‹ L'AuditionChapitre 5 sur 33 · I. Société deBiol.^ 17 mars 1900, p · texte numérisé non relu

I. Société deBiol.^ 17 mars 1900, p

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sieurs vibrations périodiques simples, dont Tune est fondamentale et les autres harmoniques, c'est-à-dire dans des rapports simples de forme et de périodicité ; sinon d'intensité, quand il s'agit du son.

Le timbre d'un son composé résulte de la combinaison des timbres respectifs des sons, — fondamental et harmonique, — qui le composent.

Le timbre d'un son simple est l'impression sensorielle que laisse dans notre oreille la forme de l'ébranlement périodique, comme la hauteur est celle que laisse sa périodicité, l'intensité celle que laisse son amplitude.

Le timbre d'un bruit est celui d'une vibration composée d'un nombre variable de vibrations pendulaires qui n'ont entre elles que des rapports de coïncidences et non des rapports harmoniques simples. Il n'y a pas, ou guère, dans le complexe sonore qu'on appelle bruit, la combinaison particulière de vibrations pendulaires ayant entre elles des rapports simples de périodicité et de forme qui en font comme un système de gravitation centrée ; on pourrait cependant faire l'analyse et la synthèse des bruits comme celles des sons complexes, mais on n'y trouverait pas la simplicité de rapports qui caractérise le son plus ou moins riche en composition harmonique, mais gardant toujours dans sa forme et sa périodicité générales une certaine régularité.

D'ailleurs il a fallu à notre oreille les résonateurs pour qu'elle apprît que le timbre des vibrations complexes pouvait être décomposé ; elle-même était et est toujours incapable de cette analyse ; de même que l'œil ne connaît la complexité de la lumière que

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lorsque le prisme Tétale en surface et en distribae les multiples réfractions. C'est une grande erreur que de supposer que les produits analytiques dus à la réaction propre à tel procédé d'analyse par décomposition existent dans ce phénomène dans l'état où tes montre l'analyse faite. L'analyse de l'eau nous montre deux gaz, l'hydrogène et l'oxygène, mais nous ne trouvons ces gaz, à l'état de gaz, que dans les éprouvettes ; dans l'eau, il n'y avait qu'un composé liquide. C'est quand l'eau a été décomposée, c'est-àdire quand elle a cessé d'être eau, que les gaz ont apparu. Dire que telle vibration complexe est formée de la « superposition » d'un certain nombre de vibrations élémentaires, parce que la décomposition, la déformation de cette vibration a donné naissance à des vibrations élémentaires, ou même simplement parce que, même sans se décomposer, elle a éveillé tels ou tels résonateurs, cela est aussi incorrect que de prétendre que l'eau est formée de la superposition de deux gaz. Quand éclate une bulle de savon, il se forme de toutes petites bulles ; peut-on dire que la bulle primitive était formée d'un certain nombre de petites bulles ?

L'analyse décompose, détruit la forme, change profondément la nature de l'objet analysé. Ce que l'on trouve dans l'analyse n'est pas ce qui existait dans la synthèse. On peut dans un carré trouver des carrés plus petits, des rectangles, des triangles, des trapèzes, cela dépendra du procédé d'analyse géométrique, mais cela permettrait aussi de donner du carré les définitions les plus inattendues. Je le répète, il faut se garder de supposer que les choses existent à

Tétat synthétique telles que les montre l'analyse après une déformation toujours particulière et définie.

C'est l'oreille qui définit le timbre, et il est bien certain qu'elle ne le définit que par la forme, que l'ébranlement soit simple ou complexe, car l'oreille est incapable de décomposer y et en cela elle se comporte absolument comme tous nos autres sens, dérivés du tact comme elle. ^

Qu'est-ce donc que l'ébranlement, ou plutôt, en nous plaçant au point de vue spécialement physiologique de l'audition, quelle sorte d'ébranlement est perçu par l'oreille sous la forme auditive, sonore?

L'ébranlement est, considéré en lui-même, une variation de l' équilibre moléculaire d'un point de notre milieu extérieur. Il y a donc plusieurs modalités physiques selon lesquelles cet équilibre peut varier, une seule nous fixera, la variation périodique de la pression en ce point.

J'ai rappelé plus haut, et je l'ai démontré dans des recherches antérieures*, que les formations ancestrales qui précèdent l'oreille auditive dans la série animale sont appropriées à la perception des variations de pression du milieu fluide, d'abord liquide, puis aérien pour les espèces plus élevées, dans lequel vivent les êtres organisés. Les variations lentes de pression sont perçues par tous les appareils, ce sont les

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