‹ L'auberge de la Madone drame en cinq actesChapitre 14 sur 56 · LA MARQUISE, LE MARQUIS · texte numérisé non relu

LA MARQUISE, LE MARQUIS

la marquise, à part.

Seigneur, soutenez mon courage... Le Marquis! LE MARQUIS.

Il me tardait de vous rencontrer, madame; votre absence me donnait de l'inquiétude.

LA MARQUISE

N’auriez-vous pas dû. monseigneur, supposer que j’étais ici, auprès de ma fille? je la quitte à l’instant même.

le marquis, froidement.

Je viens d’apprendre par un domestique fidèle et dévoué qu'un homme a erré pendant longtemps autour des murs du parc.

LA MARQUISE

Un homme !

LE MARQUIS

Oui... Giovanni prétend que cet inconnu a de la ressemblance avec le frère d’un de nos plus hauts seigneurs.

LA MARQUISE, à part.

Ciel l

LE MARQUIS

Ce valet s’est trompé, sans doute; venez, madame; rentrez avec moi au palais, où quelques seigneurs de Gênes attendent l'honneur de vous présenter leurs hommages.

LA MARQUISE

Je suis prête à vous suivre, monseigneur; niais diles-moi, ma fille n'a-t-elle rien à redouter dans ce pavillon éloigné?

LE MARQUIS

Absolument rien... Mais dans quel but avezvous éloigné le serviteur chotgé de veiller sur elle*

aogle

L’AUBERGE DE LA MADONE

LA MARQUISE

Il va revenir à l'instant... je l’avais renvoyé pour qu’il allât dans les rues savoir si, comme on le dit, le peuple génois ne se soulève pas contre les Corses ; car alors nous aurions tout à redouter pour Térésita.

LE MARQUIS

Oui, et ce sont même vos craintes maternelles qui m’ont déterminé à placer Térésita dans ce pavillon éloigné du palais. Mais rassurez-vous, le peuple de Gênes est calme, il ignore complètement de quelle nation nous sommes... et d’ailleurs, pour plus de sûreté, j’ai fait secrètement mes préparatifs de départ.

LA MARQUISE

De départ !

LE MARQUIS

Pour la Corse, notre patrie. Le gouverneur de Gênes, qui est un ancien ami de ma famille, et qui n’a pas oublié cette amitié, malgré les divisions actuelles survenues entre les deux pays, m’a envoyé ce matin des sauf-conduits parfaitement en règle, et demain, s’il le faut, nous partirons. Vous voyez donc bien que nous n'avons rien à craindre en ce moment de l’agitation du peuple.

LA MARQUISE

Vous me rassurez !

Cependant, comme on ne doit pas soupçonner notre départ, tâchez que l’air calme de votre visage ne trahisse en rien les craintes qui pourraient encore agiter votre coffur.

LA MARQUISE

Je suis tranquille, monseigneur.

Ils sortent.

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