ACTE QUATRIÈME H
DANHEIM.
Alors, voilà... vous pouvez faire annoncer qu'on paiera tout à l'heure à guichets ouverts.
AQUILAR^ s'épanouissant.
Ah! baron! (a part.) C'est beau, l'amour!...
DANHEIM.
Je me substitue à votre société, si toutefois vous m'y autorisez...
AQUILAR.
Oh ! baron î vous pourriez supposer... Gomment vous remercier?..
Il n'y a pas de quoi.
AQUILAR.
Je vous donnerai la moitié de mes parts de fondateur.
DANHEIM.
Oh! non... non... C'est trop!...
AQUILAR, à part.
Trop!... (vivement.) Est-ce que, par hasard,, il y aurait de l'argent sur mes terrains?...
DANHEIM.
Vous me permettrez seulement de vous poser certaines conditions...
AQUILAR.
Je les attendais...
DANHEIM.
D'abord, vous aurez l'obligeance de me remettre, à moi, tout ce que vous n'aurez pas brûlé de vos papiers.
, AQUILAR.
Je n'ai brûlé... que quelques lettres... intimes.
A ce momentj 1 huissier sort du cabinet, tout noirci, en emportant un énorme panier plein de papiers brûlés.
DANHEIM.
Parfaitement!... Je me suis fait renseigner sur votre situation.
AQUILAR.
Elle est moins mauvaise que vous ne pouvez le' croire.
DANHEIM.
Je n'en doute pas, mais enfin^, j'ai besoin, vous le comprendrez, de compte précis... autant que je pourrai les trouver dans vos livres.
AQUILAR.
Ils sont à votre disposition.
DANHEIM.
Je dois vous dire aussi qu'il me semble, à première vue, que quelques remaniements s'imposent dans votre Conseil d'administration... Il y a, par exemple, un certain don Hanco...
AQUILAR^ vivement.
Je VOUS le donne.
DANHEIM.
Tout à fait aimable !... Mais d'autres noms me paraissent aussi désignés d'avance à la radiation.
AQUILAR.
La plupart de ces messieurs m'ont été imposés... Soit dit entre nous, je ne leur confierais pas mon porte-monnaie.
DANHEIM.
Ni moi. (vivement.) 'J'exceptc, bien entendu, le général Servin.
C'est un honnête homme, mais de rapports bien difficiles, tatillon, méticuleux, touche à tout, et gaffeur !