Gustation colorée
I Olfaction colorée
-Tact proprement dit | Tactilité colorée
Très chaud',
Chaud I
Tempéra- Tiède tures Erais
Eroid I
Très froid J
)-Température s colo-
[rées
Sens r Mouvements musc.\Eésistances
1 Motilité colorée 1 Eésistances colorées
ees cmînentes qualités de sujet et d’observateur qui nous ont mis sur la voie de ces recherches.
Outre les chromatismes il y a les phonismes. Nous avons le même tableau un peu plus réduit. Il y a la vision auditive, la gustation auditive, Volfaction auditive, la tactilité, la motilité, les températures, et les résistances auditives.
Pour les sens inférieurs nous avons la vision gustative, l’audition gustative, Volfaction gustative, etc. ; nous avons les « olfactisrmes » ; la viiion olfactive, Vaudition olfactive, etc. ; nous avons encore des tacU et des températures provoquées par les divers autres sens : la vision, l’audition, la gustation tactile, etc., les températures de la vision, les températures de Vaudition, etc. En fi n les difierentes sensations des différents sens peuvent évoquer toujours et invariablement les mêmes sentiments ou la même série de sentiments. Le terrain des recherches à faire est donc énormément vaste. Il faut seulement rencontrer des sujets typiques.
II. L’Audition Colorée. — Nous avons recherché plus profondément l’audition colorée et surtout l’audition colorée de la voix parlée. Nous avons fait d’innombrables expériences de vérification et de contrôle à diverses reprises ; les premiers essais ont eu lieu en mai 1889, puis en février 1890, en juin 1891 et en septembre et octobre 1891. Les sensations colorées et les autres sensations secondaires sont restées constamment les mêmes pour la même source et la même modalité d’excitation.
Quand nous prononçons devant notre sujet les voyelles assez distinctement, il se met dans un état d’expectante attention et il se représente les sons par les signes graphiques de sa propre écriture : a blanc clair, e jaune clair, i bleu clair, o noir intense, (ou) noir déteint et les deux sons particuliers de la langue roumaine : S, brun et î gris tirant sur le noir. La même chose pour les consonnes; seulement ici au moment de l’audition il perçoit deux couleurs : une, la couleur propre à la consonne, et l’autre, une raie plus mince tout le long de la lettre qui coiTespond à la voj^elle du nom de la consonne, par ex: f (effe), caractère de sa propre écriture, couleur rouge-cinabre avec une mince raie orangée à la partie antérieure ; le lacet de la lettre eu bas orangé et tout le nœud rouge-cinabre. L’orangé est ici le jaune clair de l’e influencé par le rouge-cinabre, la couleur propre de la consonne/. Au contraire, en prononçant/é, la mie orangée est perçue du côté opposé. Nous avons pu isoler les couleui-s propres aux consonnes. Pour cela il fallait que le sujet n’entende plus le nom de la consonne, mais qu’il se la représente visuellement et inhibe l’image auditive. Nous avons eu alors la
vision ^colorée des consonnes et nous avons pu exécuter deux tableaux de lettres colorées : le tableau de l’audition colorée et le tableau de la vision colorée. Ces tableaux peints avec beaucoup de finesse par le sujet lui-même seront reproduits daixs notre ouvrage avec une quantité d’autres. On pourra alors voir la beauté et la grande variété des chromatismes de notre sujet. Il y manque une seule chose : les chromatismes de notre ami sont des couleurs transparentes « qui ont de la vie » telles que les couleurs de l’arc-enciel, tandis que les chromatismes peints par lui sont des « couleurs mortes » pour nous servir de ses propres expressions.
Les diphtongues, les triphtongues, ies syllabes et les noms communs, c’est-à-dire les « chromatismes phonétiques » de la voix parlée apparaissent comme des «bandes» avec différentes raies verticales. Ces raies «les amplitudes» correspondent aux sons des mots.
Les diphtongues présentent des particularités très remarquables. Nous avons en roumain 23 diphtongues. C’est une richesse exceptionnelle.
Quoiqu’elle ne soit pas aussi sonore et aussi mélodieuse que l’italien, c’est la langue la plus vocalisée de toutes les langues romanes. Nous avons trouvé que les bandes de ces diphtongues ont toutes la même longueur, 70 millimètres et la même hauteur 35mm. La forme de ces chromatismes était donc celle d’un rectangle, produit par la jonction de deux carrés égaux de 35 mm. de côté. Nous exposerons immédiatement comment nous avons pu obtenir cette mesure. Les amplitudes, au contraire, n’étaient pas les mêmes pour toutes les diphtongues. Nous avons pu établir 5 classes de diphtongues, d’après les variations des amplitudes. Ces 5 classes correspondent aux 5 classes naturelles, philologiques des diphtongues de notre langue. Notre ami, qui a approfondi cette question, est arrivé à faire, par une méthode très ingénieuse, que nous ne pouvons pas exposer maintenant, des mensurations par appréciation tout-à-fait exactes ; nous avons plus tard, par une autre méthode complètement objective, confirmé ses propres résultats subjectifs, Il est arrivé à établir la loi suivante : tan dis que les longueurs des amplitudes varient dans leur rapport réciproque, d’après les classes des diphtongues, leur somme reste toujours constante.
Les chromatismes, que nous avons trouvés pour les nombres, n’étaient plus des rectangles, mais des cercles et des ellipses. Voici, avant tout, la méthode des mensurations objectives des ■lifférents chromatismes. Prenons l’exemple par lequel nous ivons commencé. Le nombre do% (deux) en roumain est pour
notre snjet tin chromatisme qtii a une couleur jaune très belle et très claire; il représente un cercle, plus fortement coloré vers le centre et un peu plus faiblement vers la périphérie. Les marges sc>nt exactement délimitées par une ligne circulaire. Notre sujet a le don d’extérioriser ses chromatismes ; il les projette sur le mur d’en face, par exemple, à n’importe quelle distance. Nous avons pris pour nos recherches la distance de 3 mètres, distance de la vision la plus distincte pour lui. Nous avons alors construit un cercle, que nous avons jugé de la même grandeur que le chromatisme du nombre doï et que nous avons encadré en rouge intense. C’était donc un cercle blanc sur un fond rouge. Le sujet a projeté son chromatisme, quand nous avons prononcé cloï, dans le cercle blanc. Mais ce cercle était plus petit que le cercle du chromatisme, parce qu’il s’était produit un anneau orangé, résultat de la superposition de la couleur jaune subjective avec la couleur rouge objective. Nous avons agrandi le cercle. En expériinent int, cette fois-ci le sujet a vu un anneau blanc entre le champ rouge objectif et le cercle jaune subjectif. 11 était maintenant donc trop grand. Nous avons fait ainsi plusieurs essais, jusqu’à ce que nous ayons déterminé exactement la grandeur du chromatisme du nombre doï. Tl ne se produisit alors pour le sujet ni anneau blanc, ni anneau orangé. Les marges du chromatisme touchaient exactement les marges du cercle objectif blanc, encadré de rouge. Nous avions ainsi une méthode exacte et sûre pour déte'miner la forme des chromatismes et les grandeurs dans les divers sens. Le millimètre pouvait donc être appliqué.
D’après cette méthode nous avons déteiminé empiriquement la forme et les grandeurs de tous les chromatismes des nombres et des diphtongues (c’était la méthode objective de vérification des données subjectives de notre ami sur les amplitudes). Ici encore nous avons fait d’innombrables tentatives et vérifications. Toutes ont été d’accord.
Les nombres nous réservaient des surprises bien plus grandes encorè. Comme pour les diphtongues, nous avons pris pour les nombres deux dimensions ; hauteur et longueur, ou diamètre vertical et diamètre horizontal Nous avons trouvé ici ce fait. Le diamètre vertical dépend de l’élément phonétique, c’est-à-dire du nombre des syllabes du nom. Par exemple : doï qui est monosyllabe a le diamètre vertical de 21mrn., égal au diamètre horizontal, le chromatisme est dune un cercle parfait ; -patru (quatre) qui est un nom disyllabe a un diamètre vertical de 22mun-tandis que le diamètre hoi-izontal est de 21 -, patra-zecï si patru (quarante-ÿuatre)
a Tin diamètre vertical de 2f5tT:m. Donc pour chaque syllabe le diamètre vertical croit d’un millimètre. Des innombrables contrôles exécutés de toutes les façons ont toujours donné le même résultat. Le diamètre horizontal représente au contraire les ordres des classes, c’est-à-dire: les unités, les dizaines, les centaines, etc. Pour tous les nombres d’un même ordre il y a le même diamètre horizontal ; par exemple, o sutà (cent) et nouà sute nouâ ze^ï si nouà (neuf cent quatre vingt dix-neuf) ont le même diamètre horizontal de 26mm.
Voici un tableau des diamètres horizontaux des différents ordres à la distance de 3 mètres :
CLASSE OEBBE BIAMETEE HOEIZONTAL
I TJnités.21 mm.
Dizaines . 2,i „
Centaines .2ô „
( Dnités.30 „
Milliers < Dizaines.35 „
i Centaines .41 „
( Unités.48 „
Millons < Dizaines.56 „
( Centaines .65 „
Millards j Unités.75 „
En comparant ces chiffres, que nous avons obtenus tout-à-£ait empiriquement, nous avons vu qu’ils sont dans des rapports très simples. Les diamètres horizontaux croissent d’un ordre à Vautre en reproduisant dans leur différence la série des nombres naturels. Diamètres : 21 23 26 30 35 41 48 5& 65 75 Différences : 23456789 10
Mais le fait le plus surprenant nous a paru celui-ci: tant «Vélément phonétique» (qui croît verticalement) que «Vélément arithmétique ou psychique» (qui croît horizontalement) croissent de la même unité de grandeur : un millinnètre. Quel rapport plus intime y a-t-il ici ? — Nous n'en savons rien. C’est alors seulement que nous sommes arrivés à la pleine conviction que tous les faits d’audition colorée sont vrais, que la méthode d investigation est bonne et que nous pouvons poser la question scientifiquement aux savants et aux psychologues. Daiis des faits psychiques si nouveaux, si étranges et si complexes il se manifestait une loi naturelle si simple
Nous avons pousse plus loin notre analyse et nous sommes arrivés à expliquer la forme elliptique des chromatismes des nombres. Tous ces faits et toutes ces expériences nous les repro-
dtiîrons minutieusefiieiit dans notre ouvrage. Ceci est de Vaudition figurée.
De tout ce qui précède et que nous avons exposé sommairement il résulte que : dxins notre inconscient, au moins dans une certaine 'partie, il y a des faits psychiques très complexes que nous ne connaissons pojS, mais qui sont régis par des lois mathématiques très simp>les, écho de la mathématique eoctérieure du Cosmos.
De la même manière ou d’une manière analogue^ en modifiant les procédés selon la nature du terrain, nous croyons qu’on doit diriger les recherches sur les autres phénomènes similaires de l’audition colorée.
Une remarque importante à faire pour ceux qui veulent faire des recherches dans cette voie. Il ne faut pas croire que le sujet que nous avons étudié soit un type général. D’autres sujets seront d’autres types. Nous avons vu des chromatismes régulièrement géométriques ; mais chez d’autres sujets les chromatismes sont moins géométriques, présentant d’autres grandeurs et ayant d’autres particularités. Nous avons rencontré à Leipzig un Américain de Hartford, de l’état de Connecticut, très bien doué lui aussi, mais dont les chromatismes étaient tout à fait différents. Pour lui les a de la langue anglaise sont des rectangles de différente longueur, les o sont des surfaces affectant des formes rondes de difièrente grandeur, les chromatismes de i et y sont des surfaces triangulaires, etc. Pour lui, la loi de l’audition colorée est celle-ci : la forme et la grandeur des chromatismes est en rapport avec la grandeur de la voix parlée. Nous avons donc déjà deux types ; probablement il y en aura encore d’autres. Il faut étudier un grand nombre de ces sujets, après quoi nous pourrions faire une classification des « chromatiseurs » et établir des types.
Mais auparavant il faut ranger les individus qui possèdent des sensations doubles (le terme n’est pas assez correct) en deux grandes classes; (1) les individus qui présentent des chromatismes, qui « chromatisent » leur audition, qui associent une sensation secondaire de couleur à l’état hallucinatoire ; nous appellerons cet état «l’état sensationel»; (2)les individus qui associent constamment et fatalement les mêmes idées de couleur aux mêmes sons, etc. qui présentent cette liaison à l’état purement intellectuel, « étal psychique ». Entre ces deux classes, entre le type le mieux doué et ceux qui n’ont ces phénomènes qu’à un degré très faible et très partiel il y a toutes les transitions possibles.
lîî. ÎmportAîïîce se l’étude de ces faits Pour lés quéstioîîs
PSYCHOLOGIQUES. — Ces faits sont très importants ; ils touchent presque à tous les grands problèmes de la psychologie contemporaine. En outre ils ouvrent une route nouvelle à travers le champ de l’inconnu spirituel, en nous donnant des moyens supérieurs d’analyse. A la vérité cet ensemble de faits, dans un certain sens, est un moyen de vivisection morale supérieur à l’hypnotisme. En état hypnotique, le sujet n’a pas de conscience dès processus psychiques qui se passent en lui. O’est l'expérimentateur seul qui peut les observer. Dans l’état d’audition colorée l’expérimentateur peut contrôler, vérifier, faire expérimenter le sujet, etc., mais les mêmes opérations en même temps peuvent être faites par le sujet lui-même. Celui-ci peut être sujet et observateur à la fois, ce qui n’a pas lieu dans l’hypnotisme. Certainement le champ de l’expérimentation hypnotique est plus large, plus vaste, mais il est aussi plus bas; le champ de rex])érimentation dans l’audition colorée est plus restreint — on peut expérimenter sur les sensations seulement — mais il est aussi plus haut. Par ces faits et ces méthodes on élargit beaucoup l’expérimentation psychique proprement dite.
Ces faits étant des éléments simples de la personnalité des sujets qui les présentent, ils jettent une lumière nouvelle sur la question de la personnalité humaine. La personnalité est un complexus inextricable de sensations, d’idées, de voûtions, de sentiments qui impriment à notre moi son mode de penser, d’agir de se mouvoir. Or, dans toutes les circonstances de la vie, il y a deux modes tout-à-fait opposés de se comporter vis-à-vis des personnes et des choses extérieures : sym.patMquement et antipathiquement Nous croyons que l’étude approfondie de l’audition colorée et des phénomènes similaires pourra nous donner un jour l’explication scientifique de la sympathie et de Vantipathie. L’idée a d’ailleurs été exprimée en 1883 par le spirituel humoriste allemand M. Julius Stinde dans une excellente étude: “Fayhige Tôneund tünende Farhen.”
Une autre étude intéressante à faire serait de reprendre les idées de M. Lombroso sur l’homme de génie et de les poursuivre à ce point de vue. Nous avons des raisons pour croire que certains hommes de génie ou de talent étaient doués de ces propriétés psychiques. Le peintre allemand Leonhard Hoffmann, dont Gœthe nous retrace le portrait, était doué de l’audition colorée pour les instruments musicaux, et nous pouvons dire la même chose de Beethoven et Meyerbeer, à ce qu’il paraît. Les composi-
teurs allemands Joachim Rafi et Louis Ehlert trahissent la même propriété dans leur correspondance ou leur conversation ; le père Castel, auteur d’une O'ptique en 1740, et qui s’était beaucoup occupé de l’étude des couleurs, le romancier allemand Karl Gutzkow, le grand Fechner, le fondateur de la Psycho-physique en étaient doués à un faible degré ; le poète Arthur Rimbaud chef de l'école décadente en France, celui qui a écrit le célèbre sonnet des Voyelles :
A noir, E blanc, I rouge, TJ vert, O bleu, voyelles
Je dirai quelque jour vos naissances latentes.. . et qui a été si mal compris au début. Mais le témoignage le plus sûr nous le devons à un malheureux poète allemand, homme d’un talent remarquable, qui a eu ses heures de gloire dans la littérature. Otto Ludwig décrit dans son Journal intime les chromatismes qui lui apparaissaient au moment de ses créations, ou quand il lisait Goethe ou Schiller.—-Est-ce qu’on ne pourrait pas jusqu’à un certain point expliquer par là le mécanisme de quelques unes de ces intelligences supérieures ?
Enfin ces phénomènes ne sont pas destinés à rester dans le domaine purement scientifique, ils peuvent avoir des applications pratiques très importantes. Bleuler, qui a fait avec Lehmann une étude remarquable sur ces fait^^, se servait de ses sensations secondaires comme d’un moyen mnémonique ; M. Francis Galton dans une éminente étude de son livre : Inquiries into human faculty and its development cite le cas d’une dame. Miss Stones, qui se servait de l’audition colorée pour retrouver l’orthographe incei'taine de quelques mots anglais, ainsi que celle des langues étrangères ; enfin nous pouvons citer le cas de notre sujet américain de Leipzig, qui poursuit des études de chant dan=: cette ville. C’est un baryton distingué, d’une belle voix sonore et sympatique. Pour distinguer les nuances les plus fines de sa voix, il a reeoiu*s à ses chromatismes. Il est très content de ce moyen que nous lui avons fait connaître. Il disait avoir trouvé maintenant son meilleur professeur. Nous espérons que ces applications se multiplieront.
IV. Question Physiologique. — Xous ne pouvons énoncer que des opinions tout-à-fait provisoires. Il faudi-ait premièrement distinguer ce que l’on doit à l’élément inné, héréditaire et ce que l’on doit à l’élément acquis, à la culture intellectuelle et à ses influences. Toutes les observations ont été faites surdes hommes instruits, cultivés. Il serait intéressant de retrouver ces phénomènes chez des illettrés. Toutes les observations de même Lussana, les frères Nussbaumer, Bleuler et Lehmann Lauret et
io
Duchaussoy, Ferdinand Suarez de Mendoza, etc.) montrent la disposition héréditaire.
Une seconde question à élucider serait celle-ci : Est-ce que ces phénomènes sont du domaine de la pathologie cérébrale ou de la physiologie normale ? Nous ne présentons que des hypothèses, et nous proposons de les réunir en deux grands groupes: les uns croient ces phénomènes anormaux, dans le sens de pathologiques, « une dégénérescence » (Neigliek, Steinbrügge, etc.), « une tonalité particulière de l’organisme» (Féré) etc.; les autres au contraire les croient tout à fait normaux (Perroud,.Chabalier, Baratoux, Mendoza, etc.) M. le professeur Urbantsehitsch deVienne a faitde longues et intéressantes études pour démontrer cette dernière thèse.
Une troisième opinion serait de i-anger ces fait set d’autres phénomènes psychiques (l’hypnotisme, les rêves, les hallucinations télépathiques, Ihomme de génie, etc.), dans une catégorie àpart, qui n’étant pas la p.sychologie normale n’est pas non plus la psychologie morbide ou criminelle. Ce serait la 'psychologie abnormale, la psychologie du plus petit nombre d’individus, psy’-chologie qui ne suit pas le- normes générales. ]&psychologie des exceptions ; et ce qui est exception n’est pas nécessairement pathologique. Nous aurions ainsi un terrain entier de faits qui établiraient ce passage insensible de la psychologie normale à la psychologie pathologique.
Quant à la véritable physiologie de ces processus mentaux, quant à leur mécanisme, nous ne savons rein. Leur importance a néanmoins été reconnue par les physiologistes Les meilleurs livi-es allemands et français de physiologie leur consacrent une petite place. Le professeur Hensen de Kiel s’exprimait à leur égard, il y a une dizaine d’années, de la manière suivante : « Es handelt sich bei diesen Beobachtungen um einen, hoehstens bei y& aller Menschen in’s Bewu.'stein zu rufenden Process, der auf innige Verbindung der Vorgânge in gewissen centralen Sinnesfeldern hinweist. Ich glaube fast voraussagen zu konnen, dass mit der Zeit diese Art von Beobachtungen wichtige Aufschlüsse über die Vorgânge im Gehirn geben werden, aber zur Zeit wissen wir nicht recht etwas damit anzufangen ».
Avant que les physiologistes puissent nous donner une explication de l’audition colorée et des phénomènes similaires, les psychologues doivent explorer tout le terrain et approfondir chaque question. A vous donc. Messieurs, psychologues illustres des deux mondes, de faire la lumière sur ces phénomènes si obscurs encore de l’esprit humain.
In tlie discnssion on Peofessoe Geubee’s Report Me. R. GALTOR, F.E.S. said
He was extremely glad tliat the stndy of “ colour-andition ” had been carried on with so much energy by Prof. Gmber, wbose attempts at measnring tbe size and shape of the colonred patcbes seen by a person wbo perceived tbem with much cleamess, and who entered with zeal into the experiment, were very ingénions. They appeared to admit of being pursned with ail désirable exactness. The freqnency of colour-andition was considérable among young persons, and it persisted not unfreqnently throughout life. He had little or nothing of importance to add to what he had already published in “Human Faculty,” though new instances of this pecnliar association had frequently been communicated to him since ihat book appeared. He might mention that he had recently seen a paragraph in the life, by Eber, of the late Dr. Lepsius the Egyptologist, from which it appeared that Lepsius connected colour with sounds and used those col ours as a guide in bis philological inquiries. He might add that he had the pleasure of seeing présent that day a lady in wbose family colonred audition was hereditary, aKd who had given him much précisé and interesting infonnation relative to that phenomenon. Her case was one in which the general tendency was clearly hereditary, but not the details ; thus one member of the family might say that a word was blue, and another strongly dissent and say it was green, and some little domestic friction occasionally arose in conséquence.