‹ L'auberge des mariniers; drameChapitre 4 sur 72 · M A D A M !•; D II I A \ T · texte numérisé non relu

M A D A M !•; D II I A \ T

Oh! oui, faisons attention!... Elle est toujours aux aguets. Hier, est-ce qu'elle ne s'est pas levée pour écouter ce que je disais au concierge?

BERNARD

Alors, elle se lève encore?

MADAME BRI A NT

Ce n'est pas ce qu'elle fait de mieux!

IJEKXAKD,

Ou'est-ce qu'elle a en somme? Répondez-moi franchement, docteur.

LIO DOCTEUR, l)as.

Elle a une pneumonie.

Bi:UNARD.

C'est très grave?

L'AUBERGE DES MAIlINIEHS 9

LE DOCTEUR

C'est plus grave chez elle, qui, depuis qu'elle est à Paris, a toujours suivi un régime déplorable, et dont il parait que le père était alcoolique, et la mère tuberculeuse.

Ah?

MADAME BRIAN T

Et elle dit qu'elle ressent tout ce que sa mère ressentait.

BERNARD

Pauvre Irma! (a Briaat.) Dites-lui... (n s'an-ète; au docteur.) Mais nou; si Briant lui dit que je suis là, elle va s'étonner, se croire perdue.

MADAME BRIANT

Elle n'a pas besoin de ça pour se croire perdue.

BERNARD, au docteur.

Elle est perdue ?

LE DOCTEUR

Elle est en grand danger, la pneumonie pouvant, cà tout moment, prendre une forme pire.

BERNARD

Mais enfin, nous pouvons encore la tirer de là, n'est-ce pas?

LE DOCTEUR

Il nous reste une chance.

10 L'AUBERGE DES MAllIXlERS

Laquelle?

LK 1)00 TE m.

Elle a demandé un prêtre, il }• a do cela quelques jours.

liKUNAIlD.

Ça, c'est bien elle!... Eh bien?

LR DOCTEUR.

Est-ce lui qui lui a conseillé de retourner dans son pays? Le fait est qu'elle s'est rattachée à cette idée, avec une énergie inattendue, et qu'elle ne parle plus que du Morvan : « C'est laque je peux guérir! Pas ailleurs! »

BERNARD

Est-ce votre avis? 11 me semble que le Morvan est bien âpre, au mois de février surtout.

LE DOCTEUR

Je sais bien, mais quoi! c'est son pays!... L'air qu'elle y trouvera lui vaudrait toujours mieux que l'air qu'elle respire ici. Et, ma foi, elle en espère tant de bien...

HERX ARD.

Vous pensez que je devrais l'y conduire?

LE DOCTEUR

Le plus tôt sera le mieux. Le déplacement, pendant la période fébrile, a des inconvénients, mais je ne vois <iuc ce moyen de conjurer la me-

L'AUUEKGE DES MAllINlEllS 11

nace de phtisie. Le voyage n'est pas énorme ; il s'agit de la défendre contre le froid.

C'est la moindre des clioses, et, du moment où je me charge de l'emmener...

LE DOCTEUR

Par malheur, cela ne dépend pas que de vous.

MADAME BRIAN T

Par malheur.

BERNARD

Gomment?

MADAME BRIANT, viveilieul, bas.

Chut !

EUc monlre la porLe dr la cliauibre fini vient do s'uu-

Page 1