SCENE XII
Les Mêmes, ROLLOT et GERMAINE,
qui va suppliante vers son père.
LE GÉNÉRAL
Toi ! Qu'est-ce que tu viens faire ici ?
GERMAINE
Vous supplier d'accepter l'intervention du baron Danheim.
Tais-toi!
GERMAINE
Mon père, e ne suis pas venue ici pour me justifier. Je vous jure que M. Danheim n'est pas mon amant Laissez-le vous sauver.
LE GÉNÉRAL, la repoussant.
Non.
GERMAINE
Mais vous ne vous savez donc pas quel péril vous courez?... La cour d'assises... ]a condamnation...
LE GÉNÉRAL
Va !
GERMAINE
Mon père, est-ce donc à moi de vous indiquer quel est votre devoir?..
LE GÉNÉRAL, vivement.
Mon devoir?
!;,&='• GERMAINE, avec foi ce.
Si M. [Danheim veut sauver de la ruine tous ces
gens qui ont eu confiance en vous, est-ce que vous avez le droit de l'en empêcher ?
LE GÉNÉRAL, ébranlé.
Voyonsj, toi, Rollot, qui es mon ami... qui as toujours été mon ami... dis-moi...
Elle a raison î — Tu n'as pas le droit, hypnotisé par un grand mot qui fut toujours tout pour toi, d'empêcher M. Danheim de sauver une entreprise dans laquelle tu as contribué à entraîner tant de malheureux !... Les devoirs de la vie civile sont quelquefois moins simples que ceux des soldats!...
LE GÉNÉRAL, douloureusement.
Ah ! oui, se faire casser la tête, comme c'est plus
facile !... (s'approchant de la table et signant le papier qu'il
tient à la main.) Tenez, voilà votre contrat, monsieur Danheim. Sauvez ceux qui ont eu confiance en moi.
(Repoussant Germaine qui s'avance vers lui, mais plus doux.)
Non, laisse-moi... je t'en prie.
GERMAINE
Père 1
LE GÉNÉRAL
Laisse-moi... RoUot, je t'en prie, emmène-la 1
A ce moment un commissaire de police paraît au fond Il se fait désigner le général, va à lui et lui remet un mandat d'amener. Celui-ci le lit avec une émotion graduelle, repousse Danheim et Rollot qui veulent s'interposer et, tremblant, fait signe au commissaire qu'il le suit.
Rideau.