‹ L'auberge des Adrets; drame en trois actes, à spectacleChapitre 58 sur 71 · CI.ÉMEMISE · texte numérisé non relu

CI.ÉMEMISE

Cependant, c'est votre mère, Charles; il est île votre devoir de la dérober au châtiment... Vous le devez, pour votre prepre honneur, pour celui de l'homme généreux qui vous a tenu lieu de père, jiour nous tous enhn...

MARIE , à part.

Qa'entends-je?

CLÉMENTINE

t"acilitez-lui les moyens de fuir de ces lieux. Par vos prières et les miennes , nous avons obtenu qu'elle ne fiit point enfermée, profilez sans hésiler de cette grâce pour la sauver. Guidez vous - même ses pas vers la frontière, à I aide de la somme qui seule sans doute a pu I engager...

CHARLES

Clémentine!...

CLÉMENTINE

Elle peut, avec le travail, se procurer une e-Msience sur une terre étrangère ; qu'elle fuie, .ju elle dén^be sa lêtt- au glaive des lois ; quelle > efforce, pendant le lenips qui lui r.sie à vivre, de mériter par sou repenlir la miséricorde divine. Telles sont les intenlioiis de mon père. MARIE, à part. •

Grand Dieu!

CUAIlLtS.

<;ctte action généreuse me fait ciuellement sentir toute l'étendue de la perte que je fais. Mais non. Cet argent ne sera pas perdu poui vous, et mon travail...

i;i.KMEN'iiM':.

Cette xiinine devait assuie t: e bien être,

notre félicité... Qu'elle vous sauve du moins l'honneur. Dès qu'il fera nuil,qnela malheureuse parl(; de i:es lieux.

MARIE, se moïKi int.

Vous res|iérez en vain. Je ne p.irtirai pas.

loi s.

Dieu ! c'est elle.

MAIlIb.

Charles, je suis iiiMoceiile, et laspect même du châtiment réservé aiix coupables ne saur. ut m'épouvanter : j'en atteste ce Dieu , pour (|ui seul il n'est rien de cache, ma conscience e,-<i pure. Généreuse fille, daignez en croire me» larmes, je suis innocente!...

CLEMENTINE, avec un scnliuient d'Iioricur.

Laissez-moi.

MARIE

A niant (lu'iiiloi'tunee !

CLEMtN'JlXfc.

Je iie|niis supportei sa vue. Cliarles!...Adun. (Elle sort.)

scem: VII.

DUMOINT, CilAHLES, MARIE.

DC.MONr.

Marie , iunoceute ou coupable, dites enfin...

MARIE

Je n'ai «jii'un mot a dire, et je ne cesserai de le répéter jusqu'à ma dernière heure; je suis iiiuocenle. J'étais loin de m'altendre que les bienfaits d un boinine compatissant prêteraient contre moi d'aussi cruelles armes.

DlMONl.

On sait maintenant que la bourse vous a été en effet remise par Germenil lui-même... Mais votre départ précij)ilé de ces lieux, après la promesse de revoir notre malheureux ami, comment le justifierez-vous?

MARIE

M. Germenil, toiuhé de ma misère, s'était (dtert de l'adoucir si je voulais lui faire, avant tout, un récit sincère de mes malheurs. Poussée par ses instances, j'avais promis... Mais je n'ai fias eu la force de m'cxposer h perdre son tslime en lui avouant que , Hétrie , aux yeux de la société...

ucMONr.

Ah! celle malheureuse ciiconsiance n'est j>.is la moins aggravante!...

MARIE

Je lus encore à cette époque victime dune erreur, et condamnée injustement.

CHARLES

Quoi ! ma mère. . .

MARlii.

Oui, mon fils, injustement... Pardonne; pour me disculper à les yeux, je vais ajouter à tes chagrins, mais je te dois la vérité; et je te la dois tout entière. Fille unique et dans l'aisance, mes premières armées furent heureuses. Hélas! qu'il dura peu ce bonheur!... Mes parents,

trompés par «Jes debors séduisants, donnèrent ma main à l'auteur de tes jours. Ma fortune seule avait détermine son rhcjix, il ne le prouva que trop à leur mort. 11 se livra ouvertement aux excès les plus honteux. En quelcjues années , il dissipa tonte la fortune que je lui avais apportée, et me plonjjca dans la plus affreuse misère.

ciiAr,Lr:s et dviMont.

Juste ciel !...

MARIE

Heui'euse encore s'il en fiu resté là! Mais sans moyens d'existence, tout lui scinhla bon pour sortir d'embarras, et le vol... Tu frémis, Charles!... Oui , le vol fut sa dernière ressource. Bientôt la justice informa sur sou compte. Il prit la fuite. Une visite dans sa maison découvrit plusieurs effets précieux qu'il y avait cachés à mon insu, et ta malheureuse mère, irainée devant les tribunaux... Hélas! je pardonne à mes jnjjcs, toutes les apparences étaient contre moi.

CHARLES

Et l'auteur de tous vos maux, que devint-il? Quel fut son soit?

Page 1