‹ L'autelChapitre 41 sur 62 · S YA · texte numérisé non relu

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es none Madeleine Jaubert, artiste dramatique D or

de la part de Gaston Lombez, « son directeur », de celle je de Joseph- Pol La Boustière, de Robert Castel. («ses | > auteurs », et de Jacques de Caula, ( son camarade ».

; eh se mitigeait d’affiche théâtrale, on y mentionnait | que lartiste s'éteint éteinte subitement, au milieu d’uné #. gloire naissante, arrétant deux pièces en plein succès. Le ht, le domicile de la morte était np pee l'adresse

Dans: un style macabre et réclamiste, où le papier fu-

"1 ‘ .. Lorsque Castély, accompagné de detnee descendit : de l’omnibus Clichy-Odéon, il y avait foule sur les mar.

une multitude d'auteurs avides de nouer de précieuses relations, ainsi que d’artistes des deux sexes, toujours = ue à se prodicuer. RE D

que mort, le haut de forme un peu en arrière sur son front blème et ridé, ses yeux bleu pâle anxieux, se ee

surveillés par des ‘hommes solennels recevaient les SEA gnatures, galopait jusqu’au catafalque, qui se dressait |

entièrement tendue de noir ; ensuite, il revenait en hâte, au péristyle, où il distribuait les poignées de main, énu- À

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pression deb requise.

ches et sous le péristyle de la petite CoUs6. te ne .

“ Malgré que Mady ne fut point une comédienne en FE $ dette, et qu’elle n’eût jamais appartenu à un grand

théâtre, elle était très répandue dans le monde artiste, 4 où sa mort lui créa soudain de nombreuses sympathies. Du reste, la certitude de rencontrer Caula, le directeur Le du Théâtre- Moderne, deux ou trois critiques que l'on fs savait attaché à la jeune fille, suffisaient pour altirer

: Guy de Vriane, tout de noir habillé, ainsi qu’ un cro- : \

multipliait. Il courait aux tables drapées où des feuillets

immense, entouré de : cierges et de fleurs dans la nef

mérait pour les HouvVeaux arrivants les noms des person ualités intéressantes qui, déjà, s 'étaient ruse àl poele du Théâtre-Moderne. | Me noi L’aspect de l'entrée de Vale offrait une resseme : blance frappante avec celle du. théâtre, un! soir de pre- a mière, quant à la composition et Pattitude- du public. É 5 ane au haut des marches; : posa Ja main sur lee bras de Robert. ne de Ro PAG —— : Voilà la voiture, murmura- elle. ae ao

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ne . se deb ieht, oi Gaston Lone | | serré dans. une redingote noire, raide, son regard avide co le nombre de ceux qui stationnaient sur les . marches de l'église. et Joseph- Pol La Boustière, visi- blement, ému, la tête basse, ses gros Lraits naïfs contracdés par un chagrin sincère. | AU ST A COLE d’eux marchait. un jeune homme étu Pan RÉ | D omplet étriqué, que personne ne connaissait, et, plus loin, dans un groupe de femmes, aux toilettes modestes, | la petite Cécile, fa fille de la concierge, pleurait abon- damment, ses beaux cheveux dorés éclatant, lumineux, GA re sous. le chapeau de deuil. | Hi one ; + AN cetle heure de la matinée, le mouvement 4 la ! . rue de Châteaudun était déjà intense. Le pavé en bois, Le fraichement lavé, répandait une fraîcheur dans. Re tiédi ; par | le soleil qui dépassait déjà les hautes maisons et venait dorer le fronton du temple vieillot. Les rame te ways Cours- de-Vincennes- Saint- Augustin passaient pres-. *

: sés, ébranlant l'air de leurs coups de timbre impérieux: fe des charrettes de fleurs et de fruits circulaient, harcelées par les sergents, faisant de brusques crochets pour évi- ju Le ter les omnibus et Les fiacres. Une foule féminine ralen- “s ; tissait le pas, s’arrétait le long des grilles, intéressée a par le corbillard somptueusement out de roses, d’iris, à \ de lilas blanc et d’orchidées. (ue | ni Maintenant, l’assistance se reculait, obéissait à 5 halle. barde menaçante du suisse, qui Croate du geste un pe passage pour le cercueil ‘que les hommes des POMDES a Funèbres se bätaient de dégager. et

: “TL AUTEL te dis he Ÿ \ sbactrenont Robert Castély ue son bras sous

celui de Suzanne et s ’appuya, tandis que Je coffre de : chène verni, apparent sous le drap mortuaire relevé, pas- Suit. devant lui, pesant et sinistre sur les bras des s pOTSE À leurs. 1 ie < os Une vision debian, atroce, le traversait, du corps ds “Hhéle et livide étendu là... dans le cercueil qui Pavait frôlé.. de ce corps, l’avant-veille si. souple entre sen bras, ie nuit tragique où ils s'étaient, aimés... # Le sillon ouvert se refermait. Comme une meute suit. proie morte que les piqueurs emportent en la dé 1 2 bant, l’on suivait le corps invisible ; l’on pénétrait dans l’église noire aux lueurs d or s’échappant des lustres qui tombaient très bas, presque au niveau des têtes des Î assistants.

Un parfüm pénétrant d'élcns Sépardan nélingés à : l'odeur âcre des tentures noires, à da senteur aiguisée ne des fleurs et des feuillages rise * . . La chaleur lourde, l'air déjà irrespirable, firent soué . pirer avec malaise tous les survenants. . - | : . ue E"on va crevér ici !.….. NEA Sie à ue serrée aux côtés de Robert, murmurait, SR : ne cé besoin de banalité que développe le voisinage des __ épouvantes chez ceux qu’elle ne frappe pas directement. ; M4 Liu Elle étaitiirès jeune, n’est-ce pas ? Au. pis vingt- ! Pur cinq ans ? CF :

‘\ Il répondit, les dents serrées avec: impatience : | | — Oui, je crois... Je savais très peu de chose d'elle... | . Et suivant le flot qui triait les sexes, plaçait les % . hommes sur les rangs de chaises à droite et Jes. femmes 2 Do A gauche, il avança, comme invinciblement attiré par n. aide catafalque lumineux et fleuri, ‘autour duquel flambaient à présent quite feux verts en des vases d’arpont. | Li

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nn ue “les ie et. ven ues he ue désirduse te. l | de ne point passer. inaperçue : cabots, a enue

. gens s de lettres de toute catégorie, qui échangeaient Sa: luts, poignées de mains, signes et gestes de connaissance. Cependant, le maître des cérémonies, voulant con à duire Robert dans les. rangs des sièges drapés de noir, : es clairsemés à $on gré, LS Jeune Donne refusa. Hde- meura auprès de cet amoncellement de fleurs COUPÉ Sy- métriquement par les candélabres supportant les longs | cierges pâles, à la lumière clignotante.. . auprès de ce 1e drap sombre voilant celle — peut-être déjà méconnais- 4 sable -- qu’il ne verrait jamais plus ; celle qui empor- : | tait avec elle des sensations, des sentiments, toute une part d> lui- même, qui jamais plus ne soulèveraient le . suaire..….. de 1. Mady, dans re vie ile Castély, c’avait été l’art chaud et + sincère, l’envolée enthousiaste vers une gloire qu be . imaginait alors pouvoir être pure et resplendiésaute! Mady, la fragile et ardente fille brune, c’étaient les. illusions de sa carrière d'écrivain. .. Comme Suzanne, la pâle blonde fanée, affaissée là-bas dans la pénombre, avait précédemment incarné pour lui celles de l'amour. : Vers elles, vers les phantasmes radieux et décevants qu’elles .matérialisaient, il s’était précipité, inconscient, fougueux. Et sous son étreinte avide, Pune après lau- “etc, elles. s’é étaient flétries : tandis qu’une parcelle de son âme à lui se désséthait pareillement pour toujours. L'amant sincère, Partiste convaincu étaient morts en Jui. Avec une angoisse exaspérée, il constatait chaque * jour le vide croissant de son âme et de son cœur... + se Aussi, entre Suzanne et Mady, entre ce frêle fan 0 5 ra tôme Fa femme encore debout, non loin du cercueil où ne ci

“sa pole à étaient- ils rés a pe , car 4 pléurait sur lui- même. on .

ï us FR d’upe Seront ie ironique, Geurabt Le ie mensonge perpétuel : dla + vie, qui offre aux aspirations QU idédl splendide, enivrant, lequel, à mesure quon | # l’ approche, se décolore, se remplit de taches, de tares, ue de suprèmes déceptions, jusqu à la minute où il se désir | sagrège Ho ét.disparail 2e 0 à ts

Puis, à plusieurs reprises; après des Hess où la nuit bee du temple semblait plus lourde, plus anorde male, des voix d’hommes, ténor frêle, baryton SONOPEN MENT . exprimèrent les réalités brutales, les angoisses, les es- ra ous les leurres de humanité, en ce merveilleux lan- *e * Un x gage mystérieux et souverain de P harmonie. Dee à Fe & Dans:la flamme verte, dans les vapeurs capricieuses à

s’échappant des vases d’argent, mille formes indistince sue < tes, mille sourires, mille rictus joyeux ou éperdus, vire . 7 | voltaient s’étreignaient, se confondaient ets ‘envolaient,. a

. se ae intangibles. M et ei ARR Et, dominant la cérémonie, la sonnette impérieuse, | : ai, suë, partant de l’autel, qui commandait à las foule aussi ne qu’inatlentive, senblait le symbole de la fa “talté obscure et despotique qui pèse sur l'existence, où, . ; sans cesse l'on accomplit machinalement des gestes au : 7 cu oublié, elfacé — gestes profondément inutiles pour. ; Ne à “Nous- -IéIneS comme pour autrui. DE ue HN 7 La-voix fielleuse et eurouée de Maurice Se Mure *, beant quelque rosserie à son oreille rappela brusque- a ment Castély à Ha rcalité. Près d’une heure s’était écou-. ; lée ‘sans qu ‘il aperçu un visage autour de lui, sans, .

De — - Quedites-vous ? ; me, ( “ UN A Se AE TR . a Faites attention, mon cher. je Quittez cette mine CES Déjà, vous, Caula, et le gros monstre là- bas, à ’on vous unit sous une commune PR « les trois : ue Sluffs inconsolables ». A je Robert ricana, la gorge he : 2 C’est charmant.… Sallus questionnait dans-un susurrement. :

. — Alors, c'est vrai 9... Elle avait voulu se « faire os ça » ? EU. ; DER à au répondit sèchèment : | le ne sais ni -de qui ni de quoi vous parlez. she poursuivit, sardonique et ro ae RU dt : rt elle s’est tuée !.. Fantastique !./. Car, enfin, le true est inoffensif et à ue ni de tout le monde ! AE Castély crut l’écraser : : | Le Parlez pour vous !...

- Dix ans auparavant, Sallus avait été impliqué dans : une abominable affaire d’avortement et de chantage, dont il ne s’était tiré que grâce à son n impudence et à ses relations toutes puissantes. | ILse contenta de hausser imperceptiblement les épau- À les, son regard glacé et railleur effleurant Robert. oo — Que vous êtes jeune ! | Puis avec une dureté soudaine : QU Quant vous voit-

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4 | Castély dompté, répondit aussitôt avec soumission :. = Dans peu de j se AL vous ARAPEIEEAS ce au ‘est: convenu. À | L'autre affecta de bâiller indolemment. — Bon...

Puis, consultant sa montre : L'or

— Fichtre !.. déjà midi! On m'a assez vu, ici.… 5 F Et, sans souci du bruit et d dérangement qu’il Cause

hat, il s ou Dousealan) chats échang |

des signes, des poignées de mains, jetant Le à Pun à

ou à l'autre. |. Ha Us .

du Les petites actrices, venues en foule, semi- grues, o * | théâtreuses, se le. désignaient avec une avidité

LL respectueuse. à | Rs à vie Fe.

— Sallus !.… c’est Sallus !.. A | ne .

Une grande et grosse fais très. peinte, 1e peau

éraillée et dite sous le fard, mise avec une opu- à An lence criarde, répondit à l’appel peu discret du crabes dramatique et se hâta de le [eee bousculant : à son

tour les rangs de dames. tee ou

©: Sous le péristyle, Sallus passa farilièrement son Le

bras sous celui de sa compagne.

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2 — Tu as ton auto? as en D Maisou | a M |; Le baron déjeuné chéz toi? ue nn: ss Certainement. | Mrs. or Le — Alors, barrons- nous... Et n oublie pas ce que; jet ai

dit... Si ta fille tient à ondes encore une fois la galette que 14 as la bonté de lui ramasser, voilà une occasion * inespérée d’acquérir, pour presque rien, un Joli théâtre complètement remis à neuf. Seulement, il me faut jar. gent et les pleins pouvoirs demain au plus tard. | —- Tu les auras... J'ai parlé au baron. Depuis ta dépêche, Viviane est comme folle... Etre enfin direc-. ch “trice, jouer ce qu’il lui plaira, comme elle le voudra, et non plus dans les salles miséreuses, louées pour trois ou . quatre représentations. Avoir un théâtre permanent A elle, c’est son rêve, son obsession depuis si longtemps! — Après tout, elle aura peut- être du succès. Cest : un É is tempérament, ma fille! CS ! Sallus haussa les rie

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