La cloche... rameau charnu (de l'oreille
100. Ainsi- toutes choses inspirent le souffle et l'expirent. Toutes ont des tuj'aux de chair, dépourvus de sang, étendus sur la surface de leurs corps ; et à leurs embouchures, la surface extrême de la peau est percée partout de pores étroitement serrés, de sorte qu'ils retiennent le sang, mais laissent libre passage à l'air. Quand donc le sang clair s'en retire, l'air bouillonnant s'y précipite en flots impétueux, pour être expiré de nouveau quand le sang revient De même, quand une jeune fille, jouant avec une clepsydre d'airain brillant, place l'orifice du tuyau sur sa gracieuse main, et plonge la clepsydre dans le flot argentin de
' Sur ce fragment, voir Beare, p. 96, n. 1.
- Ce passage est cité par Aristote (de Respir., 473 b 9), qui a fait la curieuse méprise de prendre p'iveûv pour le génitif de p'îç au lieu de o'tvôç. Le passage classique sur la clepsydre est Probl. 914 b 9 sq. (à b 12, il faut lire a-Ao'j au lieu de à/./.oj). La clepsydre était un vase de métal au col étroit (aù).oî), avec une sorte d'entonnoir (tj&ixoç). percé de trous {-^■'q-xi-a. TpjTîTjaotTa) à sa partie inférieure. Le passage des Problèmes indiqué plus haut attribue cette théorie du phénomène à .\naxagore, et Hous verrons plus loin qu'il fit aussi une expérience de ce genre i-; 131).
l'eau qui cède, — le flot ne pénètre pas alors dans le vase, mais la masse d'air qui y est renfermé, pressant contre les trous étroits, le retient jusqu'à ce que la jeune fille découvre (délivre) le courant comprimé ; alors l'air s'échappe et un volume égal d'eau fait son entrée, — exactement de la même manière, quand l'eau occupe les profondeurs du vase d'airain, et que l'ouverture et le passage sont tenus fermés par la main humaine, l'air extérieur, cherchant à entrer, retient en pressant sur sa surface l'eau aux portes du col qui fait entendre un bruit sourd ; jusqu'à ce qu'elle (la jeune fille) retire sa main. Alors, juste dans le sens opposé à ce qui se passait auparavant, l'air se précipite à l'intérieur, et un volume d'eau égal s'échappe pour lui faire place '. Pareillement, quand le sang clair, qui s'agite à travers les veines, reflue à l'intérieur, le flux d'air entre avec un bruit violent, mais quand le sang fait retour, l'air est expiré en quantité égale.
101. (Le chien) flairant avec son nez les particules des membres d'animaux, et l'exhalaison, de leurs pieds, qu'ils laissent dans l'herbe tendre ^.
102. Ainsi toutes choses ont leur part de souille et d'odeur.
103. 104. Ainsi toutes choses pensent de par la volonté de la Fortune.. Et pour autant que les choses les moins denses se sont unies dans leur chute.
105. (Le cœur), demeurant dans la mer de sang qui coule dans des directions opposées, où réside principalement ce que les hommes appellent pensée ; car le sang qui entoure le cœur est la pensée des hommes. — R. P. 178 a.
106. Car la sagesse des hommes s'accroît en proportion de ce qu'ils ont devant eux. — R. P. 177.
107. Car de celle-ci, toutes choses sont formées et ajustées ensemble, et c'est par elles que les hommes pensent et sentent plaisir et peine. — R. P. 178.
1 Ceci paraît être l'expérience décrite dans Probl. 914 ft 26 : sàv -pp Tiç auT^c (t^s z).E'ijopaç) aùr/jv tïjv -/.(uSîav ÈaTcÀïjGa; ûoaTOç. îTrtXa^iov tÔv auX6v, ■/.a.zazToi^-q ircî tûv aùXôv, où çjpîTai to uScup §ià toù ayXoù JtcI sTÔpa. àvotj^ôévToc oï ro'j CTOjiaTOc, oùx sù&ùç £-/p£î -/.aTà tov aiiH^, àXXà p.i)«poTâptM uarepov, co; oux ov sti'. tu> oTotiaTt toO auXoù, àXX uarspov Stà toutou (pspôp.ïvov àvot^^svTo;. La meilleu/c e.xplication de l'épitliète S'jot))J£oç, appliquée à ioS^aoîo, consiste à la rapporter à rèpuY[x6ç ou >.< glouglou » dont il est parlé à 915 a 7 comme accompagnant le dégagement de l'eau à travers l'aùXôc- Chacun peut produire cet effet avec une caraie. Si ce n'était cette épithète, on sei'ait tenté de lire Tj9-aoïo au lieu de io&fioîo. C'était la conjecture de Sturz, et c'est en fait la leçon de quelques mss.
■^ Sur ce fragment, voir Beare, p. 135, n. 2.
EMPÉDOCLE d'aGRIGENTE 253
108. Dans la mesure où ils (les hommes) deviennent différents, des pensées différentes se présentent toujours à leurs esprits (en songe) K — R. P. 177 a.
109. Car c'est avec la terre que nous voyons la terre, et avec l'eau que nous voj^ons l'eau ; par l'air, nous voyons l'air brillant, par le feu le feu dévorant. C'est par l'amour que nous voyons l'Amour, et par la funeste haine que nous vo5'ons la Haine. — R. P. 176.
110. Car si, appuj'é sur ton ferme esprit, tu contemples ces choses dans une bonne intention et avec un soin irréprochable, alors tu auras toutes ces choses en abondance ta vie durant, et tu en gagneras encore beaucoup d'autres par elles. Car ces choses croissent d'elles-mêmes dans ton cœur, où est le vrai caractère de chaque homme. Mais si tu aspires à des choses d'autre nature, comme c'est l'habitude des hommes, alors une foule innombrable de maux t'attendent, pour émousser tes pensées. Bientôt ces choses t'abandonneront, quand le temps aura fait sa révolution ; car elles aspirent à retourner une fois de plus à leur propre nature ; car sache que toutes choses ont de la sagesse et une part à la pensée.
111. Et tu apprendras à connaître tous les médicaments qui sont une défense contre les maux de la vieillesse, car c'est pour toi seul que je veux accomplir tout cela. Tu arrêteras la violence des vents infatigables qui s'élèvent et de leurs soufïles détruisent les campagnes, et de nouveau, si tu le désires, tu ramèneras leurs souilles en arrière. Tu procureras aux hommes une sécheresse opportune après les sombres pluies, et de nouveau tu changeras la sécheresse de l'été en pluies qui nourrissent les arbres quand elles tombent du ciel. Tu ramèneras de l'Hadès la vie d'un homme mort.
Purifications.
112. Amis qui habitez la grande ville dont les regards plongent sur les jaunes rochers d'Akragas, en haut près de la citadelle, empressés aux bonnes œuvres, ports d'honneur pour l'étranger, hommes qui ne connaissez pas la bassesse, salut à vous ! Je marche parmi vous en dieu immortel, n'étant plus mortel maintenant, honoré parmi tous comme il convient, couronné de bandelettes et de guirlandes de fleurs. Dès que, avec ces (adorateurs), hommes et femmes, je fais mon entrée dans les villes florissantes, des hommages me sont témoignés ; ils me
1 C'est par Simplicius, de An. p. 202, 30 (DV 26 B 108) que nous savons que c'est en songe.
suivent en foule innombrable, me demandant quelle est la voie du gain ; quelques-uns désirent des oracles, tandis que d'autres, qui ont été blessés par les douloureux aiguillons de toutes sortes de maladies, désirent entendre de moi le mot qui sauve. — R. P. 162 /.
113. Mais pourquoi m'arrêter là-dessus, comme si c'était quelque chose de grand que de surpasser les hommes mortels et périssables?
114. Amis, je sais que la vérité réside dans les paroles que je vais prononcer, mais elle est difficile pour les hommes, et ils sont jaloux de l'assaut de la croyance sur leurs âmes.
115. Il y a un oracle de la Nécessité', une antique ordonnance des dieux, éternelle et fortement scellée par de larges serments : si jamais l'un des démons, qui ont obtenu du sort de longs jours, a souillé criminellement ses mains de sang-, ou a suivi la Haine et s'est parjuré, il doit errer trois fois dix mille ans loin des demeures des bienheureux, naissant dans le cours du temps sous toutes sortes de formes mortelles, et changeant un 'pénible sentier de vie contre un autre. Car l'Air puissant le pousse dans la Mer, et la Mer le vomit sur la Terre aride ; la Terre le projette dans les rayons du brillant Soleil, et celui-ci le renvoie dans les tourbillons de l'Air. L'un le reçoit de l'autre, et tous le rejettent. Je suis maintenant l'un de ceux-ci, un banni et un homme errant loin des dieux, car je mettais ma confiance dans la Haine insensée. — R. P. 181.