J’ai exposé, dans l’ouvrage déjà cité, les raisons
(1) Voir le feuilleton scientifique du Journal des Débals, 11 avril 1912, par Henri de Varigny.
qui nécessitent et justifient l’oubli des existences antérieures durant notre passage terrestre. Dans la plupart des cas, le souvenir serait une entrave à nos progrès, une cause d’inimitié entre les hommes. Il perpétuerait, parmi les générations, les haines, les jalousies, les conflits de toute nature. L’âme, après avoir bu l’eau du Léthé, recommence une autre carrière, plus libre de construire son existence sur un plan nouveau et meilleur, affranchie des préjugés, des routines, des erreurs et des rancunes du passé.
4- Toutes les grandes religions sont basées sur la croyance aux vies successives : le brahmanisme, le bouddhisme, le druidisme, l’islamisme (voir Surate II, v. 26 du Coran ; Surate VII, v. 55 ; Surate XVII, v.52 ; Surate XIV, v. 25). Le christianisme primitif ne fait pas exception à cette règle. On retrouve des tracés de cette doctrine dans l’Évangile. Les Pères grecs : Origène, Clément d’Alexandrie et la plupart des chrétiens des premiers siècles l’admettaient (voir mon ouvrage Christianisme et Spiritisme , chap. III et IV et note 5). Le catholicisme a cru devoir laisser cet enseignement dans l’ombre et y substituer la théorie d’une vie unique et le dogme des peines éternelles, comme plus efficaces pour le salut des âmes et peut-être plus encore pour la domination de l’Église De là, croyons-nous, son impuissance actuelle à donner une solution satisfaisante du problème de la vie et de la destixié^ une des raisons
de son affaiblissement et
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