CXXVIII. — D'Alfred Nettement
Monsieur le comte,
Voici bien des siècles que je vous ai vu; vous êtes tout l'été à la campag-ne et moi toute l'année retiré dans mon travail. J'espère cependant que vous avez bien voulu garder un léger souvenir d'une connaissance qui a commencé parun service que je vous demandais pour Vert et Blanc , et je recours à votre bienveillance, déjà éprouvée, pour un service du même genre, que j'ai à vous demander au nom àxiNouveau Conservateur. Voulez-vous et pouvez-vous détacher quelques pages du roman tant parfumé d'élégance et de grâce que vous soumettez au public? Ce sera un diamant que nous nous empresserons d'enchâsser dans notre partie littéraire et qui fera prendre patience à ceux qui attendent l'écrin tout entier. Je pense que vous suivez le Nouveau Conservateur : dans le cas contraire, veuillez bien me dire comment je puis vous le faire parvenir au Marais, où vous êtes maintenant, j'imagine.
Veuillez agréez, monsieur, en même temps que
l'aube romantique 2o3
mes meilleurs compliments, les excuses que je vous dois pour l'indiscrétion de ma demande. Les journalistes sont comme Bélisaire, ils demandent toujours, seulement quand il s'agit de vous, c'est un million au lieu d'une obole.
Votre tout dévoué,