‹ L'auberge de la Madone drame en cinq actesChapitre 48 sur 56 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

Les Mêmes, GHISONI, Soldat».

cmsoNi.

L'heure est arrivée ; retirez-vous.

BÉatrin, d Léontio.

Je ne vous laisserai pas accomplir un pareil sacrifice... Oh! rendez, rendez-moi cet écrit 1 LÉONTIO.

damais ! jamais !

TÉRÉSITA

Léontio, par pitié !

LÉONTIO

Ma résolution est inébranlable.

GHISONI , d BÉATRIX.

Vous ne pouvez resier plus longtemps avec le condamné.

GUisoNi, acrourunf.

Monseigneur, tout était prêt pour le supplice, on a vainement cherché dans la forteresse, le bourreau a disparu.

GIAFFERRI

Disparu I... Voilà qui est étrange... Mais alors nous sommes donc trahi»?... (A l'Officier.) Attendez. (A Léontio.) Un dernier mot... Dis-moi quelle est celte preuve, et j’ajournerai ton supplice.

LÉONTIO

L’ajourner.'... Ah ! c'est trop peu !

GIAFFERRI

Parle, parle!... Quelle est donc celte preuve?

LÉONTIO

Une lettre du comte de Casiellsre expirant.

GIAFFERRI

Ciel !... Ob ! mais, c'est impossible 1

L’AUBERGE DE LA MADONE

LÉONTIO

C'est la vérité.

GIAFFERRl.

L'as-tu en ton pouvoir ?

LÉORTIO.

Peut-être.

GIAFI'ERRI.

Donne- la-moi, et je te sauve.

LF.O.NTIO.

Allons donc ! voilà ce que je voulais te faire dire.

GIAFFERRl.

Ah! mais tu meus... cette preuve, tu ne l’as pas... tu ne peux pas l’avoir!

léontio , montrant une lettre.

La voilà !.. « Je meurs assassiné par Giafferri. o Signé Alphonse de Castcllarc. »

GIAFFERRl.

Grand Dieu!... Donne, donne.

LF.0NT10.

Jamais! car cette lettre renferme un autre secret que celui de ton crime... mais ce secret, plutôt que de le livrer, je subirais mille morts... Sois donc rassuré. {Il s'approche d'un Soldat te nant une torche et brûle la lettre.) Tu vois bien que tu n’as plus rien à craindre... J'ai seulement voulu te faire voir lequel de nous deux tremblait le plus... Maintenant tu peux impunément me tuer... Appelle d’autres bourreaux, je suis prêt.

GIAFFERRl.

Ils ne sc feront pas attendre !... Ah! lu me railles... eh bien! à mon tour... Pour verser un sang tel que le tien, la main d'un Génois serait trop noble encore... c’est celle d’un Corse qu’il

faut choisir... A défaut du bourreau, c’est un captif qui doit être chargé d'exécuter l’arrêt de mort... Allons, qu’un de vous se prononce; sa grâce est à ce prix, la loi est formelle... Eh bien! ils gardent le silence!

LÉOXTIO.

Ah ! tu les avais mal jugés... pas un ne voudrait racheter sa vie par un acte infâme.

GIAFFERRl.

Quoi, pas un seul !

fiétro, accourant à limproviste.

Moi!

TOCS.

Piétro !

piétro, avec idiotisme.

Ouf, moi!... Ma grâce! je veux ma grâce!

GIAFFERRl.

Eh bien donc, que Piétro soit l’instrument de ma justice. {Lui donnant la hache.) Tiens!... tiens!...

LÉO.NTIO.

Dis plutôt de ta vengeance... Eh quoi! Piétro, toi qui tant de fois m’as donné des preuvcsd'inlérêt, de dévouement, c’est loi, qui pour me tuer, viens d’accepter l'ofiicc infâme du bourreau.

GIAFFERRl, ci Piétro.

Frappe! mais frappe donc!

LÉOMTIO.

Ah ! pauvre fou, que Dieu lui pardonne !

F1LIKO.

Moi! ton bourreau!... non, mais le sien...

[Il frappe Giafferri et le tue.) Et maintenant, Corses, aux armes!... et mort aux Génois!

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