‹ L'audition colorée: étude sur les fausses sensations secondaires physiologiques etChapitre 16 sur 23 · PSEUDOPHOTESTHÉSIE D'ORIGINE ACOUSTIQUE ET TACTILE · texte numérisé non relu

PSEUDOPHOTESTHÉSIE D'ORIGINE ACOUSTIQUE ET TACTILE

PSECDO-ACOUESTHÉSIE d'ORIGINE OPTIQUE.

Ce cas est Tun des plus curieux parmi ceux que nous avons observes. Le sujet, âgé de quarante ans, est d'une forte constitution et jouit d'une très bonne santé. Il est peu impressionnable, quoique vif de caractère, et n'a jamais eu aucune sorte de troubles nerveux. L'examen de l'oeil rcvMc une myopie moyenne ; l'acuité visuelle m 1. L'o* reille est en très bon état, et l'audition parfaite.

Quoique à un moindre degré que les précédents, M. l'abbé F. aime beaucoup la musique ; il a d'ailleurs roreille très juste, mais n'est pas musicien, en ce sens qu'il n'a j)as l'ait d'études musicales. Nous n'avons pa; besoin de dire que nous le croyons de la plus entière bonne foi.

Depuis ses ])lus jeunes années, il possède la faculté de colorer les sons, et il trouve cela tout naturel, c nullement hinj^Hilier », selon ses propres expressions. C'est tout enfant qu'il s'aporrut de rette association des sons et des couleurs. Voici ce qu'il nous a écrit là-dessus, après divers

onSKHVATloNS PKRSnNNF.I.LFS H9

examens qui nous avaient déjà permis de noter ses impressions : < Les sons me donnent toujours Tidéo de rertaines couleurs. Je dis c me donnent l'idée », parce que je ne vois pas ces diverses couleurs de mes yeux, non; et je ne crois pus pouvoir m'exprimer mieux sur ce sujet. qu*en disant simplement (]ue tel son me donne l'impression, la sensation dt^ telle couleur.

< Voiri en quelle circonst;ince, autant que je puis m'en souvenir, j'ai eu la premirre pensée de ce rapprochements qui ne me parut nullement singulier (pas plus qu'aujourd'hui, du reste' :

< J'étais enfant, entre neuf et douze ans, je ne saurais trop précis(*r. Me réveillant le matin, ce qui me frappait tout (ralK)rd. r'ét^iit la lilancheur du plafond au-dessus de mon lit, et je me disais : < Cette blancheur, c'est le son a ; l'ombre foncée projetée dans l'entre-deux des solives, c'est le .son c. IV même, pour moi. un gris plus «lair, r'étail /; o était rei)résenlé par une teinte foncée tirant sur le noir. Dans la suite, un préripice, un puits, un truu noir où la lumiérr n'arrive en au(*une favou« me tit toujours rt'iTt't de rrier : au! Ce qui était routfe me di'^ait H, Le -m»» ili' la fh''fc o^\ roii^jt» pour moi. probablenii-nt pane qu«» Je me li;:ure que le son de eet instrument s.» rappnnlh* dt» l't(. Plus tard. 1'*^ me produisit l'eflet du \«'rl jauni» «lair: mais IV, ilan>. /«'//*y«Ve, me dit le jaune nHi;ri» de l'uran^^e. L'*/, 4'V>.t le blanc pâteux, laiteux, eréiiie.

« Ijc l»lru ne me tlit rien. Le rf>sc ou le rouvre atténué, t'f»N| |iotirm<â l'n. atténué au^^i, dans la tliphton;;ue #»u. 1^» piiiki» un- fait pa-»s«»r. avrr ses ililTérents octaves, ( omme par une >t'Tieile ron^'i's. d«»s plus foiirés vi presque» noir^ |M.iir lt»> sans f»ns. aux nnip*^ les plus ériatants pour les u»»tes ni'jUi's. »

Cet autographe est à tous égards très curieux, et d'un grand intérêt. Nous y voyons que l'origine des associations sensorielles du sujet est due à un rapprochement, à une association première d'idées offrant une certaine analogie. Nous reviendrons là-dessus, car nous sommes persuadé que c'est, pour la très grande majorité des cas, Torigine et l'explication des phénomènes que nous étudions. Nous ajoutons même que les idées associées peuvent l'être de diverses façons, soit par analogie, soit de convention. Mais nous n'insisterons pas pour le moment. Poursuivons notre observation.

Ainsi qu'on l'a vu dans ladite note, c'est principalement le son qui est l'excitant primordial de la sensation colorée: cinquième cas de pseicclophotesthésie d'origine acoustique, lequel présente, en outre, de l^ 2)seudophotesthésie d'origine tactile. Réciproquement, chez ce sujet, chaque perception de couleur réveille l'idée du son correspondant: psexulo-acouesthcsie d'origine optique.

Passons au détail des faits. Chez M. l'abbé F., toutes les voyelles éveillent des idées de couleurs déterminées, c'est-à-dire des sensations colorées. Ainsi,

... ( entendu, dit blanc.

I| ( évoqué, dit blanc ;

/ , p . . ( vue. ne dit rien,

' 2. Forme graphique. ; , , ...

( évoquée, ne dit rien.

De même, â donne une sensation de blanc crème,

c — rose (se rapprochant de Tu).

é — gris sale (gris fer),

è — vert clair et jaune,

i — gris blanchâtre ou gris sou-

ris clair, o — gris foncé presque noir.

onsrBV\TIfi^* »•» ^.^«.^^^ if -

au donne une sensa:»-:'. 'j- y^ > \j'rÀ>.i',u'i- 'j»i«: \'*é te —

nn OH

Ti ■ •

Sans donner \\*''\ ■ consonnes intlnent *■• ;-^ •

siiiit parf-'i-s inf"lilî»'e-i j

»/// «loiMI"'

niio ••

lit'it.r

i^tftlf,'é*

rttitf

Si'l't

k'ri- .'•

h "if

rou;»» y

in'ttf

rct-vi-.

tfi,r

iîri- 'j,^:^

tin ;#*

^ruL

'^i/ni ;/"*

rii"jf

t/-ii«> 0» #

rt'nf

J^''»' ittU^

11 Pîj »■-: •!•" m»^m** pour Im itr^B^

Les couleurs éveillées par les syllabes semblables d'un même mot, outre qu'elles différent parfois sensiblement, ne se fondent pas ensemble dans une teinte unique, mais se perçoivent généralement, au contraire, d'une manière distincte et successivement. Naturellement, c'est bien plus sensible encore pour les syllabes dissemblables.

Ainsi, midi donne gris, gris, ^

vénéré — gris foncé, gris foncé, gris foncé,

merveille — jaune vert, gris foncé,

enfant — jaune laiteux,

instinct — jaune, jaune,

heureux — rose, rose,

Paris — blanc gris clair,

Angers — blanc laiteux.

Nabuchodonosor — blanc, rouge, gris, gris, gris,

gris foncé, Suarez — rouge, blanc jaunâtre,

Mendoza — brun, gris blanc.

Les mots réveillant des idées de couleurs déterminées, comme neige, prairie, pavot, cerise^ rose^ orange^ etc., de même «lue les synonymes, se colorent suivant la môme régie, c'est-à-dire d'après leurs voyelles constitutives, sans égard aux couleurs qu'ils rappellent ou à leur signification.

Pour produire les sensations chromatiques que nous venons de rapporter, il faut que les voyelles et les mots soient prononcés, c'est-à-dire, que le son propre en soit entendu par roreille ou évoqué mentalement. Les mêmes lettres et mots ne produisent absolument rien à la lecture : en d'autres termes, leurs formes graphiques, per-

OBSERVATIONS PKRSOJCXFLLF.S 123

çues par les yeux ou évoquées mentalement, sont sans action aucune. De mAme. les nombres écrits, soit en lettres, soit en chiflfres. ou évocjués sous ces deux formes graphiques diflférontes , ne réveillent aucune sensation de couleur.

Il n'en est pas de même de lAjyercepiion objective (Tune couletir simultanément avec la sensatiofi chromatique d'une voyelle on d'un nu)t> I/une et rnutre étant donc éprouvées à la fois, le sujet voit une ima^e qui présente, en son centre, la couleur do la voyelle, nuancée légèrement de la teinte de Tétoffc qu'il a sons h»s yeux ; de ci»s dmix teintes, la première diminue, se dé^'radr p«Mi A peu, du centre. a la périphérie, pendant que la sironde. suivant une {gradation inverse, s'accentue progressivement pour présenter, sur le bord de riniaî^c, un liséré de la couleur de l'étoffe.

Ainsi, /f, entendu senl. donnant une couleur blanche, l'audition de retie voy«»lle. simultanément combinée avec la vue d'une étoffe rnvfjr, donne au sujet une Ima^je d'un blanr rost*, nvrr vi\ fisthY tutsr sur .ses hitt^ds. I-o son de la même vi»yellp. ili»vanf une étoffi» latine, donne une ima^'e Idanrhr nunurrr dr j^nnu*. a vit un Ksén^ de cette drrnicrr ronlcuc à la i»»''riph/'rie ; devant une étoffe WCMC, une nwmcr ox un liscrc f'fcus,

Iji voyelle r*. ilont la rouieiir propre e^t le ijcl$ sale, donne, dans ces •'Xpéri«Miee';. inn» ima;^'e f/rfs fer avec une nuance et un liscrr ffe hr rtmfeur de Vt^htffe. De même, lestlifférentes Vi>yflles it dipht'Ui^ru»***.

Mai** voici «pii i»-.! plus enri«'U\ encore. I /audition du <w>n /i ffffinc , Ci.înl'iiic.* avec hi vn»» irnnc étofft» noire «Innnc un»' inia;:»* f'^'fnrhe, sans inrUisuje de unir, LV ^gt*is fer ,x\,\cr nwe cinffe nuire, donne un ijris fonce, rendre, rert de gris, unifnryne, sans //.v*W aunin, LV*,

(vertjaxtne clair) avec une bande noire ^ donne \m jaune orangé^ citron foncé. Ui (gris clair), dans les mêmes conditions, donne un gris pâle.

De plus en plus remarquable. Le son w (rouge), com biné avec la vue d*une bande verte, donna une image violette très fo7icée, 2)7^esque noire. Ce résultat inattendu me surprit beaucoup. Aussitôt pour faire contre-épreuve, je pris, sans rien dire au sujet, un verre rouge que je lui mis sous les yeux pendant qu'il fixait rétoflfe : il déclara sans hésiter que c c*était là sa couleur •, c'està-dire, que la teinte produite avec le son u, était la même que celle qu'il percevait avec l'interposition du verre.

Nous ferons remarquer, sans chercher toutefois à rien expliquer, que le vert et le rouge sont complémentaires, et que le sujet, dont la bonne foi est d'ailleurs au-dessus de tout soupçon, ignorait la couleur du verre interposé entre TétofiFe et son organe visuel. Ne semble-t-il pas que, dans cette expérience, il y ait neutralisation de la sensation colorée mentale par la perception visuelle objective?

Cette épreuve a donné, avec les sons du piayio, des résultats identiques. Mais d'abord nous devons rappeler que pour M. l'abbé F., les sons de cet instrument sont rouges, d'un rouge d'autant plus sombre et plus foncé que les notes sont plus graves, d'autant plus clair qu'elles sont plus aiguës ; et môme, le sujet ne voit plus rien audessus du do^. Donc le do,^ qui, tout seul, donne un rouge presque pur. produit, avec la vue d'une étoflFe ^aune, une image rouge, nuancée et lisérée de jaunes avec une bande verte, un rouge violacé presque noir ; avec le Weii, un rotige m4ilé de bleu ; etc., etc.

Los mélodies et les accords divers ne donnent au sujet îiucune sensation particulière. Les timbres ont, au con-

nIlSKUV«TloNS I»KUSi»N.NKM.i:S I2.*i

traire, une certaine intluence, [>uis(|ue les sons du piafto lui donnent une sensation de rouge, ceux do la ftittc également. I^s sons des instruments autres que les deux mentionnés ri-dessus ne lui disi»nt rien. Le tonnerre donne une image noire.

M. ViMh: V. présente d'autres associations sensorielles. Ainsi, le fruM. lors<iue, par exemple, il applique la main sur le nnirhre, lui donne une sensiition de blanc; au eunlraire, la rhalein* éveille chez lui une i^lée, une sensation di' roHije : pseHihn»hotesthêsie d'origine taetile thermique. Notons encore que lorsqu'il pK»che. il voit devant lui les mots qu'il prononce, écrits comme dans un livre.

On observe encore chez ce sujet d'autres réciprociUVs entre lt*s sens;itions «liverses ; mais rimpr<*ssi(»n n'est pas l\\\^^r^\ incnns<'iente. aus^i spontané*} (|ue la stMisation pn*iniére : il faut qui* son attention soit préalablement évrillée sur ces pliénonn'iies.

Monsieur l'abbé Li., d'Angers

PSEUDOPHOTESTHÉSIE d'ORIGINE OPTIQUE.

M. Tabbé L. est âgé de trente ans. Il est bien constitué et jouit d'une santé excellente ; n'est pas nerveux, quoique très impressionnable. Après la myopie dont il est atteint, il ne présente aucun autre trouble de la vue ; Tacuité visuelle est bonne. L'oreille est normale, et l'audition parfaite. Il a Foreille juste et aime beaucoup la musique, quoiqu'il n'ait pas de culture musicale.

Pour lui, certaines voyelles revêtent toujours des couleurs quand elles sont vues ou entendues seules, séparément ; mais assemblées et réunies en mots, elles ne lui apparaissent plus qu'avec leur couleur naturelle. Notons encore que la voyelle Y ne se colore jamais, de même que les diphtongues et les consonnes.

La sensation colorée ne dépend pas du son de la voyelle j)rononcée, mais bien do i^xx forme graphique, y\iQ ou évoquée. Mais à l'audition d'une voyelle « active •, le son fait naître aussitôt dans rintelk'ct son image graphique , et c'est cette évocation do la lornie qui donne naissance à la sensation colorée. C'est donc* ici un cas de pseudophotesthcsie (roriijbic optique, et non d'audition colorée.

«mSKHVATIO.NS PKIISONNELLKS 12'

Voici d'ailleurs comment, après épreuves et inscription de ses réponses, le sujet a décrit ses impressions.

« Lorsque j'entends les sons A, E, L 0, U, je vois immédiatement, n^présentées devant moi dans l'espace. ces différentes lettres, — que je majusculise, si elles ne le sont pas ~. revêtues, >)ordéos chacune d'une couleur propre.

A m'apparalt bordé de noir^ E — — blanc grisitre*

/ — — jaune pâle,

— — rouge vif,

17 — — vert tendre.

« ls}\ les diphtongues et les consonnes ne produisent sur moi aucune impression.

« Ia' son ne me dit rien e:i tint que son. et n*agit qu'en évoquant le souvenir <Io la forme des lettres. Somme toute, avant que je colore une lettre, il faut qu'elle ait pu.>sé par le s«mis opti«iu»'. ou «lu'elle m'arrive à l'intellect, par évocation, avec sa forme graphique.

« l^s lettres .1, A'. /. o, [\ m'appanûssent toujours rharune avec la couleur ci-ib'ssus indiquée. Il me semble qu'elles ne |>euvent r«*vriir une autre couleur, au point que les voyant iinprinires en noir, j'éprouve (siiuf pour Til. qui est noir*, un»» impression «lésagréalde : au contraire, jt' vois avec plaisir un O imprimé en rouge, un / en jaune, un r rv. vert.

• I-,orsque quelqu'un parle en ma présence, je lis sa ronviTsiitinn. qui ^'impriin'^ devant moi dans l'espnce en petite earaeières. niai-^ inxii \\n'\v<, >ans aucune couleur. Car les voyelles n^ m'appar.iisseiit avec leurs couleurs partieiihi-re'» qn»* iMr^qut'il**^ ^•►ni MMiles. »

Nou-* u aJoul^•^•Il■^ qu»* peu d»* ehoM- «ï ce qui pn'îcède.

Nous ferons remarquer cependant que ce dernier alinéa nous fait connaître un autre phénomène, simplement visuel, analogue à ce qu'éprouve en prêchant M. l'abbé F. ' dont on vient de lire l'observation.

A l'audition des voyelles, combinée avec la vue d'une bande colorée, le sujet voit généralement les lettres avec leurs couleurs plus ou moins nettes, parfois avec quelques particularités. Ainsi, lorsqu'il regarde un fond rouge et qu'il entend le son U (vert tendre), cette lettre lui apparaît verte comme d'habitude, mais avec certains reflets métalliques. Si le fond est vert^ et qu'il entende le son {rouge), cette lettre apparaît rouge avec les mêmes reflets.

Notons encore que s'il peut facilement distinguer les lettres sur des fonds différant de leurs couleurs propres, il n'en est pas ainsi sur des fonds de même teinte. Dans ce cas, le sujet ne voit rien d'abord ; mais s'il porte la vue sur un fond différent, il voit alors les lettres avec leurs couleurs propres, sans aucune modification, comme d'habitude.

Les sons musicaux graves lui semblent avoir une teinte foncée ; les notes aigucs, une couleur claire et vive. Si Ton fait résonner successivement et rapidement, dans un glissando, par exemple, les notes àupiano^ du grave à l'aigu, il lui semble voir passer devant ses yeux une longue bande de couleur rouge, ou verte, ou jaune, très foncée d'abord et devenant de plus en plus claire et vive.

En fait d'autres associations, il ne présente que la suivante, entre les perceptions gustatives et les sensations visuelles : les aliments acides lui donnent Tidée du vert.

Ajoutons, pour couiplcter cette observation, que le sujet a toujours éprouvé les sensations colorées que nous venons de décrire.

vu

Madame la Baronne de **^

l»8EUDOPHOTE8THÉSIE D OKIGINK ACOUSTIQUE.

J*ai découvert ce cas d*une luanièrc toute fortuite, i)endmnt que je m*occupais des observations qui précèdent. >!•• la baronne de *•*, m'en ayant entendu dire quelques mots, me déclara qu'elh» et son mari éprouvaient des sensations analogues à celles dont je parlais. Profitiint cette fois de Toccurrenco, je me hâtai de prendre les deux observations que je rapporte ici brièvement.

M** la baroime de '** est A^'ée de ([uarante-sept ans, et jouit d'une bonne santé. Do rulture intellectuelle et musicale très distinguée, elle se nippolle avoir toujours éprouvé, à l'audition de certaines vovellos. des sensations de couleurs. C'est clone encore un cas de pseudophotesthésie d'orlçinc acoustique.

Les sensations colorées qu'elle éprouve sont constantes pour les mêmes lettres.

Le son de la vovelle a éveille chez elle une sensation de roage.

l>e même, r donne une image grisi\tre, d'autant plus foniV-o que le son se rapproche davantage do Vê fermé. LV i/iiur/ éteint le son. l'estompe i>our ainsi dire.

i donne une image noire.

— jaune orangé.

au, — rouge et vert, en deux bandes qui se

fondent, comme dans rarc-en-ciel.

u — vert feuille d'arbre.

Les consonnes ne disent rien à M"*^ la baronne de Les syllabes et les* mots se colorent d'après les voyelles influentes.

HoMiiear le BaroM de ^^f ■uuri de la préoédeale

FSFXDOPIIOTESTHÉSIE D OKIGINE PSYCHIQUE.

Le si^et. Agé de cinquante-huit ans, parfaitement constitué, bien |K)rtiint, se nip{>elle que lorsi|U*il était tout enfanti certains noms propres réveillaient constamment chez lui des idées de couleurs déterminées. Plus tard ces impressions ont disparu, et aujourd'hui, il n*en rt^ste plus trace. L'observation présente se rapporte donc aux sensations quil éprouvait dans sa jeunesse, et dont il nous a rapporté quelques faits, de mémoire.

Il ne colorait que les noms propres ; encore pourrait-on croire que le nombre en ét^iit assez limité.

nom Marie

lui donnait Tidée du

rouge.

— Henri

blanc.

A li^honse

bleu.

(fVnrges

vert.

(Vriir

rose.

Lucie

violet lilas.

C**e^t la, croyons-nous, un cas de i^seudophotesthésie d'origi9%r jturenietit i)sychiqui\ cest-à-diro, due à une simple a>so4*iation d idées à lorigine. et qui s'était déve-

loppêe d'une manière consciente ou inconsciente. Car, d'après les déclarations mêmes du sujet, l'excitant n'était ni la vue d'une personne déterminée, ni l'évocation de son portrait, ni l'audition réelle ou pensée de son nom, mais bien le nom comme mot, pris dans un sens en quelque sorte abstrait et impersonnel.

Les phénomènes ayant depuis longtemps cessé, nous ne nous étendrons pas davantage sur ce cas (1),

(1) Depuis quo nous avons fait notre communication, nous avons rencontre cinq nouveaux cas, dont nous publierons plus tarJ les observations détaillées.

Page 1