ACTE PREMIER
capable d'en entendre. Vous êtes si différente, Germaine, si peu pareille à toutes ces petites jeunes filles bourgeoises, à toutes ces petites oies blanches qu'on promène de salons en salons jusqu'au jour où on les marie, sans même leur demander leur avis.
Vous êtes dur pour elles.
d'albigny.
Est-ce que j'exagère ? Est-ce que le mariage, comme on l'entend dans le monde, est autre chose qu'une opération commerciale dûment enregistrée devant notaire?...
GERMAINE
C'est pourtant notre sauvegarde, notre seule garantie.
.d'albigny.
Garantie ! Le mot est joli, vraiment !... Une garantie contre l'amour comme on en a contre l'incendie. Je vous en prie, ne dites pas de ces mots-là. Ils salissent votre bouche!... Vous êtes au-dessus de ces prudences misérables!... Vous êtes de celles qui se donnent et ne se marchandent pas...
germaine.
Est-ce que je peux avoir tant de confiance en vous? d'albigny.
Oh! Germaine !... Pourriez-vous me croire assez misérable, que dis-je, assez fou, pour perdre la seule femme que j'ai rencontrée, vraiment digne d'amour? germaine.
Digne d'amour avant... mais après?
d'albigny.
Vous ne m'aimez pas, pour parler ainsi.
36 LAUREOLE f
GERMAINE
Est-ce que je vous écouterais, si je ne vous aimais
pas?
d'albigny.
On ne doute pas quand on aime. |
GERMAINE
Pardonnez-moi d'avoir peur. \
d'albigny.
Ne craignez donc rien. Je vous adore... Je suis à vous encore plus que vous n'êtes à moi... Vous êtes ma bien-aimée...
Il l'attire à elle et elle cède involonlairement. Elle va se laisser aller dans ses bras quand la porte s ouvre. D Albignj^ se levant Lrusqueinont, va se perdre au milieu des officiers qui sortent de la salle du rapport.