‹ L'auréole; comédie en cinq actes [par] J. Chancel & H. De GorsseChapitre 94 sur 119 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

MÉGE.

Ma carte? Elle est lu sur ma poitrine, ma carie!

(Montrant sa boutonniôic où so trouve le ruban de la médaille

militaire.) C'est ce petit rub m ! (Fièrement.') Dites-lui, à votre général, que c'est un ancien soldat qui veut le voir: l'adjudant Mège! (Furieux.) Si ce n'est pas une honte que le Gouvernement autorise des choses pareilles! Ah! mais, tout général qu'il est, je lui ferai son affaire, moi, à ce vieux drôle.

PREMIER HUISSIER, apercevant le général.

M. l'Adaiinistrateur peut être assuré que nous n'aurions jamais laissé entrer cet homme chez lui...

LE GÉNÉRAL, leur faisant signe de s'éloigner. C'est boni... C'est bon !... (Les huissiers s'éloignent j

s'avançant vers Mège.) De quel droit parlez- VOUS comme vous venez de le faire?

MÈGE, s'emportant.

De quel droit? Eh! bien, je vais vous le dire, de quel droit. . A force de patience, nous étions arrivés, ma bourgeoise et moi, à mettre trois mille francs de côté. Trois mille francs ! ce n'est peut-être pas grand'chose pour vous, mais dans un ménage de pauvres gens, ça en suppose des privations. L'on se disait, à chaque sou que l'on économisait: « C'est pour la dot de la fillette ! » B]t v'ià qu'un beau matin, je reçois

un prospectus... (prenant des papiers sur la table et les montrant.) un prospectus comme ceux-ci, tenez, où l'on promettait à ceux qui voudraient bien souscrire un tas de choses plus mirobolantes les unes que les autres!... Je n'y crois pas beaucoup, moi, à ces papierslà, mais cette fois, tout de même, ça me parut sérieux!... Le papier était signé du général Servin, et, ayant été soldat moi-même, il me paraissait impossi-

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ble qu'un ancien soldat, un ofûcier, un général, prêtât l'appui de son nom à une affaire malhonnête!... Ah ! bien ouiche ! j'étais un joli jobard encore ! — J'ai retiré mes trois mille francs de chez le notaire pour les donner à cette bande de crapules... Et savez-vous ce qu'on vient de m'apprendre ? C'est que leur société de malheur va entrer en liquidation et qu'ils sont foutus, mes trois mille francs. (Tapant sur la table à coup de poings.) Et si le Gouvernement ne fourre pas son nez dans l'affaire et ne nous fait pas rendre notre argent, c'est moi qui me ferai justice moi-même. Et nom de nom, il n'a qu'à bien se tenir, M. le général Servin !...

LE GÉNÉRAL, très troublé, mais avec calme.

Donnez-moi votre nom et votre adresse, monsieur. Vos trois mille francs vous seront rendus.

MÉGE.

Vous parlerez pour moi à ces messieurs de la société ?

Oui.

LE GENERAL

MEGE.

Adjudant Mège, 104, rue Gaulaincourt. Mais qui êtes-vous donc?

LE GÉNÉRAL, simplement.

Le général Servin.

MÈGE, confus.

Oh ! mon général...

LEGÉNÉRAL.

Vous pouvez vous retirer...

MÉGE, ému.

Oh I mon général, pardonnez-moi!... J'étais si af-

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