Nous sommes venus sous cette caverne
1 Bernaj's conjecturait p^u.a, « décret », au lieu de -^pfiixa, mais ce n'est pas nécessaire. La Nécessité est un personnage orpliique, et Gorgias, le disciple d'EmpédocIe, dit : Oeûv PouXeûiiaatv y.ai àvâyxï]!; <^qfû<.apLaatv (Hel. 6).
2 .le garde œ&vu) au v. 3 (de même Diels). Le premier mot du v. 4 s'est perdu. Diels suggère Nîty.îï, qui peut bien être juste, et tient âaapri^oaç pour équivalent de ôfiapti^oac- J'ai traduit en conséquence.
3 D'après Porphyre, qui cite ce vers (de Antro Nymph. 8), ces mots
EMPÉDOCLE d'aGRIGENTE 255
121. ...le pays sans joie, où sont la Mort et la Colère, et des bandes de Kères et les Fléaux qui dessèchent, et la Pourriture et les Flots rôdent dans l'obscurité sur la prairie d'Atè.
122, 123. Là étaient Ghtoniè et Heliope dont la vue s'étend au loin, la sanglante Discorde et l'Harmonie au doux regard, Kallisto et Aischrè, la Hâte et la Lenteur, l'aimable Vérité et l'Incertitude aux noirs cheveux ; la Naissance et le Dépérisse- ■ ment; le Sommeil et la Veille, le Mouvement et l'Immobilité; la Grandeur couronnée et la Bassesse, le Silence et la Parole. — R. P. 182 a.
124. Malheur à toi, misérable race des Mortels, deux fois maudite : de quelles luttes et de quels gémissements vous êtes nés !
125. De créatures vivantes, il les fit mortes, en changeant leurs formes.
126. (La Divinité) les revêtant d'une étrange enveloppe de chair '.
127. Parmi les animaux, ils deviennent des lions -^j qui font leur repaire sur les collines, et leur gîte sur le sol ; et des lauriers parmi les arbres au beau feuillage. — R, P. 181 b.
128. Ils * n'avaient pas encore Ares pour dieu, ni Kydoimos, ni non plus le roi Zeus, ni Kronos ni Poséidon, mais Cypris, la reine... Ils se la rendaient propice par de pieux présents, par des figures peintes ^ et des encens au subtil parfum, par des offrandes de myrrhe pure et des baumes à la douce senteur, répandant sur le sol des libations de miel brun. Et l'autel ne
étaient prononcés par les « puissances » qui conduisent l'âme dans le inonde (-Ij^ouopi-noi 8jv(i[xîtç). La « caverne » n'est pas platonicienne, mais orphique d'origine.
* Ce passage est exactement modelé sur le catalogue des Nymphes dans l'Iliade, XVIII, 39 sqq.. Chthoniè se trouve déjà dans Phérécjde (Diog. I, 119).
2 J'ai gardé aKkôfwwTi, comme étant le plus voisin des mss, quoiqu'il soit un peu difficile à expliquer. Sur l'histoire postérieure du chitôn orphique, dans le langage imagé des gnostiques, voir Bernays, Theophr. Schr. n. 9. Ce chitôn fut identifié avec le vêtement de peaux que fit Dieu pour Adam.
^ C'est là la meilleure lAôToî/Tiotç (Ael, Nui. An. XII, 7).
* Les hommes de l'âge d'or.
* Les mss de Porphyre ont ypaTitoîç te Ctioiai, texte accepté par Zeller et par Diels. La correction de Bernays (adoptée par R. P.;, ne me convainc pas. Je me hasarde à suggérer [iaxtoîç, en m'appuyant sur l'histoire racontée par Favorinus (Diog. VIII, 53) du sacrifice non sanglant offert par Empédocle à Olympie.
ruisselait pas du sang pur des taureaux, mais c'était parmi les hommes le plus grand crime que de dévorer leurs nobles membres après leur avoir arraché la vie. — R. P. 184.
129. Et il y avait parmi eux un homme d'un rare savoir, versé au plus haut point en toute espèce d'œuvres sages, un homme qui avait acquis la plus grande richesse en connaissances ; car lorsqu'il tendait les forces de son esprit, il voyait facilement chacune des choses qui sont en dix, en vingt vies d'hommes ^
130. Car toutes (les créatures) étaient apprivoisées et douces aux hommes, tant les bêtes que les oiseaux, et la flamme de la bienveillance brûlait partout — R. P. 184 a.
131. Si jamais, quoiqu'il s'agît de choses d'un jour. Muse immortelle, tu as daigné prendre connaissance de mes eff'orts, assiste-moi encore une fois, je t'en supplie, ô Calliope, car je profère une pure doctrine sur les dieux bienheureux. — R. P.
132. Béni est l'homme qui a acquis le trésor de la divine sagesse ; malheureux celui qui n'a dans le cœur qu'une opinion confuse sur les dieux. — R. P. 179.
133. Il ne nous est pas possible de placer Dieu devant nos yeux, ou de le saisir de nos mains, ce qui est la voie de persuasion la plus large qui conduise dans le cœur de l'homme.
134. Car son corps n'est pas pourvu d'une tète humaine; deux rameaux ne s'élancent pas de ses épaules ; il n'a pas de pieds, pas de genoux agiles, pas de parties velues ; il est seulement un esprit sacré et ineffable, dont les pensées rapides traversent le monde entier comme des éclairs. — R. P. 180.
135. Cela n'est pas légitime pour quelques-uns et illégitime pour d'autres ; mais la loi s'étend partout pour tous, à travers l'air qui règne au loin et l'infinie lumière du ciel. — R. P. 183.
136. Ne cesserez-vous pas ce meurtre au bruit funeste? Ne voyez-vous pas que vous vous dévorez les uns les autres dans l'étourderie de vos cœurs? — R. P. 184 b.
137. Et le père soulève son propre fils, qui a changé de forme, et le tue en prononçant une prière. L'insensé ! Et ils se précipitent vers les meurtriers, demandant grâce, tandis que lui, sourd à leurs cris, les égorge dans son palais et prépare l'abominable festin. Pareillement, le fils saisit son père, et les
1 Timée voyait déjà dans ces vers une allusion à Pythagore (Diog. VIII 54). Comme on nous dit (Diog. ib.) que selon quelques-uns ils visaient Parménide, il est clair qu'aucun nom n'y était exprimé.
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enfants leur mère, leur arrachent la vie et dévorent la chair qui leur est parente. — R. P. 184 b.