LXXXI . — D'Alexandre Soumet
Nous parlons quelquefois de destinée humaine, mon cher Jules, et le beau tableau de l'exception du... me plonge dans l'abîme de réflexion. Si quelque chose pouvait me ramener dans le monde des idées prosaïques et vulgaires, ce serait le froid récit de M""' de GenHs. Pline avait élevé à la nature le plus beau monument, peut-être, que la faiblesse de l'homme puisse lui élever, et cette nature a dévoré son grand-prêtre ; elle a préparé au centre de la terre le terrible incendie où Pline devait périr. Robespierre est resté étendu mourant, et pendant vingt-quatre heures, sur la table de proscription où il avait signé tant d'arrêts.
Si Pline aussi a été couché avant d'expirer sur cette terre dont il avait divinisé les merveilles, qu'est-il arrivé ?
La mort de Pline est devenue si grande qu'elle a pour ainsi dire servi d'ère au volcan et que le monde, qui n'avait pas un souvenir à donner à la disparition de Pompéia et d'Herculanum, n'a cessé de s'entretenir du cap de Pline. Adieu, Jules.
s[oumet].
l54 l'aube romantique
LXXXIL — UAhel Villemain (182).
J'ai voulu, monsieur, vous lire, avant de vous remercier, je sais maintenant beaucoup de vos vers par cœur ; voilà le moment de vous en dire mon avis. Il me semble qu'ils sont pleins de grâce, de sentiment et d'harmonie. Ces pièces si courtes et si variées forment comme autant de nuances musicales qui retentissent dans l'âme. La mélodie est la poésie même et la vôtre est en même temps toute pénétrée d'émotion.
Le temps actuel, monsieur, est un peu âpre, mais tous les amis des lettres et des vers aimeront à vous lire. Milton dit quelque part que la voix douce des Muses délasse du bruit rauque des disputes politiques.
Agréez, monsieur, avec tous mes remerciements, l'assurance de ma considération distinguée.