande, belle et fructueuse. Si nous désirons accomplir une œuvre de valeur, si nous voulons réaliser notre unité avec le Créateur, et accomplir Tœuvre pour laquelle il nous a placé

sur cette terre, nous devons nous élever jusqu'à notre idéal.

Les yeux fixés sur cet idéal, nous devons travailler avec notre cœur, nos mains et notre cerveau, avec une foi qui ne se trouble jamais, avec une résolution qui ne vacille jamais, avec une patience infatigable. et persévérer jusqu'à la fin; car, à mesure que nous avançons, notre idéal s'élève toujours plus haut.

« La situation qui n'a pas ses devoirs, son idéal. dit Carlyle, n'a pas encore été occupée par un homme. Oui, ici, dans ce pauvre, misérable, méprisable présent où tu es maintenant, ici et nulle part ailleurs est ton idéal ; fais-l'en sortir et travaille, crois, vis, et sois libre. Insensé ! l'idéal est en toi-inèine. »

Jamais paroles plus vraies n'ont été prononcées. Dans chaque être humain sont enfouies des énergies divines qui, bien dirigées, développeront son idéal. Celui qui voit un sculpteur tailler un bloc de marbre peut ne considérer ce qui sort sous son ciseau que comme un travail mécanique. Mais, hors de la vue, il y a dans le cerveau du sculpteur quelque chose que nous n'apercevons pas; et chaque mouvement de sa main obéit à la pensée correspondant à son idéal. Sans cet idéal, il ne serait qu'un tailleur de pierre; par lui, il devient un artiste.

« L'idéal est le réel. » Par lui nous formons nos vies comme le sculpteur forme l'image dans le bloc de marbre. Les moyens extérieurs seuls ne peuvent accomplir ceci. Vous devez vous emparer des principes éternels, des vérités perpétuelles, ou vous n'approcherez jamais de votre idéal. Votre premier pas vers lui est dans ce que vous faites ou pensez maintenant. Ce n'est pas sur des hauteurs inaccessibles, sur quelque distante scène, ou dans quelque pays fabuleux où le désir est magiquement satisfait sans effort, que nous réaliserons l'idéal qui hante nos âmes, mais ici, maintenant, dans ce pauvre et méprisable présent, ici et nulle part ailleurs est notre idéal ! Dans l'humble vallée, dans la vaste prairie, dans la ferme, sur mer ou sur terre, dans Tatelier, le magasin ou le bureau, partout où il y a un travail honnête pour la main et le cerveau de l'homme, dans les limites circonscrites de nos devoirs journaliers, est le champ d'où doit surgir notre idéal.

« Vos circonstances peuvent être contraires, dit James Allen, mais elles ne le resteront pas longtemps si vous percevez un idéal et luttez pour l'atteindre. Vous ne pouvez travailler intérieurement et rester immobile extérieurement. Voici un jeune homme durement étreint par la pauvreté et le tra-

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vail, confiné pendant de longues heures dans un atelier insalubre, sans instruction et sans éducation. Mais il rêve de meilleures choses ; il rêve d'intelligence, de raffinement, de grâce et de beauté. Il conçoit et construit mentalement une condition de vie idéale ; la vision d'une plus grande liberté et d'une condition meilleure prend possession de lui, le pousse à l'action ; il utilise tous ses moments de loisir et ses moyens, si petits qu'ils soient, pour développer ses forces et ses ressources latentes. Très vite son esprit s'est développé de telle sorte que Tatelier ne peut plus le retenir, et dès que se présente l'occasion qui répond à ses visées et à ses projets, il le quitte pour toujours. Des années plus tard, nous retrouvons le jeune homme devenu un homme d'âge mûr. Nous le voyons maître de certaines forces de l'esprit qu'il manie avec une puissance presque sans égale. Ses mains tiennent les rênes de gigantesques responsabilités ; il parle, et voici ! des vies sont transformées, des hommes et des femmes sont suspendus à ses lèvres, et changent de mentalité . Semblable au soleil, il devient le centre fixe et lumineux autour duquel tournent d'innombrables destinées. Il a réalisé la vision de sa jeunesse. Il est devenu un avec son idéal. »

Marden. — Attitude victorieuse. 15

La grande malédiction des gens ordinaires est la banalité, le manque d'idéal. Il y a des milliers de fermiers qui ne s'élèvent jamais au-dessus de leurs champs et de leur bétail, des docteurs qui ne voient jamais autre chose que les maladies et les remèdes. L'idéal des masses s'élève rarement au-dessus de la médiocrité. Beaucoup d'entre nous vivent dans les régions inférieures de leur existence, tandis que les régions supérieures restent inutilisées. Nous avons besoin d'aspirations et de grands modèles de pensées pour nous élever.

Dieu a murmuré à l'oreille de toute vie : « Regarde en haut. » 11 y a une gravitation céleste et potentielle en tout être humain. Il y a une faim spirituelle dans l'humanité qui, si elle était entretenue, développerait de grandes âmes. Dans tout fils d'Adam, il y a une divinité latente qui doit être éveillée avant qu'il puisse s'élever.

Dans les ateliers où l'on fabrique les boussoles marines, les aiguilles, avant d'être magnétisées, restent dans toutes les positions, mais une fois touchées par le puissant aimant, une fois électrisées par cette mystérieuse puissance, elles n'indiquent plus qu'une seule direction. Plus d'une jeune vie reste insouciante, sans but, jusqu'à ce que, touchée par le divin

aimant, elle se tourne vers l'étoile polaire de son idéal.

La plus petite aspiration qui jaillit dans nos cœurs est une semence divine qui grandira et se développera, si nous la nourrissons et l'encourageons. Les meilleures semences ne prospèrent jamais dans le sol matériel ou mental sans qu'on en prenne soin. Ce n'est que les mauvaises herbes, les ronces et les plantes nuisibles qui poussent sans soins.

L'aspiration qui ne se traduit pas en effort mourra tout comme une fonction dont on ne se sert pas s'atrophie et disparaît. Les naturalistes disent que Tautruche a eu autrefois de fortes ailes, mais cet oiseau dédaignant de s'en servir, et préférant marcher sur la terre plutôt que s'élever dans les airs, a pratiquement perdu ses ailes dont la force a passé dans ses jambes.

Quelque chose de semblable se produit continuellement dans les vies humaines. Nous montons ou nous descendons selon que nous poursuivons ou négligeons notre idéal. La majorité d'entre nous « sabotent» leur vie; nous dépensons beaucoup de temps et d'efforts pour satisfaire les désirs de notre nature animale, et nous vivons d'une vie terne et sans idéal quand nous aurions pu prendre notre essor.

Partout nous voyons des hommes qui se sont créé une riche existence mais qui n'ont qu'une très pauvre vie ; ils ont réussi dans leur profession, mais ils ont fait faillite, en tant qu'hommes, en s'écartant de leur idéal dans le but d'amasser de l'argent. Partout nous voyons des gens sacrifier les choses élevées aux choses basses, abandonner le meilleur de ce qui est en eux pour un avantage matériel superficiel, vendre le droit d'aînesse de l'âme pour un plat de lentilles.

Y a-t-il de la raison ou de l'intelligence chez un homme qui continue à mettre son habileté, son énergie, ses facultés à gagner de l'argent, quand il en possède déjà beaucoup plus qu'il ne lui en faut pour vivre ? Le don de la vie est-il de si peu d'importance que nous puissions assumer de dépenser notre temps pour acquérir des choses qui ne durent pas, des choses matérielles qui passeront bientôt, tandis que nous négligeons celles qui durent ? Nous savons que la vie est la grande occasion qui nous est offerte pour agir en hommes. Cependant, c'est trop souvent potir ces choses passagères que nous dépensons notre force et notre énergie, tandis que nous nous contentons de désirer ce qui pourrait nous aider à atteindre notre idéal. Nous sacrifions beaucoup pour

gagner une fortune, mais pratiquement rien pour la réalisation des désirs supérieurs de nos âmes.

Cependant, l'idéal est vraiment la «perle de grand prix, » en comparaison de laquelle « tout ce qu'un homme possède» n'a aucune valeur. Les grands hommes du monde ont toujours été des hommes qui avaient un haut idéal auquel ils sont restés fidèles.

Les hommes et les femmes qui ont vraiment réussi sont ceux qui, par leur noble exemple, ont contribué à l'ennoblissement, au bonheur et à la sagesse du monde, et non ceux qui se sont bornés à entasser égoïstement des piles d'écus. Une riche personnalité enrichit tous ceux qui entrent en contact avec elle. Une noble vie ennoblit tous ceux qui l'entourent.

Il existe des appareils si délicats qu'ils peuvent enregistrer la moindre dépense de force physique. Si de semblabtes appareils pouvaient être fabriqués pour mesurer les caractères, plus d'un millionnaire serait chagriné de voir combien le sien donne peu de force, tandis qu'un humble ouvrier serait étonné de voir combien ses efforts sérieux et incessants pour atteindre son idéal ont produit d'heureux résultats.

Je crois que le temps viendra où ce ne sera pas l'argent, la fortune, les propriétés, mais le dévelop-

pement mental et moral qui deviendra la mesure populaire des vraies richesses, du vrai succès.

Phillips Brooks a dit: « La vie idéale et parfaite nous hante tous, nous sentons s'agiter l'être que nous devrions être, derrière celui que nous sommes. Dieu cache un idéal dans chaque âme humaine. A un moment quelconque de sa vie, chacun éprouve le désir de faire quelque chose de grand. La vie trouve sa plus noble source de perfection dans l'impulsion cachée qui la pousse à faire de son mieux. »

Tous ceux qui substituent le but élevé au but facile, tous ceux qui, aujourd'hui et chaque jour, conservent leur idéal, en dépit des tracas et du tumulte de la vie moderne, hâtent le jour où un haut idéal inspirera les masses et deviendra la puissance qui fera mouvoir le monde.

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