A.— AUMONERIE DU DÉPARTEMENT DE LA GUERRE
Les élections du 14 octobre 1878 ayant envoyé à la Chambre des députés anti-cléricaux, une proposition
de loi demandant la suppression des aumôniers militaires fut déposée au mois de juin 1879. Une Commission fut nommée qui désigna M. Duvaux comme rapporteur. MM. Duvaux, Guillot et le général Farre, alors ministre de la guerre, combattirent l’aumônerie. La Chambre vota la suppression des aumôniers par 357 voix contre 110.
M. le Doyen Lichtenberger dit que l'aumônerie militaire ne peut se justifier que dans les endroits et les circonstances où l’action du clergé local ne peut s’exercer d’une manière efficace (1).
Pour exclure toute mauvaise interprétation et ne pas être accusée de parti-pris contre la religion, la Chambre déclara qu'il pourrait être attaché des ministres de différents cultes aux garnisons, camps et forts détachés contenant un rassemblement de 2.000 hommes au moins et éloignés des églises paroiïssiales et des temples de plus de cinq kilomètres. Elle décida, en outre, qu’en cas de mobilisation, des aumôniers seraient attachés aux armées, corps d'armée et divisions en campagne, mais sans aucune distinction hiérarchique. La loi fut promulguée le 8 juillet 1880.
Les services religieux dans les hôpitaux sont assurés par des membres du clergé paroissial, aumüniers succursalistes, qui touchent une indemnité variant de 600 à 1.200 francs par an.
Les abbés, pasteurs ou rabbins, aumôniers militaires, sont nommés par le Ministre de la guerre sur la
{1) Lichtenberger : Encyclopédie des Sciences religieuses.
mo
présentation des évêques et des consistoires. [ls sont munis d’un brevet qui prend valeur en cas de mobilisation et qui leur indique le corps auquel ils sont attachés. Le cas échéant, il y aurait un pasteur par chaque corps d'armée. Ils ont les prestations afférentes au grade: de capitaine de première classe monté. Ils relèvent du service de santé, et prennent rang, dans les revues, à la gauche des officiers d'administration des hôpitaux.
Lors de la mobilisation sur pied de guerre du 17° corps d'armée, en 1888, M. le pasteur Lebeau, de Montauban, prit part aux opérations en qualité d’aumônier militaire de ce corps.
Il y avait avec lui, à l’'ambulance de l'état-major général, un aumônier israélite, M. Oury, grand rabbin de Toulouse, et un aumônier catholique. Trois autres aumôniers catholiques étaient attachés chacun à une ambulance particulière du corps.
Jusqu'à présent, le 17" corps d'armée a été seul mobilisé : et même 1l l’a été incomplètement. 30 où 35,000 hommes étaient présents. Les territoriaux n'ont pas assisté à cet essai de mobilisation.
Les opérations ont duré 10 jours environ.
Nous regrettons de ne pouvoir donner ici la liste des aumôniers protestants désignés pour prendre du service en cas de mobilisation. M. le Ministre de la guerre, à qui nous avions pris la respectueuse liberté de la demander, n’a pas cru devoir nous la communiquer, vu le caractère confidentiel de ces formations (1).
(1) Dépêche ministérielle en date du 7 août 1880.
Les aumôniers protestants, actuellement en activité, pour le département de la guerre, sont :
MM. Messines, pasteur à Versailles, aumônier de ) ) l'Ecole militaire de Saint-Cyr ; Davaine, pasteur à Saumur, aumônier de l'Ecole militaire de La Flèche ;
Lafon, pasteur au Creuzot, aumônier de l'Ecole de cavalerie d’Autun ;
Dégremont, pasteur à Boulogne, aumônier de l'Ecole militaire de Montreuil-sur-Mer ; Bleynie, pasteur à Clermont-Ferrand, aumônier
de l'Ecole militaire de Billom (Puy-de-Dôme).