‹ L'autelChapitre 43 sur 62 · AIRE · texte numérisé non relu

AIRE

. remué pour la première fois de la journée par une émo- | tion profonde qui avait uniquement pour cause la morte. femme poussa une exclamation,

+ 2 "Añht. vous, monsieur Castély !.. . Cécile va être bien ï contente! ue | de HN

‘4 Votre fille est ln?

Le — - Non, monsieur, elle n rod pas encore revenue de l'enterrement, mais elle ne tardera pas, car je lui ai fait, promettre de ne pas aller au cimetière.

: 1e — Vous dites qu’elle souhaitait me voir ? RTE

moiselle Jaubert était absolument sans famille, nous. à avions pensé que ce serait monsieur profiterait de ses

— : Dai, oui, monsieur! Vu que cette pauvre de-

pt PPS

NU

me cousftuer l héritier de. Monts le Thibort re La concierge, .le considéra d’un air de He AU gent. Ge Lheotre SE “ — Allons, AE ce n’est pas à nous autres qu il 5 faut dire cela ! s’écria-t-elle avec sa ronde franchise po- 7 | pulairé de brave femme, Mademoiselle Jaubert était une 5

demoiselle bien comme il faut, bien rangée, pour une : | personne de son état! et avec cela, pas fière. On était ne

. noustrois, un peu comme des amies, surtout ma fille qui . 4 areçu de l'éducation. Eh bien, on n’était pas sans savoir tr. des choses ! Une supposition que le malheur de Pautre ss

Jour ne serait pas arrivé, est-ce que vous l’auriez laissée 7

ée dans la peine, avec son bébé? Non, n’est. ce pas? — 4 nn + . Alors, il est juste qu’ au cas contraire vous ayez le béné-. ns di | lice des petits avantages. Oh! ils ne sont pas lourds! ° Justement, mademoiselle Madeleine devait deux termes ou : au propriétaire. Il s’arrangera, sûrement du mobilier, Le . car il ne sera pas fâché de louer désormais tout garni. Re.

| Cest donc surtout ses petits bibelots personnels que vous . ï aurez, et que, j'en suis certaine, elle serait heureuse que ie vous preniez, car elle vous aimait bien, allez! La 170

= L’arrivée de Cécile coupa le flot de paroles de la bonne

- femme, qui nes’apercevait pas le moins du monde de Pir-

ritation croissante de son auditeur. ce |

— Ah! vous, monsieur! s’écria la j jeune fille interdite, +

dévorant des veux lécrivain, tandis qu’une faible; rou- de

geur venait colorer ses joues pâles. A

. Castély expliqua d’un ton bref, sans remarquer l’ emo. 4 tion de la petite ouvrière : ds .. — Il doit yavoir chez mademoiselle Jaubért deux ma-. nuscrits m’appärtenant et dont je désire rentrer en pos. session immédiatement. Votre mère me dit que vous avez mis de Por re, vous les avez sans doute trouvés ? ;

En ef et, monsieur, $ se > Hâla de dire écile, qui at Le | enlevé son chapeau « et ses gants. DRAC Con li a Alors, mademoiselle, veuillez me les remettre. Déçu dans ce que, obscurément, il attendait de cette “visile, no son hdissemen. étranglé par les tion qui l’enserraient, il n’avait plus que le ma de or de rejoindre Julien et Suzanne. Mit Cécile fit un pas vers la porte. "+

: — Si monsieur veut venir. . les papiers sont dans one oi DUR CR

SA mère l'arrêta au passage. ae PEUT 42 Ph — Je vais au lavoir. Fais entendre raison à monsieur. © pour ce qui est des objets qui lui reviennent... et prends ton temps, à cette heure-ci, il ne viendra personne, : . n Et pénétrant dans l'appartement de Mady, encore Mb semblable à ce qu ’il était lorsque la jeune artiste

vivait, où son parfum, son image flottaient encore, frisson parcourut Robert. Frisson étrange où se A Ÿ L insurmontable effroi, l’obscure sensualité no qu apporte au profond de l'être humain fidée de la - mort... de la mort d’un autre être jeune, en pleine force, ! en pleine beauté, et qui vient de vous être subitement a ILES “à | ie à Bien que tout fût disposé ainsi que du hat de la. : Route un détail nouveau — le seul qui existât — attira “ immédiatement l'attention de Robert. er Sur la cheminée de la chambre de Mady, deux po” Lis étaient pers côte à côte, et. por oÙes, un.

RTE

$ : Hey une e ces D braphes représentait Madeleine ; Lo joue était celle de Robert. ÿ ts . Cécile revenait avec deux paquets Die. sur la cou-

verture de Labs blanc Hesse elle avait.tr ;

st son | écriture Ja plus appliquée : € darons appartenant à : M Robert Castély, auteur dramatique, rue Caulain- «court mio tx | Fox

© * Robert observa, déSenon les photographies : UN NES oo Ceci n’était pas à cette place. à nt Gi Une rougeur intense envahit le visage de la jeune file. Elle balbutiai as ee és Ur C’e St vrai. je vous dead Se 5 don a Robert continuait: Se ME ie ie J'ignorais même que mademoiselle Jaubert posé L dât ingni portrait. 4/7 pi At nee Cécile se rémettait. RUES

— C’est M. de Vriane qui lui avait due cette pho- nr one sur sa demande, prononça-t-elle tout bas. Le] jeune homme enleva le petif cadre, d’un geste vi — En tout cas, ma figure n’a rien à faire ici fa Cécile eut une supplication Poeme HEAR = Oht si monsieur voulait ?.. “NOR EPS 0 Quot? ft Castély, la considérant, et remarquant | “ri x ‘alors. “Son émoi ave SUTPFISE. 00 2 OA de ns Elle redevenait très pâle et reculait, posant les made . | nuscrits sur la table : | on Rien, monsieur. | — Mais si, vous me demandiez . Parlez donc!

Est- ce que je vous fais peur ? JE MONS - 4 Elle prononça, presque inintelligiblement : ETS — Non, monsieur... J’aurais désiré. pour le souve- Ë ie Dir: O1 MODSIEUr. voulait me donner ces deux. photon Fa graphies. Se TRE er Une curiosité venait à Robe Un à 2 liés deux ?appuya- t-il. Pourquoi les deux ?.. | de Madeleine, je comprends, mais la mienne ?.. La] Es fille se PAS dans un désordre :

Fi

7 a JE: vous de ns monsieur, on ne € voulais * pas vous offenser.. bi api 3 Et, soudain, ses mains cachant $ son visage, elle san bla amèrement. - ses ot . Une idée traversa le j jeune homme. Un es lui vint. des longs regards de la petite ouvrière parfois surpris, ‘de son “trouble joyeux 6rsque, pas Lois il lui nn lait. LD Re : : ne ll haussa les épaules, quand même flatté. | ” Fe — Allons, calmez-vous, dit-il avec un rien d’ ironie, | eu e 1 gardez tout ce que vous voudrez, ceci n’a aucune im- . | rence eme ne di ue. Ces paroles semblèrent cingler k pauvre “fille et lui. # gen tout à coup une audace extraordinaire. . Elle découvrit son visage, montra ses yeux pleins de i fes éclatant d’amour et de fièvre, de rêve et run À anxieux. \ ee .— Ah! monsieur, si ] 'osais vous dire ! Stÿo osais vous <e avouer!.. vu “à — Quoi donc? demanda Castély. 1e une feinte igno= à nn rance, : | Re Avec une exaltation grandissante, elle ajouta : Ë à a k 2e Si J'avais le courage de vous parler ! Avec made- A . moiselle Jaubert, nous causions de vous tout le temps... LL: de votre avenir, de votre beau talent, de votre génie! sé Votre pièce au Théâtre- Moderne, je l'ai vue jouer trois: Es “LOIS. . Les autres, celles qui sont là, mademoiselle Ma- mr | deleine me les lisait, elle étudiait devant moi ses rôles... etelle voulait que je joue aussi, moi. Elle me faisait ré- o citer, parfois. Bien sûr que cela était. très mal, mais, . à put elle me disait qu'avec du travail, } arriverais.

FUN < me ie moi celle qu’il vous faut pour créer votre œuvre.

a me ce audi de me ba je: vous a

.terais… Oh! oui, de tout, mon cœur, de toute mon. âme! .et vous parviendriez, je vous le] jure, à faire de

Un sourire involontaire et pourtant attendri montait aux lèvres de Robert devant tant d’ardeur et d'incons- | cie. " ET ARR AUS

Has Pauvre petite Cécile ! laissa-t- 4 ipinber. Ve D un geste spontané, adorable parce qu ’elle était très

| DE de

— Oh! dites oui! Prenez-moi!.. je serais tellement... oh! oui, tellement voix étouffée. NS,

L’équivoque de ces tr ee Ÿ eur chatouilla tr les sens du j jeune homme. pu se pencha et l’enlaça pour la relever. |

cule ! \ } Puis, lorsque debout, chancelante, elle le frôla de sa. poitrine frêle, mettant la grâce out de son visage

ve de fillette anémiée sous les lèvres de l’homme énervé,

il l’étreignit soudain violemment, murmurant à son oreille des paroles de désir. | ; Mo. ie

de Elle ne répondit pas, étourdie, s ‘abandonnant passi- 4 ne vement à une volonté qu’elle adorait.

Le lit même de Madeleine Jaubert les récute.

Et, jamais mieux qu’en la paix triste et solennelle de.

ce lieu presque funèbre, jamais mieux qu’en cette pos- session suprême, brutale, sans ménagement d’une chair

LS jeune, jolie et sincère, elle se jeta à genoux devant Jui, *. saisit les mains du jeune homme, les ramenant sous ses hi lèvres, d’un mouvement passionné. ;

à vous l balbutie-all d’ l’une à à

elle prononçait en toute ce

— Voyons, ne restez pas ainsi à genoux, c ‘est ridi- 5%

vi2 Face délicate et. soumise, d une âme volontairement x

ii. aux |

LL oas

| Juillet NS He AAA NE AS ee : rpuvile était encore ‘calme: ; pourtant, ‘commé Ja; cha FA ie sévissait à Paris, intolérable cette année-là, nombre de propriétaires de villas haut perchées sur la côtes’ ÿ. étaient déjà ARE, “onu une fraicheur et un ue x A relatifs. nr AA PANNES .

À: la villa Galletier, e: ne terminé, Pon. venait | . de passer dans le petit salon, sortede lanterne compliquée, ve À tout en baies ouvrant sur la mer, et en panneaux de ce ces, aux tentures de lampas citron pâle, aux divans moel- « leux, aux chaises hautes propices aux poses hiératiques : pièce ambiguë, oscillant entre la somptuosité naïve au 7 goût douteux d’un Rs italien, et la banalité d'un ï mauvais lieu haut tarié. 0 4 TE ae * Ce cadre s’accordait + avec ie société | . féminine, très une mais Ve de ‘même na

OS HVE

: cn occupaient les vastes Cent que e madame 1 : ie mettait à la disposition de ses amies. 2 Le café était servi, accompagné d’une infinité de ie er queurs et de mélanges extraordinaires; le domestique avait déposé sur la table de nacre des boîtes de cigares . | et des coupes de cigarettes. Des gerbes de grosses roses . roses encore belles, mais datant de Ja veille, mettaient ‘une odeur de cha meurtrié dans Ja pièce, que des sa : stores baissés préservaient des souffles du dehors. \ ee | ‘Immé “diatement enlacées, les deux poétesses, Maud et. | Matlda, ltalienne et’ Anglaise, deux admirables créa- | tures, Vune brune, aux traits d’une superbe bestialité . se none l’autre blonde, aux cheveux vaporeux, aux. prunelles d'azur, vêtues de crêpe de chine. saumon pour + ‘et première, blanc pour la seconde, — les deux poétes- , ses, la cigarette d’ Orient aux lévres, s'étaient étendues es “sur le divan, dans l’ embrasure large ouverte sur la mer. Mer s’ ’étalant à trente mètres en bas de la falaise, do. he É ‘indigo tournant au violet, sous la torpeur torride d’un midi qui voilait l’immensité de Phorizon d’une brume … épaisse. non | | Le is Silencieuses, belles | jusqu’ à in omblanee, les bras 4 É la taille, les hanches. ‘épousées, leurs cils baissés sur “ leurs regards morts, Maud et Matilda se répétaient en “A ‘dedans des rimes savantes et harmonieuses, sur le ie rythme de Psapphà. Peut-être ruminaient-elles aussi l'excellent déjeuner substantiel et les vins abondants de . madame- -Galletier, n Étant point dédaigneuses, ces belles filles, de la chair saignante, des fruits juteux, des liueurs de joie et d'ivresse. en Le ; A elles deux elles n ’atteignaient pas tout à Fo Lie la maîtresse du lieu, qui s’asseyait à à l'extrémité dei | e, en SORpaense du docteur Julien Dolle ; tandis

h Eiet A a une REA qu’ ir n ’avait pas été peu étonné de retrouver dans ce milieu : la belle | ne here de Mamers. Ro Lee 7 Chez madame Galletier, particularité noue A ae que fut le nombre des visiteurs, au bout de quelques a | instants, ln ki avait plus na le salon A des couples . isolés. { Ç F1 5 1 Mae .

Grande, un peu épaissie par la quarantaine fortement | dépassée, des traits vulgaires marqués d’une sensualité re quasi féroce, madame Galletier décourageait le désir par . | > un visage déplorablement couperosé, qu elle embarbouil- : : lait en vain des fards les plus savants. Pour faire oublier . vi cetle tare qui La désespérait, elle exposait — grâce au e. entre- deux, aux mousselines transparentes de ses vêtements les plus possible de son beau corps laiteux, Sa | «peau était admirable : elle semblait comme affinée, sati- ee. n. née par les contacts et les frôlements multiples de son existence d’amoureuse éternellement irrassasiée, pour qui tout, toutes et tous étaient bons ras dt Re Ce qui rendait cette femme intéressante, c’est. que, 4 Lichez: elle, l’agitation des sens était accompagnée d’une |: égale, ou peut-être même supérieure activité intellec- - tuelle. Avec enjouement et vérité, elle déplorait pre que le hasard l’eût fait naître riche et mariée à un homme. qui. l'avait laissée veuve plus que millionnaire. 2 Quel RDA d’aventurière J'aurais eu! sé criait-elle en riant. eyes cu * Ses intrigues, ses eutreprisès, ses projets, ses travaux, : Ne dé tout je et en tous sens étaient sans nombre. Mi- . : lieux politiques, académiques, artistiques, philanthropiwe ques, féministes, pacifistes, internationaux, régénératits de elle fréquentait tout, s ’imposait partout, et partout de

ot venait A RERent indispensable.

ss : tout était ou pire DONS + | 1 constante. Et, ce labeur prodigieux, elle l'accomplissait

Vs par besoin instinctif, pour son plaisir particulier, car son ï : Dour intérêt dans toutes ces * affaires sans cesse aus

nr le Tout- Paris, qu elle toonit en ame sorte dns Sa main, de la situation à laquelle elle aurait eu le droit de prétendre. REA : Ses protégés, ses ‘ennemis, ntonta une immense armée soigneusement immatriculée dans sa prodigieuse mémoire, et son zèle, ainsi que sa rancune, étaient aussi tenaces qu’actifs. Chaque unité la passionnait également, et il n’était pas de petit détail personnel qu’elle n eût À on à l'esprit, lorsqu’elle se trouvait devant yn de ses soldats — fidèle ou réfractaire, admirateur ou détracteur. L ‘échec des projets de J ulien Dolle concernant F éibliséoment. gynécologique dont il devait être le die 4 recteur Pavait sincèrement affectée, et C était avec une 1 | | impérieuse sollicitude qu elle exposait au jeune docteur 25e un pou Rs plan. Elle n ‘admettait pas une seconde qu Hi \HNES pût ne pas l’adopter. de . — Ilne faut ni hésiter n ni se leurrer, mon cher, dite rait. -elle… . C’est pour vous le moment décisié, peine de | vous no. | a ner Le jeune hote acquiesçait + avec un calme apparent, - dissimulant son angoisse. Us ue Vous'avez raison, mais ce que vous me pen est si loin de ce que. j'avais révél. © ù ra Elle eut un rire vulgaire. à | ; — Quand on n’a pas ce que l’on aime! Et puis, près tout, quoi ?.. Est-ce que au point de vue où vous u placez toutes les Loue ne se EE pas DA Qu she

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