ACTE QUATRIÈME
AQUILAR.
Je suis content de vous voir. En votre qualité d'ancien magistrat, vous allez pouvoir me donner un petit renseignement.
LE CHEF DU CONTENTIEUX
Tout à votre service.
AQUILARj un peu gêné.
Si, par hasard, notre affaire ne prenait pas la tournure que nous espérons, qu'arriverait-il?
LE CHEF DU CONTENTIEUX, très calme.
Au point de vue de l'affaire, mon cher Directeur, ou au vôtre?...
AQUILAR, hésitant.
Au mien.
LE CHEF DU CONTENTIEUX
Vous ne l'ignorez pas?
AQUILAR.
Oui, mais enfin, comment cela se passerait-il?
LE CHEF DU CONTENTIEUX
Eh! bien, voilà... Un commissaire de police viendrait chez vous, vers les six heures du matin, pour être sûr de vous trouver, et, après avoir fouillé tous vos meubles, il vous amènerait ici, pour faire une petite perquisition!... Vous voyez donc que si vous aviez quelques papiers... à laisser traîner...
AQUILAR.
Je vous remercie.
LE CHEF DU CONTENTIEUX
Il n'y a pas de quoi.
Il s'éloiffne gravement.
l'tî. L'AURÉOLE
AQUILAR^ allant à un huissier.
Huissier, il y a du feu dans mon]cabinet?
PREMIER HUISSIER, souriant.
Un très bon feu! Monsieur le Directeur peut être tranquille.
AQUILAR.
C'est bon! (Apercevant le journal que le premier huissier lisait au début de l'acte et qu'il a laissé ouvert sur la tahle.)
C'est VOUS qui lisez ces canards-là?
PREMIER HUISSIER
Monsieur le Directeur?...
AQUILAR.
Je vous prierai d'aller lire cela ailleurs? (Poussant
le journal du bout de sa canne.) AUons, enleVGZ-moi Ça^
et que je ne voie plus cette feuille ici, n'est ce pas?
PREMIER HUISSIER^ ramassant le journal qui est tombé
à terre.
Bien, monsieur le Directeur.
AQUILAR, gagne son cabinet.
Ma parole, c'est insensé! Ces mauvais journaux, c'est comme les mauvaises herbes ! On a beau les arracher, il en sort de partout.
Il entre dans son cabinet.
PREMIER HUISSIER
Il est épatant, il plastronne encore.
DEUXIÈME HUISSIER
Toujours son œillet à la boutonnière.
PREMIER HUISSIER
11 pourra s'amuser à en faire pousser sur sa fenêtre, à Fresnes!...
Apparaît Danheim.