‹ L'auberge des mariniers; drameChapitre 39 sur 72 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

GAMARD et (iAVOTTl-:, arrivent sur la lierge, suivis d'un ;,''ri)Ui)e de mariniers en i^iùU'

Ci.VVOTTK.

Voyons, Ililaire! Laisse-moi t'expli(iuer..

L'AUBERGE DES MAUINIEIIS 153

GAMAKD.

Il n'y a pas d'Hilaire qui tienne... En chemin de fer!... Un marinier! Et il s'en vante encore!

GAVOTTE

Puisque je te dis...

GA.MARD

Et moi je te dis que je te renie ! et que tu feras bien d'aller rouler ta bosse ailleurs, vu que v'ià la moutarde qui me monte, et ça finirait mal!

GRAIN-DE-SEL, à lui-même.

Filons!

Il sort du bachot.

GAMARD, qui l'aperçoit.

Ah ! te voilà, toi !

GRAIN-DE-SEL

Pincé !

GAMARD, au milieu dos rires.

Viens un peu ici! ((irain-de-scl s'approche d'un

pas.) Plus près que ça!

Graiû-de-Sel liésite. Ganiard l'ail un grand geste. B E A U J E A N .

Père Gamard, voyons !

Fichez-moi la paix, vous !... Encore ! ( Grain- desei avance d'un demi pas.) Je t'ai dit quc je to reniais parce que tu renonçais à l'état de marinier pour te faire clerc de notaire?

154 L'AUBEHGE DES MARIXIERS

GUAIX-DE-SEL.

Mon parrain !

GAMAIID.

Laisse-moi finir!... J'ai eu tort.

GllAIN-DE-SEL.

Oh?

(iAM.VRD.

Et c'est toi qui' avais raison. Quand les mariniers se déshonorent comme ils le font aujourd'hui...

GAVOTTE

Pardon!

GAMARD

Silence ! Quand ils reviennent de Paris en chemin de fer...

GAVOTTE

Puisque...

C'est la finition de tout ! Et les gens qui se respectent font bien de ne pas entrer dans la confrérie. Tope- là! mon filleul, et viens me payer un coup de marc chez madame Ithier.

(ÎRAIN-DE-SEL.

Allons!

GAVOTTE

Comme ça, moi?

GAMARD

Toi, v:i-t'en boire avec les employés du chemin de fer. C'est là qu'est ta place ! Et, le soir de Saint-Nicolas, quand les amis viendront marquer ma porte, que ça ne soit pas toi qui mène la sérénade, au moins! Je te casse ton violon sur ta bosse !... Ainsi, te v'ià prévenu!

GAVOTTE

Tiens, veux- tu savoir l'effet que tu me fais ?

Il se retourne, et s" en va par la gauche en haussant les épaules.

GAMAUD.

Alors, tu trouves que tu n'as pas assez de faux col comme ça ? Dis donc, est-ce qu'on t'a fait payer un supplément pour ton colis en chemin de fer?... Un marinier! En chemin ! Tiens... ne parlons plus de ça ! (a Grain-do-soi.) Veux-tu ?

GHAIN-DE-SEL.

Moi, je veux bien.

(;amaud.

Allons! mon filleul.

GIIAIX-Dii-SEL, sans entrain.

Allons, mon parrain !

';A^rAllD.

Eii bien (juoi :' Ou'est-ce ([ue tu as :' Je te rends mon estime, et tu n'es pas content ?

156 L'AUTJERGK DES MARINIERS

GRAIN-DE-SEL

J'ai dos peines de cœur.

Ah ! dame ! C'est de ton âge. Tu sais ce que dit la ciianson :'

chant a ni :

L'amour m- lait |ias d'i^fràce

Pas plus ((u'il ii'fait d'façons;

Il faut qu'toiil l'inonde y passe.

Les filles et les garçons.

Il s'éloigne par la droite avec Grain-de-Sel, Beaujean et ceux, des mariniers (|ui n'ont ))a.s suivi Gavotte.

Page 1