SCÈNE PREMIERE
PAULA, TÉRËSITA.
PAULA
Signora, tout est prêt pour votre parure; monsieur le marquis votre père va bientôt venir vous chercher; le comte GiafTerri vous attend; ne voulez-vous pas achever votre toilette?
TÉHF.SITA.
Un mariage!... dans une heure!... Ah! ma mère, pourquoi ne viens-tu pas défendre et proférer ta fille ?
PAULA
Signora, vous le savez: placée entre son amour de mère et sa tendresse liliale, madame la marquise a dû partir pour aller d'abord accomplir ses devoirs auprès de son père mourant.
TÉRÉSITA
Pauvre mère!... El Jacobi, qu'est-il devenu?
PAULA
Tout le monde l'ignore ; seulement on croit qu’il a quitté la Corse en même temps que vous, et qu'il vous a suivie ici, à quelque distance de Gènes, dans celle propriétéque vient touA récemment d'acquérir monsieur le marquis votre père. TÉRÉSITA.
Kl tu crois que Jacobi est dans les environs?
PAULA
Tout le fait supposer... Depuis trois jours je vois errer autour du palais un homme soigneusement enveloppé dans un manteau, et j'ai peine à croire que ce ne soit pas Jacobi. (Allant à la ftnitre.) Tenez, malgré l'obscurité, regardez encore en ce moment.
TénésiTA, allant regarder.
Oui, en effet... mais il s'éloigne... Avec qui causait-il donc?
PAULA
Avec Piétro. j
térésita.
O mon Dieu! faites que ce soit lui... Écoute, î Paula ; toi aussi tu es ma compagne fidèle... élevées ensemble, nous ne nous sommes jamais quittées, et je crois que tu m’aimes...
PAULA
Si je vous aime, moi 1... que faut-ii faire pour vous le prouver?
TÉRÉSITA
11 faut que tu puisses joindre cet homme, lui parler, et si c’est Jacobi, dis— lui de venir ici, dans ce palais; dis-lui qu’on veut me marier ce j
soir même... dis-lui enfin, ou plutôt non, ne lui parle pas de tout cela... Mais qu’il vienne, qu'il vienne, au nom du ciel !
PAULA
Rassurez-vous, signora, je cours.
TÉHÉSITA.
Mais comment pourras-tu le faire pénétrer jusqu’ici ?
PAULA
Fiez-vous à ma prudence.
Bruit au dehors.
Té. hésita.
Quel est ce bruit ?
PAULA
Ce sont les paysans du nouveau domaine de monsieur le marquis qui viennent rendre hommage à leur jeune maîtresse.
Non, non, qu'ils n'cntreul pas.
PAULA
Les voici !
Des paysans et des jeunes filles paraissent au f on j £„
ce moment la fenêtre s’ouvre, Jacobi saute dans I*
chambre.
térésjta, voyant Jacobi.
Jacobi!... Merci, merci, mes bons amis... Je ne puis en ce moment recevoir le témoignage de votre amitié...
pau.*, emplchant les paysans d'entrer.
Des tables ont été dressées pour vous... Ailes vous reposer dans le parc en attendant le retour de monsieur le marquis.
TOUS
Vire l’héritière des Casaréale!
PAULA
Allez, allez!
Elle les conduit au dehors.