SCENE XVIII
Les Phécédems, PIELIRE.
rémond.
Monsieur l'iene!... notre chambre sera-t-el!e bientôt prêle ?
BERTRAND, l'imitant.
Monsieur Pierre!... notre chambre sera-t-elle bientôt prête?...
PIERRE
Dans l'instant, messieurs; ne vous impatientez pas.
BERTRAnn.
Il n'y a rien qui presse.
pierre va mettre la clef à la porte du caveau. C'est que, voyez-vous, j'ai tant d'occupations ici...
En effet, votre auberge me parait assez achalandée. Ah ça, mais je fais une réflexion; si nous pouvions vouséiie ulilesà quelque chose... disposez de nous, monsieur Pierre, trop heureux d'être agréables à un galant homme; car vous me faits l'effet d'un galant homme. ( A Bertrand. ) Est-ce que monsieur ne te fait pas cet effel-là?
BERTRAND
Hein ;'...
RÉMONC.
Kst-ce que monsieur ne te fait pas l'effet d'uD galant homme?
BERTRAND
Si fait, si fait, si fait.
RÉMOND
Voyons , cher ami, donne donc une poignée de main à monsieur Pierre.
( Bertnnd s'emprenc <f obéir à Rëmoad. )
riERKE.
Oh! merci, messieurs. fiawaUiaaiiti alli lt\,»!i lwwM»«lrn ni j(; vais simplement iliercher, à l'entrée de ce raveau, un panier devin vieux pour les fiançailles.
REMOND, à Bertrand.
Occupe donc un moment c't imbécile-la...
Monsieur Pierre, voici mon hononible ami (pii
voulait vous demander pourquoi diable... (;a
lui avait paru d'abord assez extraordinaire...
( Il remonte )
BERTRAND
Oui!... j'avoue que ça m'avait paru d'abonl assez extraordinaire... (A Rémond.) Qu'est-ce (|n«; je voulais lui demander?...
RÉMOND
Tu voulais demandera monsieur pourquoi... ( n lui parle à l'oreille. ) BERTRAND, prenant Pierre à part.
Savez-vous , monsieur Pierre, f[ue ce n'esî pas trop prudent à votre maître de partir si tard, pour aller ainsi, seul, à quatre lieues d'ici ?...
PIERRE
Vous avez raison ; mais aussi ai-je eu la précaution de placer une bonne p.nre de pistolets dans une des poches de la carriole.
BERTRAND
C'est différent.
( Pendant ce dialogue, Rémond a été retirer, sans q .e Pierre s en aperçoive, la clef de la porte du caveau. 51 revient derrière Pierre et lui frappe àiir l'épaule. )
RÉMOND
Vous avez très bien fait, monsieur Pierre, car enfin on ne sait pas ce qui peut arriver. (Il lui tire lestement son mouclioir de sa poche, et le donne à Bertrand qui est derrière lui. )
PIERRE, à la porte du caveau.
Tiens!... la clef n'y est plus?... Qui diable l'aura otée?...
RÉMOND
Qu'avez-vous donc ?
PIERRE
Rien! c'est la clef de cette porte...
RÉMOND
On vous a pris une clef?
PIERRE
Bah! pris?... il n'y a pas de voleur.* ici.
RÉMOND
Peste!... nous aimons à le croire.
BERTRAND
Nous nous plaisons a le eioiic.
RÉMOND
Ah çà, dites-moi donc, monsieur Pierre, qu'est-ce que vous parliez donc de v(jleui-s!,.. Est-ce que votre auberge ne serait pas sure? nous irions coucher ailleurs.
( Ils ont l'air de vouloir sortit. ) PIERRE.
Mais si, messipurs; restez donc, je vous en
prie, je la trouverai daijs un autre moment. Je tais chercher le trousseau.
( Il sort. ) HÉHOKD.
Attention... eh bien! dis donc... comment le trouves-tu ?
BERTRAND
Y va bien.
BÉMOHD.
Faut peloter en attendant partie, ça dégage k main... il va apporter le trousseau.
BERTRAND
N'oublie pas le n° i3.
RÉMOND
Sois tranquille... le voilà... n'ayons pas l'air...
( Ils chantent ensemble. )
Ouvriers, dépêchons.
Gagnons bien notre argent.
Dépêchons, travaillons, Gagnons bien notre argent.
PIERRE, qui est entré , et les a entendus chanter.
Bravo! bravo! bravo! Ah! messieurs, vous pouvez vous vanter d'une chose; c'est de in'avoir fait passer un moment bien agréable... Vous chantez comme des cygnes... Le grand, sur-tout.
BERTRAÎCD-
Ehbien et moi donc?
PIERRE
Vous aussi!... mais le grand!... il a une voix...
BERTRAND
Ah !... j'ai pourtant quelque chose de nourri dans la voix.
PIERRE, cherchant dans son trousseau.
La clef du caveau... c'est celle-ci. Dites donc, messieurs, vous disiez tout-à-rheure : Si nous pouvons vous être utiles à qitelque chose, disposez de nous...
RÉMOKD.
Kh bien?
PIERRE
Si vous vouliez seulement avoir la bonté de in'éclairer...
RÉMOND
Comment donc!... Bertrand, éclaire monsieur Pierre.
PIERRE
Ah! messieurs, vous êtes bien bons.
RÉMOND
Ne perdons pas une minute. ( Pendant ce lumps, Uémond va à la table où est déposa le trousseau, et en décroche une clef. On entend Pierre crier : Eclairexnioi donc—Bertrand regarde au traven d'une bouteille "«.l y a du vin. ) Éclaire donc monsieur!
BERTR&KD.
Voilà, voilà. C'est le n' i3.
RÉMOND, regardant les étiquette», lo, 1 1 , i3... La voilà.
BERTRAND
Vite.
RÉMOND
Je la tiens.
PIERRE, sortant du caveau.
Quoi que vous tenez ?
RÉMOND, tirant de sa poche la clef du caveau, et la loi montrant.
La clef... oui... tandis que vous étiez au caveau, elle à frappé mes regards... là, au pied de cette table.
( Il lui rend la clef, et pousse Pierre sur Bertrand qui le lui renvoie. )
PIERRE
Comprenez- vous ça?... moi qui l'ai cherchée pendant deux heures... Ah! messieurs, combien je vous ai d'obligations! ( Il va pour sortir. )
RÉMOSD.
Dites-moi donc un peu, monsieur Pierre, estce que par hasard nous serions amoureux? Noua avons des distractions. ( Il lui enlève une à une plusieurs bouteilles de son panier, et les passe à Bertrand. )
PIERRE
Moi?... mais non, monsieur.
Tournez-vous de ce côté : vous ne voyez rien?... ( Il lui prend une bouteille, Bertrand la met sur la table.) Comment, vous ne voyez pas le trousseau que vous oubliez sur la table:...
PIERRE
Ah! étourdi que je suis! je ne sais pas ce que j'ai aujourd'hui, j'oublie tout. Bonsoir, messieurs.
{ Il remonte pour s'en aller. Bertrand donne une bouteille vide à Rémond, qui la met dans le panier de Pierre et en prend une pleine. )
RÉMOND, étant son chapeau.
Monsieur Pierre , j'ai bien l'honneur de vous souhaiter le bonsoir. Ayez l'extrême bonté de faire bassiner nos lits.
( Ils vont s'asseoir à table. ) BERTRAND.
Avec de la castonade, sur-tout...
( En ce moment, la carriole de Charles passe aa fond. Du mont, Germeuil, Clémentine, Charles, Pierre, sortent de l'auberge. )
CHARLES
Adieu , mes amis!... bonne nuit !