LF. MARQUIS, LA MARQUISE
LE MARQUIS
Maintenant nous sommes seuls. Ainsi, madame, vous voulez me disputer votre fille?
LA MARQUISE
Je veux m’opposer à une union qu’elle déteste.
LE MARQUIS
Vous oubliez donc quels sont mes droits I
LA MARQUISE
Pour que je respecte les vôtres, souvenez-vous des miens.
LE MARQUIS
Vos droits! Est-ce bien à vous de parler des droits d'une mère, lorsque vous avez si indignement méconnu les devoirs de l'épouse?
LA MARQUISE
Que voulez -vous dire ?
LE MARQUIS
C’est cela! Feignez de ne pas me comprendre ! Ajoutez l’hypocrisie à l’injure !
LA MARQUISE
Encore une fois, que voulez-vous dire?
LE MARQUIS
Eh bien, je veux dire que si j'impose à Térésita un mariage qu’elle abhorre, c’est pour me venger de vous, oui, de vous qui avez déchiré mon cccur des horribles tourments de la jalousie; de vous, qui avant notre mariage avez aimé Alphonse de Castellare...
LA MARQUISE
Quoi! vous pouvez croire...
le marquis, montrant une lettre.
Reconnaissez-vous cette écriture?...
LA MARQUISE
Grand Dieu !
LE MARQUIS
De vous enfin, qui devenue ma femme, m'avez encore outragé par vos entrevues avec cet homme...
LA MARQUISE
Jamais... jamais!
LE MARQUIS
Jamais, dites-vous... Mais alors pourquoi donc est-il venu dans mon parc? pourquoi vous a-t-il parlé secrètement auprès du pavillon de Térésita... le jour de l'incendie?
LA MARQUISE
Gel!... Ecoulez... écoutez-moi.*.
LE MARQUIS
Àh ! vouj pâlissez... Mais je ne veux pas vous entendre. Que diriez-vous pour vous justifier? Vous l’aimiez, vous l’aimiez, vous dis-je..., Cette lettre, cette rencoulre dans mon parc, tout vous accuse. Et après avoir été ainsi outragé, je ne serais pas le mattre de la destinée de Térésita! Je ne vous rendrais pas dans votre fille toutes les tortures dont vous avez déchiré mon âme! Mais vous avez donc oublié ce que c’est que ma volonté, ce que c’est que ma vengeance! La vue de cette lettre me rend le sentiment de ma force, de ma dignité, de ma juste colère... Beatrix, allez trouver votre fille , allez, vous dis-je, et annoncez-lui qu’il faut m'obéir, car je ne suis plus votre époux, je suis votre juge !
BÉATRIX
Ecoutez-moi...
LE MARQUIS
Vous refusez de m'obéir! Eh bien, je vais moiméme appeler votre fille, afin qu’elle entende son arrêt de votre bouche... Térésita... Térésita... paula, sortant de la chambre.
Madame, monseigneur, votre fille...