‹ L'aurore de la philosophie grecqueChapitre 128 sur 240 · à garder dans ton cœur muet · texte numérisé non relu

à garder dans ton cœur muet

4. Mais, ô dieux, détournez de ma langue la folie de ces hommes '. Sanctifiez mes lèvres et faites couler d'elles un fleuve pur I Et toi, très courtisée Muse, vierge aux bras blancs, je te supplie de me faire entendre ce qui convient aux enfants d'un jour ! Fais-moi avancer dans ma voie dès la demeure de la Sainteté et pousse mon char docile ! Des couronnes de gloire et d'honneur de la main des mortels ne te forceront pas à les soulever du sol, afin que, dans ta fierté, tu parles au-delà de ce qui est équitable et droit et que tu gagnes ainsi un siège sur les hauteurs de la sagesse.

Commence maintenant, considère de toutes tes forces de quelle manière chaque chose est claire. N'accorde pas h ta vue un trop grand crédit en comparaison de ton oreille, et n'estime pas ton oreille qui résonne au-dessus des claires instructions de ta langue*; et ne refuse ta confiance à aucune des autres parties de ton corps par lesquelles il y a un accès à l'intelligence®; mais considère toute chose de la manière qu'elle est claire. — R. P. 163.

5. Mais c'est toujours le fait des esprits bas de ne pas croire ceux qui valent mieux qu'eux. Apprends, toi, comme te l'ordon-

' Les mss de Sextus ont Co^Tjat j^îo'j. Dicls lit Cwfjç îStou. Je préfère toujours lire avec Scaliger : Cw^ç à|3io'j Cf. frg. 15 : t6 Si] ^îotov xa/.éooai.

* La personne apostrophée ici est toujours Pausanias, et celle qui parle Empédocle. Cf. frg. 111.

' En première ligne sans doute de Parménide.

* Il s'agit ici du sens du goût, non de la parole.

* Dans ses premières éditions, Zeller plaçait le point après vo^oat, ce qui donnait à peu prés le sens opposé: «Refuse toute confiance aux sens du corps ; » mais il admet dans sa 5 (p. 804, n. 2), que le contexte est en faveur de Stcin, qui ne met qu'une virgule après vofjaai, et joint ôXXcov avec y'jÎwv Ainsi aussi Diels. La paraphrase donnée par Sextus (H. P. ib.) est substantiellement exacte.

nent les sûrs témoignages de ma Muse, en divisant l'argument dans ton cœur.

6. Apprends d'abord les quatre racines de toutes choses : Zeus qui brille, Héra qui donne la vie, Aidoneus et Nestis, dont les larmes sont une fontaine de vie pour les mortels 2. — R. P.

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