LE GÉNÉRAL, GERMAINE, BLANCHE
GERMAINE, allant embrasser le général.
Bonjour, papal
LE GÉNÉRAL
Tu quittes la séance? (ii voit Blanche.) Bonjour, mademoiselle ! (changean* do ton.) Il paraît que nous ne nous amusions pas, là-dedans?
GERMAINE
On nous a renvoyées... parce que nous allions précisément commencer à nous amuser.
BLANCHE, scandalisée et confuse.
Oh !... Germaine!... Gomment pouvez-vous dire?
GERMAINE, au général.
Oui... Figure-toi qu'on allait traiter une question de secours à une fille-mère... (Riant.) Alors, ces dames ont décidé que nos chastes oreilles...
BLANCHE
Avouez que c'est assez naturel... (changeant.) Mais n'allons-nous pas déranger le général, en restant ici?
LE GÉNÉRAL
Au contraire. . . je suis charmé ! . . . Vous venez égayer ma solitude. Bavardez, sans vous occuper de moi.
BLANCHE
Ohl... Général!... (Elle s'assied près de Germaine.)
Alors, à Glermont, vous alliez vous promener à cheval, avec des officiers?
GERMAINE
A cheval, en voiture, en bicyclette... en automobile!... Nous allions dîner aux environs presque tous les soirs, en été. Quelquefois, on apportait un piano dans le breack, et on dansait sur l'herbe... C'était délicieux!...
BLANCHE
Vous devez trouver du changement, ici?
GERMAINE
Un peu!
BLANCHE
On est si collet-monté, à Figeac ! Si on savait qu'une jeune fille sort dans la rue avec des jeunes gens, elle ne pourrait jamais se marier. Ce n'est pas facile, allez, ici, de parler à un jeune homme!... Seulement, on se contente de très peu.