‹ L'auberge de la Madone drame en cinq actesChapitre 35 sur 56 · LF. MARQUIS, LA MARQUISE · texte numérisé non relu

LF. MARQUIS, LA MARQUISE

LE MARQUIS

Maintenant nous sommes seuls. Ainsi, madame, vous voulez me disputer votre fille?

LA MARQUISE

Je veux m’opposer à une union qu’elle déteste.

LE MARQUIS

Vous oubliez donc quels sont mes droits I

LA MARQUISE

Pour que je respecte les vôtres, souvenez-vous des miens.

LE MARQUIS

Vos droits! Est-ce bien à vous de parler des droits d'une mère, lorsque vous avez si indignement méconnu les devoirs de l'épouse?

LA MARQUISE

Que voulez -vous dire ?

LE MARQUIS

C’est cela! Feignez de ne pas me comprendre ! Ajoutez l’hypocrisie à l’injure !

LA MARQUISE

Encore une fois, que voulez-vous dire?

LE MARQUIS

Eh bien, je veux dire que si j'impose à Térésita un mariage qu’elle abhorre, c’est pour me venger de vous, oui, de vous qui avez déchiré mon cccur des horribles tourments de la jalousie; de vous, qui avant notre mariage avez aimé Alphonse de Castellare...

LA MARQUISE

Quoi! vous pouvez croire...

le marquis, montrant une lettre.

Reconnaissez-vous cette écriture?...

LA MARQUISE

Grand Dieu !

LE MARQUIS

De vous enfin, qui devenue ma femme, m'avez encore outragé par vos entrevues avec cet homme...

LA MARQUISE

Jamais... jamais!

LE MARQUIS

Jamais, dites-vous... Mais alors pourquoi donc est-il venu dans mon parc? pourquoi vous a-t-il parlé secrètement auprès du pavillon de Térésita... le jour de l'incendie?

LA MARQUISE

Gel!... Ecoulez... écoutez-moi.*.

LE MARQUIS

Àh ! vouj pâlissez... Mais je ne veux pas vous entendre. Que diriez-vous pour vous justifier? Vous l’aimiez, vous l’aimiez, vous dis-je..., Cette lettre, cette rencoulre dans mon parc, tout vous accuse. Et après avoir été ainsi outragé, je ne serais pas le mattre de la destinée de Térésita! Je ne vous rendrais pas dans votre fille toutes les tortures dont vous avez déchiré mon âme! Mais vous avez donc oublié ce que c’est que ma volonté, ce que c’est que ma vengeance! La vue de cette lettre me rend le sentiment de ma force, de ma dignité, de ma juste colère... Beatrix, allez trouver votre fille , allez, vous dis-je, et annoncez-lui qu’il faut m'obéir, car je ne suis plus votre époux, je suis votre juge !

BÉATRIX

Ecoutez-moi...

LE MARQUIS

Vous refusez de m'obéir! Eh bien, je vais moiméme appeler votre fille, afin qu’elle entende son arrêt de votre bouche... Térésita... Térésita... paula, sortant de la chambre.

Madame, monseigneur, votre fille...

Page 1