CXVII. — De Ch. de Saint-Valry
Chateauneuf, ce 21 mars 1833.
Je ne sais, mon cher Jules, vous exprimer comme je l'aurais voulu chez M"*^ de Falloux, tout le plaisir que m'a fait votre Isabelle (225), c'est vraiment un bel ouvrage, plein d intérêt et de poésie et qui m'a rappelé bien souvent la touche large et harmonieuse de Soumet. Je ne doute pas que vous n'obteniez au théâtre un succès d'enthousiasme et je vais attendre cette représentation avec bien de l'impatience. Votre succès sera d'autant plus grand que le public sera plus las des horreurs qu'on lui offre et dont on le gorge. Vous ouvrirez la réaction du bon goût, c'est une gloire dont vous êtes digne.
Parlons un peu des fragments de poésies, quoique ce soit moins amusant. Je me suis adressé à M. Brian et l'annonce a paru immédiatement dans
la Quotidienne. Je ne vois pas paraître celle de la Gazette; M. Roger m'a-t-il oublié? Savez-vous si le Revenant et le Rénovateur ont été plus diligents et plus aimables pour nous?
Je pense que le volume paraîtra vendredi ou samedi; envoyez, je vous prie, chez Dentu, un malin, pour savoir s'il a paru et dès que vous en aurez en main un exemplaire, faites-le porter tout de suite chez votre relieur, afin que je puisse, à mon retour, l'expédier à Blaye. Le docteur Dubois, que je connais beaucoup, me rendra le service de le remettre à Madame.
Je m'en rapporte donc à votre obligeance pour ce soin. J'attends pour revenir que vous m'ayez annoncé la publication et je pense que cela ne peut être bien long. Adieu, mon ami, mes hommages à votre Nina, mes amitiés à vos charmants enfants.
Tout à vous, de cœur.