IR>L
D'al)or(l, je n'ai pas à sortir.
Fr.ORHNT.
Ah?
IR^f A, dure.
C'est moi qui attends quelqu'un !
FLORENT, se dresse.
Tu dis?
IRMA
Je dis que j'attends (jnelqu'un. Est-ce clair?
FLORENT
Oui, c'est très clair, oui.
IRMA
Eh bien ? Faut-il encore que je le dise qui c'est ?
2'iU L'AUBERGE DES MARINIERS
FLORENT
Ne te donne pas cette peine-là! Je le sais.
IRMA
Quoi?
FLORENT, s'animant.
Ahf tu attends?... Eh bien, nous serons deux à l'attendre, et à le recevoir!
Pardon, mon cher! Tu oublies?...
FLORENT
Non. C'est tout à l'heure que j'oubliais pourquoi j'étais venu. Je te remercie de m'en faire souvenir.
IRMA
Tu ne prétends pas ?
FLORENT
Je prétends en faire la connaissance à la fin, de ce monsieur I
IRMA
Toi? Ah ! ça voyons, à qui en as-tu? Qui croistu donc que j'attends?
FLOUENT.
Tu attends ce peintre, qui était l'amant d'une camarade à toi...
IRMA
Alors c'est lui?...
L'AUCERGE DES MARINIERS 247
FLORENT
Ce peintre qui venait te chercher, et qui fa ramenée à Paris... Ose dire que non!
IRMA
Je ne dis pas non; je dis...
Ainsi, c'est vrai? Tu m'as trompé avec hii?...
IRMA
Je l'ai bien trompé avec toi!
FLORENT
Tu étais sa maîtresse avant de venir au pays?
IRMA
C'est lui qui m'y a conduite; je te l'ai dit!
FLORENT
Si bien que je t'ai reçue de ses mains?
IRMA
Eh bien, après?
FLORENT
Ah ! fausseté !
IRMA
Plains-toi donc !
FLORENT
C'est vrai, j'aurais tort; appelé à l'honneur de suppléer à ton amant !
IRMA
D'abord...
248 l'atibergp: des mariniers
FLOUENT.
Ce Monsieur si délicat qui, quand il vient te voir, prononce : « J'irai chez toi ! »
IRMA
Plait-il?
FLORENT
Serait-ce qu'il ne se croit pas encore chez lui, après qu'il a payé — car c'est bien lui qui paye? — la maison, les meubles, et la femme!...
IRMA, se inoiitnut.
Si tu te figures qu'on m'a toujours gratis!
* KLOUKNT.
Gratis! Toi qui nous as coûté tant de larmes !
IRMA
Eh bien! Veux-tu me laisser parler maintenant?... Ce n'est pas lui qui paye! Ce n'est pas lui que j'attends !...
Vraiment?
IRMA
Kt, puisqu'il faut te le dir(\ il y a longtemps qu'il ne m'est plus rien.
FLORENT, éclatant.
Tu mens! Garaard t'a surprise lui donnant un rendez-vous !
l'auberge di:s maiuniers 2'id
IliMA.
C'était le dernier.
FLOUKX r, etTrayaiit.
Tu mens!
IR^rA, effarée, eherchanf la porte de gauche.
Je te jure!
F LOUENT
Sur l'honneur?
Les hrss croisés, il lui barre la route. IRMA, qui s'affole.
Florent! Aussi vrai que je t'ai aimé...
FLORENT, sur place.
Toi?
IRMA, tournant autour du canapé.
Aussi vrai que je suis prête à t'aimer encore...
FLORENT
Oui, pour que je ne te tue pas !
IRMA
Florent !
Elle court à la porte d(^ droite, il se déplace cl lui barre la route.
FLOUENT.
Non! pas plus cette porte-là que l'autre!
IKMA, éperdue.
Florent!
FLORENT, terri])le.
La fenêtre, si tu veux !
inM.V, reculant (levant lui.
Voyons! Tu no peux pas vouloir me faire du mal :'
l''LORKXT, qui la saisit.
Je veux t'ompêcher de faire du mal encore à d'autres.
IRMA
A moi! Au secours !... Florent! veux-tu me lâcher à la fin?...
KLOUliNT.
Moi?
Elle s'arrache à son étreinte; il la i-eiirend, et la renverse sur la chaise longue.
IRMA, dans un cri.
Ah ! tu me fuis mal !
^FLORENT, acharné, la prenant à la gorge.
Souffre-donc toi, aussi!
IRMA, renversée sur l'autre coussin.
Florent! Tu m'étoutfes! Au secours! A l'assassin!
Oui, crie, va! Appelle ton amant.
IRMA
Au secours!...
FLORENT
Qu'il vienne donc t'arracher de mes mains!
L'AUUERGE des MARIXIEUS 251